Mo Dao Zu Shi – Chapitre 23

Chapitre 22 | Index | Chapitre 24

Traduction par NoirSoleil, correction par Keliane.

Chapitre 23 Malice — Partie 1

À ce moment-là, Jin Ling, toujours inconscient, se redressa soudain.

Sous les yeux des deux hommes, il se releva maladroitement, les yeux fermés. Wei WuXian voulait voir ce qu’il comptait faire, par conséquent il ne l’arrêta pas lorsqu’il le contourna, fit un pas en avant et retourna à l’intérieur du mur dans lequel il se trouvait auparavant, les bras long du corps. Même sa position était identique à précédemment.

Wei WuXian le tira à nouveau hors du mur en songeant que la situation était tout aussi hilarante qu’étrange. Il s’apprêtait à dire à Lan WangJi qu’il valait mieux ne pas s’attarder ici quand il fut pris d’un frisson de terreur à l’entente de quelques aboiements lointains. Depuis qu’ils étaient entrés, le chien noir spirituel s’était tenu convenablement, battant la queue en restant assis à l’entrée. Il attendait qu’ils ramènent son maître de façon anxieuse et quelque peu pitoyable, sans émettre le moindre bruit. Pourtant, à cet instant, ses aboiements étaient plus violents que jamais.

Lan WangJi prit la parole :

« Il y a un problème à l’extérieur du château. »

Il s’apprêtait à venir en aide à Jin Ling, mais Wei WuXian se montra plus rapide et transporta le garçon sur son dos.

« Allons voir ça! »

Le duo rebroussa chemin rapidement. Alors qu’ils se penchaient pour emprunter la sortie, ils aperçurent le chien spirituel qui leur tournait le dos en grognant dans une certaine direction. Wei WuXian avait beau avoir réussi à venir jusque-là, il ne pouvait décidément pas supporter ce genre de son, et fit involontairement marche arrière. Quand l’animal se retourna et vit Jin Ling sur son dos, il se précipita immédiatement vers lui, le faisant crier. Lan WangJi se plaça devant lui juste au moment où il allait jeter Jin Ling.

Le chien spirituel s’arrêta instantanément, la queue entre les pattes. S’il ne tirait pas la langue, c’était parce qu’il avait quelque chose dans la gueule. Lan WangJi s’approcha, se pencha, récupéra le bout de tissu qu’il avait entre les dents, et le tendit à Wei WuXian. Il semblait s’agir d’un fragment de vêtement. Quelqu’un devait être en train de rôder ou d’espionner les alentours un peu plus tôt, et ce devait être un individu suspect, sinon les aboiements du chien n’auraient pas été aussi hostiles.

« Il n’a pas dû aller bien loin, déclara Wei WuXian. Partons à sa poursuite! »

Néanmoins, Lan WangJi répondit :

« C’est inutile. Je sais qui c’est.

— Moi aussi. Ce doit être ceux qui ont répandu les rumeurs sur la Crête Xinglu, lâché les cadavres ambulants, placé le sort d’égarement, et construit les châteaux de pierre. Et ces sabres. Mais si on ne les rattrape pas maintenant, ce sera difficile de les trouver plus tard.

— Je vais les suivre. Qu’allez vous faire, Jin Ling et toi?

— Je vais descendre de la Crête Xinglu avec lui, et nous installer quelque part à Qinghe, près de là où nous avons rencontré le charlatan. Retrouvons-nous là-bas. »

Le rythme de la conversation était extrêmement rapide. Lan WangJi s’arrêta pendant un moment seulement, et Wei WuXian ajouta :

« Vas-y. Si on attend plus longtemps, la personne aura fuit. Je reviendrai. »

En entendant les mots “Je reviendrai”, Lan WangJi le regarda intensément avant de s’éloigner sans ajouter un mot. Le chien spirituel voulut se précipiter vers eux à nouveau, mais Wei WuXian s’écria immédiatement :

“A-t-t-t-tends! Emmène le chien loin d’ici! Emmène-le!!!”

Lan WangJi dut revenir en arrière. Il baissa les yeux vers le canidé. Trop apeuré pour opposer la moindre résistance, il jappa en talonnant Lan WangJi, non sans se retourner pour jeter quelques coups d’œil à Jin Ling de temps en temps. Wei WuXian essuya quelques gouttes de sueur sur son front. Il jeta un dernier regard au groupe de châteaux blancs avant de récupérer Jin Ling à nouveau et de quitter la Crête Xinglu.

Le crépuscule approchait. Avec un garçon sur le dos, et comme l’un comme l’autre étaient recouverts de crasse, les passants leur prêtèrent beaucoup attention. Wei WuXian regagna la rue où Jin Ling avait envoyé le chien à sa poursuite et y trouva une auberge. Avec l’argent qu’il avait piqué à Lan WangJi, il acheta deux nouvelles tenues et réserva une chambre. Il commença par retirer l’uniforme de secte de Jin Ling, qui avait été chiffonné après qu’il ait été enterré, avant de lui enlever ses bottes. Soudain, il cessa tout mouvement.

Il y avait une zone sombre sur la partie inférieure de la jambe de Jin Ling. Wei WuXian s’accroupit, retroussa le pantalon du garçon, et découvrit qu’il ne s’agissait pas d’une simple ombre. Ce n’était pas non plus un bleu dû à une blessure. C’était une Marque Maudite.

Une Marque Maudite était une marque apposée par une créature maléfique sur sa proie. Son apparition indiquait que la personne concernée avait offensé un être d’une grande perfidie. Le fait d’être marqué signifiait que la créature vous trouverait quoi qu’il arrive, que ce soit après une longue attente ou le soir-même. Les conséquences pouvaient aller de l’ablation du membre marqué à la mort pure et simple.

Toute la jambe de Jin Ling avait noirci, et la contusion continuait de s’étendre vers le haut. Wei WuXian n’avait jamais vu une Marque Maudite d’un noir aussi intense et couvrant une zone aussi large. Plus il la regardait, plus son visage devenait sérieux. Il posa le membre et défit le vêtement de corps de Jin Ling. Il ne se sentit rassuré qu’après avoir constaté que son torse et son ventre étaient intacts et pas encore affectés.

Ce fut à ce moment-là que Jin Ling ouvrit les yeux.

Il demeura confus pendant quelques instants. Se rendant compte de sa nudité et du froid ambiant, il reprit très vite ses esprits. Il se releva immédiatement et rugit en rougissant :

« Qu-qu-qu-que fais-tu?! »

Wei WuXian esquissa un large sourire.

« Oh, tu es réveillé. »

Apparemment grandement traumatisé, Jin Ling referma les pans de son vêtement de corps et se recroquevilla dans un coin du lit.

« Que veux-tu?! Où sont mes vêtements?! Et mon épée?! Et mon chien?!

— Je m’apprêtais justement à te rhabiller. »

Son expression et son ton étaient aussi rassurants que celui d’une grand-mère aidant son petit-fils à mettre une veste. Jin Ling s’adossa contre le mur, les cheveux en bataille :

« Je ne suis pas une manche-coupée!!!

— Quelle coïncidence : moi si!!! » s’égaya Wei WuXian.

Jin Ling saisit l’épée qui gisait près du lit avec une telle bravoure qu’il semblait prêt à tuer Wei WuXian et à se suicider ensuite pour prouver son innocence si l’autre s’approchait ne serait-ce que d’un pas. Wei WuXian parvint finalement à s’arrêter de rire :

« Pourquoi es-tu si effrayé? C’était juste une blague! J’ai investi beaucoup d’efforts pour te sortir du mur, et tu ne me remercies même pas. »

Au milieu de tout ce grabuge, Jin Ling passa sa main dans ses cheveux décoiffés pour leur donner un air plus décent, et continua à rager :

« Si ça n’avait pas été le cas, je t’aurais sans d-doute déjà tué mille fois pour avoir osé me d-d-d-déshabiller!

— Évite, s’il te plaît. Mourir une fois a déjà été suffisamment douloureux comme ça. Tout doux, tout doux. Pose cette épée. »

Lorsqu’ils avaient joué Interrogation, même si l’âme de Jin Ling avait quitté son corps et qu’il ne parvenait pas à se rappeler de beaucoup de choses, parmi ses souvenirs embrumés, il savait que la personne en face de lui était bien celle qui l’avait déterré et porté jusqu’en bas de la montagne. Pendant un long moment, après avoir été enfermé dans le mur, il était demeuré conscient, et la terreur et le désespoir dans son cœur avaient été à leur summum. Cependant, il ne s’était vraiment pas attendu à ce que celui qui le libérerait de cette terreur et de ce désespoir soit cette personne qu’il avait détesté dès leur première rencontre. La couleur de son visage alternait entre le blanc et le rouge. Il se sentait à la fois dérouté et embarrassé, ses pensées s’agitant en tous sens. Soudain, son regard se dirigea vers la fenêtre et il fut choqué de voir que le ciel était déjà sombre, avec quelques étoiles éparpillées ici et là. Au même moment, Wei WuXian, se pencha pour ramasser les vêtements neufs tombés au sol. Jin Ling bondit du lit, enfila ses bottes, attrapa sa veste et se précipita hors de la chambre.

Wei WuXian pensait au départ qu’après tout ce qu’il avait vécu, il resterait apathique pendant quelque temps.Tandis que le garçon s’éloignait au loin en un clin d’œil,  il se demandait comment les jeunes gens pouvaient être aussi énergique. Se souvenant que la Marque Maudite était tout sauf un problème mineur, il s’écria immédiatement :

« Pourquoi t’enfuis-tu?! Reviens! »

Jin Ling courait tout en enfilant sa robe de secte sale et froissée.

« Ne me suis pas! »

Son pas était léger, et en quelques grandes enjambées, il jaillit hors de l’auberge. Après l’avoir poursuivi sur quelques pâtés de maisons, Wei WuXian perdit sa trace.

Il le rechercha jusqu’à ce que la nuit soit tout à fait tombée, et que le nombre de gens dans les rues s’amenuise. Wei WuXian était plutôt contrarié.

« Et mince. Comment ce gamin peut-il faire une chose pareille?! »

Alors qu’il s’apprêtait à abandonner, il entendit la voix irritée d’un jeune homme devant lui, à l’autre bout de la rue.

« Je ne t’ai fait que quelques réflexions, et tu as disparu dieu sait où. Serais-tu une jeune maîtresse? Ton tempérament devient de pire en pire! »

Jiang Cheng!

Wei WuXian se faufila immédiatement dans une ruelle. La seconde d’après, la voix de Jin Ling se fit également entendre.

« Je suis revenu sans qu’il ne me soit rien arrivé, non? Arrête de m’embêter! »

Il semblait que Jin Ling ne s’était pas rendu à Qinghe tout seul. Enfin, rien d’étonnant non plus. La dernière fois, au Mont Dafan, Jiang Cheng avait été là pour l’aider, donc pour quelle raison ne serait-il pas venu cette fois? Cependant, au vu de la situation, il semblait qu’ils s’étaient tous les deux disputés en ville, ce qui expliquait pourquoi Jin Ling s’était rendu seul à la Crête Xinglu. La raison pour laquelle il s’était empressé de fuir devait être que Jiang Cheng avait menacé de lui faire quelque chose s’il ne revenait pas avant la tombée de la nuit ou quelque chose dans le genre.

« Rien arrivé? Tu as l’air de t’être roulé dans une fosse pleine de boue, et tu prétends qu’il ne t’est rien arrivé! Tu ne crois pas que c’est embarrassant de porter ton uniforme de secte? Change-toi à ton retour! Parle. Sur quoi es-tu tombé aujourd’hui?

— Je t’ai déjà dit que je n’étais tombé sur rien du tout, répondit Jin Ling avec impatience. J’ai trébuché, et ça a été une perte de temps. Hé! Ne me tire pas comme ça, je n’ai plus trois ans!

— Tu penses donc que je ne peux plus te discipliner? Laisse-moi te dire que, même quand tu auras trente ans, je pourrais encore te corriger. La prochaine fois, si tu oses encore courir dans tous les sens sans prévenir qui que ce soit, gare au fouet!

— J’y suis allé tout seul précisément parce que je voulais que personne ne m’aide ou ne me discipline! »

“Je ne sais pas grand chose à propos du reste, mais Jiang Cheng avait plutôt raison de reprocher à Jin Ling d’avoir le tempérament d’une jeune maîtresse,” s’avisa Wei WuXian.

« Bon, et maintenant? Qu’as-tu attrapé? questionna Jiang Cheng. Où est le chien spirituel que t’a offert ton oncle? »

Il avait été chassé en un lieu quelconque par Lan Zhan. Juste au moment où Wei WuXian y songeait, deux aboiements familiers retentirent à l’autre bout de la ruelle.

L’attitude de Wei WuXian changea du tout au tout. Ses jambes se murent d’elles-mêmes, et il sortit en trombe de la ruelle comme s’il était poursuivi par des flèches empoisonnées. Le chien spirituel accourut, dépassa Wei WuXian, et se jeta entre les jambes de Jin Ling en le caressant affectueusement avec sa queue.

Puisque le chien était ici, cela signifiait que Lan WangJi avait attrapé la personne qui les espionnait près des châteaux de pierre et s’était rendu au point de rendez-vous qu’ils avaient fixé plus tôt. Cependant, à cet instant, Wei WuXian n’avait pas la tête à y penser.

Alors qu’il courait, il finit comme par hasard juste devant Jiang Cheng, Jin Ling et un groupe d’autres disciples de la secte Jiang.

Après quelques instants durant lesquels ils demeurèrent tous figés, Wei WuXian se retourna silencieusement et prit la fuite.

Il n’eut le temps de parcourir qu’une courte distance quand il entendit un bruit de crépitement, et qu’un courant d’électricité violette s’enroula comme un serpent autour de sa jambe. Il ressentit un déferlement d’engourdissement et de douleur des pieds à la tête, et il tomba d’un coup, tiré en arrière. Suite à quoi, quelqu’un le ramassa par l’arrière du col. Wei WuXian tenta immédiatement d’attraper son Sac d’Emprisonnement Spirituel, mais l’autre s’en empara avant lui.

Jiang Cheng avança de quelques pas tout en le tenant, et entra dans la boutique la plus proche en donnant un coup de pied dans le loquet en bois déjà à moitié fermé.

Le propriétaire était en train de se préparer à fermer boutique pour la nuit. En voyant soudainement un jeune homme bien habillé et au visage sombre enfoncer la porte et entrer à l’intérieur en tenant une autre personne, l’air de s’apprêter à étriper la victime en question, il fut si effrayé qu’il n’osa rien dire. Un disciple alla vers lui et murmura quelques paroles à son oreille. Un peu d’argent fut déposé dans sa main, et il s’enfuit rapidement vers l’arrière-boutique pour ne plus en ressortir. Sans qu’il n’y ait besoin de davantage d’instructions, les disciples de la secte Jiang se dispersèrent instantanément à l’extérieur en se plaçant de façon à ce que personne ne puisse ni entrer ni sortir.

Jin Ling demeura en retrait, l’air de vouloir dire quelque chose, mais il était trop choqué pour le faire. Jiang Cheng lui lança un regard noir.

« Je m’occuperai de toi plus tard. Reste là! »

D’aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir et jusqu’à maintenant, il n’avait jamais vu une telle expression sur le visage de Jiang Cheng auparavant. Cet oncle qui dirigeait la proéminente secte YunmengJiang depuis qu’il était jeune avait toujours été froid et ténébreux. Quand il parlait, il cherchait à se montrer sans pitié et ne faisait aucune faveur. Pourtant, à cet instant, bien qu’il essayait tant bien que mal de réprimer toute mimique faciale superflue, ses yeux étaient d’une intensité alarmante.

Même si son visage avait toujours été sombre, imprégné d’arrogance et de sarcasme, il semblait que chaque parcelle de ce dernier avait pris vie. Il était difficile de dire si c’était l’effet d’une colère vindicative, d’une haine profonde, ou d’une euphorie délirante.

Chapitre 22 | Index | Chapitre 24

S’abonner
Notifier de
guest
2 Commentaires
le plus ancien
le plus récent le plus populaire
Inline Feedbacks
Tous les commentaires
Agent Ily
Agent Ily
26 février 2019 18:28

« Je ne suis pas une manche-coupée!!!
— Quelle coïncidence : moi si!!! »

J’ai ris 😂😂
Mais j’ai littéralement fondu tel une guimauve sur l’extrait de “Je reviendrai” 😍❤️

En tout cas, merci pour ce chapitre !

arubiize
arubiize
26 février 2019 20:02

Jin Ling est traumatisé par Wei WuXian ! Le pauvre ! x’)

Lan WangJi et Wei Wuxian ! Je fonds ! :3

Futur conversation entre 4 yeux avec Jiang Chen très prometteuse !

Merci beaucoup pour ce chapitre ! En vous souhaitant, un bon début de semaine ! 🙂