Cultivation du Langage C – Chapitre 2

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Traduit par Metherland, corrigé par Aquila et Ravaille

Chapitre 2 : La boucle infinie, partie 2

Vingt-cinq mille et quatre millions. L’écart était supérieur au centuple.

Lin Xun était comme soudainement tombé de dix mille mètres de haut ; son cerveau vide et engourdi pendant un moment.

Dans sa morosité, la voix de Dong Jun retentit à nouveau.

« Qu’en pense Monsieur Lin ?

— Pourrais-je savoir… pourquoi vous voulez faire ça ?

— Pourquoi acheter une part du capital de Luo Shen ? »

Devant cet énorme fossé, Lin Xun avait dû se réveiller et faire face à la réalité.

« Comment nous avez-vous connu ? »

Ils n’étaient qu’une TPE[1] de trois personnes au bord de la faillite. Ils n’avaient pas les moyens de payer un comptable et le business plan avait été rédigé par Zhao JiaGou. L’algorithme Luo Shen avait été soumis à de nombreuses entreprises et toutes sans exception l’avaient rejeté. Bien sûr, ils avaient également contacté Galaxie il y a de ça un an, mais c’était resté lettre morte[2].

Dong Jun joignit ses mains et les posa sur le bureau.

« Si vous voulez tout savoir, j’ai vu une partie de votre code sur GitHub. »

Il regarda Lin Xun dans les yeux en ajoutant :

« Je suis personnellement intéressé. Je me demande si vous ne pourriez pas m’expliquer les bases de cet algorithme en détail. »

Le cœur de ce dernier semblait prêt à sortir de sa cage thoracique.

« Bien sûr. »

Il avait déjà essayé d’expliquer cela à de nombreuses personnes mais toutes avaient pensé que l’algorithme était inutile et superflu. Même Wang AnQuan et Zhao JiaGou ne comprenaient pas vraiment les mathématiques qui le composaient.

C’était la première fois que quelqu’un prenait l’initiative d’avoir des informations sur cet algorithme.

Et il s’agissait de Dong Jun, son idéal masculin depuis tant d’années.

Face à lui, Lin Xun ne pouvait qu’être nerveux.

« Il y a beaucoup de formules. J’aurais peut-être besoin d’un tableau.

— D’accord. »

Dong Jun ne semblait pas contrarié par la demande.

« La salle de réunion est à côté. Vous pouvez utiliser du papier à la place. »

Tout en parlant, Dong Jun prit du papier et un stylo dans un tiroir, et tira un siège. Lin Xun pensa que cela signifiait qu’il lui demandait de s’asseoir à ses côtés. Contrôlé par de flatteuses émotions, il s’assit auprès de Dong Jun et prit le stylo.

Lorsqu’il s’approcha, il sentit la légère odeur fraîche du corps de Dong Jun, semblable à une source perdue dans les montagnes enneigées.

Le bureau était très grand. Lin Xun, tenant le stylo, mit le papier entre lui et Dong Jun et y écrivit une formule en commentant.

« La plupart des systèmes intelligents courants sont basés sur les réseaux de neurones artificiels[3] ou apprentissage profond[4]. Mais mon algorithme… utilise principalement les mathématiques associées à la théorie du chaos[5]. »

Il fit une légère pause et entendit Dong Jun demander : 

« Vous n’aimez pas les réseaux de neurones artificiels ? »

Ces réseaux sont désormais la principale technologie d’intelligence artificielle. Pendant un certain temps, cela a changé de visage et s’est appelé “apprentissage profond” avant de progressivement revenir à son essence. Cela consiste à abstraire la structure du réseau neuronal humain pour en faire un modèle mathématique. On le simule et le réalise ensuite sur un ordinateur qui possède un degré élevé d’intelligence et peut restaurer de manière fiable le processus de traitement de l’information du cerveau. Une fois la puissance de calcul de la machine améliorée, son intelligence augmente. Lions, qui a reçu quatre millions d’euros de Dong Jun, a été plébiscité pour ses réalisations sur le réseau neuronal artificiel.

Le réseau neuronal est bien, mais…

Lin Xun fit la moue avant de prendre la parole :

« Je pense que ce n’est pas libre.

— Ah ? »

Lin Xun dessina une boîte sur le papier et expliqua.

« Tout d’abord, il s’agit toujours de la nature de boîte noire[6] du réseau neuronal, dont de nombreuses parties ne peuvent pas être expliquées. La reconnaissance d’image de Google, par exemple, identifiait autrefois les personnes noires comme étant des chimpanzés mais nous ne savons pas pourquoi l’algorithme faisait ce genre d’erreur parce qu’il est difficile d’expliquer tout le processus menant à cette décision.

— De nombreuses études tentent de résoudre ce problème, déclara Dong Jun.

— Ce n’est pas vraiment la raison principale, répondit Lin Xun. »

Il vit Dong Jun hausser légèrement les sourcils.

« Basées sur les mégadonnées[7] utilisant la méthode de simulation des réseaux neuronaux biologiques pour obtenir des résultats… ces sources de pensées, ces processus et ces résultats proviennent tous du flux de données original. »

Lin Xun cita un exemple :

« Dans le cas de la discrimination des femmes dans la société, les données générées par cette société tendent vers ce point et les décisions prises sur ce modèle par l’intelligence artificielle seront donc également discriminatoires envers les femmes. »

Voyant le regard attentif de Dong Jun après avoir terminé cette phrase, Lin Xun se détendit un peu.

« L’essence de l’intelligence artificielle n’est pas l’intelligence. Ce sera toujours les statistiques. Les décisions prises par le réseau neuronal ne peuvent être indépendantes de la base de données originale donc elles ne sont pas prises librement. Le problème de la boîte noire peut être résolu, mais pas ce problème-là.

— Mais cela a permis de satisfaire les besoins sociaux, déclara Dong Jun.

— Oui, mais… »

Lin Xun le regarda directement dans les yeux avant de dire sérieusement :

« Mais je peux faire mieux. »

Par expérience, lorsqu’il disait ça, la personne en face de lui secouait la tête sans dire un mot, persuadée qu’il s’agissait d’un bluff. Après tout, les gens de cette époque adoraient le réseau neuronal omnipotent comme s’il s’agissait d’une vérité universelle. 

Cependant, de manière inattendue, Dong Jun ne fit rien de tout ça.

« Éclairez-moi, dit-il.

— Merci. »

Lin Xun baissa les paupières, écrivant une série de mots sur la feuille blanche.

« Supposons d’abord que les individus ont tendance à éviter les préjudices afin de pouvoir établir un premier modèle. »

Son algorithme, qui ne semblait pas avoir un rôle très différent du réseau neuronal, n’était pas facile à expliquer.

Le monde réel n’est pas linéaire. Les mathématiques propres à la théorie du chaos peuvent être utilisées pour évaluer des informations irrégulières dans ce monde. La fractale[8] et le chaos peuvent en outre traiter des problèmes plus complexes.

Au moins, il pense que, dans une certaine mesure, Luo Shen est clair, libre et indépendant.

Ne sachant pas depuis combien de temps il parlait, Lin Xun clarifia finalement l’algorithme de base et tout son corps s’affaissa légèrement.

Toujours parfait, Dong Jun poussa un verre d’eau glacée vers lui.

Quand Dong Jun lui avait-il versé de l’eau ? L’assistante Ruan était-elle venue ici ?

Lin Xun se rendit compte qu’il était trop concentré sur son explication et n’avait rien remarqué. Il prit une petite gorgée d’eau. Elle était froide et fraîche, comme le souffle de Dong Jun.

Ce dernier examina les sept ébauches complètes.

« Désolé, l’écriture est désordonnée, s’excusa un peu Lin Xun. »

Et avec beaucoup de mathématiques avancées, Wang AnQuan et Zhao JiaGou s’arrêtaient tous les deux là.

« Ça n’a pas d’importance, répondit Dong Jun en tournant la page suivante. Je peux comprendre. »

Le soleil de l’après-midi n’éblouissait pas et tombait doucement au sein de la pièce, si bien que les cils de Dong Jun étaient trempés de reflets dorés. Ses yeux tombèrent sur le papier que, de toute évidence, il lisait attentivement.

Pour la première fois depuis trois ans, Lin Xun sentait que Luo Shen avait de l’espoir. Il y avait au moins un homme qui pouvait le comprendre en lisant sérieusement. Et cet homme était Dong Jun.

En le regardant tourner une autre page, le cœur de Lin Xun battit plus vite, comme les coups d’un tambour de plus en plus agressifs.

Il détourna les yeux pour se calmer.

Au premier regard, il fut attiré par quelque chose.

Sur le mur opposé à la fenêtre s’étendant du sol au plafond, se trouvait une armoire transparente dont l’un des compartiments exposait un clavier argenté. L’apparence de cet objet était indubitablement simple et élégante, mais la signification qui se cachait derrière était plus importante encore.

Il s’agissait d’un clavier légendaire. Lin Xun ne s’attendait pas à le voir de ses propres yeux aujourd’hui. Il s’appelait Apollon, du nom de la divinité du soleil dans la mythologie grecque. Ce clavier, unique de l’axe aux touches, avait été conçu par un célèbre fabricant allemand et spécialement personnalisé pour Dong Jun. Un cadeau pour son vingt-sixième anniversaire.

Cependant, l’année suivant l’acquisition de ce clavier…

Lin Xun réfléchissait quand il entendit soudainement Dong Jun lui poser une question :

« Vous l’aimez ? »

Son regard n’était pas assez discret et avait été suivi.

« Je ne voulais pas… c’est seulement que… »

Lin Xun hésita et réfléchit à ses mots.

« Puis-je vous demander… pourquoi vous n’écrivez plus de programmes ? »

En août de l’année suivant celle où il avait acquis ce clavier, du jour au lendemain, il avait cessé de programmer. Il n’avait plus rien mis à jour dans GitHub, ne s’était plus impliqué dans aucun travail de recherche ou de développement et, naturellement, aucun nouveau code n’avait décollé.

Lorsqu’un écrivain cesse d’écrire, il “remise sa plume au placard”. Dans le cas de Dong Jun, il faudrait appeler ça “remiser le clavier”.

Les opinions variaient sur les réseaux sociaux. Quelques personnes avaient exprimé leurs regrets tandis que d’autres avaient pensé que Dong Jun s’était complètement reconverti en homme d’affaires.

Dong Jun lui répondit.

« Pour des raisons personnelles. »

Sa voix était grave et, de par leur proximité, semblait résonner à son oreille.

« Peut-être écrirais-je à nouveau un jour. »

Lin Xun était soulagé.

« Ce serait génial. »

Que l’idéal masculin ne code plus avait été un coup dur pour ses fans. Si à l’avenir il recommençait à écrire… ce serait formidable.

Le ton de Dong Jun était léger, un peu comme s’ils ne faisaient que discuter.

« Et il n’y a aucun algorithme qui a attiré mon attention ces deux dernières années.

— Notre équipe a besoin d’un programmeur, s’exclama Lin Xun sans réfléchir. »

Ces mots étaient sortis de sa bouche avant qu’il ne réalise leur folie.

Luo Shen avait en effet besoin d’un programmeur. Ils étaient trois à l’avoir codé. Ce n’était pas beau du tout, et c’était très long… Mais qui est donc cet homme ? Il avait insulté Dong Jun !

Lin Xun se tut rapidement pour cacher sa gêne.

Pourtant, Dong Jun rit doucement.

Il était auparavant sans expression, gardant les autres éloignés à des milliers de kilomètres. Alors quand il riait, c’était aussi beau que la neige fondante d’une montagne.

« J’y penserai, dit-il.

— J’ai peur que nous ne puissions pas nous permettre votre salaire, répondit Lin Xun en souriant.

— Il est vrai que votre code n’est pas simple à écrire. »

Dong Jun sembla réfléchir à quelque chose.

Lin Xun pensait que, Dong Jun ayant approuvé son algorithme, il devrait pouvoir monter le prix. Peut-être changer les vingt-cinq mille en quatre millions.

C’est à ce moment que Dong Jun déclara :

« Si j’en crois votre algorithme, la décision de vous acheter des parts est correcte. »

… Eh bien, c’est toujours vingt-cinq mille euros.

« Vous semblez un peu déçu.

— Non, nia Lin Xun. Vous avez soulagé nos besoins immédiats. »

Dong Jun sourit.

« Si vous voulez confirmer que vous êtes d’accord, n’hésitez pas à me contacter.

— Je dois en informer mes partenaires.

— Bien sûr. »

À partir de là, leur conversation fut polie. Ils parlèrent vaguement de quelques technologies populaires de nos jours. Alors que cette rencontre allait prendre fin, Dong Jun dit : 

« J’ai acheté les studios Lions pour quatre millions d’euros hier. »

Lin Xun regarda Dong Jun avec envie[9].

« Parce que c’est tout ce qu’ils valent. »

L’homme le regarda droit dans les yeux.

« Si j’essaye d’acheter du capital de Luo Shen, c’est parce que je crois qu’il peut créer des bénéfices insoupçonnables. »

Son ton était aussi calme que son expression, ainsi apparaissait-il autant incontestable que crédible. Après avoir entendu ces mots, son cœur rata un battement. Il était extatique… Quoi de plus jouissif que d’obtenir l’approbation de son idéal masculin ?

À cet instant, même vingt-cinq mille soit 1/160ème de quatre millions devinrent beaux et scintillants… Bien qu’il ait senti inconsciemment que son idéal masculin ne faisait que l’amadouer.

Lorsqu’il quitta le bureau, Dong Jun l’accompagna jusqu’à la porte et l’ouvrit.

« C’était un plaisir de vous rencontrer, monsieur Lin.

— De même. »

En sortant, il vit Ruan Zhi se tenir devant la porte… et, surmontant sa tête, cet étrange et irréaliste carré bleu.

Lin Xun resta sans voix.

Dong Jun avait été normal tout au long de leur rencontre, sans carré bleu au-dessus de la tête, aussi avait-il pensé que son hallucination s’était dissipée.

Il se retourna vers Dong Jun. Rien ne le surmontait. Il sourit même un peu en voyant Lin Xun se retourner.

Dong Jun était une beauté du genre glaciale alors quand ses yeux sourirent, il le trouva encore plus beau.

Mais cette beauté n’empêcha pas Lin Xun d’être envahi par la chair de poule. Il regarda la tête de Ruan Zhi avec incrédulité avant de prendre congé auprès de Dong Jun et d’être conduit vers l’ascenseur et descendit au rez-de-chaussée.

Lin Xun ouvrit grand les yeux, stupéfait, quand la porte de l’ascenseur s’ouvrit.

Les gens allant et venant dans le hall arboraient tous cette chose translucide et bleue au-dessus de la tête. Il eut l’impression d’être entré dans une autre dimension. Ruan Zhi, son foutu carré au-dessus du crâne, lui montra la sortie de l’immeuble de Galaxie.

Il s’agissait d’une zone très fréquentée avec un flux constant de piétons sur la route. Et chacun de ces piétons avait cette étrange chose bleue flottant au-dessus de la tête. On aurait presque dit une rivière bleue.

Une voiture s’approcha, seul actif de Luo Shen, une Jetta d’occasion. Quand il monta dans la voiture, il vit également un carré flotter au-dessus de la tête de Wang AnQuan.

Ce dernier le prit par les épaules et le secoua.

« Allez frangin ! Comment c’était ?

— J’ai rencontré Dong Jun.

— Ah ah ! acclama Zhao JiaGou sur le siège passager. Quatre millions ! Rentrons ! Il faut fêter ça ! » 

Le système de pilotage automatique s’activa spontanément et la Jetta fit demi-tour pour repartir.

« Non, pas quatre millions, corrigea Lin Xun. Dong Jun planifie d’investir vingt-cinq mille euros pour acheter cinq pour cent de notre capital. »

Après un moment, Wang AnQuan compta.

« Un, deux, trois… il ne manque pas des zéros ? »

Il frappa l’épaule de Lin Xun.

« Ce n’est pas bon !

— Si, répondit-il. Je suis jaloux de Lions maintenant.

— Dans le cas où, je veux dire, hypothétiquement, tu es Dong Jun, le patron de Galaxie. Tu es vraiment très riche, peu importe les classements, tu es dans le top trois. Alors tu as plein d’investissements dans un grand nombre d’industries. Ton temps n’est-il pas précieux ? demanda Wang AnQuan.

— Très précieux, acquiesça Lin Xun.

— Alors tu vas passer un de tes précieux après-midi à parler avec un programmeur inconnu dont l’entreprise ne vaut que vingt-cinq mille, et en plus, rien n’est vraiment négocié ? »

Wang AnQuan le fixa du regard.

« Seulement vingt-cinq mille ! Pour Dong Jun, est-ce que ça compte comme de l’argent ? Même s’il s’agit de quatre millions, ce n’est rien pour lui.

— Tout d’abord, je ne suis pas un programmeur méconnu. Je suis un professionnel qualifié. »

Le visage de Lin Xun était vide.

« Ensuite, tu ne vois Dong Jun que comme un homme d’affaires alors qu’il ne l’est pas. Il code, comme nous. Et il connaît les maths. Il a vu un code qui l’intéressait et a voulu échanger avec moi sur les algorithmes qu’il contenait, c’est tout.

— Non, c’est toi qui te voile la face. Vous les fans, vous êtes tous…

— Tais-toi. »

Lin Xun avait décidé de l’ignorer.

Il attrapa l’épaule de Wang AnQuan et regarda la chose bleue, plus proche dans cet espace étroit.

Au début, il était flou mais cela s’éclaircit progressivement au fur et à mesure qu’il regardait. C’était bleu et translucide. Ses doigts pouvaient le traverser, comme s’il s’agissait d’une projection bidimensionnelle. L’interface lui était un peu familière.

Non, ce n’était pas totalement bleu. Il y avait une barre de menu grise avec quelques mots.

‘File’, ‘Edit’… ‘Debug’ ![10]

Lin Xun était stupéfait.

« Qu… »

Il avait failli laisser échapper quelques incivilités. Dieu en est témoin, il s’agissait d’une interface de compilation[11]  ! Du langage C ! Et un simple Turbo C[12]  ! De quelle genre de dinguerie s’agit-il là  ? Pourquoi tout le monde se retrouvait avec une interface d’entrée du langage C sur la tête[13] ?

Lin Xun fut en transe pendant un moment. Wang AnQuan était dans le même état.

« Alors tu vas accepter vingt-cinq mille euros ? Vingt-cinq mille ? »

Il se jeta sur lui, comme s’il allait faire subir un interrogatoire à Lin Xun.

« Arrête-ça. »

Lin Xun ne se sentait pas bien.

« Fais demi-tour. »

Le programme de pilotage automatique émit un signal sonore et s’arrêta lentement.

« Où va-t-on ? demanda Wang AnQuan.

— L’hôpital le plus proche.

— Hein ? »

La Jetta d’occasion roula dans la direction opposée à celle prévue. Au même moment, Lin Xun cria le nom de son programme intelligent personnel : 

« Luo, connecte-toi au système hospitalier. »

Wang AnQuan se tendit.

« Qu’est-ce qu’il ne va pas ? Tu ne te sens pas bien ? C’est grave ? »

Lin Xun pressa fortement un doigt entre ses deux sourcils tandis qu’il réfléchissait.

‘Dois-je aller en ophtalmologie ou en psychiatrie ?’

Note de l’auteur : 

Lin Xun : Je suis comme un citron (Je suis une personne envieuse).

De nos jours, l’apprentissage profond (deep learning) devrait être la règle en IA mais le concept est plus compliqué. J’utiliserai donc le réseau neuronal pour m’y référer.

Je ne suis pas étudiant en informatique et je ferai de mon mieux pour utiliser correctement les concepts pertinents.

Note de la traduction :

[1] TPE (Très Petite Entreprise) : Selon l’Insee, ce sigle désigne en France des entreprises qui emploient moins de 10 salariés, dont le chiffre d’affaires annuel et le total du bilan sont inférieurs à 2 millions d’euros. 

[2] « Rester lettre morte » : Se dit d’une chose inutile ou qui n’a pas été prise en compte.

L’expression de base était 如同石沉大海 (lit. « Comme (jeter) une pierre qui coule dans l’océan »). On pourrait croire que cela correspond à notre expression « couler à pic » (soit littéralement : “couler très rapidement au fond de l’eau”) mais je pense que dans ce contexte, l’expression était trop forte.

[3] Réseau de neurones artificiels (Neural Network) : système informatique s’inspirant du fonctionnement du cerveau humain pour apprendre.

[4]Apprentissage profond (deep learning) : type d’intelligence artificielle dérivé du machine learning (apprentissage automatique) où la machine est capable d’apprendre par elle-même, contrairement à la programmation où elle se contente d’exécuter à la lettre des règles prédéterminées.

[5] Théorie du chaos : étudie le comportement des systèmes dynamiques très sensibles aux conditions initiales, un phénomène généralement illustré par l’effet papillon.

[6] Boîte noire (black box) : représentation d’un système sans considérer son fonctionnement interne (que ce soit un objet mécanique ou électronique, un organisme, une personne, un mode d’organisation sociale, ou n’importe quel autre système). Ce fonctionnement interne est soit inaccessible (ce qui est semble-t-il l’utilisation première, qui reste courante), soit omis délibérément (c’est alors un outil théorique qui permet de choisir d’étudier exclusivement les échanges extérieurs).

[7]Mégadonnées (big data) : désigne les ressources d’informations dont les caractéristiques en termes de volume, de vélocité et de variété imposent l’utilisation de technologies et de méthodes analytiques particulières pour générer de la valeur.

[8]Fractal :  objet mathématique, telle une courbe ou une surface, qui présente une structure similaire à toutes les échelles.

[9]像个柠檬 (lit. Comme un citron) : expression idiomatique qui signifie “être envieux”, “être jaloux”.

[10] En anglais dans le texte : Fichier, Éditer, Déboguer

[11]Compilateur : programme qui transforme un code source en un code objet.

[12]Turbo C :  environnement de développement intégré et un compilateur conçu par Borland pour le langage de programmation C.

[13]C语言输入界面 (C yǔyán shūrù jièmiàn)

Notre de Ravaille sur l’apprentissage : 


-> L’apprentissage automatique consiste à faire apprendre à un ordinateur à réaliser une application (ou tâche) (par exemple : classer des images de chat et de chiens, je vais utiliser cet exemple pour tout le reste de la note !). 

Créer une intelligence artificielle consiste en gros à créer un modèle (programme ou algorithme) qui permet à un PC de faire de l’apprentissage automatique (afin que le PC devienne “intelligent”). Par exemple, on donne au PC 10 images de chat et on sait que c’est des chats, 10 images de chien et on sait que c’est des chiens. Le PC apprends avec ces images à bien les classer comme un enfant avec des petites images. Si l’algorithme utilisé as une bonne intelligence, après qu’il ai appris, lorsque tu lui donne une image qu’il ne connais pas (hors des 20 avec lesquelles il a appris) et que tu lui demande “chat ou chien “, il répond la bonne réponse. Sinon, soit il faut lui faire apprendre plus avec plus d’exemples, soit le modèle n’est pas bon.  

Les réseaux de neurones sont une manière de créer une intelligence artificielle (un modèle pour apprendre donc) qui reproduit un cerveau humain (mais en virtuel en gros) : on met plein de neurones et le PC apprend à les connecter correctement pour créer une sorte de mini-cerveau qui réfléchit comme tu lui a appris. Le problème que souligne le MC est qu’en gros, le PC ne sera jamais vraiment intelligent parce que son intelligence est limitée aux données de départ (si pour lui faire apprendre la différence entre chat et chien, tu ne luis donne que des images de chats bah il va apprendre que tout est un chat). Les modèles d’apprentissage dit profond (deep) sont en fait des modèles qui utilisent plusieurs couches dans leurs programmes (que ce soit un réseau de neurones ou un autre modèle d’intelligence artificiel d’ailleurs). En effet, une intelligence artificielle est souvent un modèle complexe et pour apprendre des choses compliqués, on utilise ces modèles en chaîne (pour faire simple, si on prend par exemple un réseau de neurones, on répartit les neurones en couche et on met plusieures couches de neurones pour créer un cerveau plus complet). Un des problème (duquel parle le MC) de ce type de modèles est que, tout ce qui est entre la première couche et la dernière couche du programme est difficile d’accès et on arrive souvent à des situation où le programme marche (il fait bien ce que l’on veut), mais on sait pas trop pourquoi et on ne peut pas disséquer le cerveau virtuel pour savoir (un peu de la même manière qu’on sait pas précisément comment un cerveau humain marche, mais on sait qu’à priori [pour une majorité des gens] il marche ! ). C’est ce qu’il appelle la “black box” : un modèle où on ne sait rien de ce qui se passe au milieu.

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