The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 11

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie.

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Chapitre 11 : Ce Vénérable va te bécoter, réjouis-toi !

— O-Oui, à moi ! répondit en sanglotant Madame Chen. Mais je n’ai pas écrit la tablette ! Pourquoi aurais-je maudit mon propre enfant ? Je…

— En effet, vous ne l’auriez pas fait en étant éveillée, mais ce n’est pas forcément le cas en dormant.

Tandis qu’il parlait, Chu WanNing tendit la main pour récupérer la tablette commémorative, canalisant de l’énergie spirituelle dans sa paume. Soudain, des cris à glacer le sang en jaillirent, suivis immédiatement par l’odeur pesante et fétide de l’hémoglobine qui s’en échappait.

Les yeux de Chu WanNing se firent froids et perçants, sa voix, sévère.

— Arrogant esprit malin, oser te répandre ainsi !

Confronté à la lourde puissance spirituelle rassemblée dans sa paume, l’écriture sur la tablette fut progressivement contrainte à l’effacement au beau milieu des cris, s’estompant peu à peu, avant de finalement disparaître complètement. Chu WanNing resserra ses doigts pâles et fins, et la tablette commémorative entière se brisa !

La famille Chen, qui regardait dans le fond, demeura stupéfaite. Même Shi Mei l’était tout autant.

Il ne put s’empêcher de souffler :

— Quelle férocité !

Mo Ran ne put lui aussi se retenir de s’exclamer intérieurement.

Comme c’est vicieux.

Chu WanNing tourna légèrement la tête dans leur direction. Ses traits élégants étaient dépourvus d’expression ; quelques taches de sang avaient éclaboussé sa joue. Il porta le bout de ses doigts à sa connaissance pour en examiner l’écarlate dessus, avant de s’adresser à la famille Chen :

— Restez tous dans la cour aujourd’hui, n’allez nulle part.

Bien sûr, aucun d’entre eux n’osa désobéir à cette consigne, surtout après la démonstration opérée. Ils répondirent rapidement :

— Oui ! Oui ! Nous allons suivre toutes les instructions de Daozhang !

Chu WanNing quitta la salle du sanctuaire, essuyant les taches de sang sur son visage avec indifférence. Il leva le doigt pour pointer Madame Chen.

— Vous, surtout, ne vous endormez sous aucun prétexte. Cette chose est capable de possession, vous devez rester éveillée, même si vous vous sentez somnolente.

— Oui… Oui, oui, oui ! acquiesça-t-elle à plusieurs reprises.

En larmes, elle demanda ensuite avec une certaine hésitation :

— Daozhang, alors, mon fils… est-il… est-il en sécurité ?

— Pour l’instant.

— Pour l’instant ? répéta-t-elle en le fixant. Pas pour toujours ? D-Dans ce cas, que faut-il faire pour le garder sain et sauf ?

— Capturez le démon.

Dans sa panique, Madame Chen oublia ses manières et mit de côté la courtoisie, insistant avec urgence :

— Et quand Daozhang prévoit-il d’aller le capturer ?

— Tout de suite.

Le regard de Chu WanNing se porta sur la famille Chen :

— Lequel d’entre vous connaît l’endroit exact où le cercueil rouge a été déterré ? Montrez-nous le chemin.

Le nom de famille de la femme du fils aîné était Yao. Bien qu’étant une femme, elle était grande et vaillante. Son visage témoignait également d’une certaine crainte, mais elle restait relativement calme par rapport aux autres. Elle se proposa immédiatement :

— Puisque ce lieu a été choisi par mon défunt mari et moi-même, je connais cet endroit. Je vais guider Daozhang.

Tous trois suivirent Chen-Yao, empruntant tout du long la direction du nord, avant d’arriver rapidement sur la parcelle de terre achetée par les Chens.

La zone était déjà bouclée. Les cultures étaient sombres et envahies par la végétation, et il n’y avait pas âme qui vive à des kilomètres à la ronde. Le silence était total, même les bruits des oiseaux et des insectes étaient absents.

À mi-chemin de la montagne, l’espace s’ouvrit d’un coup.

— Honorés Daozhang, voici les lieux en question, annonça Chen-Yao.

Il y avait une pierre tombale surplombant l’endroit où le cercueil rouge avait été déterré. Mo Ran éclata de rire à sa vue.

— À quoi va servir ce rocher pourri ? C’est clairement le travail d’amateurs, mettez-le de côté.

— Mais le monsieur de la ville a dit que la bête démoniaque contenue à l’intérieur retenait l’esprit maléfique pour l’empêcher de sortir, répondit avec appréhension Chen-Yao.

Mo Ran sourit avec sarcasme.

— Ce monsieur est vraiment compétent.

Chen Yao resta sans voix, avant de reprendre :

— Jetez-le, jetez-le, jetez-le, jetez-le !

— Pas besoin, intervint froidement Chu WanNing.

Il tendit la main, et ses doigts se mirent à briller des couleurs de l’or alors que TianWen répondait à l’appel. En un seul claquement de vigne de saule, le rocher se brisa en morceaux ! Chu WanNing s’avança sans expression parmi les débris, levant une fois de plus la main en signe de menace :

— Pourquoi te caches-tu ? Lève-toi, bon sang !

Un étrange son « geh geh » s’éleva d’en dessous. Soudain, un cercueil en bois de trois mètres de long émergea violemment du sol, pulvérisant de la terre partout et projetant de la poussière.

Shi Mei sursauta.

— Ce cercueil a une énergie démoniaque tellement lourde !

— Repliez-vous, ordonna Chu WanNing.

TianWen frappa la bière rouge hermétiquement fermée d’un coup de fouet à revers, faisant jaillir des étincelles. Il y eut un moment de silence, puis le couvercle s’ouvrit, révélant l’objet qu’il contenait tandis qu’une épaisse fumée se dispersait.

À l’intérieur du cercueil se trouvait un homme, complètement nu. Il avait un nez droit et de beaux traits, et semblait presque endormi, si ce n’était que sa peau était très pâle.

Le regard de Mo Ran zooma sous la taille de l’homme, puis il feignit de se couvrir les yeux :

Aiya, cet imbécile puant ne porte pas de pantalon.

— …

— …

— Chéri ! s’écria Chen-Yao, surprise.

Elle se précipita vers le cercueil sans réfléchir, mais Chu WanNing tendit le bras pour la retenir, lui demandant avec un sourcil levé :

— C’est votre mari ?

— Oui ! C’est lui !

Chen-Yao fut frappée autant de peur que de chagrin.

— Comment a-t-il atterri ici ? Nous l’avons enterré dans la tombe ancestrale, entièrement vêtu d’habits funéraires. Comment a-t-il…

Elle se mit à gémir avant de pouvoir finir, frappant sa poitrine d’angoisse.

— Comment cela a-t-il pu arriver ! Si misérable… Si misérable ! Mon mari… Mon mari !!

— Maîtresse Chen, s’il vous plaît, retenez votre chagrin, soupira Shi Mei.

Chu WanNing et Mo Ran ignorèrent tous deux la femme en pleurs ; Chu WanNing ne savait pas comment réconforter les gens, et Mo Ran n’avait aucune compassion à exprimer. Tous deux fixèrent le cadavre dans la bière.

Mo Ran avait déjà vécu ça dans sa vie précédente et savait plus ou moins ce qui l’attendait, mais il devait quand même jouer son rôle. Par conséquent, il nota en se frottant le menton :

— Shizun, il y a quelque chose de louche avec ce cadavre.

— Je sais.

— …

Mo Ran avait prévu un discours entier, directement tiré de l’explication et de l’analyse originales de Chu WanNing dans sa vie antérieure. Il voulait les récupérer et choquer Chu WanNing, mais qui aurait pensé qu’il se serait contenté de jeter nonchalamment un « Je sais ».

En tant qu’enseignant, n’était-il pas censé encourager ses disciples à exprimer leurs propres pensées, et leur offrir des éloges et des récompenses pour ce faire ?

Mo Ran n’entendait pas abandonner. Il prétendit ne pas avoir entendu ce « Je sais » et poursuivit :

— Il n’y a aucun signe de décomposition sur ce cadavre. Chen-gongzi est mort il y a plus de quinze jours ; dans ce genre d’environnement, il aurait dû commencer à pourrir et à suppurer depuis longtemps, et il devrait déjà y avoir une couche de fluides organiques accumulée dans le cercueil. C’est le premier point.

Chu WanNing lui jeta un regard froid, du genre « tu peux continuer ».

Mo Ran n’en fut pas affecté, il continua de réciter l’explication de Chu WanNing tirée de sa précédente vie.

— Deuxième point. L’énergie démoniaque qui s’échappait de ce cercueil rouge était très forte avant son ouverture, mais elle a complètement disparu après ça. En outre, il n’y a pratiquement pas d’énergie démoniaque sur le cadavre lui-même, ce qui est également tout à fait anormal.

— …

— Troisièmement, as-tu remarqué que, depuis le moment où le cercueil a été ouvert, le vent transporte un doux parfum ?

Le parfum était vraiment subtil, nul ne l’aurait remarqué sans y prêter attention. Suite aux propos de Mo Ran, Shi Mei et Chen-Yao se rendirent compte qu’il y avait effectivement une légère odeur sucrée dans l’air.

— Tu as raison, répondit Shi Mei.

Chen-Yao renifla, et son visage changea de couleur.

— Ce parfum…

— Qu’y a-t-il, Maîtresse Chen ?

Cette dernière était si effrayée que même sa voix changea de ton.

— Ce parfum, il s’agit de la recette secrète de ma belle-mère, la poudre BaiDie 1 !

Nul ne prononça mot durant un moment. Cette ligne écrite sur la tablette commémorative dans la salle du sanctuaire, « Érigé par un membre vivant du clan Chen-Sun », sembla réapparaître devant leurs yeux.

— … Se pourrait-il que tout ceci soit vraiment l’œuvre de Madame Chen ? demanda Shi Mei.

— C’est peu probable, le contredit Mo Ran.

— Ce n’est pas le cas, Répondit Chu WanNing.

Tous deux parlèrent presque en même temps, puis se regardèrent. L’expression de Chu WanNing demeura immuable.

— Vas-y.

Sans modestie, Mo Ran expliqua :

— Pour autant que je sache, la famille Chen a fait fortune grâce à la poudre BaiDie propre à Madame. Sa recette est tenue secrète, mais le produit fini n’est pas difficile à obtenir. Sur dix filles de la ville de CaiDie, cinq ou six portent ce parfum. De plus, nous nous sommes penchés sur la question au préalable, et il semble que Chen-gongzi aimait aussi beaucoup la poudre BaiDie de sa mère, et la mélangeait souvent à l’eau de son bain lorsqu’il se baignait. Il n’est donc pas du tout étrange que son corps porte ce parfum. Ce qui est étrange, c’est que…

Il tourna la tête vers l’homme nu dans le cercueil tout en parlant.

— Il est déjà mort depuis une quinzaine de jours, mais ce parfum est frais comme s’il venait d’être appliqué. Ai-je raison, Shizun ?

— …

— Tu pourrais me féliciter un peu si j’ai raison ~

— Mmh.

— Tu n’aimes vraiment pas gaspiller tes mots, répondit Mo Ran en riant.

Avant même son deuxième gloussement, ses robes se soulevèrent lorsque Chu WanNing l’attrapa brusquement et le fit reculer de plusieurs mètres, TianWen à la main, luisant d’un doré éclatant, dansant dans la lumière flamboyante.

— Attention.

L’odeur de la poudre BaiDie présente dans l’air devint soudain plus forte. Avec cela, une brume blanche se matérialisa et se répandit à une vitesse alarmante. Toute la zone devint presque instantanément une mer de brouillard, si dense qu’on ne pouvait même plus voir les doigts de sa propre main !

Le cœur de Mo Ran s’agita.

Le royaume illusoire s’ouvrait.

— Ah !!

Le cri de Chen-Yao fut la première chose à être entendue dans l’épais brouillard.

— Daozhang, à l’ai…

Elle n’eut pas le temps de finir avant que le son ne soit abruptement coupé.

Le bout du doigt de Chu WanNing brilla d’une lueur bleue tandis qu’il plaçait un enchantement de pistage sur le front de Mo Ran.

— Fais attention pendant que je vais vérifier la situation.

Puis il disparut rapidement dans la brume épaisse, suivant la direction de la voix. 

Mo Ran se toucha le front, riant à voix basse.

— Eh bien ! Même la position de l’enchantement est exactement la même que dans l’autre vie. Chu WanNing, tu n’as vraiment pas changé du tout.

Le brouillard était vite arrivé, mais il s’était tout aussi vite dispersé, si bien qu’il n’en resta rien en peu de temps. La scène qui se révéla devant lui, cependant, était encore plus saisissante que celui-ci. Mo Ran en avait eu une peur bleue, du moins dans sa vie précédente.

Lorsque la brume disparut, la montagne désolée et envahie par la végétation avait disparu.

À sa place se trouvait une vaste étendue de jardins paysagers complexes et élégants, de pavillons et de vérandas serpentants, de rocailles et d’arbres verdoyants, et un chemin pavé qui s’étendait au-delà de ce que l’œil pouvait voir.

La simple vision de cet endroit donna envie à Mo Ran de se rouler de joie par terre.

Cet idiot tyrannique n’avait eu de cesse de songer toute la journée à ce royaume très illusoire. Dans son autre vie, ils avaient été séparés ici aussi ; Mo Ran avait d’abord rencontré Shi Mei et, sous l’effet de l’illusion, l’avait embrassé pour la première – et la seule – fois de sa vie.

Malheureusement, cette fois-là, Shi Mei s’était enfui dès que Mo Ran l’avait libéré, peut-être par peur. Le doux nectar lui avait été enlevé avant même qu’il n’y ait goûté, et il en était resté insatisfait.

Plus tard, après que le royaume illusoire eut été brisé, Shi Mei ne s’était même plus soucié de cette affaire avec lui. C’était comme si le baiser n’avait jamais eu lieu, et aucun des deux n’en avait reparlé. Parfois, au milieu de la nuit, Mo Ran s’était demandé si cela n’avait pas été un fantasme né de sa profonde obsession.

Fantasme ou pas, alors qu’il se léchait les lèvres, Mo Ran songea que, cette fois-ci, Shi Mei ne s’en tirerait pas si facilement. Je vais avoir mon lot de baisers d’un seul coup !

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Notes : 

1 百蝶 « BaiDie »se traduit par « Cent Papillons ».

Notes de l’auteur :

Selon les faits historiques, les noms de courtoisie sont reçus à l’âge de 20 ans. Cependant, dans ce monde de cultivation, on débute et on reçoit son nom de courtoisie à l’âge de 15 ans. Personnellement, j’aime beaucoup les trois caractères de Mo WeiYu (墨微雨), ils sont plus beaux que ceux de Mo Ran (墨燃). J’ai donc voulu les présenter plus tôt, hahahaha.

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3 commentaires sur “The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 11”

  1. Je tenais à vous remercier de traduire ce que je pense être mon novel favori ;_; J’ai beau l’avoir « lu » en anglais mais c’est mille fois mieux de lire en français et d’ainsi mieux comprendre certaines scènes ! Merci pour tout ce travail que vous nous offrez ! TwT

    Ah Mo Ran si tu savais…. :)))

  2. Ce petit coquin de Mo Ran ! XD
    Et en plus, il se l’a pète ! xD

    Je me demande comment ça va se passer… Pas forcément comme dans le passé.

    Merci beaucoup pour ce chapitre !
    A tout de suite ! x)

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