The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 14

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 14 : Ce Vénérable S’est Marié

Il pouvait encore voir à travers le mince voile rouge qui tombait devant ses yeux, mais sa vue était un peu floue. Le visage ainsi obscurci, l’expression de Chu WanNing était composée alors qu’il laissait la domestique fantôme le conduire au pavillon de réception.

En relevant les yeux vers la personne qui se tenait là à travers la brume rouge, la température autour de Chu WanNing baissa instantanément de plusieurs degrés.

Mo Ran fut également stupéfait.

Non mais… cela n’aurait-il pas dû être Shi Mei ?

Un voile recouvrait le faciès de la « mariée » devant lui, vêtue d’un rouge splendide. Il ne pouvait pas distinguer très clairement celui qui se cachait derrière, mais peu importe comment il le regardait, c’était bien le beau visage glacé de Chu WanNing, qui le fixait actuellement avec un air de mécontentement et une complète intention de tuer.

Mo Ran resta sans voix.

Il fut tout d’abord stupéfait, puis son expression devint de plus en plus compliquée. Toutes sortes d’émotions se manifestèrent sur son visage avant que ne s’installe finalement une étrange sorte de silence tandis qu’il se tenait face à face avec Chu WanNing, tous deux se regardant avec malaise.

C’est alors que le garçon doré et la jeune fille de jade derrière eux gloussèrent et applaudirent, puis se mirent à chanter.

« L’eau de l’Empereur blanc, 1 des vagues scintillantes et lumineuses ;

Les esprits des oiseaux amants saluent, portant des fleurs entre leurs becs.

Dans ce cercueil, deux se joindront ;

Dans ce sanctuaire, deux se coucheront.

Intention dans la vie, révélée dans la mort.

Désormais, deux passeront sous les cieux ;

Désormais, dans la mort, les âmes solitaires ne se sépareront jamais. »

Cependant, sous ce couplet horrible, il y avait une trace de tristesse et de regret.

Si seulement il pouvait parler, Mo Ran n’aurait voulu dire qu’une chose.

Ptui. 2

Mais il ne le pouvait pas.

Devant l’autel, se trouvait une paire de poupées de papier, une masculine et l’autre féminine. Elles n’avaient pas de visage, mais se voulaient bienveillantes et luxueusement habillées, probablement pour représenter les parents des couples fantômes.

L’officier de cérémonie commença à réciter dans un beuglement sonore :

— La nouvelle mariée amoureuse rougit de ces mots, des regards tendres sous ses cils baissés, de la soie rouge enveloppe son sourire délicat, que le mari lève le voile.

Mo Ran était à l’origine complètement réticent, mais en entendant ces mots, il manqua presque de perdre l’esprit en essayant de retenir son rire.

Hahahaha, la nouvelle mariée amoureuse rougit de ces mots, hahahaha !

Le visage de Chu WanNing était cendré alors qu’il essayait de réprimer sa colère, fermant les yeux comme si cela pouvait aussi l’empêcher d’entendre.

L’intendant fantôme ricana et tendit à Mo Ran un éventail ; les mots pour « éventail » et « vertueux » étaient prononcés de la même façon 3, indiquant que ce mariage était prédestiné par le destin.

— Marié, s’il vous plaît, levez le voile.

Mo Ran étouffa son rire et s’y employa, utilisant l’éventail pour soulever le voile de soie qui pendait devant les yeux de Chu WanNing. Même ses cils frémirent de ce rire étouffé lorsqu’il regarda l’expression vibrante de son visage.

Semblant avoir senti son regard moqueur, Chu WanNing essaya de le supporter pendant un certain temps, mais échoua finalement. Le feu et la foudre dansaient dans ses yeux lorsqu’il les rouvrit avec une aura meurtrière.

Toutefois, associé au voile rouge qui s’accrochait à ses cheveux et au vêtement écarlate qui paraît son corps, bien qu’il n’avait pas l’air moins féroce, la légère touche de rouge aux coins de ses yeux due à la colère et à la rancune dressa de façon inattendue un tableau particulièrement séduisant.

En voyant ces yeux, Mo Ran sursauta involontairement, le sourire figé sur son visage. Le Shizun devant lui ressemblait soudain exactement à ce à quoi il avait ressemblé à un certain moment de sa vie passée. Ces deux images se juxtaposèrent, et il ne put tout à coup plus dire à quelle époque il se trouvait.

Cela ne dura qu’un instant, mais Mo Ran en ressortit trempé de sueurs froides.

Il avait autrefois commis trois actes impitoyables envers Chu WanNing :

Premièrement : le meurtre ; il avait utilisé sa technique meurtrière sur Chu WanNing.

Deuxièmement : l’humiliation ; il avait forcé Chu WanNing à assouvir ses désirs charnels.

Troisièmement…

La dernière était la chose la plus gratifiante qu’il avait faite dans sa vie précédente, mais aussi son plus grand regret à la fin.

Bien sûr, l’empereur du monde humain n’admettrait jamais qu’il regrettait ses actes, mais il n’avait jamais réussi à échapper au tourment qui l’habitait au plus profond de son cœur.

Bordel. Pourquoi s’était-il souvenu de ce passé malsain. Pourquoi s’était-il souvenu du Chu WanNing de cette époque.

Mo Ran secoua la tête et se mordit les lèvres, essayant péniblement d’effacer le visage de Chu WanNing de ses souvenirs pour regarder la personne qui se trouvait devant lui avec un regard neuf.

Chu WanNing le fixait toujours avec une expression du genre « je vais te tuer ». Mo Ran ne voulait pas provoquer davantage cette personne difficile, il ne put donc que sourire en s’excusant, le visage empli d’impuissance.

L’officier de cérémonie reprit la parole :

— Marié et mariée, accomplissez le rite Woguan.

Celui-ci imposait aux jeunes mariés de se laver d’abord individuellement, puis de laver les mains de l’autre.

L’intendant fantôme sortit un pot en porcelaine rempli d’eau claire, et le souleva pour les inviter à se laver les mains, l’eau s’écoulant dans un bassin en dessous.

De devoir se laver et ensuite aider l’autre à en faire de même, le visage de Chu WanNing était plein de haine. Mo Ran était distrait et lui lava silencieusement les mains sans faire d’histoires, mais Chu WanNing était de mauvaise humeur et versa sans cérémonie la totalité du pot sur Mo Ran, lui trempant à moitié la manche.

— …

Il fixa sa manche trempée pendant un moment. Nul ne sait où son esprit s’égara, mais il était si préoccupé que son visage ne manifesta presque aucune réaction, à part une faible lumière dérivant au fond de ses yeux noirs d’encre.

Son cœur battait à tout rompre tout en réfléchissant.

Chu WanNing n’avait pas changé, il n’avait jamais changé.

Toutes ses actions, toutes ses pensées, dans l’autre vie et dans celle-ci, tout était exactement pareil, pas même la plus petite différence…

Il leva la tête lentement, et, pendant un instant, ce fut comme s’il était au pic SiSheng, debout devant la salle WuShan tandis que Chu WanNing marchait vers lui en empruntant un long escalier, et que, l’instant suivant, il s’agenouillerait devant lui, sa tête fière touchant le sol, sa colonne vertébrale droite se pliant, et se prosternant longtemps devant ses pieds.

— Rite Woguan terminé.

La voix brusque de l’intendant fantôme tira Mo Ran de ses souvenirs.

Tout à coup, ses yeux rencontrèrent ceux de Chu WanNing ; ces pupilles noires qui scintillaient d’une lumière froide comme le reflet d’une épée, dégageant un air terrifiant.

— …

… Euh, l’autre vie, c’était l’autre vie. Quant à faire une chose telle qu’amener Chu WanNing à s’agenouiller devant lui, dans cette vie, il devrait se contenter d’y penser, le coût de cette réalisation était vraiment trop important…

Après le rite Woguan, suivit le rite Tonglao 4, puis le rite Hejin. 5

La domestique fantôme déclara lentement :

— Mari et femme partagent une coupe de vin, désormais ensemble jusqu’à la fin du monde.

Les coupes de vin étaient échangées lors du rite Hejin, après quoi on s’agenouillait rituellement face au ciel et à la terre.

Chu WanNing était tellement en colère qu’il semblait vraiment sur le point de perdre la tête, ses yeux de phénix se fronçant dangereusement. Quand tout cela serait terminé, Mo Ran ne serait pas surpris s’il venait à transformer au minimum la maîtresse fantôme de cérémonie en boue.

Mais il ne pouvait vraiment pas regarder trop attentivement Chu WanNing quand il était dans cet état.

Un seul regard de plus et il risquait de retomber dans ces souvenirs chaotiques et dégoûtants, incapable de se libérer.

— Premier agenouillement – pour le ciel et la terre.

Mo Ran songea que même s’ils jouaient le jeu, avec le fier tempérament de Chu WanNing, il n’y avait aucune chance pour qu’il s’agenouille. Mais, contre toute attente, pour finir ce qu’il avait commencé, il ferma les yeux, ses sourcils se mettant à trembler, et s’agenouilla véritablement. Tous deux s’inclinèrent ensemble.

— Seconde agenouillement – pour les parents.

Très bien alors, à genoux pour les poupées de papier sans visage. Peut-on même appeler ces dernières ses parents ?

— Troisième agenouillement – mari et femme, l’un envers l’autre.

Les cils épais de Chu WanNing pendaient bas. Il se tourna et s’agenouilla directement et rapidement sans même adresser un seul regard à Mo Ran, mais ses dents étaient fermement serrées.

Qui aurait pu prédire que les deux hommes avaient une si mauvaise coordination ? Agenouillés un peu trop près l’un de l’autre, ils se frappèrent la tête dans un bruit sourd.

Chu WanNing contint un souffle de douleur, se tenant le front, et leva ses yeux larmoyants pour adresser un regard assassin à Mo WeiYu, qui se frottait lui aussi le front.

Mo Ran ne put qu’articuler sans bruit un « Désolé ».

Chu WanNing ne répondit pas, le visage sombre, mais leva les yeux au ciel.

Après le rite Jiefa, l’officier de cérémonie scanda :

— Nouez vos cheveux pour devenir mari et femme, l’amour conjugal ne doit jamais être mis en doute.

La domestique fantôme présenta une paire de ciseaux dorés, et Mo Ran ne put s’empêcher de tressaillir, s’inquiétant que Chu WanNing puisse tout simplement le poignarder à mort dans son mécontentement. L’idée semblait en effet avoir traversé l’esprit de celui-ci, mais, au final, ils se coupèrent seulement une mèche de cheveux l’un l’autre, et les placèrent dans une pochette en brocart présentée par le garçon en or et la jeune fille en jade, afin qu’elles soient conservées par la « mariée » Chu WanNing.

Mo Ran avait vraiment envie de demander, « Je sais que tu es énervé, mais tu n’utiliseras pas mes cheveux pour me maudire ou faire une poupée vaudou ou autre chose, n’est-ce pas ? »

— Cérémonie… complète, proclama l’officier de cérémonie.

Tous deux soupirèrent de soulagement et se levèrent. Mais, pour leur plus grande surprise, l’officier de cérémonie poursuivit :

— L’heure propice est arrivée, entrez dans la chambre nuptiale… 6

C’est. Quoi. Ce. Bordel ???

Mo Ran se figea instantanément, et manqua de cracher une gorgée de sang !

Quelle blague était-ce ? S’il osait consommer avec Chu WanNing, ce mariage deviendrait vraiment un putain de mariage fantôme ! Bien sûr, le dicton disait que si l’on devait mourir sous une fleur de pivoine 7, on serait toujours charmant en tant que fantôme, mais dans cette vie, il voulait… non attendez, dans les deux vies, il voulait le vertueux Shi Mei, pas ce démon au sang froid de Chu WanNing qui ligoterait tous ceux qui le convoitaient et les jetterait dans un étang de boue !

Est-il trop tard pour fuir ce mariage ?

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Notes :

1 白帝水L’eau de SiChuan. L’empereur Blanc régnait sur la région de SiChuan, qui est le cadre de l’histoire actuelle.

2 C’est l’onomatopée d’un crachat dédaigneux. Oui, oui, vous avez bien lu, il crache dédaigneusement 

3 « Eventail » et « Vertueux » sont des homophones et sont prononcés « Shan »

4 Le rite Tonglao consiste à ce que le marié et la mariée partagent un morceau de viande, symbolisant le début d’une vie commune.

5 Le rite Hejin consiste à ce que le marié et la mariée boivent chacun la moitié de leur coupe de vin, puis échangent et finissent la coupe de l’autre. 

6 La chambre nuptiale est l’endroit où la consommation du mariage a lieu.

7 « Une fleur de pivoine » est une métaphore pour une belle femme.

Notes de l’auteur :

Oh ! A propos des versets de mariage, j’avais originellement prévu de chercher ceux des coutumes traditionnelles, mais je n’ai rien trouvé de bien approfondi. De plus, les mariages fantômes ne sont pas célébrés de la même manière que les mariages normaux, c’est pourquoi les paroles doivent être différentes aussi. Les critiques sont priées de ne pas trop pinailler à ce sujet.

De plus, quelques détails ont été délibérément ajoutés aux paroles. Une fois que l’histoire complète aura été mise à jour, ceux d’entre vous qui sont intéressés pourront revenir ici et les relire. Vous vous rendrez compte que ces vers de mariage ne sont pas complètement du charabia, mais qu’ils ont une signification plus profonde.

Il s’enfuit. Lisez, c’est l’heure de la chambre nuptiale, je n’ai pas à me filmer en direct en train manger de la merde !

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2 commentaires sur “The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 14”

  1. C’est bizarre .. Il l’a tué, puis l’a « assouvi » ?
    euh….
    Et le 3ème, j’ose imaginé !

    Hé bien, hé bien, les choses avancent bien ! Mouahahaha !

    Je ne pensais pas qu’il allait jusqu’au bout de la cérémonie… D’ailleurs pourquoi ils n’ont pas déjà agis ? Je croyais que la ‘déesse’ serait présente lors du mariage pour absorber les essences, ou quelque chose comme ça… Je suis perdue !

    En tout cas, merci infiniment pour tous ces chapitres ! Vous buchez durs ! Courage à vous ! Reposez-vous aussi, profitez de l’été ! 😀
    A très bientôt !

    1. Non, c’est plutôt dans le sens ou il a commis trois actes horribles envers lui, et il les classe en fonction de leur gravité, le troisième étant son plus grand regret et le plus impitoyable, du coup.

      Son meurtre, son viol et enfin… Mystère et boule de gomme.

      ( Il ne l’a pas tué puis violé, je te rassure )

      Merci pour tes retours. ♥

      Profite de ton été aussi, à bientôt !

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