The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 16

Ch.15 | Index | Ch.17

Traduit par Keliane, corrigé par Angie

oOoOoOoOo

Chapter 16 : Ce Vénérable Est Stupéfait

On ne pouvait pas vraiment blâmer Mo Ran de se comporter comme une bête ; se retrouver piéger dans un espace étriqué avec quelqu’un avec qui vous aviez couché un nombre incalculable de fois, que ce soit par sincérité ou par imposture, par vengeance ou par tendresse, en sentant son odeur familière, les pensées de n’importe qui d’autre auraient tout autant vacillé en pareille situation. 

De plus, Mo Ran était de base un dépravé.

Shi Mei était son clair de lune ; il n’avait pas le cœur à le toucher, ne pouvait pas risquer de le ruiner.

Mais il n’avait aucun scrupule à vouloir détruire Chu WanNing. Le concernant, il pouvait laisser parler sans retenue toutes ses immoralités, ses désirs bestiaux et sa sauvagerie profondément ancrée en lui.

Réduire cette personne en poussière, la mettre au pied du mur, l’écraser, la soumettre à tout ce qu’il ne penserait jamais faire à Shi Mei.

Dans sa vie passée, chaque fois qu’il voyait Chu WanNing avec la tête jetée en arrière, le cou dénudé et sa pomme d’Adam tressautant, il avait l’impression qu’il pourrait se perdre et se transformer en une bête assoiffée de sang, consumée par le désir de lui ouvrir la gorge, de boire son sang, de lui broyer les os.

Il ne se souciait pas de Chu WanNing, alors il ne contenait rien.

Même son corps avait pris l’habitude de le profaner ; rien que l’odeur du parfum de Chu WanNing allumait un feu dans son abdomen et lui donnait envie d’attacher cette personne au lit et de la baiser.

Les battements de cœur frénétiques de Mo Ran se faisaient entendre dans le silence du cercueil.

Il savait que le visage de Chu WanNing était tout près, il pouvait sentir son souffle. S’il se laissait aller à le mordre, Chu Wanning serait incapable de s’échapper, mais…

Oublions cela.

Mo Ran s’éloigna de lui à reculons non sans beaucoup de difficultés, car le cercueil était vraiment étroit.

— Désolé pour ça, Shizun, lâcha Mo Ran avec un rire maladroit. Je ne m’attendais pas à ce que le cercueil trem – ble !

Alors qu’il parlait, le cercueil s’inclina de nouveau. Mo Ran roula dans les bras de Chu WanNing une fois de plus.

Chu WanNing resta coi.

Mo Ran lutta encore pour reculer, et le cercueil vacilla de plus belle. Cela se répéta encore et encore.

— Que diable se passe-t-il vraiment ? s’écria Mo Ran en se hâtant encore une fois de se dégager.

Le garçon doré et la fille de jade étaient probablement en train de remonter une pente. L’intérieur du cercueil était trop glissant, et Mo Ran ne tarda pas à se retrouver une énième fois sur Chu WanNing, impuissant.

— Shizun…

Mo Ran se mordit la lèvre, affichant une mine pitoyable. 

Ce type était né avec un regard attachant. S’il faisait un effort, il pouvait cacher sa queue de loup et jouer le chiot de façon convaincante.

Chu WanNing garda le silence.

Mo Ran ne voulait vraiment plus se faire malmener, alors il abandonna tout simplement la lutte.

— Je ne le fais vraiment pas exprès.

— …

— Les blessures de mon dos me font mal à force de frapper contre la cloison…, continua-t-il tranquillement.

Dans l’obscurité, Chu WanNing sembla soupirer doucement. Les tam-tam et les tambours dehors étaient trop bruyants, si bien que Mo Ran ne put être sûr d’avoir bien entendu.

Mais l’instant suivant, l’odeur des fleurs de haitang se fit plus forte lorsque Chu WanNing plaça sa main derrière son dos pour combler l’espace afin qu’il ne se cogne plus.

Ce n’était pas vraiment une étreinte – Chu WanNing tenait son bras à distance et s’assurait de ne pas entrer en contact avec le corps de Mo Ran, seuls ses vêtements couvraient ce dernier – mais cette position restait un peu intime.

— Fais attention, ne te cogne plus.

Sa voix était profonde, comme de la porcelaine immergée dans un ruisseau, stable et digne ; cela aurait été frappant s’il avait été écouté sans un linceul de haine.

—  … Mmh.

Aucun d’eux ne parla plus après cela.

Mo Ran était encore un adolescent en pleine croissance à ce moment-là, pas aussi grand qu’il le serait à l’âge adulte. Pour l’heure, dans les bras de Chu WanNing, son front n’atteignait que son menton.

La sensation était familière et inconnue.

Ce qui était familier, c’était la personne couchée à côté de lui.

Ce qui ne l’était pas, c’était la position dans laquelle ils se trouvaient.

Dans son autre vie, il n’y avait pas si longtemps, c’était toujours lui qui demeurait dans la salle WuShan du pic SiSheng : un TaXian-Jun solitaire n’ayant plus personne vers qui se tourner, dans une obscurité si infinie qu’il pouvait à peine respirer, serrant fermement Chu WanNing dans ses bras.

Il était déjà plus grand que lui à cette époque, plus fort que Shizun. Ses bras étaient pareils à des pinces, à des fers, se raccrochant au soupçon de chaleur restant entre ses bras, comme s’il se cramponnait à la toute dernière braise de feu de ce monde.

Il avait baissé la tête pour embrasser les cheveux noirs d’encre de Chu WanNing, puis s’était penché plus près, insatiable, et s’était enfoncé dans le creux de son cou, le mordant et le rongeant impitoyablement.

— Je te déteste, Chu WanNing. Je te déteste vraiment.

Sa voix s’était faite un peu rauque.

— Mais tu es tout ce qu’il me reste.

Mo Ran fut brusquement tiré de ses souvenirs par une série de heurts et de cahots. Le son des tam-tam et des tambours s’arrêta d’un coup, et un silence de mort s’installa aux alentours.

— Shizun…

Chu WanNing pressa un doigt sur ses lèvres, l’avertissant à voix basse :

— Ne dis plus rien. Nous y sommes.

Effectivement, il n’y avait plus de bruit de pas au dehors, rien d’autre que le silence.

La pointe du doigt de Chu WanNing s’illumina d’une faible lumière dorée, engendrant une entaille dans la cloison du cercueil suffisante pour pouvoir jeter un coup d’œil à l’extérieur.

Comme attendu, ils avaient été emportés jusqu’à la périphérie de la ville CaiDie. L’avant du temple était déjà densément encombré de cercueils, et l’odeur pesante du parfum BaiDie s’intensifiait encore dans l’air, pénétrant par l’ouverture faite dans la bière.

Mo Ran réalisa soudain que quelque chose n’allait pas.

— Shizun, est-ce que ce parfum, ainsi que celui du royaume illusoire, ne sont pas légèrement différents du parfum du cercueil de Chen-gongzi ?

— … Comment ça ?

Mo Ran avait un odorat très développé.

— Dans la montagne du nord, quand le cercueil s’est ouvert pour la première fois, l’odeur qui en est sortie était agréable et ne me causait aucune gêne. Il est à peu près certain qu’il s’agissait du parfum BaiDie. Mais depuis que nous sommes entrés dans le royaume illusoire, je n’ai cessé de sentir que cette odeur, bien que similaire, était quelque peu différente. Seulement, je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus. Maintenant… je pense que je sais ce que c’est.

Chu WanNing se tourna pour le regarder.

— Tu n’aimes pas cette odeur ?

Mo Ran était toujours pressé contre l’ouverture, espionnant au dehors.

— Mmh. Je déteste l’odeur de l’encens depuis que je suis petit. L’odeur ici et dans le royaume illusoire n’est pas du tout celle du parfum BaiDie, c’est celle de l’encens spécial que les habitants de la ville CaiDie brûlent pour la maîtresse de cérémonies. Regarde là-bas…

Chu WanNing suivit son regard, et vit trois bâtonnets d’encens épais comme des bras dans le brûleur d’encens devant le temple, leur parfum se diffusant nonchalamment dans les courants d’air.

Les habitants de CaiDie fabriquaient toutes sortes de produits parfumés à partir de fleurs, même leur encens était produit localement. Comme tout était fabriqué à partir des plantes cultivées en ville, les parfums qui en résultaient étaient assez semblables pour les profanes.

Chu WanNing réfléchit.

— Se pourrait-il que l’odeur du cercueil de Chen-gongzi n’ait en fait rien à voir avec celle de l’illusion ?

Avant qu’il ne puisse finir d’étudier ce nouveau détail, ses pensées furent interrompues par une lumière rouge perçante provenant de l’intérieur du temple. Ils regardèrent tous deux dans cette direction pour la voir se mettre à resplendir, illuminant toute la zone. Une rangée de lampes en forme de lotus rouges, utilisées pour faire des vœux, reposaient sur un support à côté du temple, et, une par une, toutes s’allumaient.

Les enfants fantômes qui escortaient les cercueils s’agenouillèrent tous en même temps, en chantant :

— Maîtresse des cérémonies qui descendez, priez pour guider ces âmes solitaires afin qu’elles échappent à la souffrance et trouvent des compagnons, unies dans la sépulture, associées dans l’au-delà.

Au beau milieu de ce chant tonitruant, la statue de la maîtresse fantôme de cérémonies située à l’intérieur du temple émit une lumière dorée sacrée, puis ses paupières s’abaissèrent, la commissure de ses lèvres bougea lentement, et elle sauta gracieusement de l’autel.

Son mouvement était gracieux, sa position stable.

Malheureusement, son corps, fait d’argile, était beaucoup trop lourd, et la jeune fille atterrit dans un bruit sourd, creusant un énorme cratère dans le sol.

— Pfft ! pouffa Mo Ran.

Chu WanNing resta sans voix.

La maîtresse fantôme sembla s’en rendre compte. Elle fixa le cratère pendant un certain temps avant de sortir d’un pas délibérément lent, tout en réarrangeant ses vêtements.

Son apparence était celle d’une jeune fille drapée de riches vêtements rouges, le visage maquillé et un brin de cyprès dans les cheveux, avec un air assez festif. Dans l’obscurité de la nuit, elle tourna son cou dans un sens puis dans l’autre, puis s’immobilisa devant les cent cercueils. La brise était imprégnée de la puanteur de la pourriture des cadavres ; son humeur sembla s’améliorer, et elle étendit lentement ses bras, laissant échapper un rire pareil à un « ge, ge ».

— Tous ceux qui croient en moi et qui me vénèrent se verront accorder un partenaire dans le mariage, accomplissant ce qui leur a été refusé dans la vie.

La voix délicate dériva dans la nuit, et les fantômes et les monstres commencèrent à se prosterner en signe de gratitude.

— Maîtresse des cérémonies, accordez-nous votre Bénédiction…

— Maîtresse des cérémonies, priez pour accorder le mariage…

De tels supplications lui parvinrent vague après vague. Alors qu’elle se faufilait lentement entre les rangées de cercueils, laissant courir ses longs ongles peints en écarlate le long de ceux-ci dans un son strident à percer les tympans, la maîtresse fantôme parut ravie.

— Shizun, je me souviens que tu as déjà mentionné que les monstres, les divinités, les fantômes, les dieux, les démons et les humains occupaient chacun leur propre royaume, reprit Mo Ran. Pourquoi cette divinité traîne-t-elle avec les fantômes d’en bas au lieu de vivre dans les hauteurs du Neuvième Ciel ?

— Parce qu’elle est en charge des mariages fantômes, et qu’elle est soutenue par la vénération des fantômes, répondit Chu WanNing. Ces derniers lui assurent d’immenses mérites, sans quoi elle ne serait pas devenue une divinité en à peine quelques centaines d’années. Avec un arrangement aussi avantageux, elle est naturellement heureuse de tenir compagnie à ses « amis » de l’au-delà.

La maîtresse fantôme tourna autour de l’amas de cercueils et regagna sa place à l’avant, sa voix délicate résonnant de nouveau :

— Chaque cercueil à ouvrir sera gratifié d’un mariage. Je commencerai par la gauche.

À son commandement, le premier cercueil s’ouvrit lentement tandis qu’une paire composée d’un garçon doré et d’une jeune fille de jade s’inclinait respectueusement à ses côtés. Les cadavres à l’intérieur sortirent de façon mal assurée. Leurs visages paraissaient encore plus pâles en contraste avec le rouge vif de leurs vêtements de mariage.

Le couple se fraya lentement un chemin devant la maîtresse fantôme et s’agenouilla.

Celle-ci plaça une main entre eux et déclara :

— En tant que maîtresse des cérémonies, je vous confère par la présente un mariage posthume. Vous êtes désormais mari et femme, tous deux heureux dans l’union.

Mo Ran leva les yeux au ciel et marmonna :

— Ne fais pas de poésie si tu ne sais pas comment faire. Ces vœux de mariage sonnent obscènes.

— Tu as une imagination assez indécente, commenta froidement Chu WanNing.

Mo Ran se tut.

Cependant, peu après, la maîtresse fantôme démontra rapidement que, l’indécent ici présent n’était pas Mo Ran, mais cette divinité en charge des mariages fantômes.

Ce fut comme si le couple de jeunes mariés cadavériques avait consommé des aphrodisiaques ; ils étaient clairement déjà morts, mais ils déchirèrent chacun les vêtements de l’autre, s’embrassant et s’étreignant mutuellement sur place dans un enchevêtrement frénétique, sans aucune honte, devant tout le monde.

— …

— …

— En tant que maîtresse de cérémonies, je vous accorde par la présente les joies de l’ordre naturel. Le Yin et le Yang peuvent s’accoupler, sans se soucier de la vie ou la mort !

Les cris de la maîtresse fantôme devinrent de plus en plus stridents et hautains.

Les mouvements des cadavres se firent également de plus en plus exagérés. Le cadavre masculin se départit de ses vêtements et se révéla ridiculement vigoureux, pareil à une personne vivante.

Mo Ran demeura totalement stupéfait.

— …Tu ne peux pas… sérieusement… faire ça ???

oOoOoOoOo

Ch.15 | Index | Ch.17

Les membres de la team font de leur mieux pour vous fournir des chapitres de la meilleure qualité possible, mais l’erreur est humaine ! Si vous avez trouvé une faute d’orthographe ou de grammaire, vous pouvez nous la signaler directement en sélectionnant le passage concerné et en appuyant sur Ctrl + Entrée .

1 a commenté sur “The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 16”

  1. Pour une fois que ce n’est pas lui à l’esprit mal tourné ! lol
    Shizun l’a accusé à tord ! xD

    Par contre, comment ils vont faire maintenant ! lol

    Merci pour ce chapitre la team !
    A tout de suite ! 😉

Laisser un commentaire