The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 18

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 18 : Ce Vénérable t’a autrefois supplié

TianWen possédait une technique meurtrière ne permettant aucun angle mort. Son nom était simple, et tenait en un seul mot, « Vent ». Une fois activée, elle anéantissait tout ce qu’elle touchait dans les environs.

Bien sûr, Mo Ran avait déjà goûté personnellement à la férocité de « Vent » auparavant ; il connaissait également bien les capacités de Chu WanNing, et savait qu’il n’y avait pas lieu de s’inquiéter. Il jeta un dernier regard à cet homme au visage pâle, drapé dans une robe de mariée rouge comme le sang, et lança le dernier de ses talismans d’exorcisme pour lui faire gagner un peu de temps, puis il sauta sur le côté, soutenant Shi Mei par un bras et saisissant la Maîtresse Chen de l’autre pour emporter les deux inconscients en lieu sûr.

Endurant la douleur brûlante, Chu WanNing força son autre main à bouger. TianWen s’illumina immédiatement d’une lumière dorée éblouissante, et Chu WanNing ramena à lui la liane de saule d’un mouvement brusque.

Une fois libéré de sa contrainte, le visage de la maîtresse fantôme se déforma alors qu’elle bondissait et se dirigeait droit vers Chu WanNing.

Les robes de Chu WanNing se mirent à danser comme des flammes dans le vent. Avec une expression féroce et le sang couvrant une grande partie de ses robes, il leva la main vers le ciel, la lumière dorée de TianWen s’intensifiant de façon menaçante lorsqu’il commença à la faire tournoyer.

La liane de saule s’allongea soudain de plusieurs dizaines de pieds en tourbillonnant pour former un vortex doré, attirant tout ce qui se trouvait dans les environs : les fantômes, les cadavres, les garçons dorés et les filles de jade, et même cette hargneuse maîtresse fantôme. Tout fut attiré au centre de « Vent » et instantanément haché par la rapidité féroce de TianWen !!!

« Vent » se fit indistinctement destructeur, même l’herbe et les arbres de la zone furent déracinés, rien n’échappa à son assaut.

Avec Chu WanNing en tant qu’épicentre, une tempête dorée resplendissante aux proportions immenses recouvrant les cieux, les cercueils et les cadavres furent balayés par la puissance des courants.

Cela consuma tout ce qui était à sa portée, tout ce qui fut ramené dans la tempête et déchiré par le tourbillon rapide de TianWen.

Déchiqueté en tant de débris…

Lorsque la poussière se déposa, Chu WanNing se tenait au milieu d’un terrain vague stérile.

À part sa silhouette solitaire au milieu des ruines enveloppées d’un écarlate brillant, comme un lotus rouge en fleur, une fleur de haitang tombée, il ne restait plus qu’un sol couvert d’os blancs brisés et le terrifiant TianWen le long duquel courait une lumière dorée.

Il semblait que Chu WanNing était vraiment très prévenant quand il fouettait les disciples.

Compte tenu de la démonstration précédente, il aurait certainement pu pulvériser chacun d’entre eux à la plate-forme de Shan’E d’un seul coup s’il en avait eu envie…

La lumière dorée s’estompa progressivement.

TianWen se changea en poussière d’étoiles étincelantes et retourna dans sa paume.

Il expira profondément, fronça les sourcils, et marcha lentement vers ses disciples s’étant éloignés, ignorant la douleur de son épaule.

Endurant toujours la douleur en silence, une fois à leurs côtés, Chu Wanning demanda :

— Comment va Shi Mei ?

Mo Ran baissa les yeux sur le beau Shi Mei inconscient entre ses bras, ne semblant toujours pas vouloir se réveiller. Ses respirations étaient peu profondes et sa joue, froide au toucher. Cette scène était beaucoup trop familière. C’était un cauchemar auquel Mo Ran ne pouvait pas échapper, dans la vie comme dans la mort.

Cette fois-là, Shi Mei était également allongé dans ses bras, exactement comme ça, quand il avait progressivement cessé de respirer…

Chu WanNing se pencha pour presser ses doigts contre le cou de Maîtresse Chen et Shi Mei, et prendre ainsi leur pouls.

— Hm ? murmura-t-il. Comment se fait-il que l’empoisonnement soit aussi sérieux ?

Mo Ran releva d’un coup la tête.

— Du poison ? N’as-tu pas dit qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter ? Qu’ils étaient simplement hypnotisés ?

Chu WanNing fronça les sourcils.

— La maîtresse fantôme utilise le parfum pour son hypnose, c’est une sorte de poison. Je ne m’attendais qu’à un empoisonnement mineur, pas à quelque chose de cette ampleur.

— …

— Commence par les ramener à la résidence des Chen, poursuivit Chu WanNing. Il ne sera pas difficile de faire sortir le poison, l’important, c’est qu’ils soient en vie.

Il avait parlé sur un ton plat et indifférent. Même si c’était la façon dont Chu WanNing parlait habituellement, dans les circonstances actuelles, cela le faisait paraître insensible et méprisant.

Mo Ran fut violemment repoussé dans ses souvenirs de la tempête de neige de cette année-là, lorsqu’il s’était agenouillé dans la neige en tenant Shi Mei dans ses bras alors que sa vie s’échappait peu à peu.

Son visage était taché de larmes, il criait d’une voix rauque tout en suppliant Chu WanNing de se retourner, d’offrir un regard à son disciple, de lever le petit doigt et de lui sauver la vie.

Mais qu’avait donc dit Chu WanNing à l’époque ?

D’une voix méprisante, sur un ton impassible, exactement comme ça.

De cette même façon, il avait tourné le dos à Mo Ran la seule fois de sa vie où il s’était agenouillé et avait supplié.

Au milieu de la neige tombante, la personne qu’il tenait dans ses bras était devenue progressivement froide comme les flocons de neige qui lui tombaient sur les épaules et s’accrochaient à ses cils.

Ce jour-là, Chu WanNing avait tué deux disciples de ses propres mains.

L’un d’eux était Shi MingJing, qu’il aurait pu sauver, mais ne l’avait pas fait.

L’autre était Mo WeiYu, dont le cœur s’était noyé de chagrin alors qu’il s’agenouillait dans la neige.

Ce dernier fut soudain submergé par la peur, la méchanceté, une malice irréconciliable et une sauvagerie ondulant tel un serpent.

Pendant un instant, il éprouva le violent besoin de refermer ses mains autour du cou de Chu WanNing, de se débarrasser de ce déguisement sympathique, et de mettre à nu son apparence démoniaque. De se transformer en un fantôme vicieux jailli du passé et d’arracher sa chair, d’extirper quelques réponses, de se venger.

Une vengeance pour la vie de ces deux disciples sans défense dans la neige.

Mais quand il releva les yeux, son regard se posa sur l’épaule ensanglantée de Chu WanNing.

Le rugissement bestial mourut dans sa gorge.

Fixant le visage de Chu WanNing d’un regard à la limite de la haine, il n’émit aucun autre bruit, et Chu WanNing ne le remarqua pas. Au bout d’un moment, il baissa la tête pour observer le visage pâle de Shi Mei.

Son esprit se vida.

Si quelque chose arrive encore à Shi Mei, alors…

Kof, kof, kof !!

La personne dans ses bras laissa tout à coup échapper une quinte de toux. Mo Ran sursauta, le cœur frémissant… Shi Mei ouvrit lentement les yeux et murmura d’une voix faible et éraillée.

— A…Ran… ?

— Oui ! C’est moi !

Le soulagement et la joie lavèrent toutes ses angoisses. Les yeux de Mo Ran s’ouvrirent en grand lorsqu’il pressa une main sur la joue froide de Shi Mei, les yeux scintillants.

— Shi Mei, comment te sens-tu ? Est-ce que tu as mal quelque part ?

L’expression douce, Shi Mei esquissa un léger sourire. Il survola les environs du regard.

— … Comment sommes-nous arrivés ici… Est-ce que je me suis évanoui… Ah ! Shizun… kof, kof, ce disciple était incompétent… ce disciple…

— Ne dis rien, ordonna Chu Wanning.

Il lui donna une pilule.

— Puisque tu es réveillé, garde cette pilule antipoison dans ta bouche, ne l’avale pas.

Shi Mei s’exécuta avec obéissance, puis sursauta, les couleurs quittant plus encore son visage pâle.

— Shizun, comment t’es-tu blessé ? Tu es couvert de sang…

De la même voix plate et indifférente, Chu WanNing répondit :

— Ce n’est rien.

Il se leva et jeta un coup d’œil à Mo Ran.

— Toi, ramène-les à la résidence des Chen.

Maintenant que Shi Mei était réveillée, la tristesse de Mo Ran s’était dissipée. Il acquiesça d’un signe de tête serviable.

— Très bien !

— Je rentre en premier, je dois demander quelque chose à la famille Chen.

Chu WanNing se tourna et partit. Face à l’infinité de la nuit, avec rien d’autre autour que de l’herbe flétrie dans toutes les directions, il ne put finalement plus se retenir, fronçant ses sourcils et laissant transparaître sur son visage la douleur qu’il éprouvait.

Toute son épaule avait été transpercée par les cinq griffes ; la chair et les tendons, déchirés. Les griffes de la maîtresse fantôme l’avaient entaillé profondément jusqu’à l’os. Même s’il avait feint le calme et avait tout enduré, scellant ses veines pour ne pas perdre connaissance suite à la perte de sang, il n’en restait pas moins humain.

Il ressentait encore la douleur…

Mais, qu’est-ce que cela pouvait bien faire si ça faisait mal ?

Il mit un pied devant l’autre, ses robes de mariée flottant dans les airs.

Depuis toutes ces années, tout le monde le respectait, le craignait, mais jamais personne n’avait osé se tenir à ses côtés. Jamais personne ne s’était préoccupé de son bien-être. Il y était habitué.

YuHeng du Ciel Nocturne, BeiDou Xian-Jun.

Mal-aimé de la tête aux pieds, personne ne souciant qu’il soit vivant, mort, malade ou souffrant.

Il semblait que, depuis sa naissance, il n’avait jamais eu besoin du soutien d’autrui, qu’il n’avait jamais eu besoin de dépendre de quoi que ce soit, et qu’il n’avait jamais eu besoin de personne pour lui tenir compagnie.

Il n’était donc pas nécessaire de dire que cela faisait mal, et encore moins de pleurer. Il allait simplement rentrer et se recroqueviller sur lui-même, couper la chair déchirée et morte, appliquer de la pommade, et tout irait bien.

Peu importait que nul de se soucie de lui.

Il était déjà parvenu jusqu’ici tout seul de toute façon. Cela s’était bien passé, toutes ces années. Il pouvait prendre soin de lui-même.

Il arriva aux portes de la résidence des Chen, mais avant qu’il ne puisse entrer dans la cour, un éclat de cris stridents retentit depuis l’intérieur.

Sans se soucier de ses blessures, Chu WanNing se précipita à l’intérieur – juste à temps pour voir Madame Chen, les cheveux ébouriffés et les deux yeux fermés, poursuivre son fils et son mari partout. Seule la jeune fille de la famille Chen était épargnée ; elle se tenait nerveusement sur le côté, son petit corps recroquevillé de peur et tremblant de façon incontrôlable.

En voyant Chu WanNing, le maître Chen et son plus jeune fils se jetèrent sur lui en poussant des cris terrifiés.

— Daozhang ! Daozhang, sauvez-nous !

Chu WanNing les fit passer derrière lui pour les protéger, embrassant la vision de Madame Chen dont les paupières étaient closes, tout en les réprimandant.

— N’ai-je pas dit de garder les yeux sur elle et de veiller à ce qu’elle ne s’endorme pas ?

— Nous ne pouvions pas la surveiller tout le temps ! La santé de ma femme est fragile, elle dort donc généralement tôt. Après votre départ, elle a bien essayé de rester éveillée, mais elle a fini par s’assoupir et a commencé à devenir folle ! Elle criait quelque chose… elle criait…

Le maître Chen se recroquevilla derrière Chu WanNing, tremblant, et ne remarqua pas du tout ni que ce Daozhang portait des robes de mariée, ni la blessure béante sur son épaule.

Chu WanNing fronça les sourcils.

— Elle criait à propos de quoi ?

Avant même que le maître Chen n’ouvre la bouche pour répondre, la folle Madame chargea tout en dévoilant ses dents, mais le cri funèbre qui passa ses lèvres s’avéra être la voix d’une jeune fille…

— Sans cœur et malhonnête ! Sans cœur et malhonnête ! Remboursez-moi de vos vies ! Je veux que vous mouriez tous !

— … Possession spectrale, conclut Chu Wanning.

Il se retourna vers le maître Chen et demanda d’une voix sévère :

— Connaissez-vous cette voix ?

Les lèvres du maître Chen tremblèrent, ses yeux oscillant en tous sens, et il déglutit nerveusement.

— Je ne sais pas, ça ne m’est pas familier, je ne la reconnais pas ! Daozhang, s’il vous plaît, sauvez-nous ! Daozhang, s’il vous plaît, exorcisez ce fantôme !

À ce moment-là, Madame Chen ne fut plus qu’à quelques pas. Chu WanNing leva son bras indemne et le dirigea vers elle. Un éclair frappa instantanément depuis le ciel et emprisonna Madame Chen à l’intérieur d’une barrière.

Avec un regard de côté, Chu WanNing demanda froidement :

— Vous ne la reconnaissez vraiment pas ?

Le maître Chen pleura à plusieurs reprises.

— Vraiment pas ! Vraiment pas !

Chu WanNing ne prit pas la peine de gaspiller d’autres mots. Il invoqua TianWen et ligota Madame Chen à l’intérieur de la barrière.

Il aurait plutôt dû ligoter le maître Chen, cela aurait été à la fois plus pratique et plus facile à interroger. Mais Chu WanNing avait ses propres principes ; il n’utilisait pas TianWen à la légère pour interroger des personnes normales. Il préféra donc délaisser cette cible facile pour interroger plutôt le fantôme dans le corps de Madame Chen.

Interroger des fantômes n’était pas la même chose que d’interroger des gens.

Lors d’un interrogatoire avec TianWen, la personne s’avérait incapable de supporter le tourment et avouait directement.

Mais quand il s’agissait de questionner un fantôme avec TianWen, une barrière se formait pour isoler Chu Wanning et le spectre à l’intérieur, et le fantôme y retrouvait l’apparence qu’il avait de son vivant pour divulguer les informations à Chu Wanning.

TianWen s’embrasa d’un coup, du feu se propageant tout le long de la liane de son côté à celui de Madame Chen.

La Madame hurla et se mit à trembler lorsque les flammes rouges de la liane de saule se changèrent soudain en un feu spectral bleu inquiétant, qui remonta de son côté jusqu’à celui de Chu WanNing.

Chu WanNing ferma les yeux. Les flammes parcoururent la liane jusqu’à sa main, mais le feu fantôme ne pouvait pas lui faire de mal, même lorsque celui-ci incendia toute la longueur de son bras à sa poitrine, avant de s’éteindre ensuite.

— …

La famille Chen observa avec horreur et appréhension, dubitative quant à ce qu’il faisait.

Les cils de Chu WanNing battirent légèrement. Ses yeux étaient encore clos, mais un faisceau de lumière blanche apparut lentement devant eux. En sortit tout d’abord un pied à la peau claire, puis une jeune fille de dix-sept ou dix-huit ans apparut devant lui.

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Neko Nezumi
Neko Nezumi
2 janvier 2021 13:51

Ouiii! La suite ! Merci beaucoup de traduire cette histoire ! Je l’adore ❤️
Bonne année 🎉
Prenez soin de vous !