The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 25

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 25 : Ce Vénérable ne peut vraiment pas le supporter !

Chu WanNing garda le silence pendant un long moment, le visage plein de pessimisme et de tristesse, les mots « tire-toi de là » lui restant coincés dans la gorge avant de finir par sortir à contrecœur pour formuler plutôt un « ramène-toi là. »

— Hein ? Ta porte n’est pas verrouillée ?

Mo Ran entendait essayer de se réconcilier avec lui après une journée entière de guerre froide, aussi poussa-t-il la porte et entra-t-il en faisant comme si de rien n’était. Depuis sa position, Chu WanNing lui jeta un regard dépourvu d’expression.

Pour être tout à fait honnête, Mo Ran était vraiment agréable à regarder, égayant toute la pièce par sa seule présence. La peau ferme du jeune homme semblait presque briller, et la commissure de ses lèvres possédait une courbe naturelle, de sorte qu’il avait l’air de sourire même avec une expression neutre.

Chu WanNing garda fermement son calme en détournant le regard de ce dernier, et en baissant ses longs cils, levant une main pour éteindre le bâton d’encens sur la table avant de demander impassiblement :

— Que fais-tu ici ?

— Je suis venu pour… contrôler ta blessure, répondit Mo Ran, en toussant légèrement.

Puis son regard se porta sur l’épaule de Chu WanNing, et il marqua une pause.

— Tu t’en es déjà occupé ?

— Mmh, confirma doucement Chu WanNing.

Mo Ran resta sans voix.

Il était vrai qu’il en voulait à Chu WanNing, et qu’il lui en voulait aussi d’avoir blessé Shi Mei. Mais une fois calmé, ce n’était pas comme s’il était dépourvu de conscience ; la haine était une chose, mais il n’avait pas oublié de quelle façon Chu WanNing avait été blessé à l’épaule.

Dans ce cercueil étouffant, ce dernier l’avait tenu fermement dans ses bras, utilisant son propre corps pour parer les griffes de la maîtresse fantôme, refusant d’abandonner alors même que tout son corps tremblait de douleur…

Mo Ran détestait définitivement Chu WanNing.

Mais en dehors de cette répugnance, pour une raison quelconque, d’autres sentiments compliqués s’en mêlaient toujours.

C’était une personne grossière qui n’avait pas reçu d’éducation dans sa jeunesse. Même s’il avait étudié et corrigé cela un peu plus tard, il avait toujours du mal à se concentrer sur les questions les plus délicates, notamment celles liées aux émotions.

Par exemple, en ce qui concernait Chu WanNing, Mo Ran s’était gratté la tête et y avait réfléchi longtemps, mais il n’était pas parvenu à comprendre de quelle émotion il s’agissait.

Il ne reconnaissait que des émotions simples : l’amour, l’antipathie, la haine, le bonheur, le malheur.

Mais le mélange de plusieurs d’entre elles donnait au brillant et puissant empereur TaXian-Jun le vertige, lui faisant voir des étoiles.

Je ne comprends pas, ça n’a pas de sens, qu’est-ce que c’est, sauvez-moi, aïe ma tête.

Par conséquent, Mo Ran ne s’était tout simplement pas donné la peine d’y réfléchir plus longtemps, ne voulant pas gaspiller ce genre d’énergie pour quelqu’un d’autre que Shi Mei.

Intérieurement, il avait mis le précédent incident sur la note de Chu WanNing et envisageait secrètement de le lui faire payer au double dès qu’il aurait la possibilité de régler ses comptes ; mais, en même temps, il se sentait coupable. Il était entré en guerre contre lui-même, avant de finalement frapper à la porte de Chu WanNing.

Il ne voulait pas lui être redevable.

Mais Chu WanNing était encore plus têtu qu’il ne le pensait.

Mo Ran fixa la pile de pansements tachés de sang sur la table, l’eau pourpre dans la cuvette utilisée pour se nettoyer, et le couteau qui avait été négligemment jeté de côté, des morceaux de chair sanglante encore accrochés à sa pointe. Il sentit la migraine arriver.

Comment avait-il pu soigner sa propre blessure ?

Est-ce qu’il s’était vraiment contenté de découper la chair morte tout autour de la blessure, sans même ciller, de sa propre main, juste comme ça ? Mo Ran sentit ses cheveux se dresser sur son crâne rien que d’y penser. Ce type était-il seulement humain ?

Juste avant, Shi Mei avait gémi doucement de douleur, les larmes aux yeux, lorsque Mo Ran avait nettoyé sa blessure ; peu importe à quel point il détestait Chu WanNing, il ne pouvait pas s’empêcher de se prosterner mentalement devant lui…

YuHeng-zhanglao était en effet le patron ; impressionnant, vraiment impressionnant.

Mo Ran resta planté là un moment, puis fut le premier à rompre le silence. Il toussa légèrement deux fois, tapant du bout du pied, et marmonna maladroitement :

— Tout à l’heure, à la résidence Chen… pardon, Shizun.

Chu WanNing ne répondit rien.

Mo Ran lui jeta un regard, et ajouta :

— Je n’aurais pas dû te crier dessus.

Chu WanNing continua de l’ignorer, son visage toujours aussi indifférent que d’ordinaire. Il ne le dirait jamais, mais au fond de lui, il se sentait lésé.

Mo Ran s’approcha. Ce ne fut que lorsqu’il fut plus près qu’il vit que Chu WanNing s’était très mal bandé, enroulant la gaze autour de son épaule comme s’il avait ficelé un crabe.

— …

Mais, encore une fois, à quoi s’était-il attendu de la part de quelqu’un qui ne savait même pas comment faire la lessive ?

— Shizun, cesse d’être en colère, soupira Mo Ran.

— Lequel de tes yeux m’a vu être en colère ? riposta Chu WanNing avec colère.

— …

Il y eut un moment de battement, puis Mo Ran reprit :

— Shizun, ce n’est pas comme ça qu’on bande…

— Tu crois savoir ça mieux que moi ? rétorqua-t-il encore, acerbe.

— …

Il leva la main, voulant refaire les bandages de Chu WanNing, puis étudia son expression et hésita, estimant que la probabilité d’être giflé pour avoir osé le toucher était assez élevée.

La main s’abaissa, puis se releva. Ce manège se répéta plusieurs fois, si bien que Chu WanNing s’irrita et lui lança dans un regard en coin :

— Quoi ? Tu veux me frapper ou quoi ?

— …

Il avait effectivement envie de le frapper, mais pas dans l’immédiat.

Mo Ran esquissa un sourire exaspéré, et tendit soudain la main pour l’appuyer sur son épaule, peu importait les conséquences. Des fossettes creusèrent ses joues, et il répondit :

— Viens, Shizun, je vais t’aider à refaire tes pansements.

Chu WanNing voulut tout d’abord refuser, mais les doigts chauds de Mo Ran étaient déjà posés sur lui, et sa bouche s’assécha d’un coup. Ses lèvres se tordirent légèrement, mais il garda finalement le silence, laissant Mo Ran faire ce qu’il voulait.

La gaze, déjà imbibée de sang, fut déroulée couche après couche, jusqu’à ce que les cinq trous qui faisaient froid dans le dos soient révélés.

Rien que de voir ça, il en frissonna. Les dégâts étaient bien pires que la coupure sur le visage de Shi Mei.

Mo Ran regarda cela un moment, puis, pour une raison qu’il ne comprenait pas lui-même, il demanda :

— Est-ce que ça fait mal ?

Chu WanNing, ses longs cils baissés, se contenta de répondre doucement :

— C’est supportable.

— Je serai doux, assura Mo Ran.

Chu WanNing ignorait à quoi il pensait, mais les lobes de ses oreilles se mirent à rougir légèrement, et il s’énerva de plus belle après lui-même, pensant qu’il devait perdre la tête pour avoir des pensées aussi absurdes. Son expression se fit d’autant plus rigide, son humeur se détériora, et il marmonna sèchement :

— Fais comme tu veux.

La flamme de la bougie crépita. À la lumière jaune, Mo Ran pouvait voir que la pommade médicinale n’avait même pas été appliquée à certains endroits. Il resta vraiment sans voix ; ce devait être par une sorte de miracle que Chu WanNing avait réussi à survivre jusque-là.

— Shizun.

— Mmh ?

— Que s’est-il passé à la résidence Chen, aujourd’hui ? Pourquoi les as-tu battus ? demanda-t-il en appliquant la pommade.

Chu WanNing se tut un instant avant de répondre :

— J’étais en colère, c’est tout.

— Qu’est-ce qui t’a mis en colère ?

Chu WanNing n’avait guère envie de s’embêter avec son disciple pour le moment, aussi se contenta-t-il de lui parler brièvement de Luo XianXian. Lorsque le compte fut fait, Mo Ran secoua la tête et répondit :

— C’était idiot de ta part. Même pour quelque chose comme ça, peu importe que ça te rende fou, tu n’aurais pas dû les confronter de la sorte. Si cela avait été moi, j’aurais simplement inventé quelques trucs, j’aurais simulé l’exorcisme, puis je m’en serais lavé les mains avant de partir en laissant les choses suivre leur cours. Il faut parfois s’adapter à la situation, tu sais. Regarde-toi, tu as causé un tel bazar pour un misérable sans valeur, et tu as même accidentellement frappé Shi Mei…

Mo Ran s’arrêta à mi-chemin de sa diatribe. Il se tut, et regarda Chu WanNing.

Il était trop concentré sur les bandages, et s’était lâché un instant. Sans le savoir, il lui avait parlé sur le ton impudent du jeune homme de trente-deux ans qu’il avait été.

Chu WanNing l’avait lui aussi clairement remarqué. Il regarda froidement Mo Ran du coin des yeux, son regard transmettant à lui seul cette phrase familière : « Je vais te fouetter à mort ».

— Hum…

Il était encore en train de creuser pour trouver une excuse lorsque Chu WanNing prit la parole en premier.

— Tu crois que je voulais frapper Shi MingJing ? demanda-t-il, impassiblement.

Dès que Shi Mei fut mentionné, la raison déserta le cerveau de Mo Ran et l’obstination prit le dessus. Même son ton devint piquant.

— Ne l’as-tu pas frappé ?

Chu WanNing regrettait lui aussi ce coup, mais il était trop fier, et il était mortifié par son acte, aussi fronça-t-il les sourcils sans rien dire.

Il était têtu, Mo Ran était épris, et leurs regards se lancèrent des étincelles. L’atmosphère, qui venait à peine de se détendre, redevint une impasse sans issue.

— Ce n’est pas comme si Shi Mei avait fait quelque chose de mal, déclara Mo Ran. Shizun, tu ne pourrais pas au moins t’excuser de l’avoir accidentellement blessé ?

Les yeux de Chu WanNing se plissèrent dangereusement.

— Est-ce que tu m’interroges ?

— … Non, répondit Mo Ran, marquant une courte pause avant de reprendre. Je suis juste contrarié qu’il ait été blessé à tort, mais qu’il n’ait même pas reçu d’excuses de la part de Shizun.

Sous la lumière de la bougie, le beau jeune homme acheva de panser les blessures de Chu WanNing et termina par un nœud soigné. La scène semblait encore légèrement tendre, comme elle l’avait été un instant auparavant, mais leurs humeurs étaient déjà très différentes. Pour Chu WanNing en particulier, c’était comme si une jarre entière de vinaigre s’était déversée dans sa poitrine, le goût aigre de la jalousie ne cessant de gonfler, s’infiltrant sous sa peau.

Désolé ?

Comment écrivez-vous « désolé » ? Que quelqu’un de plus apologétique le lui enseigne, s’il vous plaît !

— Il va falloir au moins six mois pour que cette coupure sur son visage s’estompe, poursuivit Mo Ran, mais, tout à l’heure, quand je l’aidais à appliquer les soins, il m’a dit de ne pas t’en vouloir. Shizun, c’est vrai qu’il ne te blâme pas, mais, quand même, penses-tu vraiment avoir raison ?

Ses paroles ne firent qu’ajouter de l’huile sur le feu.

Chu WanNing tenta de l’endurer, mais n’y parvint pas.

— Fiche le camp ! grogna-t-il à voix basse.

— …

— Dehors ! s’écria Chu WanNing.

Mo Ran fut jeté dehors, et la porte lui claqua au visage, se refermant presque sur ses doigts. Ses poils se hérissèrent. Regardez ça, regardez ! C’est quoi son problème ? Ce ne sont rien que des excuses ! Son visage est-il si précieux qu’il lui est si difficile de s’excuser ? Même ce vénérable Empereur TaXian-Jun savait s’excuser, mais ce vulgaire BeiDou XianZun se retrouvait à faire une crise de nerfs sans aucune raison !

Pas étonnant que personne ne voulait de lui malgré son beau visage !

C’était un putain de gâchis, il allait être célibataire à vie, ça lui ferait les pieds !

Puisque Chu WanNing lui avait fermé la porte au nez et ne l’avait pas écouté, le grand et puissant TaXian-Jun, empereur du royaume des hommes, n’allait pas se contenter de se rouler devant comme un clébard éhonté. Il était extrêmement tenace, s’accrochant comme un bonbon collant et impossible à enlever, mais celui auquel il s’accrochait, c’était Shi Mei, et non Shizun.

Il ne s’en préoccupa pas davantage, et partit immédiatement tenir compagnie à Shi Mei.

— Déjà de retour ?

Quand Mo Ran revint, le beau Shi Mei [1] était couché et se reposait. Il marqua une pause avant de s’asseoir, ses longs cheveux noirs tombant en cascade sur ses épaules.

— Comment va Shizun ?

— Il va très bien, et son caractère aussi.

— …

Mo Ran tira une chaise et l’enfourcha dans le sens inverse, les mains posées sur le dosseret, un sourire paresseux dansant sur ses lèvres tandis qu’il se délectait de la vision de Shi Mei avec ses longs cheveux doux et déliés.

— Je devrais peut-être aller le voir après tout…, lâcha ce dernier.

— Wow ! Ne te fais pas ça.

Mo Ran leva les yeux au ciel, et reprit :

— Pour le moment, il est en pleine crise.

— Tu l’as encore mis en colère ?

— A-t-il seulement besoin de quelqu’un pour se mettre en colère ? Il peut même l’être contre lui-même. Ce type est probablement fait de bois, il prend feu à la moindre étincelle.

Shi Mei secoua la tête, pris entre le rire et les larmes.

— Continue de te reposer, je vais descendre et emprunter la cuisine pour te préparer quelque chose, déclara Mo Ran.

— Tu vas te donner tant de mal ? Toi aussi, tu es resté debout toute la nuit. Ne devrais-tu pas dormir ?

— Ha ! Ha ! Je suis bien réveillé, répondit Mo Ran en s’esclaffant. Mais si tu ne veux pas que je parte tout de suite, je peux te tenir compagnie jusqu’à ce que tu t’endormes ?

Shi Mei s’empressa de balayer l’air de la main, et répliqua doucement :

— Pas besoin, je ne pourrai pas dormir si tu me surveilles. Tu devrais essayer de te reposer aussi, ne te force pas.

Mo Ran se sentit quelque peu déprimé, et le sourire sur ses lèvres se fit un peu plus rigide.

Shi Mei était gentil avec lui, mais semblait toujours maintenir une certaine distance indiscernable. Il était juste en face de lui, mais il était aussi comme l’illusion de la lune dans le miroir, la fleur reflétée dans l’eau, en vue, mais inaccessible.

— … D’accord.

Il fit de son mieux pour retrouver le moral, forçant le sourire à revenir sur son visage. Mo Ran avait un sourire radieux, et il était bête au point d’être mignon quand il n’était pas espiègle.

— Appelle, si tu as besoin de quelque chose, je serai juste à côté, ou bien en bas.

— Mmh.

Mo Ran leva une main, voulant lui tapoter les cheveux, mais il parvint à se retenir, et la redirigea plutôt vers l’arrière pour se gratter la tête.

— Dans ce cas, je m’en vais.

Une fois dehors, Mo Ran ne put résister à un éternuement.

Il renifla.

La ville de CaiDie était spécialisée dans la production de parfums, et les encens de toutes sortes étaient assez bon marché ; l’auberge n’en était donc pas avare. De longs bâtons d’encens de spécialité brûlaient dans chaque pièce : un pour éloigner les mauvais esprits, deux pour éliminer l’humidité, et trois pour que les pièces sentent bon.

L’odeur de l’encens mettait Mo Ran mal à l’aise, mais Shi Mei l’aimait bien, aussi l’avait-il supporté.

Parvenu en bas, Mo Ran se rendit auprès de l’aubergiste dans une démarche arrogante, et fit glisser un lingot d’argent devant lui, le regard souriant :

— Eh ! Aubergiste, faites-moi plaisir.

En voyant le lingot d’argent, le sourire de l’intéressé se fit encore plus courtois.

— De quoi a besoin le bon monsieur ?

— Vu que je ne vois pas beaucoup de monde ici pour le petit déjeuner, puis-je vous demander de refuser les autres pensionnaires et de me prêter la cuisine pour la matinée ?

Combien de pièces de cuivre valait un petit déjeuner ? Même un demi-mois de petit-déjeuner ne pouvait rapporter un lingot d’argent. L’aubergiste acquiesça avec empressement, tout sourire, tout en conduisant Mo WeiYu, fanfaronnant toujours, jusqu’à la cuisine de l’auberge.

— Est-ce que monsieur va faire la cuisine lui-même ? Pourquoi ne pas demander à notre chef de s’y employer, il est vraiment doué.

— Pas besoin, retourna-t-il dans un sourire. Avez-vous entendu parler de l’établissement ZuiYu [2] à XiangTan ?

— Ah ! La célèbre maison de divertissements qui a brûlé il y a un peu plus d’un an ?

— Mmh.

L’aubergiste jeta un coup d’œil dehors pour s’assurer que sa femme était bien occupée par son travail et ne l’écoutait pas avant d’esquisser un sourire sournois.

— Qui n’a pas entendu parler de cet endroit ? C’était le plus célèbre théâtre au bord de la rivière Xiang, et il a même produit une chanteuse vedette, connue dans le monde entier. Dommage que ce soit si loin, sinon je serais aussi allé l’écouter.

Mo Ran s’esclaffa, et répondit :

— Eh bien ! Merci en son nom pour le compliment.

— En son nom ? En son nom ? répéta l’aubergiste, perplexe. Vous la connaissez, ou quelque chose comme ça ?

— J’ai fait plus que la connaître.

— Wow ! Je n’aurais pas pu le savoir rien qu’en vous regardant hein ! Mais est-ce que vous, les cultivateurs, pouvez même… euh…

Mo Ran lui coupa la parole en riant.

— À part la chanteuse vedette, vous connaissez autre chose ?

— Hum… J’ai entendu dire que la nourriture y était aussi sans pareil.

Les lèvres de Mo Ran s’étirèrent en un sourire enjoué tandis qu’il prenait le couteau de cuisine avec un air de familiarité :

— Avant d’être cultivateur, j’ai travaillé comme assistant dans la cuisine de l’établissement ZuiYu pendant de nombreuses années. Qui pensez-vous donc qui cuisine le mieux, votre chef ou moi ?

Encore plus impressionné, l’aubergiste se mit à bafouiller.

— Le bon monsieur est vraiment… vraiment…

Il n’arrêtait plus de répéter « vraiment » sans trouver ses mots.

Mo Ran le regarda du coin de l’œil, un sourire suffisant sur son visage accompagné d’un air de paresse assurée :

— Très bien, dans ce cas sortez à présent, ce vénérable chef va se mettre au travail.

Ne se doutant pas qu’il s’adressait à l’ancien seigneur des ténèbres, l’aubergiste l’implora sans vergogne :

— J’ai longtemps entendu parler des délices de l’établissement ZuiYu. Peut-être que lorsque le bon monsieur aura fini, cette modeste personne pourrait demander à en goûter ?

Il pensait que ce n’était qu’une petite demande, et que Mo Ran serait forcément d’accord.

Qui aurait cru que les yeux de ce dernier se plisseraient dans un sourire malicieux.

— Vous voulez goûter ?

— Mmh !

— Vous pouvez toujours rêver !

Mo Ran pesta avec un air arrogant, et murmura en prime :

— Tu crois que ce vénérable cuisine pour n’importe qui ? C’est pour Shi Mei, et si ce n’était pas pour lui, ce vénérable n’aurait même pas mis les pieds dans la cuisine…

Il sélectionna un radis et commença à le couper en marmonnant.

— …

L’aubergiste en ressortit abattu, et ne put que se tenir maladroitement sur le côté, se frottant les mains et souriant de manière apaisante pendant un moment avant de s’éclipser tranquillement.

Intérieurement, il se demanda en prime : « Qu’est-ce que c’était que tout ce discours avec « ce vénérable » ? Ce garçon est si jeune qu’il n’a même probablement pas encore formé de noyau spirituel. Écoutez-le divaguer avec ses « Shimei ceci, Shimei cela », alors même qu’il n’y avait pas une seule fille dans son groupe en ce jour ».

L’aubergiste leva les yeux au ciel.

Il devait être fou, et pas qu’un peu.

Mo Ran s’affaira dans la cuisine pendant quatre heures entières ; il était presque midi quand il termina. Il courut à l’étage en espérant réveiller Shi Mei.

Ses pas ralentirent lorsqu’il passa devant la chambre de Chu WanNing.

Devait-il aussi l’appeler pour le déjeuner… ?

En repensant à sa mauvaise humeur, Mo Ran fronça les sourcils avec dégoût.

Non, dans tous les cas, il n’en avait pas fait assez, il n’y avait rien pour lui !

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Notes :

[1] Le beau Shi Mei : Dans la version originale, il y a un jeu de mots entre le nom de Shi Mei, et le fait que Shi meiren signifie « beauté ».

[2] ZuiYu : L’établissement se nomme Maison du Jade Ivre, mais par souci de cohérence avec nos autres choix de traduction, nous avons gardé son nom chinois.

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AruBiiZe
AruBiiZe
7 février 2021 17:47

Alalala Que de disputes entre eux !
Il faudrait que Shizun apprenne à extérioriser ses émotions parce que là, bah, c’est une catastrophe !

Merci beaucoup pour ce chapitre !
A très vite ! ;D