The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 27

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 27 : Ce Vénérable va te faire un bol de nouilles

Chu WanNing sentit sa tête se mettre à tourner.

C’était de sa propre faute s’il avait été trop préoccupé et avait baissé sa garde au point de ne même pas avoir remarqué que quelqu’un s’était autant rapproché.

Qu’est-ce qui se passe ? D’où vient ce gamin ? Ah ! Une minute, c’est ce Mo quelque chose… Mo quoi déjà ? Mo Shao ? Mo Zhu ? Mo… Yu ?[1]

Il adopta une expression signifiant clairement « les étrangers ne doivent pas s’approcher » avec une aisance bien rodée, balayant ainsi rapidement son sursaut et l’agitation de ses yeux de phénix pour les remplacer par son habituelle impassibilité.

— Tu…

Il était sur le point d’ouvrir la bouche et de lui adresser une réprimande par habitude lorsque sa main fut soudain saisie.

Chu WanNing en fut sidéré.

Toute sa vie, personne n’avait jamais osé l’attraper ainsi par le poignet, avec une telle désinvolture. Il en resta figé sur place pendant un moment, le visage sombre, sans savoir comment réagir.

Arracher sa main, en suivant son geste d’une gifle à revers ?

… Ajoutez un « Comme c’est grossier ! » et il aurait été l’image même d’une dame offensée.

Dans ce cas, arracher sa main, mais sans la gifle ?

… Ne passerait-il pas pour trop sympathique ?

Chu WanNing était toujours figé par l’indécision quand l’adolescent esquissa un sourire, et lui demanda :

— Qu’est-ce que c’est sur ta main ? C’est si joli ! Enseignes-tu comment faire ce genre de choses ? Tous les autres se sont déjà présentés, mais tu es le seul qui n’ait encore rien dit. Qui es-tu comme aîné ? Ah ! Est-ce que ta tête va bien ? À cause de l’arbre à l’instant ?

Chu WanNing n’avait pas eu mal à la tête avant ça, mais de se faire assommer par autant de questions d’affilée, c’était désormais le cas.

Sa tête palpitait comme si elle était sur le point de s’ouvrir en deux…

Dans son agitation, une faible lueur dorée commença à se former dans son autre main. TianWen était sur le point d’apparaître. Les autres aînés en furent horrifiés. Chu WanNing avait-il perdu la tête ? Allait-il oser fouetter aussi Mo-gongzi ?

Mais Mo Ran l’attrapa également.

Ses deux mains étaient désormais capturées par l’adolescent. Mo Ran n’avait aucune idée du danger qu’il courait à se tenir debout devant lui, en lui tenant les mains et en le regardant avec un visage souriant.

— Je m’appelle Mo Ran, je ne connais personne ici, mais rien qu’à voir ton visage, c’est toi que je préfère. Et si tu devenais mon professeur ?

Personne n’avait envisagé cette tournure des événements. Tout le monde en fut d’autant plus horrifié ; on aurait dit que le visage de certains des aînés s’était changé en pierre et fissuré en deux.

XuanJi-zhanglao s’écria « Hein ? » quand PoJun-zhanglao manifesta sa surprise par un « Ouah ! ». QiSha-zhanglao s’en tint à un « Oh ? », tandis que JieLu-zhanglao se contenta d’un « Euh… ». Mais TanLang-zhanglao ne put s’empêcher de lâcher :

— Ah ! C’est hilarant !

LuCun-zhanglao, dans toute sa précieuse gloire, enroula une mèche de cheveux autour d’un doigt et ses yeux en fleur de pêcher papillonnèrent.

Aiya, le petit gongzi est audacieux, vraiment jeune et courageux, pour oser tripoter même le cul de YuHeng-zhanglao.

— … Pourriez-vous éviter de le dire de façon aussi nauséabonde ? intervint QiSha avec dédain.

LuCun leva gracieusement les yeux au ciel, et se tâta avant de retourner :

— Mmh, je vais le dire d’une manière plus raffinée : vraiment jeune et courageux, pour oser tâter même le derrière de Yuheng-zhanglao.

QiSha resta sans voix. Tuez-le, et qu’on en finisse avec ça.

De tous les aînés, le gentil et doux XuanJi-zhanglao était le plus populaire. Sa méthode de cultivation était facile à apprendre, et il était magnanime et droit. C’était pourquoi la plupart des disciples du pic SiSheng étudiaient auprès de lui.

Chu WanNing avait pensé que Mo Ran n’y ferait pas exception. Que même s’il ne choisissait pas XuanJi, il choisirait certainement le franc et fougueux PoJun ; en tout cas, quel que serait son choix, que ce ne serait sûrement pas lui.

Mais c’était devant lui que Mo Ran se tenait, à quelques centimètres à peine, le visage plein de familiarité et d’affection ; choses qu’il ne connaissait pas du tout. Il avait l’impression d’être devenu sans crier gare l’élément comique, et il se découvrit tout à coup et sans aucune raison très agité, et complètement perdu sur ce qu’il devait faire.

Chu WanNing ne savait que gérer le « respect », la « peur », la « répugnance » ; quelque chose comme « l’affection » était bien trop difficile.

Il rejeta Mo Ran sur-le-champ et sans y réfléchir à deux fois.

Ce dernier resta sur place, stupéfait, ses yeux sous ses longs cils contre toute attente déprimés, mais non résignés. Il y réfléchit longuement, la tête baissée, puis marmonna d’une petite voix obstinée :

— Bah ! Ce sera toi dans tous les cas.

— …

Sur le côté, le Chef de Secte observait avec amusement, et ne put résister à l’envie de demander en riant :

— A-Ran, sais-tu au moins qui c’est ?

— Comment le saurais-je ? Il ne me l’a pas dit.

— Ha ! Ha ! Si tu ne sais même pas qui c’est, pourquoi es-tu si déterminé dans ce cas ?

Mo Ran, qui tenait toujours les mains de Chu WanNing, se retourna et répondit en souriant :

— Parce que c’est lui qui a l’air le plus doux et le plus facile à vivre, bien sûr.

Dans l’obscurité, les yeux de Chu WanNing s’ouvrirent brusquement, sa vision se troublant.

Qu’est-ce que c’est que cet enfer ?

À l’époque, il s’était demandé ce qui n’allait pas avec les yeux de Mo Ran, pour l’avoir trouvé doux. Il n’était pas seul dans cette situation non plus ; tout le pic SiSheng entendit parler de l’incident, et tout le monde considéra Mo Ran-gongzi avec des expressions inquiètes laissant lire des « quel enfant stupide ».

Chu WanNing leva une main pour presser sa tempe palpitante.

Il avait mal à l’épaule, ses pensées étaient embrouillées, il avait le ventre vide et la tête étourdie.

Il ne pourrait pas faire cette sieste.

Pendant un moment, il resta allongé sur le lit avec confusion, les membres écartés [2], avant de finalement s’asseoir. Il s’apprêtait à allumer un bâton d’encens pour l’aider à se calmer quand des coups retentirent à la porte.

C’était de nouveau Mo Ran.

— …

Chu WanNing l’ignora, se gardant de dire « tire-toi de là » ou « ramène-toi là ».

Mais cette fois, la porte s’ouvrit toute seule.

Il leva la tête sombrement, mais l’allumette déjà allumée entre ses doigts se suspendit en plein air sans toucher l’encens, et, après un moment, s’éteignit toute seule.

— Fiche le camp, lança-t-il.

Mo Ran se ramena.

Il tenait un bol de nouilles fumantes dans les mains, fraîchement préparées.

C’était plus simple cette fois, des nouilles nature dans un bouillon d’un blanc pur, saupoudrées d’oignons hachés et de graines de sésame blanc, quelques côtes de porc sur le dessus, du chou nappa et un œuf poché légèrement croustillant sur les bords.

Chu WanNing était affamé, mais son visage demeura impassible. Il regarda les nouilles, observa Mo Ran, puis détourna la tête sans dire un mot.

Mo Ran posa le bol sur la table et dit doucement :

— J’ai demandé au cuisinier de l’auberge de faire ces nouilles.

Chu WanNing baissa les cils.

Évidemment, Mo Ran n’avait pas fait ça lui-même.

— Essaye d’en manger un peu, poursuivit Mo Ran. Ce bol n’est pas épicé, et il n’y a pas de bœuf ou de pousses de pois.

Puis il repartit en fermant la porte derrière lui.

Il se sentait mal à cause de la blessure de Chu WanNing.

Mais c’était à peu près tout ce qu’il pouvait faire.

À l’intérieur de la pièce, Chu WanNing s’assit près de la fenêtre, perdu dans ses pensées, les bras croisés, tout en regardant de loin ce bol de nouilles de côtes de porc, jusqu’à ce que la vapeur disparaisse, jusqu’à ce que les nouilles refroidissent, sans qu’il ne reste un soupçon de chaleur.

Ce ne fut qu’alors qu’il s’approcha finalement et s’assit, attrapant avec ses baguettes les nouilles déjà froides et agglutinées et commença lentement à manger.

L’affaire de l’esprit maléfique dans la résidence des Chen était close.

Le lendemain, ils récupérèrent leurs chevaux noirs dans les écuries et retournèrent à la secte par la même route qu’ils avaient prise en venant ici.

Dans toute la ville de CaiDie, des stands de thé aux étals de nourriture, tout le monde parlait de ce qui s’était passé avec la famille Chen.

Dans une ville aussi moyenne, un scandale comme celui-ci suffisait à faire parler de lui pendant au moins un an.

— Qui aurait cru que Chen-gongzi avait déjà épousé Mademoiselle Luo à huis clos ? Aïe, pauvre Mademoiselle Luo.

— Si vous me le demandez, je pense que cela ne serait pas arrivé si les Chens n’avaient pas fait fortune. Il ne faut vraiment pas laisser les hommes s’enrichir, auquel cas toutes les mauvaises eaux de leur ventre inonderont et noieront la ville entière [3].

Mécontent d’entendre cela, un homme protesta :

— Chen-gongzi n’a rien fait de mal, c’est son père et sa mère qui ont tout fait. J’espère que les futurs enfants et petits-enfants de ce bâtard de propriétaire Chen naîtront sans trou du cul.

— Les morts sont pitoyables, c’est sûr, mais qu’en est-il des vivants ? répliqua quelqu’un d’autre. Regardez Chen-Yao, la fille chérie de la famille Yao. C’est elle qui est la plus à plaindre, peu importe la façon dont on le regarde. Cette vieille garce au cœur noir de Chen a escroqué la pauvre fille, que devrait-elle faire à présent ?

— Se remarier, bien sûr.

La personne leva les yeux au ciel, en se moquant :

— Se remarier ? Tu la prendrais pour femme ?

Le paysan dont on se moquait se mit à sourire de toutes ses dents, et expliqua tout en récurant ces dernières avec son doigt :

— Si ma femme est d’accord avec ça, alors bien sûr, pourquoi pas. Mademoiselle Yao est très jolie, je ne vais pas me soucier qu’elle soit veuve.

— Peuh ! Tu peux continuer de rêver. Même en tant que marchandise de seconde main, elle est hors de ta portée.

Assis sur son cheval, Mo Ran avait les oreilles dressées tandis qu’il écoutait par-ci et regardait par-là avec énergie. Sans Chu WanNing, dont les yeux étaient fermés et les sourcils froncés, et sur le front duquel était presque écrit « trop bruyant », il aurait peut-être même fait les cent pas pour participer aux commérages.

Chevauchant côte à côte, ils parvinrent finalement à sortir proprement de la ville et arrivèrent à la périphérie.

Shi Mei lâcha soudain un cri de surprise et pointa le doigt au loin :

— Shizun, regarde là-bas.

Un grand groupe de fermiers en vêtements de mauvaise qualité était rassemblé devant le temple détruit, s’affairant à transporter des briques. Ils semblaient avoir l’intention de le reconstruire et de reconstituer la statue de la maîtresse fantôme de cérémonies.

— Shizun, la précédente maîtresse fantôme de cérémonie a disparu, mais ils en fabriquent une autre, s’inquiéta Shi Mei. Celle-ci deviendra-t-elle également une divinité et causera-t-elle aussi des ennuis ?

— Je ne sais pas, répondit Chu WanNing.

— Devrions-nous y aller et essayer de les en dissuader ?

— La tradition du mariage fantôme de la ville de CaiDie existe depuis des générations, ce n’est pas quelque chose qui peut être changé par quoi que ce soit que nous disions. Partons.

Sur ces mots, il se lança au galop, traînant des nuages de poussière derrière lui.

Il faisait déjà nuit lorsqu’ils rentrèrent au pic SiSheng.

Chu WanNing distribua ses consignes à ses disciples devant la porte principale :

— Vous deux, allez vous présenter à la salle DanXin. Je me rends à la Salle de Discipline.

Mo Ran ne comprit pas.

— Pourquoi t’y rends-tu ?

Cependant, l’inquiétude était clairement inscrite sur le visage de Shi Mei :

— …

L’expression de Chu WanNing resta impassible.

— Pour recevoir une punition.

On pouvait bien dire qu’un crime était un crime, qu’il soit commis par un paysan ou par l’empereur, mais quel empereur avait un jour été véritablement jeté en prison en attendant d’être décapité pour avoir tué un homme ? Ce n’était pas différent ici, dans le domaine de la cultivation.

Une transgression était une transgression, qu’elle soit commise par un disciple ou par un aîné, mais ce n’était qu’un mot vide de sens dans la grande majorité des sectes.

En vérité, un aîné qui commettait une transgression pouvait au pire écrire une lettre d’excuse. Quel idiot irait se présenter pour recevoir docilement son lot de coups de fouet et sa douzaine de coups ?

C’était pourquoi le visage de JieLu-zhanglao était devenu vert après avoir fini d’écouter les aveux de Chu WanNing.

— Non, c’est juste que, YuHeng-zhanglao, tu as vraiment… vraiment frappé le client ?

— Mmh, répondit doucement Chu WanNing.

— Tu es vraiment trop…

Chu WanNing releva les yeux pour lui adresser un regard noir. JieLu-zhanglao se tut.

— Conformément aux règles, la punition pour cette transgression est de deux cents coups, sept jours d’agenouillement dans la salle YanLuo, et trois mois d’enfermement, rappela Chu WanNing. Je n’ai aucune contestation, et je suis prêt à recevoir la punition.

— …

JieLu-zhanglao jeta coup d’œil à droite et à gauche, puis agita son doigt. Les portes de la salle de discipline se fermèrent dans un bruit sourd, ne laissant que les deux hommes debout face à face plongés dans le silence.

— Que signifie de tout cela ? demanda Chu WanNing.

— Comment dire… YuHeng-zhanglao, ce n’est pas comme si tu ne le savais pas. Les règles sont peut-être les règles, mais elles ne s’appliquent pas vraiment à toi. Les portes sont fermées, cela reste entre toi et moi, que dirais-tu de laisser couler ? Si je te frappe vraiment, et que le Chef de Secte le découvre, je ne donne pas cher de ma vieille peau.

Chu WanNing n’avait pas envie de gaspiller sa salive avec lui. Il se contenta, par conséquent, de lui répondre simplement :

— Je tiens les autres aux règles, et j’en ferai de même me concernant.

Puis il s’agenouilla juste là, devant le hall, face à la plaque au-dessus de la porte sur laquelle était inscrit le mot « Discipline ».

— Exécute la punition.

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Notes de l’auteur :

Concernant la création du titre du nouveau livre :

Moi : Je veux changer le titre en 《Dumb Husky and His Samoyed Shizun》.

Ami : … Samoyède ? Les samoyèdes ne sont-ils pas des anges souriants ? Shizun est-il un ange souriant ? Peut-il sourire ?

Moi : … Je suppose que ça a beaucoup de sens.

Ami : Fais-en un chat.

Puis, après avoir été changé en 《Dumb Husky and his White Cat Shizun》, après avoir tapé ces mots, mon esprit a continué à jouer, « Oh Oh Oh, Black Cat Detective, Oh Oh Oh, Black Cat Detective~ [4] »

À l’avenir, nous pourrons faire des mini théâtres de personnification animale~.

Grand chat blanc Shizun, spitz japonais Shi Mei, husky Mo Moran, et petit paon Xue Meng.

Notes :

[1] 墨烧?墨煮?墨墨鱼?- Chu WanNing se souvenait du nom de famille 墨 (Mo), mais il ne parvenait pas à se souvenir du prénom de Mo Ran.

→ 烧 Shao : signifiant brûler/griller, reste proche de son nom réel 燃 (Ran), signifiant : brûler/allumer ;

→ 煮 Zhu = faire bouillir ;

→ 鱼 Yu = poisson (le nom de courtoisie de Mo Ran est 微雨 (WeiYu) signifiant petite/légère pluie, mais, Meatbun, dans ses notes d’auteur, l’appelle 喂鱼 WeiYu signifiant nourrir les poissons).

[2] 呈大字形 : le caractère utilisé en chinois 大 a été utilisé pour représenter visuellement sa position. C’est à imaginer un peu comme ça o(-<

[3] 坏水 lit. Mauvaises eaux, fait référence aux vices et méfaits.

[4] 黑猫警长 – Un dessin animé populaire des années 80 en Chine.

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