The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 31

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 31 : L’oncle de ce Vénérable

Afin de montrer sa sincérité à Shizun, le jeune maître du pic SiSheng demanda trois portions entières de tofu carbonisé, et promit de manger chaque morceau sans rien gaspiller.

Chu WanNing se montra très satisfait, témoignant d’une approbation rarement vue dans ses yeux.

En voyant cela, Mo Ran se montra très mécontent. L’empereur TaXian-Jun faisait une fixation indicible sur la reconnaissance de Chu WanNing. Pour cette raison, lui aussi demanda immédiatement trois portions de tofu. Chu WanNing le regarda.

— Tu vas tout manger ?

Mo Ran devait absolument faire mieux que Xue Meng.

— Trois portions, ce n’est rien ; même trois de plus, ce n’est pas un problème.

— Très bien, répondit doucement Chu WanNing.

Il donna ainsi six portions de tofu à Mo Ran, et répéta :

— Ne gaspille pas non plus.

— …

Tout comme l’avaient fait les deux autres, Shi Mei suivit naturellement avec le sourire.

— Dans ce cas… Shizun, je vais moi aussi prendre trois portions.

Et ainsi, le premier jour de la période de confinement de YuHeng-zhanglao, ses trois disciples furent victimes d’une intoxication alimentaire. Le deuxième jour, JieLu-zhanglao chercha Chu WanNing et lui fit savoir avec tact que la salle MengPo n’avait plus besoin d’aide supplémentaire, et qu’à la place, il pouvait balayer les feuilles mortes et essuyer les piliers du pont NaiHe.

Le pont NaiHe reliait les principales zones du pic SiSheng aux quartiers résidentiels des disciples, et se voulait assez large pour laisser passer cinq attelages les uns à côté des autres. C’était une structure majestueuse, avec neuf bêtes de jade blanc représentant les neuf fils du dragon [1] au sommet de ses piliers principaux, et trois cent soixante piliers bas décorés de têtes de lion.

Chu WanNing balaya tranquillement le sol, avant de commencer à essuyer les bêtes de jade avec diligence.

Cette tâche lui prit la majeure partie de la journée. Puis, le ciel commença à s’assombrir, et il se mit à pleuvoir.

La plupart des disciples revenant de leurs cours n’ayant pas d’ombrelle [2], ces derniers poussaient des jérémiades tout en regagnant leurs quartiers, pataugeant dans les flaques d’eau. Les gouttes de pluie clapotaient sur les marches en pierre. Chu WanNing jeta un coup d’œil aux disciples au loin, et vit que garçons et filles étaient trempés de la tête au pied, mais que les sourires sur leurs visages demeuraient éclatants et insouciants.

Il garda le silence.

Chu WanNing savait que ces sourires disparaîtraient dès qu’ils le verraient ; il survola du regard les parages et alla se placer sous le pont.

Les disciples qui couraient en tête et arrivèrent les premiers au pont ne purent s’empêcher de lâcher un « Hein ? » en embrassant la vision se présentant à eux.

— Une barrière ?

— Pourquoi y a-t-il une barrière sur le pont NaiHe ?

— Elle a probablement été dressée par XuanJi-zhanglao, supposa l’un des disciples. XuanJi-zhanglao est toujours tellement gentil avec nous.

La barrière dorée translucide recouvrait le pont NaiHe, resplendissante, et s’étendait jusqu’à l’allée principale des quartiers des disciples, les protégeant de la pluie tout du long.

— C’est indubitablement le travail de XuanJi-zhanglao, c’est lui qui est en charge de cette zone, non ?

— XuanJi-zhanglao est le meilleur.

— Quelle jolie barrière, XuanJi-zhanglao est incroyable !

Les disciples essorèrent l’eau de leurs cheveux dégoulinants, riant et se bousculant les uns les autres avec taquinerie, tandis qu’ils s’engageaient sous la barrière et poursuivaient vers leurs quartiers, bavardant sur le chemin.

Chu WanNing resta sous le pont, à l’écoute de l’agitation qui régnait au-dessus, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun disciple. Quand tout redevint calme, il dissipa lentement la barrière et sortit tranquillement.

— Shizun.

Il fut surpris d’entendre quelqu’un l’appeler.

En réaction, il leva brusquement les yeux, mais il ne vit personne sur le rivage.

— Par ici.

Suivant la voix, il découvrit Mo Ran assis sur le rebord du pont de jade blanc, vêtu de la traditionnelle armure légère bleue et argentée de la secte, une jambe pendant paresseusement dans le vide.

L’adolescent avait des traits marquants, et des cils longs et épais pareils à une petite paire d’éventails suspendue au-dessus de ses yeux. Il tenait une ombrelle en papier huilé et, tandis qu’il le regardait, il semblait presque sourire sans vraiment le faire.

L’un sur le pont, les feuilles bruissant au vent ; l’autre sous le pont, la pluie éclaboussant la rivière.

Pendant un instant, aucun d’eux ne parla, chacun se contentant simplement de regarder l’autre.

La pluie brumeuse brouillait la ligne séparant le ciel de la terre de façon presque déchirante. Des feuilles de bambou dérivaient de temps en temps entre les deux, portées par le vent et la pluie.

Puis, finalement, Mo Ran s’esclaffa et fit remarquer avec taquinerie :

— XuanJi-zhanglao, tu es trempé.

Presque au même moment, Chu WanNing lui demanda froidement :

— Comment as-tu su que c’était moi ?

Mo Ran pinça les lèvres. Ses fossettes se creusèrent et ses yeux s’arquèrent dans un sourire.

— Une barrière aussi grande n’est probablement pas à la portée de XuanJi-zhanglao, n’est-ce pas ? Qui d’autre cela pourrait-il être si ce n’est Shizun ?

Chu WanNing garda le silence.

Mo Ran savait qu’il ne se donnerait pas la peine de dresser une barrière pour lui-même, mais une idée lui vint à l’esprit. Il jeta l’ombrelle dans le vide.

— Je te donne ça, attrape.

L’ombrelle de papier rouge vif dériva lentement vers le bas. Chu WanNing l’attrapa. La poignée vernissée en bambou d’un vert couleur jade contenait encore un reste de chaleur, et les gouttelettes de pluie glissant depuis son sommet scintillaient en tombant.

Chu WanNing releva les yeux dans sa direction.

— Et toi, alors ?

Mo Ran esquissa un sourire sournois.

— Ne pourrais-je pas parfaitement bien rentrer si Shizun utilisait rien qu’un petit sort ?

Chu WanNing laissa échapper un « Mmph », mais sa main s’agita malgré tout légèrement dans sa manche, et une barrière dorée translucide s’étendit immédiatement au-dessus de Mo Ran. Ce dernier leva les yeux et rit.

— Ha ! Ha ! Comme c’est joli ! Il y a même des motifs de pivoine. Merci.

Chu WanNing lui jeta un regard.

— Ce sont des fleurs de haitang, il n’y a que cinq pétales.

Et sur ces mots, il tourna les talons, ses robes blanches contrastant avec l’ombrelle écarlate, laissant Mo Ran seul sous la pluie à compter les pétales de fleurs.

— Un, deux, trois, quatre, cinq… Ah ! Il n’y a bien que cinq pétales…

Quand ce dernier redirigea son regard, Chu WanNing était déjà loin.

Debout sous la barrière, il plissa les yeux. Son rictus infantile s’effaça lentement pour laisser place à une expression compliquée.

Il ne comprenait subitement plus à quoi il pensait.

Si seulement ses sentiments envers autrui pouvaient se résumer à être soit de l’affection soit de la répugnance.

* * *

La pluie tomba sans s’arrêter pendant quatre jours. Lorsque les nuages se dissipèrent enfin, une suite de chevaux et d’attelages fila, toutes cloches tintantes, à travers les flaques d’eau, brisant la réflexion du ciel et des nuages en leur sein, et s’arrêta devant la porte principale du pic SiSheng.

Le rideau de bambou se releva, et un éventail orné d’une pampille rouge émergea de l’intérieur.

Immédiatement après, une paire de bottes de combat bleues à bordure argentée se posa sur le sol d’un coup sec, engendrant un nuage de poussière.

C’était un homme costaud, aux sourcils épais, aux grands yeux, et à la barbe bien fournie. Il était âgé d’une quarantaine d’années, et portait une armure légère bleue et argentée. Il avait l’air bourru, mais ses grandes mains agitaient un éventail délicat d’érudit, ce qui rendait le spectacle assez étrange.

L’éventail s’ouvrit dans un pop. Sur la face offerte au regard des autres était écrit… « Xue est magnifique ».

Mais sur le côté caché était écrit… « Les autres sont laids. »

Cet éventail était connu dans tout le royaume, tant en raison des prouesses martiales de son propriétaire que pour l’extrême maladresse de l’écriture qui y figurait.

Un côté encensait son propriétaire, tandis que l’autre se moquait de tous les autres.

Un léger battement de l’objet, et tous ceux qui se trouvaient à moins de cent li [3] pouvaient sentir le narcissisme du propriétaire. Chaque personne dans le domaine de la cultivation connaissait cet éventail.

Mais qui en était le propriétaire ? Ce n’était autre que le maître du pic SiSheng, qui s’était absenté pendant plus de deux mois, le père de Xue Meng, l’oncle de Mo Ran, Monsieur Xue, Xue ZhengYong.

Le dicton voulait que les dragons engendrent des dragons, que les phénix engendrent des phénix, et que le fils d’une souris creusent des trous.

L’inverse était tout aussi vrai : le vieil homme [4] d’un fils paon était tout aussi enclin à exhiber les plumes de sa queue.

L’apparence délicate de Xue Meng était complètement différente de celle de son vieux paternel musclé, mais la même essence coulait dans leurs os…

Tous deux estimaient que « Xue est magnifique, les autres sont moches ».

Xue ZhengYong s’étira, secoua ses membres, fit craquer son cou et sourit.

Aiyo, enfin à la maison ! Mes fesses sont toutes engourdies d’être resté trop assis.

* * *

Dans la salle DanXin, Madame Wang s’affairait à mélanger des médicaments, Mo Ran et Xue Meng assis à ses côtés.

— Quatre taels [5] d’herbes hémostatiques, et du ginseng shouyang, s’il vous plaît.

— Tiens, maman, c’est déjà pesé.

Les jambes croisées, Xue Meng lui tendit les herbes depuis sa position. Madame Wang les porta à son nez pour les sentir, mais répondit :

— Celles-ci ne conviennent pas, elles ont été corrompues après avoir été stockées trop longtemps avec le patchouli. Si nous les utilisons, la décoction ne sera pas aussi efficace. Allez m’en chercher de nouvelles, s’il vous plaît.

— Très bien.

Xue Meng se leva pour aller fouiller dans l’armoire à pharmacie de la pièce intérieure.

— Trois qian [6] de wulingzhi, et un qian de cuscute, continua Madame Wang.

Mo Ran lui passa adroitement les matériaux, puis lui demanda :

— Ma tante, pendant combien de temps faudra-t-il faire bouillir le médicament ?

— Pas besoin de le faire bouillir, celui-ci peut être simplement infusé, expliqua-t-elle. Quand j’aurai fini de le moudre, A-Ran pourrait-il l’apporter à YuHeng-zhanglao ?

Mo Ran n’avait à la base pas envie de le faire, mais en jetant un coup d’œil dans la direction de Xue Meng, il savait que ce serait lui qui le ferait s’il ne le faisait pas.

Pour une raison quelconque, il n’aimait tout simplement pas l’idée que Xue Meng passe du temps seul avec Chu WanNing.

— Bien sûr, accepta-t-il en conséquence.

Il marqua une pause, puis reprit :

— Ah oui ! Est-ce que c’est amer ?

— Un peu. Pourquoi demandes-tu ça ?

Mo Ran esquissa un sourire.

— Pour rien.

Mais il s’empara d’une poignée de bonbons dans la coupe de fruits et la glissa dans sa manche.

Les gens à l’intérieur de la salle travaillaient dur pour fabriquer ce médicament, quand, soudain, un éclat de rire audacieux et débridé s’éleva depuis la porte. Xue ZhengYong entra, le sourire radieux :

— Ma petite femme, je suis de retour ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !

Il était arrivé complètement à l’improviste malgré son statut de chef de secte, surprenant tant Madame Wang qu’elle manqua d’en renverser toute la poudre médicinale que contenait sa cuillère. Ses jolis yeux s’élargirent.

— Mon époux ?

Mo Ran se leva également pour saluer.

— Mon oncle !

— Ah ! Ran-er est là aussi ?

Xue ZhengYong apparaissait puissant et imposant, mais sa façon de parler était gentille. Sa grande main frappa son épaule.

— Mon garçon, même si je ne suis pas parti longtemps, n’aurais-tu pas encore grandi ? Comment ça s’est passé dans la ville de CaiDie ?

— Ça s’est bien passé, répondit-il en souriant.

— Bien, bien, bien ! Je savais bien que rien ne pouvait mal tourner avec Chu WanNing. Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Oh oui ! Où est-il au fait ? S’est-il une fois de plus enfermé pour retourner tripoter ses jouets ?

En entendant ça, Mo Ran se sentit quelque peu mal à l’aise.

— Euh, Shizun…

Son oncle avait un tempérament de feu, et était enclin à agir de manière impulsive. Dans son autre vie, cela avait été principalement la cause de sa mort. Alors bien sûr, Mo Ran ne voulait pas lui dire directement que Chu WanNing s’était mangé deux cents coups de bâton et que, pour couronner le tout, il avait été confiné pendant trois mois. Il était en train de se demander comment annoncer la nouvelle lorsqu’un « ah » s’éleva derrière lui.

Xue Meng venait de revenir les bras chargés d’un tas d’herbes hémostatiques, et était ravi de voir son père.

— Papa !

— Meng-er !

Mo Ran poussa secrètement un soupir de soulagement. Chaque fois que ce duo père-fils se retrouvait, un échange de compliments était inévitable ; ce qui lui donnait tout le temps de réfléchir à un moyen d’annoncer avec tact que Chu WanNing était puni.

Comme attendu, ces deux paons écartèrent les plumes de leurs queues et s’enduisirent de louanges mutuelles.

— Mon fils est devenu encore plus beau ces deux derniers mois ! Tu ressembles de plus en plus à papa !

Xue Meng tenait entièrement de sa mère, et ne ressemblait en rien à son père, mais il le croyait sur parole.

— Et papa est devenu encore plus beau !

Xue ZhengYong agita sa grande main en souriant.

— Durant tout le temps que j’ai passé au palais TaXue de KunLun, je n’ai cessé de penser qu’aucun des jeunes n’arrivait à la cheville de mon fils et de mon neveu ! Aiyo, j’étais tellement fatigué de regarder ce groupe de garçons efféminés. Meng-er, tu te souviens encore de Mei HanXue ?

Xue Meng arbora immédiatement un air de mépris.

— Le potelé qui s’est entraîné dans l’isolement pendant une douzaine d’années ? J’ai entendu dire qu’il était le plus ancien disciple du palais TaXue. En est-il finalement sorti ?

— Ha ! Ha ! Ha ! Quelle bonne mémoire ! C’est bien lui. Ce gamin est resté avec nous un certain temps par le passé, vous avez même partagé un lit.

— … Comment pourrais-je oublier ? Il était gros comme un chien, et il donnait des coups dans son sommeil. Je l’ai viré de nombreuses fois du lit. Tu l’as vu ?

— Je l’ai vu, je l’ai vu, confirma Xue ZhengYong, en faisant tournicoter sa barbe.

Il semblait réfléchir à quelque chose. Xue Meng était le « Fils Préféré des Cieux », compétitif à l’excès. Aussi demanda-t-il avec impatience :

— Et ?

Xue ZhengYong s’esclaffa.

— Tu es bien sûr le meilleur. Pour Dieu sait quelle raison, le professeur de ce garçon lui a appris des choses comme les instruments et la danse. Rien que son qinggong [7] fait voler des pétales de fleurs partout, ton père a failli mourir de rire. Ha ! Ha ! Ha ! Ha !

Xue Meng plissa le nez, comme s’il était dégoûté.

Un petit cochon avec de la graisse de bébé, qui jouait des instruments et dansait pendant que les pétales voltigeaient autour…

— Et comment est sa cultivation ?

Mei HanXue s’était entraîné en isolement pendant plus de dix ans, après tout ; il venait d’en sortir au cours des derniers mois et n’avait pas encore fait beaucoup parler de lui dans le monde.

Comme il avait déjà gagné en termes « d’apparences », Xue Meng s’apprêtait désormais à comparer leur « cultivation ».

Cette fois, Xue ZhengYong ne répondit pas immédiatement. Il resta pensif pendant un moment, puis répondit :

— Je n’ai pas beaucoup vu ses compétences. Mais peu importe, Meng-er pourra sûrement croiser le fer avec lui lors de la compétition de LingShan.

Les sourcils de Xue Meng tressautèrent.

— Mmph ! Qui sait si ce stupide porc va même oser me défier ?

Madame Wang avait terminé de mélanger les médicaments. Elle se leva, et tapota la tête de Xue Meng avec un sourire :

— Meng-er ne doit pas être aussi arrogant, il ne doit pas n’oublier d’être modeste et respectueux.

— À quoi bon être modeste ? répliqua Xue Meng. C’est pour les faibles ! Je préfère être franc comme papa.

— Tu vois ? gloussa Xue ZhengYong. Les chiens ne font pas des chats.

— C’est toi qui lui as appris toutes ces mauvaises habitudes, répliqua Madame Wang, contrariée. Tu ne lui en as donné aucune de bonne. Je n’arrive pas à y croire.

Xue ZhengYong remarqua l’irritation dans son expression, et savait qu’elle était bel et bien quelque peu mécontente. Il ajusta aussitôt son sourire, et se gratta la tête en lui retournant :

— J’avais tort, ma petite femme. Nous ferons tout ce que tu nous diras. Ne te fâche pas.

Mo Ran et Xue Men restèrent sans voix.

Dans sa jeunesse, Madame Wang avait été une disciple de GuYueYe, et la rumeur disait que Xue ZhengYong l’avait enlevée. Tous ignoraient si cette rumeur était véridique ou non, mais ce que Mo Ran savait, c’était que son oncle était profondément amoureux de sa tante ; à tel point que ses os d’acier se transformaient en fils soyeux s’enroulant autour de ses doigts. Mais Madame Wang n’était pas aussi passionnée par son mari ; c’était une personne douce, mais elle se mettait souvent en colère contre lui pour des choses insignifiantes.

Les années s’écoulaient ainsi de façon cahoteuse. Toute personne ayant des yeux pouvait voir qui éprouvait les sentiments les plus forts au sein de ce couple.

Bien sûr, Xue Meng n’entendait pas rester là à regarder ses propres parents flirter. Légèrement dégoûté, il claqua la langue et se retourna pour partir.

Très embarrassée, Madame Wang l’appela en toute hâte :

— Meng-er ?

Xue Meng agita la main et se retira brusquement.

Mo Ran non plus ne voulait pas interrompre les retrouvailles du couple, et il utilisa cette excuse pour esquiver commodément les questions de son oncle. Le sujet de la punition de Chu WanNing serait mieux évoqué par Madame Wang, après tout. Il ne voulait définitivement pas être celui qui devrait le faire. Après avoir récupéré les médicaments sur la table, il s’enfuit avec le sourire, leur claquant même la porte au nez.

Le médicament en main, il se rendit tranquillement au Pavillon du Lotus rouge.

En raison de sa blessure, le corps de Chu WanNing se voulait faible ces derniers jours. Ce dernier avait donc aboli les barrières qui entouraient habituellement les lieux. Par conséquent, il n’avait aucun moyen de savoir si quelqu’un entrait.

Ce fut donc dans ces circonstances que Mo Ran surprit cette scène…

Chu WanNing, se baignant dans l’étang aux lotus.

Cela aurait été une chose qu’il se baigne tout seul, mais dans cet étang aux lotus, dédiées au seul usage du vertueux et incorruptible YuHeng-zhanglao, se trouvaient les silhouettes de deux autres personnes…

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Notes :

[1]Dans le folklore de la Chine antique, les neuf fils sont représentés par différents animaux, chacun doté d’une personnalité propre.

[2] Ombrelle : Pour la pluie, on parle généralement de parapluie, mais les Chinois continuent de parler d’ombrelle, celles-ci étant enduites d’huile pour repousser la pluie. Voici un exemple :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4d/Chiangmai-market.jpg

[3] Li : unité de mesure qui équivaut approximativement à 500m. 100Li = 50km.

[4] Le vieil homme : façon de s’en référer au père.

[5] Approximativement 50 grammes.

[6] Cela représente un dixième d’un tael, soit 5 grammes.

[7] Qinggong : Art martial chinois plus ou moins équivalent au parkour en France. Il consiste en des acrobaties visant à défier la gravité comme apprendre à marcher sur les murs. Cet art est très souvent utilisé et exagéré dans les films chinois pour donner des affrontements épiques défiant les lois physiques (ex : sauts démesurés, marcher sur l’eau, vitesse excessive, etc.)

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AruBiiZe
AruBiiZe
18 mars 2021 16:23

« ses trois disciples furent victimes d’une intoxication alimentaire »
X’D

Ah~ Ce passage au pont, à se regarder dans les yeux ! Ah~~

Woh ! My god ! Il se baignent avec d’autres personnes ?! WTF ! XD

Merci beaucoup pour ce chapitre !
A tout de suite 😉