The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 33

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 33 :Ce Vénérable va chercher son arme

Chu WanNing fut tant choqué par ce baiser soudain qu’il ne comprit même pas ce que Mo Ran disait. Tout cela ressemblait à un murmure lointain, comme si une forte pluie avait commencé à tomber sur sa tête.

Mo Ran, en revanche, continua de murmurer quelques mots avant de se rendormir.

Chu WanNing ne répondit rien. Il voulait le secouer pour le réveiller.

Cependant, il y avait un haitang en pleine floraison qui se balançait devant la fenêtre. Juste au moment où Chu WanNing leva la main, un pétale de fleur rose clair se posa doucement sur le bout du nez de Mo Ran.

— …

Ce dernier se frotta le nez en raison de ce léger inconfort, mais il dormait si bien qu’il ne se réveilla pas. Le bras que Chu WanNing tendait pour le bousculer changea de direction, sans raison apparente, et il ramassa le pétale de fleur entre ses doigts pour l’examiner.

Alors qu’il se perdait dans ses pensées en regardant le pétale, certaines choses lui revinrent lentement.

Il se souvint que, la veille, Mo Ran avait pansé ses blessures et lui avait fait avaler un médicament.

Celui-ci l’avait ensuite tenu dans ses bras, caressant gentiment ses cheveux et son dos durant cette longue nuit, tout en chuchotant doucement à son oreille.

Chu WanNing était déconcerté. Ce devait être un rêve, n’est-ce pas ?

Le bout de ses oreilles vira au rouge. Cette couleur vive n’était pas sans rappeler le pétale de haitang entre ses doigts.

Toute réprimande mourut dans sa gorge.

Il ne savait… vraiment pas par où commencer.

Comment as-tu fini dans mon lit ?

Cela sonnait comme une jeune fille qui aurait commis une erreur.

Dégage, qui t’a laissé dormir ici !

Ça ressemblait cette fois à une diablesse qui aurait fait une erreur de jugement.

Comment oses-tu m’embrasser ?!

Si l’on y réfléchissait bien, ce n’était qu’un contact entre deux paires de lèvres. Comparé à cette fois dans le royaume illusoire, on pouvait à peine appeler cela un baiser. En faire tout un plat aurait donné l’impression qu’il avait vraiment quelque chose à cacher.

— …

Complètement perdu, YuHeng-zhanglao ne put que se retourner et enterrer son visage dans la couverture. Ses doigts effilés s’agrippèrent à ses coins en signe d’irritation et d’embarras.

Au final, il décida de s’extirper de l’emprise de Mo Ran, puis il commença par s’asseoir et s’habiller, avant de le réveiller en le secouant.

Par conséquent, lorsque Mo Ran ouvrit ses yeux brouillés par le sommeil, la vue qui l’accueillit fut celle de YuHeng-zhanglao, assis sur le bord du lit, avec un regard froid et indéchiffrable sur son visage.

Il en eut immédiatement des sueurs froides.

— Shizun, je…

— Tu as brisé ma Barrière de l’Esprit Floral, hier ? l’interrogea Chu WanNing sans manifester la moindre expression.

— Je ne voulais pas…

— Oublie ça, le coupa-t-il sèchement en agitant la main comme si ce n’était rien. Tu devrais te lever. Les cours du matin.

Mo Ran était sur le point de craquer. Il se gratta la tête en s’agitant.

— Comment se fait-il que je me sois endormi ici ?

— Tu as l’air fatigué, répondit Chu WanNing, parfaitement calme. On dirait que tu ne t’es pas beaucoup reposé hier.

Il jeta un coup d’œil au médicament sur la table, et ajouta :

— À l’avenir, ne fais plus irruption le pavillon des Lotus Rouges sans y avoir été invité. Si tu as besoin de quelque chose, fais-le-moi savoir à l’avance.

— Oui, Shizun.

— Tu peux partir.

TaXian-Jun avait l’impression d’avoir échappé de justesse à la mort. Il se dépêcha de fuir aussi loin que possible.

Après son départ, Chu WanNing retourna s’allonger sur son lit et leva son bras, tendant la main. À travers les interstices de ses doigts, il observa les fleurs rayonnantes à l’extérieur de sa fenêtre dériver et tomber comme la neige dans le vent.

Les couleurs douces des pétales de haitang étaient comme les souvenirs brumeux de cette nuit passée.

C’était délicat, mais il était difficile de distinguer le vrai du faux.

Il décida qu’il préférait mourir que de prendre l’initiative de parler de ce qui s’était passé la veille.

C’était bien trop embarrassant !!!

YuHeng-zhanglao se souciait par-dessus tout de sa fierté ; il préférait sauver les apparences plutôt que sa vie. Pour cette raison, lorsque Mo Ran revit Chu WanNing quelques jours plus tard, YuHeng-zhanglao s’avéra aussi élégant et posé que d’ordinaire, ses robes blanches flottant gracieusement.

Aucun d’eux ne mentionna ce qui s’était passé cette nuit-là. Mais parfois, lorsque leurs yeux se croisaient, le regard de Mo Ran semblait s’attarder un peu plus longtemps sur Chu WanNing avant d’en revenir comme d’habitude à Shi Mei.

Et concernant Chu WanNing ?

Dès que son regard croisait celui de Mo Ran, il se détournait immédiatement et froidement. Cependant, quand il pensait que Mo Ran ne regardait pas, il lui lançait, comme par inadvertance, un regard dérobé.

Xue ZhengYong avait rapidement appris la punition de Chu WanNing.

Comme prévu, le maître du pic SiSheng, qui était protecteur à l’excès, en fit immédiatement une crise. Néanmoins, il lui fut impossible de l’adresser légitimement à quelqu’un en particulier, si bien qu’il ne put que ronger son frein et bouder dans son coin.

S’il avait sur que cela se produirait quand ils avaient originellement établi les règles, il n’aurait pas manqué d’en ajouter une autre : les règles ne s’appliquent pas aux aînés.

Madame Wang fit infuser une tasse de thé, et discuta longuement avec Xue ZhengYong sur un ton apaisant avant qu’il ne se calme enfin.

— YuHeng-zhanglao est vraiment trop têtu, se plaignit-il. S’il essaie de recommencer à l’avenir, aide-moi à l’en dissuader. Comment suis-je censé vivre en paix avec moi-même quand un maître de la cultivation aussi éminent finit par souffrir comme ça ici, alors que les sectes du Royaume Supérieur de la Cultivation n’ont pas réussi à le convaincre de les rejoindre ?

— Ce n’est pas que je n’ai pas essayé, soupira-t-elle. Tu sais comment il est, obstiné à l’extrême.

— Ah ! Oublie ça, répondit Xue ZhengYong. Ma petite femme, donne-moi quelques-uns de ces antidouleurs et médicaments pour la croissance musculaire que tu as fabriqués, je vais aller voir YuHeng.

— Le blanc est à prendre par voie orale, le rouge est à appliquer sur la peau.

Madame Wang lui donna deux petites bouteilles en porcelaine, puis ajouta :

— Ran-er a mentionné que YuHeng-zhanglao nettoyait les lions du pont NaiHe dernièrement, tu devrais pouvoir le trouver là-bas.

Xue ZhengYong glissa les bouteilles dans sa poche et se précipita vers le pont de jade.

Chu WanNing était bien là. Il était peu après midi, les disciples étaient tous occupés à pratiquer leur cultivation, et peu de gens passaient par le pont NaiHe. Chu WanNing se tenait seul sur la douce courbe du pont, sa silhouette grande et droite.

Les feuilles bruissaient doucement sur les rives ; ses robes blanches parmi les bambous gracieux donnaient une image de raffinement.

Xue ZhengYong s’avança en souriant :

— YuHeng-zhanglao, tu contemples les poissons ?

Chu WanNing tourna la tête dans sa direction.

— Le Chef de Secte doit plaisanter, cette rivière est reliée aux sources jaunes du monde des enfers, il n’y a pas de poissons.

— Ha ! Ha ! Je te fais marcher. Tu es tout en élégance, sans humour, je me soucie vraiment de savoir comment tu vas trouver une femme !

— …

— Tiens, des médicaments. C’est ma femme qui les a faits. Prends le blanc par voie orale, applique le rouge sur ta peau. Super efficace. Pour toi.

— …

À la base, Chu WanNing n’en voulait. Seulement, en voyant à quel point Xue ZhengYong était fier, comme si les médicaments de sa femme étaient la chose la plus précieuse, il ne put refuser. Il accepta donc avec un léger « Merci ».

Xue ZhengYong était un homme rustre, mais il se contenait davantage devant Chu WanNing, et ne se contentait pas de parler sans réfléchir. Il réfléchit un peu avant d’aborder un sujet :

— Dis, YuHeng, la compétition de LingShan aura lieu dans trois ans. De jeunes talents de toutes les sectes vont se réunir pour viser la première place. Quelles sont les chances de Meng-er et de Ran-er, selon toi ?

— Trois ans, c’est long ; je ne peux rien dire pour l’instant, répondit Chu WanNing. Mais pour l’heure, Mo Ran n’a pas la volonté de s’améliorer, et Xue Meng est trop vaniteux et enclin à sous-estimer ses adversaires. Il n’a pas non plus la bonne attitude.

Ses propos étaient directs et tranchants, allant droit au cœur du problème.

Xue ZhengYong était un peu gêné.

Aiya, ils sont juste jeunes…, retourna-t-il en marmonnant.

— Ils ont déjà atteint leur majorité, ils ne le sont plus.

— Tu n’as pas tort, mais quand même, ils n’ont pas encore vingt ans. Je ne peux pas m’empêcher d’être un peu partial en tant que père et oncle. Ha ! Ha !

— Un enfant indiscipliné est la faute d’un père négligent et d’un enseignant irresponsable, défendit Chu WanNing. Si ces deux-là finissent par emprunter un mauvais chemin, à l’avenir, cela nous retombera directement dessus. Comment pourrez-vous rester partial, après ça ?

— …

— Le Chef de Secte se souvient-il encore des deux fils préférés des cieux [1]de la secte RuFeng de LinYi, il y a quelques années ? poursuivit Chu WanNing.

Le cœur de Xue ZhengYong s’enfonça dans sa poitrine à la seule mention de ces noms.

Quelques années plus tôt, il y avait eu deux frères au sein de la secte RuFeng ; la principale secte du Royaume Supérieur de la Cultivation. Dès leur plus jeune âge, ces derniers s’étaient montrés très doués et extrêmement compétents. À l’âge de dix ans, ils pouvaient tous deux terrasser individuellement des démons centenaires, et à quinze, ils étaient déjà capables de concevoir de nouveaux sorts, voire même de fonder leur propre secte s’ils l’avaient désiré.

Mais le monde de la cultivation n’était pas assez grand pour eux deux. Ces frères étaient tous deux bien trop exceptionnels ; ils finirent par se brouiller. Lors de la compétition de LingShan cette année-là, le frère cadet vola même la technique secrètement développée par son aîné, et fut critiqué par toutes les sectes et méprisé par tous les aînés pour cet acte. Dès la fin de la compétition, le frère cadet fut immédiatement puni par son père. Sa fierté ne put le supporter. Dès lors, il garda rancune et cultiva des méthodes peu scrupuleuses, pour finalement devenir un monstre fou.

En ramenant ce sujet sur la table, Chu WanNing essayait sans doute de rappeler à Xue ZhengYong que Xue Meng et Mo Ran étaient peut-être exceptionnels, mais que le cœur comptait bien plus que les compétences.

Malheureusement, Xue ZhengYong était dur avec lui-même, sérieux avec ses disciples, mais désespérément confus quand il s’agissait de son fils et de son neveu ; au point de les gâter. Il ne prit donc pas vraiment à cœur les paroles de Chu WanNing, se contentant de rire tout en répondant :

— Ils ne finiront pas comme ces frères avec YuHeng-zhanglao pour les guider.

Chu WanNing secoua la tête.

— La nature humaine est ainsi, et cela ne peut être changé si facilement sans une énorme détermination.

Face à ces propos, Xue ZhengYong ne put s’empêcher de se sentir un peu mal à l’aise, s’interrogeant quant à leur signification cachée. Il hésita un moment, mais finit par demander tout de même :

— YuHeng, est-ce que tu… Aie, ne te fâche pas, mais est-ce que, par hasard, tu mépriserais mon idiot de neveu ?

Chu WanNing n’avait pas du tout voulu dire les choses ainsi. Ce malentendu inattendu le prit tant au dépourvu que ses mots lui restèrent en travers de la gorge.

Xue ZhengYong continua avec inquiétude :

— En fait, je ne me soucie pas vraiment de savoir s’ils seront en tête du classement ou non. En particulier Ran-er, ça n’a vraiment pas été facile pour lui, en grandissant. On n’y peut rien s’il est un peu difficile ou désobéissant. J’espère simplement que tu ne le méprises pas parce qu’il a été élevé dans un établissement de plaisirs. Aie, il est tout ce qui me reste de mon frère aîné. Je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable de ne pas avoir été là pour lui pendant toutes ces années…

— Le Chef de Secte se trompe, l’interrompit Chu WanNing. Je ne le méprise pas le moins du monde. Si je me souciais de ses origines, je ne l’aurais pas accepté comme disciple.

Son discours fut direct et assuré. Xue ZhengYong en fut soulagé.

— Bien, bien.

Le regard de Chu WanNing retomba sur les courants de la rivière qui s’écoulaient sous le pont, déferlant et s’écrasant, et ne s’étendit pas davantage. Malheureusement, tout comme dans l’autre vie, cette conversation entre eux et la confession de Chu Wanning furent englouties par le gargouillement des eaux.

Le fait qu’il ne détestait ou ne méprisait pas Mo Ran ne fut jamais entendu par une tierce personne.

* * *

Les trois mois d’isolement arrivèrent à terme.

Ce jour-là, Chu WanNing appela ses trois disciples au Pavillon des Lotus Rouges et leur annonça :

— Puisque vos noyaux spirituels sont maintenant stabilisés, je vous ai tous convoqués ici aujourd’hui pour vous emmener au pic XuYing, où vous pourrez tenter d’invoquer vos propres armes.

Les yeux de Xue Meng et de Shi Mei s’agrandirent, et leurs mines exprimèrent toute leur joie.

Le pic XuYing était une montagne sacrée située dans le Royaume Supérieur de la Cultivation, haute de plusieurs centaines de mètres, et aux falaises escarpées et insondables.

Selon la légende, le pic XuYing était autrefois l’endroit où le dieu GouChen-shanggong [2] forgeait des armes. GouChen-shanggong, le dieu de la guerre, était responsable de la surveillance des pôles célestes nord et sud, et contrôlait toutes les armes du monde.

Durant la guerre menée par l’Empereur Céleste pour exterminer le royaume des démons, GouChen-shanggong avait forgé la première véritable « épée » du monde en employant les montagnes comme matériau, les mers comme bassin de fusion, et son propre sang céleste en tant que flammes de forge. Cette épée pouvait transpercer autant les cieux que la terre, et d’un unique coup, pouvait réduire le sol en morceaux et faire couler les mers à l’envers.

Cette « Épée » en main, et en seulement deux coups, l’Empereur Céleste réprima la race démoniaque sous la terre, de sorte que celle-ci ne put jamais s’en relever.

Ces deux frappes tranchèrent horizontalement le royaume humain, laissant une paire de profondes entailles dans le sol. Après cette bataille, les cieux pleurèrent et les fantômes hurlèrent pendant des nuits. Les inondations et la désolation frappèrent le royaume, tandis que des pluies torrentielles s’abattirent pendant un millier d’années, remplissant ces deux entailles pour les amener à devenir le fleuve Yangtsé et le fleuve Jaune d’où naquirent d’innombrables vies.

Quant au pic XuYing, lieu de naissance de l’épée sacrée, il devint ainsi un lieu sacré pour beaucoup de cultivateurs y faisant des pèlerinages. Aujourd’hui encore, l’énergie spirituelle laissée par les anciens dieux y était toujours aussi forte, et d’innombrables créatures mystérieuses erraient dans les montagnes où prospérait toute une flore diversifiée et particulière. Le pic XuYing était également le lieu où de nombreux cultivateurs avaient atteint l’illumination et fait leur ascension.

Mais pour la plupart des gens, le plus grand attrait de cette incroyable montagne où l’épée sacrée avait été forgée, c’était son « lac JinCheng ».

Ce lac glacé situé au sommet du pic était gelé toute l’année et scintillait en reflétant la lumière du soleil levant.

Selon la légende, lorsque GouChen-shanggong avait ouvert sa paume et utilisé son propre sang pour forger l’épée sainte, une goutte était tombée dans une crevasse au sommet. Cette goutte, qui ne s’était pas encore épuisée même après mille ans, était devenue le lac JinCheng, dont les eaux étaient si claires qu’on pouvait voir jusqu’au fond.

Que la légende soit vraie ou non, les merveilles du lac JinCheng étaient bien réelles. Bien qu’il soit recouvert d’un mètre de glace toute l’année, quelques cultivateurs avaient pu utiliser la puissance de leur propre noyau spirituel pour la faire fondre temporairement. Quand cela s’était produit, une ancienne bête mythique avait sauté sur le rivage, tenant une arme dans sa bouche, pour l’offrir à la personne.

— Shizun, quel genre de bête mythique est apparue quand tu es allé chercher ton arme sacrée ? demanda Xue Meng avec enthousiasme.

— Un KunPeng[3], répondit Chu WanNing.

Les yeux de Xue Meng se mirent à pétiller.

— Génial ! J’ai hâte de voir un KunPeng !

— Ne compte pas trop sur tes KunPengs avant d’avoir fait fondre ce lac, se moqua Mo Ran.

— Qu’est-ce que ça veut dire ? Tu crois que je ne peux pas faire fondre le lac JinCheng ou quoi ?

Aiya, s’esclaffa Mo Ran. N’ébouriffe pas tes plumes, je n’ai rien dit de tel.

— Ce ne sera pas nécessairement un KunPeng, reprit Chu WanNing. On dit que des centaines de bêtes mythiques vivraient à l’intérieur du lac, protégeant les armes sacrées. Celle qui vous favorisera viendra vous offrir une arme de sa possession. Cela dit, chaque bête mythique a son propre tempérament. Cette dernière vous fera une demande ; si vous ne pouvez pas l’honorer, elle conservera l’arme et retournera dans le lac avec.

Xue Meng étudia la question.

— Ça fonctionne donc ainsi ? Dans ce cas, Shizun, que t’a demandé le KunPeng ?  

— Il a dit qu’il voulait manger un pain de viande, répondit Chu WanNing.

Les trois disciples se turent un instant, puis éclatèrent de rire.

— Tu m’as fait peur, j’ai presque pensé que ce serait quelque chose de difficile, retourna Xue Meng en s’esclaffant.

Chu WanNing esquissa lui aussi un léger sourire, et répondit :

— J’ai juste eu de la chance. Les exigences de ces bêtes mythiques sont étranges ; elles peuvent demander n’importe quoi. J’ai entendu parler d’une fois où quelqu’un a invoqué un XiShu[4]. Ce petit rat lui a demandé de lui donner la main de sa femme en mariage. Comme il a refusé, le rat a repris l’arme et est parti. En fin de compte, cet homme n’a plus jamais eu l’occasion d’acquérir une arme sacrée.

— Comme c’est regrettable…, murmura Shi Mei.

Chu WanNing le regarda et demanda :

— Qu’y a-t-il à regretter ? Pour être honnête, je le respecte pour son caractère noble.

Shi Mei s’empressa de se corriger.

— Shizun m’a mal compris, ce n’est pas ce que je voulais dire. Bien sûr, que même avec la plus puissante des armes ne peut remplacer la femme de quelqu’un. Je trouve juste dommage qu’il ait manqué d’obtenir une arme divine.

— Ce n’est qu’une rumeur, de toute façon, répondit Chu WanNing. Malheureusement, je n’ai moi-même jamais vu un tel homme. Au contraire, ce à quoi j’ai assisté, il y a de nombreuses années, au lac JinCheng, c’était à des choses répugnantes qui m’ont sali les yeux.

Il s’interrompit, comme s’il se souvenait de quelque chose. Puis, fronçant les sourcils, son expression s’assombrit.

— Peu importe, oubliez ça. Pendant ces mille ans, qui sait à combien d’exemples de loyauté inébranlable et à combien d’exemples d’insensibilité glaciale ce lac a assisté. En vérité, combien de personnes sont même capables de résister à l’attrait d’une arme sacrée, d’abandonner leur chance de progression, juste pour rester fidèles à leur cœur… ? Hein ?

Chu WanNing s’autorisa un petit rire froid, comme si quelque chose dans ses souvenirs l’avait perturbé. Il réajusta son expression pour retrouver son impassibilité habituelle, mais ses sourcils n’étaient qu’à peine moins froncés, semblant manifester un dégoût. Finalement, il pinça les lèvres et ne s’étendit pas davantage sur cette affaire.

Voyant qu’il semblait mécontent, Xue Meng changea de sujet et demanda :

— Shizun, on dit que toutes les armes sacrées du lac JinCheng ont leur propre caractère. Cela a-t-il été facile pour toi de t’y habituer lorsque tu l’as tenu pour la première fois en main ?

Chu WanNing leva un sourcil et demanda d’une voix monotone :

— Ce professeur possède trois armes sacrées, à laquelle fais-tu référence ?

oOoOoOoOo

Notes :

[1] Il s’agit d’une façon sophistiquée de faire référence à quelqu’un qui se révèle à la fois privilégié et talentueux. C’est en quelque sorte un compliment exagéré.

[2]Shanggong : un titre respectueux.

[3] KunPeng : Il s’agit d’un monstre géant hybride entre un poisson et un oiseau.

[4] XiShu : Dans le folklore, il s’agit d’un rat géant.

xXx

Notes de l’auteur :

Le mini-théâtre d’aujourd’hui est centré sur la dernière phrase du professeur chat blanc : « Ce professeur possède trois armes sacrées, à laquelle fais-tu référence ? » vu à travers différentes versions abrégées !

Si ce roman traitait de la vie scolaire :

— Président de classe ! l’interpella le Responsable Disciplinaire Xue MengMeng. Je ne sais pas comment corriger cette question QAQ Je me souviens que tu as fait un sans faute, prête-moi ton test et laisse-moi regarder !

Le Président de classe Chu WanNing leva les yeux, et répondit avec indifférence :

— J’ai trois tests parfaits, auquel fais-tu référence ?

Si ce roman traitait de la vie en entreprise :

— PDG Chu, mon père m’a demandé de faire parvenir ce cadeau à votre maison de vacances sur la plage, pourriez-vous me donner votre adresse ? demanda Xue MengMeng, le riche héritier.

Le PDG tyrannique, Chu WanNing, leva les yeux au ciel, et demanda avec indifférence :

— J’ai trois hôtels particuliers en bord de mer, auquel fais-tu référence ?

Si ce roman était un roman de harem. (Hé ! Hé ! Hé !)

— Oncle royal impérial ! Ta concubine ! Elle, elle, elle m’a intimidé ! Elle m’a griffé avec ses ongles pendant que tu n’étais pas là !

L’oncle impérial royal débauché Chu WanNing leva les yeux, et demanda avec indifférence :

— Oh ? Cet empereur a trois concubines, à laquelle fais-tu référence ?

S’il s’agissait d’informations en direct : (…)

— Secrétaire Chu, sous votre direction, l’apparence de la ville H et le niveau de bonheur des citoyens ont rapidement progressé, entama Xue MengMeng, le journaliste de CCTV. La pollution de l’eau de la ville a diminué, et les embouteillages ont visiblement réduit également. Lors de la cérémonie de remise des prix après le G20, le maire Mo a particulièrement approuvé et remercié votre travail, et vous a remis la médaille de la Légion d’honneur. Pourriez-vous nous montrer votre médaille ?

Chu WanNing leva les yeux, et demanda avec indifférence :

— Camarade, j’ai trois médailles honorifiques, à laquelle faites-vous référence ?

Si c’était…

Chu WanNing : Merde !!! Je me casse !! Tu n’en as pas eu assez ? Tu ne m’as même pas donné mon panier-repas d’aujourd’hui !

Meatbun : … le dernier, c’est le dernier.

Si c’était une revue culinaire gastronomique :

— Patron ! Patron ! s’écria le gourmand Xue MengMeng. J’ai entendu dire qu’on parlait de vos brioches à la vapeur dans toute la Chine ? Et que lors du 69e concours de cuisine du lac JinCheng, le juge KunPeng a fait l’éloge de ce produit en le qualifiant de « Petit pain à la viande ayant remué la conscience du grand oiseau » ? Patron, pourriez-vous nous dire ce qu’il y a dans la garniture ? Combien coûte un panier de ces derniers à cuire à la vapeur ? Pouvez-vous nous en donner un ?

— De la viande humaine. Trente mille. Non.

— Hé ! s’exclama Meatbun. Tu dois suivre le script… !

Chu WanNing leva les yeux, et répondit avec indifférence :

— J’ai fait la vie scolaire, la vie en entreprise, le harem et les informations, soit quatre scénarios, auquel fais-tu référence ?

— …

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AruBiiZe
AruBiiZe
18 mars 2021 16:59

« Le fait qu’il ne détestait ou ne méprisait pas Mo Ran ne fut jamais entendu par une tierce personne. »
Je me sens triste pour ça…… :'(

On n’entend pas du tout Mo Ran à la fin de ce chapitre. Quelque chose a caché ?
Après tout, dans sa vie antérieure, il est déjà passé par là… Hm

Pour avoir des armes sacrées, certains ont du faire femmes et enfants ! Ou pire !

3 armes à lui ?! Donc une personne peut avoir plusieurs armes ! Oh ! Ou alors c’est une exception ?

Merci beaucoup pour ce chapitre !
A tout de suite 😉