The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 34

Ch. 33 | Index

Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 34 : Ce Vénérable est tombé en disgrâce

Seul Chu WanNing pouvait lâcher quelque chose d’aussi étonnant d’une manière aussi calme. Les trois disciples eurent chacun leur propre opinion sur la question.

Celle de Xue Meng fut la plus simple, ne s’en tenant qu’à une seule exclamation : Ah !

Celle de Mo Ran fut un peu plus compliquée. Se caressant le menton d’une main et se rappelant certaines choses de sa vie antérieure, il songeait que, dans celle-ci, il ne voulait absolument pas voir la troisième arme de Chu WanNing.

Quant à Shi Mei, il inclina la tête, et une faible lumière scintilla dans sa paire d’yeux brumeux en forme de fleur de pêcher, comme s’il le vénérait ou était fasciné.

— As-tu récupéré TianWen dans le lac JinCheng ?

— Mmh.

— Et les deux autres… ?

— L’une en vient aussi, mais pas l’autre. Les tempéraments des armes n’ont pas tendance à être trop féroces, cela devrait donc être gérable. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

Xue Meng soupira d’admiration.

— J’aimerais pouvoir voir les autres armes sacrées de Shizun.

— TianWen est plus que suffisante pour la plupart des besoins, répondit Chu WanNing. Quant aux deux autres, il serait préférable que je n’aie jamais à les utiliser.

Xue Meng émit à contrecœur un son signifiant son accord, mais une lumière ne cessait de danser dans ses yeux. Chu WanNing le remarqua ; il savait que Xue Meng était de nature combative, et qu’il ne pouvait pas réprimer de telles choses aussi facilement, mais, heureusement, son cœur suivait la bonne voie. Avec quelques conseils, il ne devait pas y avoir de raison de s’inquiéter.

Mo Ran, debout sur le côté, se caressait toujours le menton, l’expression souriante sans que ce ne soit vraiment le cas.

Le but d’une arme était de prendre la vie d’un autre ; un homme vertueux n’y aurait recours que s’il n’y avait vraiment pas d’autre option. Chu WanNing… Qu’il s’agisse de cette vie ou de l’autre, sa justice avait causé sa perte.

Toutes ces conneries sur la justice triomphant toujours du mal n’étaient rien d’autre que des mots dans des livres. Cependant, cet idiot insistait pour prendre ces choses au sérieux. Malgré son talent exceptionnel et ses prouesses martiales, cela lui avait valu de finir comme un simple prisonnier sous les marches, le corps traîné dans la boue.

— Shizun.

La voix de Shi Mei le tira de ses songes.

— Ce disciple a entendu dire que des centaines, voire des milliers de personnes escaladent chaque année le pic XuYing à la recherche d’une arme, mais que seules une ou deux s’avèrent capables de faire fondre le lac JinCheng. Par ailleurs, personne n’y serait parvenu ces dernières années. La cultivation de ce disciple est faible… Il n’y a vraiment… aucune chance qu’il y parvienne. A-Ran et le jeune maître sont tous deux exceptionnels, mais je devrais peut-être rester derrière et pratiquer mes bases.

Chu WanNing ne répondit pas. Son visage était pareil à de la porcelaine fine recouverte d’une légère brume. Il semblait absorbé dans ses pensées.

Dans l’autre vie, Shi Mei avait également refusé l’occasion de se rendre au pic XuYing en raison d’un complexe d’infériorité. En voyant cela, Mo Ran esquissa immédiatement un sourire.

— Il n’y a pas de mal à essayer. Même si ça ne marche pas, dis-toi juste que tu pars en voyage. C’est mieux que de rester enfermé au pic SiSheng toute la journée. Alors, pourquoi ne pas plutôt sortir et voir le monde ?

Shi Mei n’en devint que plus nerveux.

— Non, je suis vraiment trop faible. Il y a beaucoup de gens au pic XuYing. Si des disciples d’une autre secte me défient en combat, je vais définitivement perdre et embarrasser Shizun…

Chu WanNing releva les yeux.

— C’est de ça que tu as peur ?

Ces mots étaient étranges. Il semblait s’agir d’une interrogation, mais c’était aussi comme s’ils étaient purement rhétoriques. Les autres ne perçurent rien de bizarre, mais Shi Mei sentit un froid glacial traverser son cœur. Quand il releva la tête, il croisa le regard froid et mordant de Chu WanNing.

— Shizun…

Chu WanNing reprit la parole, mais son expression demeura immuable.

— Tu es spécialisé dans la guérison ; les combats ne sont pas ton point fort pour commencer. Si quelqu’un t’ennuie à ce sujet, refuse simplement, il n’y a aucune honte à cela.

— Ne t’inquiète pas Shi Mei, tu m’as moi, enchaîna Mo Ran en souriant.

Ils préparèrent donc leurs bagages en vue de voyage, et ils prirent tous trois la route.

La destination était cette fois-ci assez éloignée, située tout en haut du domaine de la cultivation. Chevaucher serait trop épuisant, et Chu WanNing refusait toujours de voyager sur une épée. Pour cette raison, ils partirent tous en calèche, roulant à un rythme tranquille pendant plus de dix jours avant d’arriver finalement dans une ville au pied du pic XuYing.

Les trois disciples étaient déjà descendus de l’attelage, mais Chu WanNing ne daignait toujours pas bouger. Il souleva le rideau de bambou de la calèche et déclara :

— Nous allons passer la nuit ici. Il nous restera encore un peu de route demain, puis nous serons au pic XuYing.

La ville dans laquelle ils s’étaient arrêtés s’appelait DaiCheng. Elle n’était pas très grande, mais elle était prospère et animée. Les femmes portaient des soies et des jades, et les hommes étaient habillés de brocards coûteux. Elle était assurément plus opulente que les lieux les plus riches du Xiaxiu Jie [1].

Xue Meng fit claquer sa langue et se mit à pester.

— Regardez ces chiens du ShangXiu Jie ! L’odeur de la viande et du vin se dégage des portes des riches tandis que les pauvres meurent de faim et de froid dans les rues.

Mo Ran détestait ça tout autant que lui, aussi, pour une fois, n’ergota-t-il pas. Au lieu de cela, il se moqua de la scène qui se déroulait devant lui avec un doux sourire aux lèvres.

— Sans blague, je suis tellement jaloux. Pas étonnant que tant de gens soient si désespérés de passer dans le ShangXiu Jie. Rien que d’être une personne banale, et non un cultivateur, vous assure une bien meilleure vie ici qu’en bas.

Chu WanNing sortit enfin et enfila un masque d’argent avant de descendre tranquillement de la calèche. Il regarda autour de lui tout en pensant à un peu tout et n’importe quoi.

Perplexe, Xue Meng demanda :

— Pourquoi Shizun porte-t-il un masque ?

— Nous voici sur le territoire de la secte RuFeng de Lin Yi, expliqua Chu WanNing. Il vaut mieux que je ne me montre pas ici.

Remarquant la confusion persistante dans l’expression de Xue Meng, Mo Ran soupira.

— Le petit phénix a dû oublier sa tête à la maison pour ne pas se rappeler que Shizun était le maître invité de la secte RuFeng de LinYi.

Ses paroles rafraîchirent la mémoire de Xue Meng, mais le fils préféré des cieux n’était pas disposé à admettre que cela lui était vraiment sorti de la tête. Par conséquent, il leva plutôt les yeux au ciel, le visage rouge.

— Bien sûr que je le savais ! Mais Shizun n’était qu’un maître invité, ce n’est pas comme s’ils l’avaient acheté. Il n’y avait aucune raison qu’il ne puisse pas en partir. Même si les gens de la secte RuFeng venaient à le voir, que feraient-ils ? Le ramener ?

— Espèce d’idiot ! s’exclama Mo Ran. Tu n’en as jamais entendu parler ? Depuis que Shizun a quitté la secte RuFeng, dans la haute société, nul ne sait où il est allé. Quand on nous demande de qui nous sommes les disciples, lors des missions d’exorcisme, n’avons-nous pas toujours dit « des disciples du pic SiSheng » sans préciser qui était notre professeur ?

Xue Meng se figea un moment avant que la compréhension le saisisse.

— Oh ! alors le lieu où se trouve Shizun est un secret ici ? Mais Shizun est si puissant, pourquoi a-t-il besoin de se cacher ?

— Ce n’est pas comme si je me cachais minutieusement, je ne veux simplement pas être dérangé, justifia Chu WanNing. Trouvons une auberge.

L’intendant de l’auberge accourut, le visage gras et luisant.

— Bienvenue ! Est-ce que ces bons messieurs souhaitent réserver chez nous ?

— Quatre chambres de choix, commanda Xue Meng.

L’intendant s’efforça de sourire tout en jouant avec ses mains.

— Désolé, monsieur, toutes les auberges de la ville sont pleines ces derniers temps. Je crains donc que nous n’ayons pas quatre chambres de libres. Deux suffiraient-ils à ces bons messieurs ?

Ils n’avaient pas le choix. Ils n’auraient qu’à partager.

Néanmoins, un petit problème se posa au moment de l’attribution des chambres.

Tandis que Chu WanNing payait la note, Mo Ran décida sur un ton ferme :

— Je partagerai la chambre de Shi Mei.

— Comme si ! protesta Xue Meng.

— Hein ? lâcha Mo Ran, faussement choqué. Je croyais que tu aimais rester près de Shizun ?

— Ç-Ça ne veut pas dire que je veux…

Il avait le plus grand respect pour Chu WanNing, mais il avait aussi peur de lui. À vrai dire, il ne pouvait pas lui-même dire s’il ressentait plus d’adoration que de peur envers cet homme.

En observant le visage rougi de Xue Meng, Mo Ran esquissa un sourire suffisant.

— Petit frère, pourquoi ai-je l’impression que ce n’est pas que tu ne veux pas dormir avec Shizun, mais que tu as trop peur pour le faire ?

Les yeux de Xue Meng se firent ronds comme des billes.

— Ce n’est pas comme si Shizun allait me manger ! Pourquoi aurais-je peur ?

— Oh !

Le rictus de petit merdeux de Mo Ran ne fit que s’accentuer.

— Mais Shizun frappe les gens dans son sommeil, tu le savais ?

— …

Xue Meng bégaya, le visage passant du pâle au bleu et inversement, avant de réaliser soudain quelque chose et de riposter avec rage :

— Comment pourrais-tu savoir comment se comporte Shizun dans son sommeil ? As-tu déjà couché avec lui ?

C’était un peu ambigu, même si Xue Meng n’entendait certainement pas le dire de cette façon. Mo Ran ricana intérieurement avec mépris. Non seulement Ce Vénérable avait déjà couché avec lui, mais Ce Vénérable avait déjà couché avec lui.

Mais les vrais hommes ne faisaient pas étalage de leurs conquêtes passées. Par conséquent, il se contenta de continuer à sourire.

— Si tu ne me crois pas, vas-y et vois par toi-même ce soir. Ah oui ! N’oublie pas d’apporter une bouteille de pommade, tu en auras besoin.

Xue Meng était sur le point de se mettre en colère quand Chu WanNing, qui avait terminé de payer la note, revint.

Il les regarda d’un air doux, et dit :

— Allons-y.

Les trois adolescents suivirent Shizun à l’étage comme trois petits poussins. Face aux chambres, ils baissèrent tous trois les yeux avec docilité et attendirent que Chu WanNing parle, malgré leurs précédentes chamailleries.

Leurs chamailleries étaient en réalité vaines. Au moment de répartir les chambres, ils se turent tous et attendirent que Chu WanNing se décide.

Ce dernier marqua une pause avant de demander :

— Il n’y a que deux chambres, lequel de vous… ?

Il hésita, se sentant un peu gêné.

Comment dire… Lequel d’entre vous veut venir avec moi ?

Cela semblait quelque peu prudent et pitoyable, cela ne ressemblait pas au style de YuHeng-zhanglao.

Comment devait-il le dire, dans ce cas ?

Mo WeiYu, tu viens avec moi. Comme ça ?

… Oubliez ça. Ajoutez-lui une massue à pointes et une peau de tigre, et il n’aurait pas paru bien différent d’un bandit véreux qui enlevait une jeune fille dans une famille. C’était un maître de cultivation respecté, il devait soigner son image.

En outre, depuis cette nuit-là au Pavillon des Lotus rouges, tous deux se sentaient mal à l’aise et évitaient de se retrouver seuls ensemble.

Le visage de Chu WanNing resta impassible, mais mille pensées lui traversaient l’esprit. Un long moment s’écoula avant que, calme et posé, il ne relève le menton et n’adresse un léger signe de tête à Xue Meng.

— Xue Meng partagera la chambre avec moi.

— …

Le sourire de Mo Ran s’effaça de son visage. Il ne put s’empêcher d’être stupéfait.

Il espérait en effet que Xue Meng soit avec Chu WanNing pour qu’il puisse être avec Shi Mei. Mais entendre ce choix provenir de la bouche de Chu WanNing l’irrita profondément.

Il n’en était absolument pas conscient, mais il était pareil à un chiot errant ignorant la hauteur du ciel. Ce chiot errant avait rencontré un homme. Cette personne n’était pas vraiment la plus gentille avec lui, néanmoins, elle lui lançait tout de même un os pour chaque repas de la journée.

Mais le chiot errant n’aimait pas ce méchant type. Il mâchouillait l’os et, une fois terminé, se contentait de lécher ses pattes et de lui aboyer sans fin dessus. Il ne voyait pas du tout cet individu comme son maître.

Cependant, un jour, sans que le chiot ne sache pourquoi, cet homme sortit avec un bol, mais, au lieu que celui-ci contienne les os qui lui étaient familiers, il s’avéra rempli de millet. Un bel oiseau au plumage éclatant s’envola et se percha sur son épaule, ses yeux perçants le regardant fixement tandis qu’il frottait affectueusement son bec contre sa joue.

L’homme se retourna pour regarder sur le côté, caressant l’oiseau tout en le nourrissant avec patience.

Le chiot errant en resta abasourdi.

Après tout, il était tellement certain que Chu WanNing choisirait… lui-même…

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Notes :

[1] Xiaxiu Jie下修界 : Royaume de la Cultivation Inférieure. Tout comme nous avons tenu à préserver une grande part des titres et noms chinois, nous avons décidé de repasser sur le chinois pour désigner les deux royaumes de la cultivation. Vous trouverez donc, à partir de maintenant :

Xiaxiu Jie (下修界) : Royaume de la Cultivation Inférieure

ShangXiu Jie (下修界) : Royaume de la Cultivation Supérieure

Les ajustements seront faits dans les chapitres précédents lorsque le tome 1 sera entièrement révisé. Désolée pour ce petit changement ^^

Notes de l’auteur :

Les chiens trop gâtés ne seront plus les favoris ! Le propriétaire ne veut plus de toi ! Le propriétaire préfère maintenant garder des oiseaux ! (Hé ! Hé ! Hé !) Le propriétaire préfère jouer avec les oiseaux plutôt qu’avec toi ! Va donc pleurer !

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Ho Goo
Ho Goo
4 mars 2021 22:36

Un grand merci pour la suite!!!

AruBiiZe
AruBiiZe
18 mars 2021 17:12

Quel jaloux celui-là ! XD

Je suis curieuse des deux autres armes de Shizun ! Elles doivent être imprévisibles et peut-être dangereuses pour ne pas les montrer. (Je pense lol)

Et je suis d’autant plus curieuse de voir l’arme et la bête sacrée qui sortira pour Mo Ran !
Je suis tellllemeent pressée !!! XD

Merci beaucoup pour ce chapitre !
A bientôt et bon courage pour la suite ! 😉