The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 7

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Traduit par Keliane, corrigé par Angie

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Chapitre 7 : Ce Vénérable aime les wontons

Le soleil brillait haut dans le ciel.

La véranda du pic SiSheng s’étendait sur une centaine de kilomètres.

En tant que nouvelle venue parmi les sectes de cultivation, elle était différente des autres sectes célèbres de la région supérieure de cultivation.

Prenez, par exemple, la secte RuFeng de LinYi. Leur salle principale était baptisée « Salle des Six Vertus », pour encourager les disciples à être « Sages, Fidèles, Saints, Justes, Bienveillants et Loyaux ». Les disciples résidaient dans une zone appelée « Les Six Portes des Six Conduites », exigeant que les disciples soient « Filiaux, Cordiaux, Harmonieux, Martiaux, Responsables, Compatissants » les uns envers les autres. Et la zone d’étude était appelée « Plateforme des Six Arts », signifiant que les disciples devaient être maîtres en « Rituel, Musique, Tir à l’arc, Équitation, Calligraphie et Arithmétique ».

En d’autres termes, une élégance sans fin.

Le pic SiSheng, en revanche, avait été établi depuis un lieu de pauvreté, et ses noms étaient… compliqués. La Salle DanXin 1  et la  Plateforme Shan’E 2 étaient encore des noms acceptables, mais peut-être parce que le père et l’oncle de Mo Ran n’étaient pas véritablement des érudits et ne pouvaient cracher autant de noms décents, ils avaient commencé à faire les singes vers la fin, en assignant à gauche et à droite des noms « Xue Ya-esque ».

Ainsi, le pic SiSheng avait de nombreux noms plagiés sur ceux des enfers. Par exemple, la salle de méditation s’appelait la Salle YanLuo. 3

Le pont reliant les zones de récréation et d’étude s’appelait le Pont Naihe. 4 La salle de restauration s’appelait la Salle MengPo. 5 Le terrain d’entraînement était nommé DaoShan HuoHai 6. La zone interdite derrière la montagne s’appelait SiGui Jian 7. Et ainsi de suite.

Même ces derniers étaient relativement acceptables. Mais plus les zones étaient éloignées, et plus elles avaient été crûment nommées : « C’est Une Montagne », « C’est de l’Eau », « C’est Un Trou », sans oublier les fameux ravins « Ah Ah Ah » et « Wah Wah Wah ».

Les quartiers des aînés n’en étaient pas non plus ressortis indemnes, et chacun avait son propre surnom.

Naturellement, Chu WanNing n’y faisait pas exception. Il aimait la paix et le calme et ne voulait pas vivre près des autres. Sa résidence était située au sommet sud du pic SiSheng, cachée dans une bambouseraie pareille à un océan de jade. Devant le bâtiment principal se trouvait un étang, couvert de lotus rouges fleuris en toutes saisons grâce à une énergie spirituelle abondante, resplendissants comme des nuages carmins.

Les disciples appelait secrètement cet endroit élégant et pittoresque…

L’Enfer des Lotus Rouges.

En y pensant, Mo Ran ne put s’empêcher de ricaner.

Chu WanNing arborait jour après jour un visage aigre et effrayant. Aux yeux des disciples, le voir était comme voir le diable en personne, alors comment nommer la maison du diable si ce n’était pas l’Enfer ?

Xue Meng interrompit sa rêverie :

— Qu’est-ce que tu racontes ! Dépêche-toi de finir ton petit déjeuner, je dois t’emmener à la Plateforme Shan’E après. As-tu oublié que Shizun compte te discipliner en public aujourd’hui ?

Mo Ran soupira, palpant doucement la marque de fouet sur son visage :

— Hss… aïe.

— Ça t’apprendra !

Mo Ran soupira.

— Je me demande si TianWen a déjà été réparée, pitié ne m’interrogez plus avec dans le cas contraire, qui sait quelles autres bêtises je pourrais débiter.

Face aux véritables préoccupations de Mo Ran, le visage de Xue Meng vira rouge de colère, menaçant  :

— Si tu oses te montrer impertinent envers Shizun en public, je t’arrache la langue !

Mo Ran couvrit son visage d’une main, agitant l’autre, et lâcha dans un léger croassement :

— Pas besoin, pas besoin, si Shizun m’attache encore avec cette liane de saule, je mettrais fin à ma vie sur-le-champ pour prouver mon innocence.

À Chen Shi [7-9 heures], Mo Ran fut conduit sur la Plateforme Shan’E, conformément aux coutumes ; en dessous s’étendait à perte de vue une mer de gens vêtus en bleu foncé. Les disciples du pic SiSheng portaient tous l’uniforme de la secte, constitué d’une armure légère d’un bleu presque noir, d’une ceinture à tête de lion, de protections pour les poignets, et de vêtements cousus d’argent étincelant.

Le soleil se levait à l’est ; sous la Plateforme Shan’E, il faisait étinceler cette marée d’armures.

Mo Ran s’agenouilla sur la plateforme élevée, écoutant JieLu-zhanglao lire le long acte d’accusations.

— Mo WeiYu, disciple de YuHeng-zhanglao, tu as ignoré les commandements et les enseignements, tu as manqué de respect aux règles de la secte et tu as bafoué la morale. Tu as violé les quatrième, neuvième et quinzième mandats. En guise de punition, tu recevras quatre-vingts coups, tu copieras cent fois les règles de la secte et tu méditeras en confinement pendant un mois. Mo WeiYu, as-tu des objections ?

Mo Ran jeta un coup d’œil à la silhouette blanche au loin.

Cet aîné était la seule personne de tout le pic SiSheng à ne pas être tenue de porter l’uniforme bleu standard aux coutures argentées.

Chu WanNing était vêtu de satin blanc comme neige, avec une robe extérieure en soie à motifs nuageux argentés, comme s’il était enveloppé par le gel clair du plus haut des cieux, mais la personne elle-même semblait plus frigide que la neige et la glace. Il était assis calmement, trop loin pour que Mo Ran puisse distinguer son expression, mais il savait, sans avoir besoin de le voir, que cette personne était probablement complètement imperturbable.

Inspirant profondément, Mo Ran répondit :

— Je n’ai aucune objection.

Suite à cela, fidèle aux coutumes, JieLu-zhanglao demanda aux disciples réunis ci-dessous : 

— Si quelqu’un n’est pas d’accord avec le jugement, ou a d’autres requêtes, vous pouvez désormais parler.

Les disciples s’agitèrent, se regardant les uns les autres.

Personne n’avait imaginé que YuHeng-zhanglao, Chu WanNing, enverrait véritablement son propre disciple sur la Plateforme Shan’E pour être puni en public.

C’était… pour le dire poliment, strict et impartial ; mais pour le dire franchement, on appelait cela être un démon au sang-froid.

Le démon au sang froid, Chu WanNing, avait l’air indifférent, assis sur son siège avec le menton relevé. Soudain, en utilisant une technique d’amplification, quelqu’un cria :

— YuHeng-zhanglao, ce disciple aimerait solliciter la clémence au nom de Mo-shidi.

— … Tiens donc ?

Mo Ran était le neveu du Seigneur du Pic ; ce disciple pensait clairement que, même s’il avait dérapé, ses perspectives restaient brillantes et prometteuses. Il décida donc de saisir l’occasion pour gagner ses faveurs et se mit à raconter des bêtises :

— Bien que Mo-shidi a commis une erreur, il est cordial avec ses camarades disciples et compatissant envers les petits et les faibles dans sa conduite quotidienne. Je demande à l’aîné d’accorder sa clémence en raison de sa nature aimable !

Il n’était pas le seul à espérer obtenir les faveurs de Mo-shidi.

De plus en plus de gens commencèrent à parler en son nom, sur des bases fantastiques et variées, au point que Mo Ran se retrouva lui-même gêné de les écouter. Quand avait-il un jour été « pur et innocent, large d’esprit et ouvert » ? Cette assemblée était-elle destinée à la punition ou aux louanges ?

— YuHeng-zhanglao, Mo-shidi m’a un jour aidé à vaincre des démons et à tuer des bêtes vicieuses ; je voudrais demander la reconnaissance de ses mérites, des mérites annulant les démérites, et prier l’aîné d’alléger la punition !

— YuHeng-zhanglao, quand j’ai expérimenté une déviation du Qi, c’est Mo-shidi qui m’a aidé à dissiper mes démons intérieurs ; je crois que Mo-shidi n’a fauté qu’à cause d’une brève erreur de jugement, et je prie l’aîné d’alléger la punition de Shidi !

— YuHeng-zhanglao, Mo-Shidi m’a une fois offert une panacée pour sauver ma mère, il est vertueux et bienveillant par nature, Aîné, soyez indulgent !

Le prétexte de la dernière personne ayant été pris par celle l’ayant précédée, elle resta à court de mots. Le regard glacé de Chu WanNing se porta sur elle, et cette dernière débita dans la panique :

— YuHeng-zhanglao, Mo-shidi m’a aidé une fois à cultiver à deux… 8

— Pff.

Quelqu’un manqua de contenir son rire.

Ce disciple rougit jusqu’aux oreilles, et se rétracta avec embarras.

Voyant la tournure des événements, JieLu-zhanglao s’empressa de dire :

— YuHeng, calme-toi, calme-toi…

Chu WanNing articula froidement :

— Je n’ai jamais vu une personne aussi effrontée. Quel est son nom ? De qui est-ce le disciple ?

JieLiu hésita un peu, puis se força à répondre calmement :

— C’est le mien, Yao Lian.

Chu WanNing leva les sourcils :

— Ton disciple ? Sauver la face ? 9

C’était extrêmement gênant pour JieLu-zhanglao. Son vieux visage devint rouge vif alors qu’il essayait de changer de sujet :

— Sa voix chantante n’est pas mauvaise, il est utile de le garder à proximité quand on reçoit des offrandes.

Chu WanNing renifla et se détourna, ne voulant plus gaspiller son souffle avec cet éhonté JieLu-zhanglao.

Il y avait des milliers de personnes au pic SiSheng. Quelques flagorneurs 10 ici et là n’avaient rien d’extraordinaire.

En observant la conviction persistante de ses frères de secte, Mo Ran lui-même commença à les croire. Impressionnant, impressionnant. Il s’avérait qu’il n’était pas le seul de cette secte à savoir cracher des mensonges en plein jour : cet endroit était plein de gens talentueux.  

Après d’innombrables plaidoyers à base de « YuHeng-zhanglao, soyez clément, s’il vous plaît », Chu WanNing prit finalement la parole.

— Plaider au nom de Mo WeiYu ?

Il marqua une pause avant de continuer :

— Très bien. Montez.

Ne sachant pas à quoi s’attendre, ils montèrent avec peur et appréhension.

Une lumière dorée scintilla dans la main de Chu WanNing, et TianWen apparut, enveloppant plus d’une douzaine de personnes d’un coup dans un woosh, les liant fermement ensemble sur place.

Pas encore ça !

Mo Ran était sur le point de perdre tout espoir. A la seule vue de TianWen, il sentit ses jambes se ramollir ; d’où diable Chu WanNing avait-il pu sortir une arme aussi déviante ? C’était une bonne chose qu’il n’ait jamais pris femme dans sa vie antérieure. Pitié pour la celle qui se retrouverait coincée avec lui, ce serait la mort par le fouet ou encore à coup d’interrogatoires.

Le regard de Chu WanNing était chargé de mépris. Il demanda à l’un des membres du groupe :

— Mo Ran t’a aidé à vaincre les démons ?

Le disciple n’ayant aucune chance contre la torture de TianWen, hurla immédiatement :

— Non ! NON !

— Mo Ran t’a aidé à sortir d’une déviation du Qi ? demanda-t-il à un autre.

— AAAH !! Jamais ! Jamais !

— Mo Ran t’a offert une panacée ?

— AAh… ! A l’aide !! Nononon ! J’ai tout inventé ! J’ai tout inventé !

Chu WanNing desserra le lien, mais immédiatement après avoir levé la main dans un élan impitoyable, des étincelles jaillirent de toutes parts alors que TianWen s’envolait pour atterrir brutalement dans le dos de ces disciples menteurs.

Des cris s’élevèrent instantanément, le sang se répandit.

Chu WanNing fronça les sourcils en les fustigeant :

— Pourquoi criez-vous ? À genoux ! Préposé à la discipline !

— Présent.

— Délivre la punition !

— Compris.

Au final, non seulement ces personnes ne parvinrent pas à obtenir la moindre faveur, mais elles écopèrent toutes de dix coups pour avoir violé le mandat contre la tromperie, plus un coup de fouet gratuit de la part de YuHeng-zhanglao.

* * *

À la tombée de la nuit, Mo Ran était étendu sur son lit. Bien que de la pommade médicinale lui avait été appliquée, son dos était couvert de blessures entrecroisées, et il lui était même impossible de se retourner. Il laissa échapper quelques reniflements, les yeux larmoyants de douleur.

Avec son apparence mignonne, ce genre de gémissements le faisait passer pour un chaton maltraité et duveteux. Malheureusement, ses pensées intérieures n’avaient rien à voir avec celles d’un chaton.

Il agrippa la couverture et mordit les draps, imaginant ce bâtard de Chu WanNing à leur place. Il mordit ! Piétina ! Il donna un coup de pied ! Déchira !

Son seul réconfort fut que Shi Mei vint lui rendre visite avec un bol de wontons faits maison. Sous son regard doux et compatissant, les larmes de Mo Ran coulèrent encore plus fort.

Il n’aimait pas les concepts comme « les hommes ne pleurent pas ». Il aimait agir comme un enfant gâté devant la personne qu’il aimait.

— Ça fait très mal ? Es-tu capable de t’asseoir ?

Shi Mei s’assit au bord de son lit, un souffle après l’autre.

— Shizun il… Il a vraiment eu la main trop lourde. Regarde tes blessures… certaines d’entre-elles saignent encore.

La chaleur gonfla dans la poitrine de Mo Ran, en écoutant ses paroles compatissantes. Il leva ses yeux larmoyants et battit des cils.

— Puisque que Shi Mei se soucie autant de moi, je-je ne ressens plus aucune douleur.

Ai, regarde ton état, comment cela ne peut-il pas te faire mal ? Ce n’est pas comme si tu ne connaissais pas le tempérament de Shizun ; oseras-tu encore faire ce genre de bêtises à l’avenir ?

Shi Mei le regarda avec autant d’impuissance que de sympathie, ses yeux expressifs brillants à la lueur des bougies tel un printemps chaud.

Le cœur de Mo Ran manqua un battement. Il répondit avec docilité :

— Ça n’arrivera plus. Je le jure.

— Qui prend seulement tes promesses au sérieux ? gronda Shi Mei, souriant malgré tout. Les wontons refroidissent, tu peux te lever ? Sinon, ne bouge pas, je te nourrirai.

Mo Ran était déjà à mi-chemin de se redresser, mais il s’effondra immédiatement en entendant ces mots.

Shi Mei resta sans voix.

Que ce soit dans cette vie ou dans l’autre, les wontons de Shi Mei étaient les préférés de Mo Ran. Avec des emballages fins comme des nuages et des garnitures délicates comme de la crème, chaque bouchée était humide et satisfaisante, douce et savoureuse, fondante dans la bouche et laissant derrière elle un arrière-goût délectable.

Surtout la soupe, mijotée en une riche consistance laiteuse, saupoudrée de morceaux d’oignons verts hachés et de tendres morceaux d’œufs jaunes, et finalement agrémentée d’une cuillerée de piment à l’huile de chili sauté dans de la pâte d’ail, réchauffant tout votre être au moment de la dégustation.

Shi Mei le nourrit avec attention, cuillère par cuillère, en annonçant :

— Je n’ai pas ajouté d’huile de chili aujourd’hui, tes blessures sont trop graves, et la nourriture épicée n’est pas bonne pour la guérison ; contente-toi du bouillon, d’accord ?

Mo Ran le fixa en souriant, incapable et peu disposé à détourner le regard.

— Tout ce que tu fais est délicieux, épicé ou non.

— Flatteur.

Shi Mei lui rendit son sourire, attrapant l’œuf poché dans la soupe.

— Voici un œuf poché comme récompense, je sais que tu aimes ça.

Mo Ran lâcha un rire, « hé hé », tandis qu’une touffe de cheveux ridicule se redressait en s’enroulant au sommet de sa tête, comme une fleur s’épanouissant.

— Shi Mei.

— Oui ?

— Rien, je voulais juste prononcer ton nom.

— …

L’ahoge 11 oscilla de droite à gauche.

— Shi Mei.

Shi Mei réprima un rire :

— Tu m’appelles encore ?

— Mmh, le simple fait de dire ton nom me rend heureux.

Shi Mei demeura stupéfait pendant un moment, puis il toucha doucement son front :

— Idiot, tu as de la fièvre ?

Mo Ran éclata de rire, roula à moitié et l’observa de côté, les yeux brillants et plein d’étoiles.

— J’aimerais pouvoir manger les wontons de Shi Mei tous les jours.

Il pensait chacun de ces mots.

Après la mort de Shi Mei, Mo Ran avait toujours voulu remanger ses wontons faits maison, mais ce goût avait disparu à jamais.

À cette époque, Chu WanNing n’avait pas encore complètement rompu toutes ses relations avec lui. Peut-être en raison d’une mauvaise conscience, voyant la façon dont Mo Ran restait agenouillé devant le cercueil de Shi Mei dans un état de stupeur, Chu WanNing s’était rendu tranquillement à la cuisine, avait pétri de la pâte et haché des garnitures, puis plié soigneusement quelques wontons. Mais Mo Ran l’avait découvert avant qu’il n’ait pu finir. Ce dernier, qui venait de perdre son véritable amour, n’avait pas pu tolérer cela du tout. Il lui avait semblé que Chu WanNing se moquait de lui, que sa tentative maladroite de copie était un coup de poignard délibéré.

Shi Mei était mort. Chu WanNing aurait pu le sauver, mais il avait refusé de l’aider, osant par la suite essayer de lui faire des wontons à la place de Shi Mei. Pensait-il que cela le rendrait heureux ?

Il s’était précipité dans la cuisine et avait tout renversé ; laissant les wontons blancs et dodus rouler sur le sol.

Il avait rugi en s’adressant à Chu WanNing :

— Putain, tu te prends pour qui ? Crois-tu avoir le moindre droit d’utiliser les choses qu’il a utilisées ? De faire les plats qu’il confectionnait ? Shi Mei est mort, tu es content maintenant ? Ou bien dois-tu pousser tous tes disciples jusqu’à la mort ou la folie avant d’être satisfait ? Chu WanNing ! Il n’y a plus personne en ce monde qui puisse refaire ces wontons. Peu importe à quel point tu l’imites, tu ne t’en approcheras jamais !

Il était ravi et aussi profondément ému de manger ce bol de wontons. Il continua de sourire en avalant, mais ses yeux se firent légèrement humides. Heureusement, la lumière de la bougie était faible et Shi Mei ne pouvait pas voir clairement d’aussi infimes détails dans son expression.

— Shi Mei.

— Mm ?

— Merci.

Shi Mei resta abasourdi pendant une seconde, puis il sourit doucement :

— N’est-ce pas juste un bol de wontons ? Pas besoin d’être si formel, si tu aimes, je t’en ferai plus souvent.

Mo Ran voulait lui dire, « Les remerciements ne concernent pas seulement les wontons.

Merci aussi, dans cette vie comme dans l’autre, d’avoir été la seule personne à ne m’avoir jamais méprisé, à ne pas s’être arrêté à mes origines, à ne pas s’être souciée des quatorze années que j’ai passées à lutter pour survivre par tous les moyens, qu’ils aient été justes ou mauvais.

Merci aussi, parce que si je ne m’étais pas souvenu de toi, lorsque j’ai ressuscité, j’aurais probablement tué Rong Jiu, répété une grave erreur et suivi le même chemin amer.

Heureusement que je suis revenu à la vie avant ta mort. Cette fois, je vais définitivement te protéger. Si quelque chose devait t’arriver, même si ce démon au sang froid de Chu WanNing ne te sauve pas, je le ferai.»

Mais il n’avait aucun moyen de dire quoi que ce soit.

Finalement, Mo Ran termina sa soupe sans rien dire, ne laissant même pas un morceau d’oignon haché. Puis, il lécha ses lèvres comme s’il en voulait encore, ses fossettes profondes et charmantes, mignon comme un chaton poilu.

— Pourrais-je en avoir plus demain ?

Shi Mei ne savait pas s’il fallait en rire ou en pleurer.

— Tu ne veux pas essayer autre chose ? Tu ne vas pas t’en lasser ?

— Je ne me lasserai jamais de tes wontons, tant que tu ne te lasseras pas de moi !

Shi Mei se mit à rire, secouant la tête.

— Je ne suis pas sûr de la quantité de farine qu’il reste. S’il n’y en a pas assez pour les wontons, pourquoi pas des œufs dans une soupe sucrée à la place ? Je me souviens que tu aimais ça aussi.

— Oki doki ! Tant que c’est toi qui le fais, tout me va.

Mo Ran était ravi, si heureux qu’il pouvait se rouler en serrant la couverture.

Regarde comme Shi Mei est gentil ; Chu WanNing, vas-y, fouette-moi ! Il y a une beauté pour prendre soin de moi si je suis alité, hé ! hé ! hé ! 12

Rien que de penser à son Shizun, une flamme de colère s’embrasa au beau milieu de ses doux sentiments.

Mo Ran creusa une nouvelle fois avec ressentiment la fissure entre le lit et la tête de lit, maudissant intérieurement, ce YuHeng du Ciel Nocturne, ce BeiDou XianZun, et toutes ces conneries !

Chu WanNing, dans cette vie, attends et tu vas voir !

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Mini-Théâtre :

Shi Mei fabriquant des wontons :

Poisson à Encre : Mange, mange, mange !

Shizun faisant des wontons :

Poisson à Encre : Jette, jette, jette !

Notes de l’auteur :

Le Poisson à Encre du pic SiSheng a gaspillé de la nourriture et manqué de respect au dur labeur des fermiers. Est-ce la disgrâce de la nature humaine ou la faillite morale ? Retrouvez l’émission d’aujourd’hui sur « Discussions Constitutionnelles ».

Réalité :

La cuisine de Shizun a très mauvais goût, ses disciples ont perdu foi dans les différents produits culinaires de la marque Shizun.


Notes :

1 Salle DanXin – 丹心殿 Salle du Coeur Spirituel

2 Plateforme Shan’E – 善恶台 Plateforme du Péché et de la Vertu.

3 Salle YanLuo – 阎罗殿 YanLuo est le roi de l’enfer.

4Pont NaiHe – 奈何桥 Le pont entre la vie et la mort, il faut le traverser pour ressusciter.

5 Salle MengPo – 孟婆堂 MengPo est la femme qui, en enfer, distribue de la soupe aux gens avant leurs renaissances. La soupe efface les souvenirs de ce qu’ils étaient par le passé.

6 DaoShan HuoHai – 刀山火海 Montagne de poignards et mer de flammes. C’est dangereux par ici.

7 SiGui Jian – 死鬼间 Zone Démoniaque.

8 La « Dual Cultivation » est une technique de cultivation consistant à l’origine à partager les énergies yang (“masculine”) et yin (“féminine”) d’un cultivateur et d’une cultivatrice afin d’améliorer leurs niveaux. Le partage en question se fait via des relations sexuelles, d’où la réaction suscitée. Dans les œuvres BL, le principe de cultivation duelle est aussi souvent applicable aux couples homosexuels. Hé oui, comme dirait notre Soleil National, « C’est magique, ferme ta gueule ». 

9 耀敛 Yao Lian, le nom de ce disciple signifie « Sauver la face ».

10 Flagorneurs veut dire « Lèche-Bottes ».

11 L’Ahoge est la petite mèche de cheveux caractéristique décrite précédemment dans le texte et qui bouge au gré des émotions du personnage qui la porte. Après les yeux en croissants de lune, on vous présente l’Ahoge de Mo Ran. 

12 贤慧 Sage et gentil comme une épouse.

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2 commentaires sur “The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 7”

  1. Crotte de bique !
    Je viens de lire le relire le résumé ! Et je me suis rendu compte que je me trompais de couple ! lol
    Je croyais qu’il allait finir avec son ‘ami d’enfance’ ! Mais …. non ! XD Autant pour moi ! xD

    A force de nommer plein de lieu, d’objet, etc…, on a plus d’imagination ! lol

    Franchement, cette arme divine est super ! xD

    L’ahoge est en faite, comme une queue d’un chien ! lol xD
    Il peut être mignon quand il le veut ! :3

    Merci beaucoup pour ce chapitre !
    A tout de suite ! 😀

    1. MDRRRR, mieux vaut tard que jamais.

      Oui, oui, laisse Chu WanNing à l’honneur, veux-tu ? C’est mon bébou.

      Et il est beaucoup plus intéressant que Shi Mei. ♥

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