The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 8

Ch.7 | Index | Ch.9

Traduit par Keliane, corrigé par Angie

oOoOoOoOo

Chapitre 8 : Ce Vénérable Est Puni

Mo Ran était resté alité comme un poisson mort pendant trois jours entiers. Ses blessures venaient à peine de guérir lorsqu’il reçut une convocation lui demandant de se rendre au Pavillon des Lotus Rouges pour y effectuer des corvées.

Cela faisait aussi partie de la punition ; Mo Ran ne pouvait pas descendre de la montagne pendant sa période de détention, mais il ne pouvait pas non plus rester assis à rien faire, il devait aider en effectuant des petits travaux au sein de la secte.

Ces petits travaux consistaient généralement à aider la dame de la cafétéria de la salle MengPo à laver la vaisselle, à donner un coup de brosse aux trois cent soixante-cinq lions de pierre sur les piliers du pont NaiHe, à transcrire des copies de dossiers et de textes sacrés désuets et ennuyeux, etc.

Quel genre d’endroit était le pavillon des Lotus Rouges ? C’était la résidence de ce bâtard de Chu WanNing, l’endroit maudit que tout le monde appelait l’Enfer des Lotus Rouges.

Très peu de personnes au pic SiSheng s’y étaient rendues. Parmi celles qui l’avaient fait, toutes étaient revenues avec les bras ou les jambes cassés.

Par conséquent, en plus de ce nom d’Enfer des Lotus Rouges, la résidence de Chu WanNing avait un autre surnom encore plus terre à terre : Pavillon des Jambes Cassées.

Les disciples de la secte plaisantaient entre eux : « Au sein du Pavillon se cache la beauté ; entre les mains de la beauté repose TianWen. Passez par ses portes pour vous casser une jambe ; Comprenez l’agonie de vous briser un membre. Si vous voulez mourir, YuHeng-zhanglao vous assiste, service inégalé, satisfaction garantie. »

Il y eut une fois une disciple qui se riait de la mort, et dont la luxure atteignait les cieux, qui eut l’audace de courir après la beauté de YuHeng-zhanglao. Par une nuit sans lune, elle s’infiltra sur le pic sud et escalada le toit, espérant apercevoir l’Aîné pendant qu’il se baignait.

Le résultat était évident. Cette guerrière fut escortée aux frontières de la vie et de la mort par TianWen, et se retrouva alitée pendant pas moins de cent misérables jours.

En outre, Chu WanNing déclara que s’il devait y avoir d’autres transgressions, il lui arracherait directement les yeux.

Vous voyez ? Quelle brutalité ! Quels gestes insensibles ! Quel homme détestable !

Au sein de la secte, il y avait un certain nombre de jeunes femmes naïves et stupides qui, au début, s’étaient servies du fait qu’elles étaient des filles et pensaient que YuHeng-zhanglao aurait pitié d’elles et ferait preuve de compassion. Elles avaient gloussé et fait quelques taquineries, espérant audacieusement éveiller son attention. Cependant, depuis que l’aîné avait massacré la délinquante, plus personne n’osait tenter de le draguer.

YuHeng-zhanglao ne faisait aucune distinction lorsqu’il s’agissait de fouetter, n’ayant pas la disposition d’un vrai seigneur. A part son beau visage, il ne possédait rien d’autre – c’était la critique des disciples au sein de la secte.

Le petit shidi messager regarda Mo Ran avec une sympathie dans les yeux. Il essaya de se retenir, mais, finalement il en fut incapable.

— Mo-Shixiong…

— Mmh ?

— …YuHeng-zhanglao a tellement mauvais caractère que quiconque entre dans le Pavillon des Lotus Rouges ne peut en sortir debout. Pourquoi ne vas-tu pas lui dire que tes blessures ne sont pas guéries et supplier YuHeng-zhanglao de te laisser faire la vaisselle à la place ?

Mo Ran était très reconnaissant envers ce shidi au cœur de bouddha compatissant, mais il rejeta l’idée.

Supplier Chu WanNing ?

Pitié. Il ne voulait pas recevoir un second service de la part de TianWen.

De fait, il fit un immense effort pour s’habiller, et, avec beaucoup de réticence, se rendit au sommet sud du pic SiSheng en traînant des pieds.

Le Pavillon des Lotus Rouges, L’Enfer des Lotus Rouges, la résidence de Chu WanNing ne laissait pas voir une seule âme en vue sur une centaine de kilomètres à la ronde.

Personne ne voulait s’approcher de l’endroit où il vivait ; le goût terrible et le tempérament imprévisible de Chu WanNing faisaient que tous les membres de la secte se tenaient à l’écart et n’observaient qu’avec respect.

Alors que ses pensées s’étaient déchaînées tout le long du chemin, en arrivant en haut du sommet sud, Mo Ran était encore un peu nerveux, ne sachant pas ce que Chu WanNing lui ferait faire en guise de punition. Après avoir traversé un champ de bambous dense, une grande étendue de lotus d’un rouge carmin vif entra dans son champ de vision.

Ce n’était encore que le petit matin. Le soleil venait tout juste de se lever à l’est, réfléchissant une lueur éblouissante à l’horizon. Entre les feuilles célestes poussaient des tiges qui reliaient le ciel rouge feu aux fleurs pourpres, chacun absorbant et réfléchissant l’autre, amplifiant leur éclat, et conférant un spectacle impressionnant à voir. Sur l’étang, le pont sinueux menait au Pavillon qui se dressait avec une élégance tranquille. Le tout se découpait sur une toile de fond montagneuse agrémentée d’un rideau de cascades, dont les perles d’eau étaient pareilles à des éclats de cristaux battant les rochers, et d’un brouillard vaporeux à travers lequel scintillait la lumière, créant une ambiance éthérée au sein de ce calme.

Le sentiment que Mo Ran en avait tenait à ça :

Heurk.

Peu importait la beauté de Chu WanNing, où il vivait, tout était HEURK pour lui !

Voyez comme c’était excessivement somptueux, comme c’était généreux. Les dortoirs où les disciples dormaient étaient tous très étriqués, chaque chambre n’occupant que très peu de place. Pourtant, regardez YuHeng-zhanglao ; sa seule personne avait pris possession de tout le sommet d’une montagne, avait même creusé trois étangs géants, et planté une abondance de fleurs de lotus. D’accord, très bien. On racontait que ces fleurs de lotus étaient d’une espèce unique et qu’on pouvait en faire des médicaments rares et de qualité, mais…

Dans tout les cas, c’était une horreur. C’était vraiment dommage qu’il ne puisse pas mettre le feu pour brûler ce pavillon !

Néanmoins, rouspéter n’était rien de plus que rouspéter. Comme il n’avait que seize ans en cette année et qu’il ne pouvait pas rivaliser avec Shizun, Mo Ran s’approcha malgré tout de sa résidence et s’immobilisa devant l’entrée principale. Il plissa les yeux en souriant et s’annonça d’une voix d’une douceur répugnante, se faisant passer pour un humble plébéien.

— Ce disciple Mo Ran salue Shizun.

— Mmh. Entre.

L’intérieur de la maison était un énorme capharnaüm. Ce démon au sang froid de Chu WanNing était habillé tout de blanc, le col de ses vêtements entrecroisé haut et serré, laissant irradier de sa personne un air de chasteté. Aujourd’hui, il avait attaché ses cheveux en une queue-de-cheval haute. Il portait une paire de gants métalliques noirs, et était assis sur le sol, entouré de pièces mécaniques, mordant un pinceau entre ses lèvres.

Il jeta un œil à Mo Ran sans laisser transparaître aucune émotion, et, avec le pinceau dans la bouche, il ordonna d’une voix étouffé :

— Viens ici.

Mo Ran s’approcha.

C’était véritablement quelque peu difficile d’avancer, parce qu’il n’y avait plus de place dans la maison pour poser le pied : des plans, des bûches cassées et des pièces de métal étaient éparpillés un peu partout.

Mo Ran fronça les sourcils. Dans sa vie précédente, il n’était jamais entré dans la chambre de Chu WanNing, et n’avait pas su qu’un homme aussi beau et posé que lui vivait dans un tel désordre… C’était un sentiment difficile à décrire.

— Shizun, que fais-tu ?

— Le Gardien de la Sainte Nuit. 1

— Hein ?

Chu WanNing était un peu grognon, probablement parce qu’il avait un pinceau dans la bouche et qu’il n’était pas facile de parler.

— Le Gardien de la Sainte Nuit.

Mo Ran jeta un regard discret sur les parties éparpillées sur le sol.

Son Shizun avait également reçu le titre de Maître Chu, un nom qui n’était pas qu’un titre vide de sens. S’il devait dire la vérité, Chu WanNing était un homme remarquable : qu’il s’agisse de ses trois armes sacrées, de ses pouvoirs réparateurs de barrières, ou de son génie mécanique, tout méritait d’être qualifié comme étant « la crème de la crème ». C’était aussi pourquoi, quelle que soit sa mauvaise humeur, même s’il était difficile de lui plaire, toutes les grandes sectes de cultivation se disputaient pour savoir qui pourrait le garder.

Quant à ce « Gardien de la Sainte Nuit », le Mo Ran ressuscité en était plus que bien informé.

Il s’agissait d’une armure mécanique que Chu WanNing avait créée ; elle était bon marché mais très solide et efficace au combat, et pouvait protéger les gens ordinaires du monde inférieur de la cultivation contre les intrusions démoniaques durant la nuit.

Dans son autre vie, le Gardien de la Sainte Nuit achevé était une armure commune portée dans pratiquement chaque foyer. Chacune d’elles coûtait le même prix qu’un balai, et s’avérait plus efficace que les images de gardiens de porte avec leurs bouches ouvertes qui se cassaient les dents.

Après la mort de Chu WanNing, ces Gardiens de la Sainte Nuit continuèrent de protéger les familles pauvres qui ne pouvaient pas s’offrir les services d’un cultivateur. Une compassion si sincère, comparée à l’indifférence avec laquelle il traitait ses disciples… Tsk, cela remplissait Mo Ran de mépris.

Mo Ran s’assit et observa le Gardien de la Sainte Nuit qui n’était pour l’heure rien d’autre qu’un tas de pièces, puis les événements du passé défilèrent langoureusement dans sa tête alors qu’il prenait malgré lui une des articulations d’un des Gardiens de la Sainte Nuit pour la regarder de près.

Chu WanNing assembla les tenons des pièces qu’il tenait, et libéra finalement une main pour enlever le pinceau resté entre ses lèvres avant de regarder Mo Ran.

— Celle-ci était juste huilée, ne la touche pas.

— Oh…

Mo Ran posa l’articulation de doigt et ajusta ses pensées. Jouant toujours le rôle d’une personne mignonne et inoffensive, il demanda avec un sourire joyeux :

— Est-ce que Shizun m’a convoqué ici pour que je l’aide ?

— Mmh.

— Que veux-tu que je fasse ?

— Nettoyer la maison.

Le sourire de Mo Ran se figea. Il survola la pièce qui semblait avoir tout juste traversé un tremblement de terre et ne pipa mot.

Chu WanNing était un génie lorsqu’il s’agissait de l’art des sorts, mais un idiot dans la vie de tous les jours.

Après s’être débarrassé des restes de la cinquième tasse de thé qui s’était brisée mais n’avait pas été balayés, Mo Ran n’y tint plus :

— Shizun, depuis combien de temps n’as-tu pas nettoyé ? Mon Dieu, c’est tellement sale !

Chu WanNing étudiait un plan, et ne leva pas la peine même après avoir entendu la question.

— Environ un an.

— … Où dors-tu habituellement ?

— Quoi ?

Ce plan devait probablement comporter quelques problèmes, et d’avoir quelqu’un pour le déranger, Chu WanNing se montra encore plus grincheux que d’habitude. Il ébouriffa ses cheveux et, enragé, répondit :

— Sur le lit bien sûr.

Mo Ran jeta un coup d’œil à ce lit, sur lequel étaient déjà empilés en hauteur divers gadgets et autres trucs presque terminés. Il y avait aussi des scies, des haches, des faucilles et d’autres outils de ce genre, tous extrêmement tranchants, brillants d’un froid glacial.

Incroyable. Comment cette personne pouvait-elle dormir sans se couper la tête ?

Après plus d’une demi-journée de labeur, toute la sciure et la saleté du sol remplirent trois pelles à poussière. D’avoir essuyé les étagères, plus de dix chiffons blancs se retrouvèrent désormais noirs. À midi, seule la moitié de la pièce était organisée.

Putain de Chu WanNing. Il était vraiment plus démoniaque qu’une harpie.

A première vue, nettoyer une pièce ne semblait pas être une punition sévère, et, à l’oreille, cela ne semblait pas non plus être quelque chose de laborieux. Cependant, qui aurait cru qu’il s’agissait de balayer un endroit infernal qui n’avait pas été nettoyé depuis trois cent soixante-cinq jours ? Peu importait qu’il soit présentement couvert de coups de fouet, même s’il avait été en parfaite santé, une torture aussi fastidieuse l’aurait laissé à moitié mort !

— Shizun…

— Mmh ?

— Ta pile de vêtements…

Elle est probablement là depuis trois mois.

Chu WanNing termina enfin d’assembler un bras du Gardien de la Sainte Nuit. Frottant ses épaules endolories, il leva les yeux vers le panier à linge de robes empilées comme une montagne et répondit froidement :

— Je vais les laver moi-même.

Mo Ran poussa un soupir de soulagement. Il remercia les cieux. Après quoi, il se montra légèrement curieux.

— Hein ? Shizun sait comment faire la lessive ?

Chu WanNing lui jeta un regard, puis, au bout d’un moment, répondit toujours aussi froidement :

— Ça ne doit pas être bien difficile. Il suffit de tout jeter dans l’eau, de tremper un peu, puis d’étendre pour tout sécher. Et, c’est fini.

— …

Vraiment. Que penseraient les dames qui admiraient secrètement et craquaient pour Maître Chu si elles savaient cela ? Mo Ran croyait de tout cœur que cet homme n’était bon qu’à être regardé et rien d’autre, qu’il était repoussant et dégoûtant. Si cela se savait, combien de cœurs tendres cela briserait-il ?

— Il se fait tard. Suis-moi à la cafétéria et tu feras le reste quand nous reviendrons.

La salle MengPo était en pleine effervescence, les gens allaient et venaient. Les disciples du pic SiSheng s’étaient réunis par groupes de trois ou de cinq pour manger ensemble. Chu WanNing déposa quelques plats sur son plateau en bois et alla s’asseoir tranquillement dans un coin.

Peu à peu, une zone de six mètres de rayon centrée autour de lui se vida complètement.

Nul n’osait s’asseoir près de YuHeng-zhanglao, au cas où quelque chose le contrarierait et où TianWen sortirait pour fouetter. Chu WanNing en était conscient, mais n’y voyait aucun inconvénient, assis tout seul telle une beauté froide, prenant son repas avec raffinement.

Mais c’était un peu différent aujourd’hui.

Mo Ran était venu ici avec lui, et devait naturellement rester à ses côtés.

Tous les autres le craignaient, et Mo Ran n’était pas différent. Mais il était déjà mort au moins une fois, il n’avait donc pas trop peur de Chu WanNing.

Surtout que l’effroi de leur première rencontre s’était dissipée et que la haine qu’il ressentait par le passé envers Chu WanNing avait lentement refait surface. Qu’est-ce que ça pouvait faire qu’il soit féroce ? Dans sa vie antérieure, il était quand même mort de ses propres mains.

Mo Ran s’assit en face de lui, mâchant tranquillement les côtes aigres-douces contenues dans son bol, crunch crunch. Une petite colline d’os se matérialisa rapidement.

Chu WanNing plaqua soudain ses baguettes sur la table.

Mo Ran en fut stupéfait,

— … Ne peux-tu pas fermer la bouche quand tu manges ?

— Je mange des côtes, comment puis-je mâcher sans ouvrir la bouche ?

— Dans ce cas, ne mange pas de côtes.

— Mais j’aime les côtes.

— Alors fous-le-camp et va manger ailleurs.

Leur dispute devenait de plus en plus bruyante, et certains disciples commençaient déjà à leur adresser des regards.

Ses lèvres, luisantes d’huile, pressées en une ligne fine, Mo Ran réprima l’envie de retourner le bol de nourriture sur la tête de Chu WanNing. Au bout d’un moment, il plissa les yeux, et les commissures de ses lèvres s’étirèrent en un doux sourire.

— Ne crie pas si fort Shizun ; si les autres l’entendent, ne se moqueront-ils pas de nous ?

Chu WanNing avait toujours été soucieux des apparences, alors bien entendu, il baissa la voix, en répondant doucement :

— Dégage.

Mo Ran s’esclaffa tellement qu’il manqua de tomber.

— …

— Ah ! Ne me regarde pas Shizun, mange, s’il te plaît, mange. Je vais essayer de le faire tranquillement.

Mo Ran en avait tiré son amusement, et retourna à sa comédie de bon et obéissant disciple, en dégustant ses côtes bien moins bruyamment.

Chu WanNing pouvait être facilement amadoué, mais pas contraint ; voyant que Mo Ran faisait ce qu’on lui disait, son expression se détendit quelque peu et ne parut plus aussi amère et rancunière. Il baissa la tête et continua de manger son repas de légumes et de tofu avec élégance.

La paix ne dura pas longtemps avant que Mo Ran ne recommence à faire des siennes.

Il ne savait pas non plus pourquoi il avait fait ce qu’il avait fait ; ce qu’il savait, c’était qu’à chaque fois qu’il voyait Chu WanNing dans cette vie, il voulait juste l’énerver, d’une manière ou d’une autre.

Ainsi, Chu WanNing remarqua que, bien que Mo Ran ne mâchait plus bruyamment, il mangeait dorénavant avec les mains, ses doigts couverts d’une sauce grasse brillante et dégoulinante.

Les veines des tempes de Chu WanNing gonflèrent furieusement.

Il baissa les paupières, laissant pendre ses cils sans plus regarder Mo Ran, pour manger sa propre nourriture.

Mais peut-être parce que Mo Ran prenait trop de plaisir à manger, oubliant les formes et les manières, il acheva de décortiquer un os et le jeta négligemment dans le bol de Chu WanNing.

Ce dernier jeta un regard furieux sur la côte rongée, et l’air autour de lui se mit à geler visiblement à une vitesse effrayante.

— Mo Ran… !!!

— Shizun…

Mo Ran était légèrement terrifié, mais qui sait combien de choses étaient réelles, et combien étaient fausses.

— Ça… Euh, je ne voulais pas faire ça.

Oui, bien sûr.

— …

— Ne t’énerve pas, je vais récupérer ça tout de suite.

Cela dit, il étendit véritablement ses baguettes et les plongea rapidement dans le bol de Chu WanNing pour récupérer l’os de côte incriminé.

Le visage de Chu WanNing devint bleu, et il sembla sur le point de s’évanouir de dégoût.

Les cils de Mo Ran frémirent, ses traits délicats se firent quelque peu pitoyables comme si on venait de lui causer du tort.

— Est-ce que Shizun me trouve si répugnant ?

— …

— Shizun, je suis vraiment désolé.

Oublions ça, songea Chu WanNing.

Il n’y avait pas de raison de se disputer avec ceux qui étaient plus jeunes.

Il abandonna l’envie d’appeler TianWen et de donner une raclée à Mo Ran, mais cela lui avait coupé l’appétit. Il se leva.

— Je suis plein.

Ai ? C’est tout ce que tu vas manger ? Shizun, tu as à peine touché à ta nourriture.

— Je n’avais pas faim, répondit froidement Chu WanNing.

Intérieurement, Mo Ran était ravi, mais sa bouche continuait de prononcer des mots doux :

— Dans ces conditions, je ne mange plus non plus. Retournons à l’Enf… *Tousse* au Pavillon des Lotus Rouges.

Chu WanNing plissa les yeux.

— Nous ?

Son regard était dédaigneux.

— Il n’y a pas de « nous », reprit-il. Les aînés et les jeunes ont un ordre et une distinction, surveille tes paroles.

De l’extérieur, Mo Ran répondit agréablement, les yeux courbés par un sourire, intelligent, obéissant et adorable.

Mais, en son for intérieur, il songeait : « Les aînés et les jeunes ? Faire attention à mes paroles ? »

Eh ! Si seulement Chu WanNing savait ce qui s’était passé dans sa vie précédente, alors il réaliserait… À terme, en ce monde, seul lui, Mo WeiYu, serait supérieur.

Aussi noble et arrogant que pouvait l’être Chu WanNing, aussi inégalé pouvait-il être, il avait finalement été réduit à n’être plus qu’une simple flaque de boue sous la semelle des bottes de Mo Ran, autorisé à ne vivre sans but que par sa grâce.

Tout en gardant un sourire éclatant, Mo Ran accéléra pour suivre le rythme de Shizun.

Si Shi Mei était le clair de lune blanc et pur de son cœur, alors Chu WanNing était le morceau d’arête de poisson coincé dans sa gorge. Il le sortirait et l’écraserait, ou bien l’avalerait et le laisserait se dissoudre dans l’acide de son estomac.

Dans cette nouvelle vie, il pourrait pardonner à n’importe qui.

Mais il ne pardonnerait absolument jamais à Chu WanNing.

Il semblait que Chu WanNing n’avait pas non plus l’intention de le laisser s’en tirer à bon compte.

Mo Ran se retrouva devant la bibliothèque de l’Enfer des Lotus Rouges, détaillant les cinquante étagères, hautes de dix niveaux chacune, et pensa qu’il avait sûrement mal entendu.

— Shizun, qu’est-ce que… tu as dit ?

Chu WanNing répéta avec indifférence :

— Nettoie chacun de ces livres.

— …

— Et répertorie-les.

— …

— Je vérifierai demain matin.

— !!!

Qu’est-ce que c’était que ce bordel !!! Il allait rester coincé ici, dans l’Enfer des Lotus Rouges, toute la nuit ?

Mais il s’était déjà arrangé avec Shi Mei pour changer ses pansements le soir-même !!!

Il ouvrit la bouche pour négocier, mais Chu WanNing l’ignora, se détourna en balayant l’air de ses manches, et le quitta pour la salle des machines, fermant même la porte derrière lui.

Son rendez-vous nocturne sommairement écourté, Mo Ran s’enlisa dans ses sentiments de dédain pour Chu WanNing… Il voulut brûler tous ses livres !

Attendez !

Les engrenages dans sa tête s’actionnèrent alors que naissait une idée encore plus désastreuse…

oOoOoOoOo

Notes :

1 夜游神 ‘‘Ye You Shen’’ signifie « Divinité Errante de la Nuit ».

Ch.7 | Index | Ch.9

Les membres de la team font de leur mieux pour vous fournir des chapitres de la meilleure qualité possible, mais l’erreur est humaine ! Si vous avez trouvé une faute d’orthographe ou de grammaire, vous pouvez nous la signaler directement en sélectionnant le passage concerné et en appuyant sur Ctrl + Entrée .

2 commentaires sur “The Husky and His White Cat Shizun – Chapitre 8”

  1. Oh ! Shizun remonte dans mon estime ! 🙂
    Mais quel bazar ! xD

    C’est bizarre qu’il soit tellement bordélique et si peu soigneux de sa personne et a ce point détesté les manière de manger des autres ! XD

    Mon dieu ! Quelle idée lui a piqué ! xD

    Merci beaucoup pour ce chapitre !
    A tout de suite ! :3

Laisser un commentaire