Heaven Official’s Blessing (Tian Guan Ci Fu) – Chapitre 2

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Traduction par Xiao-Shimei, correction par Yukiko-chan.

Livre 1 : Pluie de sang sur une fleur

Chapitre 2 : La troisième ascension de l’Immortel qui faisait les poubelles

« Toutes mes félicitations, Votre Altesse Royale. »

À ces mots, Xie Lian leva la tête et répondit en souriant :

« Merci. Puis-je savoir ce qui me vaut ces félicitations? »

Ling Wen-ZhenJun 1 croisa les bras et répondit :

« Félicitations pour avoir remporté la première place sur la liste des Officiers Célestes qu’on s’attend le plus à voir déchu et banni vers le monde des mortels.

— On peut dire ce qu’on veut, une première place reste une première place, objecta Xie Lian. En tout cas, si vous me félicitez, c’est que ce doit être une position dont on peut être fier, non?

— Bien évidemment : en tant que premier, vous avez droit à cent Mérites. »

Xie Lian répliqua immédiatement :

« Dans ce cas, la prochaine fois qu’une telle liste apparaît, je vous prie de bien vouloir vous assurer que j’y suis inscrit.

— Savez-vous qui est en deuxième place? » poursuivit Ling Wen.

Xie Lian prit un moment pour réfléchir.

« Difficile à dire. Après tout, en terme de capacités, je pourrais très bien occuper le top trois à moi tout seul.

— C’est plus ou moins le cas. Il n’y a pas de deuxième place. Dès l’instant où vous étiez sur la ligne de départ, vos concurrents n’avaient aucune chance de gagner.

— C’est bien trop d’honneur pour moi. Qui donc occupait la première place ces dernières années?

— Personne : cette liste a été créée cette année. Précisément aujourd’hui même, en fait.

— Ah. »

Xie Lian resta silencieux un instant avant de demander :

« D’après ce que vous venez de dire, cette liste a été conçue spécialement pour moi, non?

— Vous pouvez aussi considérer que vous êtes arrivé tout juste à temps pour remporter le prix. »

Un sourire sincère illumina le visage de Xie Lian :

« Très bien, si on envisage les choses ainsi, j’ai bien une raison de me sentir un tant soit peu réjoui.

— Savez-vous pourquoi vous êtes premier ? continua Ling Wen

— C’est ce à quoi tout le monde s’attend.

— Permettez-moi de vous en expliquer la raison. Regardez donc cette horloge. »

Elle leva un doigt, et Xie Lian se tourna vers la direction qu’elle indiquait. La scène était de toute beauté : au loin, un temple de jade blanc se dressait, entouré de pavillons, au milieu des nuages et des volées d’oiseaux.

Xie Lian prit le temps d’admirer la vue avant d’interroger Ling Wen.

« Vous avez sans doute pointé dans la mauvaise direction : où se trouve l’horloge?

— C’est bien la bonne direction. Vous ne la voyez toujours pas? »

Xie Lian examina encore une fois attentivement le paysage avant de répondre honnêtement :

« Je ne vois rien.

— C’est normal. Il y avait bien une horloge, mais elle s’est effondrée pendant votre ascension.

— …

— Cette horloge était encore plus vieille que vous, mais en dépit de cela elle avait un tempérament vif et enjoué : à chaque ascension, elle sonnait quelques coups de cloche pour fêter le nouvel arrivant. En revanche, pendant votre ascension, elle s’est complètement affolée et a sonné sans s’arrêter. Elle ne s’est calmée qu’après s’être effondrée. Cependant, en tombant, elle s’est écrasée sur un Officier Céleste qui passait par là.

— Que… Est-ce que ça va? s’inquiéta Xie Lian.

— Non, elle est toujours en réparation.

— Je parlais de l’Officier Céleste.

— C’était un dieu martial. Il a tout simplement scindé l’horloge en deux en un tour de main. Bref, passons à la suite : regardez donc ce palais doré là-bas. Vous le voyez?»

Elle pointa dans une autre direction, et Xie Lian se plia une nouvelle fois à sa demande. À travers la brume nuageuse, il aperçut un dôme d’or et de verre.

« Oh, cette fois, je le vois.

— Si vous voyez quelque chose, ça n’est pas normal : il n’y avait rien ici avant, déclara Ling Wen.

— …

— Lors de votre ascension, les résidences dorées de plusieurs Officiers Célestes ont été secouées, leurs colonnes se sont effondrées, et leurs dômes de verre se sont brisés. Certains des palais n’ont pas pu être réhabilités dans l’immédiat, et on a dû bâtir des logements temporaires.

— En suis-je responsable?

— Vous en êtes responsable.

— Ehm… J’ai offensé pas mal d’Officiers Célestes dès mon arrivée, non?

— Peut-être pas, du moins si vous pouvez vous racheter auprès d’eux.

— Et comment puis-je me racheter?

— C’est simple : il suffit de huit millions huit cents quatre-vingt mille Mérites. »

Xie Lian afficha un sourire. Ling Wen reprit :

« Bien, sûr, je sais que vous ne pouvez pas obtenir un dixième de cette somme.

— Comment dire… » Xie Lian déclara franchement : « Je suis navré de la gêne occasionnée, mais même un dix-millième de cette somme est au-dessus de mes moyens. »

Le pouvoir spirituel des Officiers Célestes trouvait sa source dans la foi de leurs croyants mortels. Chaque bâton d’encens et offrande qu’ils leur consacraient était appelé “Mérite”.

Le sourire de Xie Lian se fana, et il demanda d’un ton sérieux :

« Si je vous laisse me donner un coup de pied, accepteriez-vous de me faire don de huit millions huit cents quatre-vingt mille Mérites?

— Je suis une déesse littéraire, indiqua Ling Wen. Si vous voulez qu’on vous donne des coups de pieds, cherchez plutôt une divinité martiale. Plus les coups seront forts, plus vous recevrez de Mérites. »

Xie Lian soupira longuement.

« Laissez-moi le temps d’y réfléchir. »

Ling Wen lui tapota l’épaule et lui dit :

« N’ayez crainte. Quand une montagne se dresse sur la route, il y a toujours moyen de la surmonter. 2

— En ce qui me concerne, même quand le bateau parvient jusqu’au quai, il finit toujours par couler. 2

Si ç’avait été huit cents ans plus tôt, durant l’âge d’or du pays de XianLe, trouver huit millions huit cent quatre-vingt mille Mérites n’aurait posé aucune difficulté. Son Altesse Royale le Prince Héritier les aurait donnés sans un battement de cils. Mais les temps présents étaient bien différents du passé, et ses temples avaient été tous incendiés depuis longtemps. Pas de croyants, pas d’encens, pas d’offrandes.

Il n’y avait rien à ajouter. Il ne possédait plus rien, non, absolument plus rien!

Un individu était accroupi au bord de la rue principale de la Cité des Immortels, et souffrait d’une migraine depuis une demi-journée déjà quand il se souvint brusquement d’un détail : cela faisait trois jours depuis son ascension, et il n’était toujours pas entré dans le sort de communication psychique céleste. D’ailleurs, il avait oublié de demander quel en était le mot de passe.

Les Officiers de la Cour Céleste avaient mis en place un sort de communication psychique à travers lequel ils pouvaient se parler les uns aux autres, et qu’il était obligatoire d’intégrer juste après son ascension. Cependant, un mot de passe était nécessaire pour déceler le sort en question. Comme cela faisait huit cents ans depuis la dernière fois qu’il l’avait utilisé, il l’avait évidemment oublié, il essaya donc de détecter le sort à tâtons grâce à ses dons divins. Il tomba sur un sort qui y ressemblait vaguement et y entra. Dès son arrivée, il fut immédiatement submergé par des exclamations violentes et passionnées venant de toutes part, d’une vigueur telle qu’il en chancela.   

« Les paris sont ouverts! Pas de place pour l’hésitation! Pariez sur combien de temps notre fameux Prince Héritier restera cette fois!

— Je parie un an!

— Un an, c’est bien trop long : la dernière fois il n’est resté que le temps d’un bâton d’encens. Peut-être que cette fois, ça durera trois jours… Je vais parier trois jours, notez donc trois jours!

— Ne sois pas stupide, ah! Ça fait déjà presque trois jours qu’il est là, tu es sûr de toi? »

… Xie Lian se retira silencieusement.

Mauvaise pioche. Ce n’était certainement pas le bon sort de communication.

Les divinités de la Cour Céleste étaient toutes des dieux renommés, chacun en charge d’une région, et dont le nom était connu de pratiquement tous. Comme ils avaient en général cultivé avec sérieux pour s’élever vers les cieux, la plupart de ces Officiers Célestes avaient une attitude réservée et souvent, leurs discours étaient teintés d’arrogance. Il n’y avait que lui qui, lors de sa première ascension, sous le coup de l’excitation, avait harponné tous les Officiers Célestes dans le sort de communication psychique pour les saluer puis se présenter de façon exhaustive et avec un luxe de détails incomparable.

Après être sorti du précédent sort de communication, il se remit à chercher. Il entra finalement dans un autre sort. Cette fois, Xie Lian se détendit un peu, songeant : “C’est drôlement silencieux. Ce doit être le bon cette fois.”

Il entendit soudain une voix :

« Vous êtes donc de retour, Votre Altesse Royale? »

C’était une voix très agréable, avec une intonation douce et affable. Mais, si l’on y prêtait attention, on pouvait remarquer une inflexion froide qui laissait entendre à quel point le locuteur était lui-même d’humeur glaciale, ce qui gâchait quelque peu l’harmonie de cette voix.

Au départ, Xie Lian voulait entrer dans le sort sans faire de vagues : pour ça, il lui aurait suffit de se faufiler discrètement en restant silencieux, et c’était bon. Cependant, comme quelqu’un lui avait désormais adressé la parole, il ne pouvait pas jouer les sourds-muets. De plus, le fait qu’il y ait encore un Officier au sein de la Cour Céleste qui veuille bien entamer une conversation avec lui le réjouissait énormément. Il répondit donc vivement :

« Ah, oui! Bonjour à tous, je suis de retour. »

Comment aurait-il pu se douter qu’après cette simple question et cette réponse tout aussi simple, tous les Officiers Célestes présents à cet instant dans le sort de communication psychique tendraient l’oreille attentivement.

L’Officier Céleste poursuivit d’une voix lente et intelligible :

« Ah, cette fois-ci, l’ascension de son Altesse Royale le Prince Héritier a causé un vrai champ de bataille. »

Dans la Cour Céleste, on pouvait dire que les souverains couraient les rues, et que les héros étaient aussi abondants que l’eau dans les rivières.

Pour devenir un dieu, il fallait d’abord devenir une personne illustre. Ceux qui avaient apporté de grandes contributions au monde mortel ou qui étaient dotés de talents exceptionnels avaient évidemment plus de chances d’avoir droit à une ascension, par conséquent, il n’était guère exagéré de dire qu’en ces lieux, princesses, princes et généraux étaient loin d’être rares. Qui donc parmi eux ne pouvait revendiquer être l’enfant prodigue des cieux? Toutefois, chacun d’eux avait conservé les politesses d’usage et les marques de courtoisie, se donnant mutuellement du “Votre Majesté”, “Votre Altesse”, “Votre Excellence le Général”, selon la façon qui convenait d’appeler la noble personne concernée ou ce qui semblait le plus à même de la flatter. Mais le titre mentionné dans les quelques mots qu’avait prononcé l’Officier Céleste ne sonnait pas du tout comme un compliment dans ce contexte.

Bien que Xie Lian ait en effet été un Prince Héritier, et que c’était bien ainsi que son interlocuteur l’avait appelé, il n’y avait pas une once de respect dans le ton de ce dernier, au contraire, on aurait même dit qu’il essayait de le piquer au vif. Dans le sort de communication, nombreux étaient les Officiers Célestes qui étaient également de vrais princes héritiers, et la façon dont leur titre avait été énoncé les rendait mal à l’aise des pieds à la tête, au point d’en avoir froid dans le dos. Xie Lian avait lui aussi deviné la malice derrière ces propos, cependant il ne voulait pas provoquer de querelles. Pensant pouvoir se tirer d’affaire, il répondit en souriant :

« Je n’ai subi aucun dommage. »

L’autre Officier Céleste ne lui laissa cependant pas la moindre chance de se soustraire à la situation, rétorquant d’une voix indifférente :

« Ah oui? Votre Altesse Royale se porte bien? Je n’ai malheureusement pas eu cette chance. »

Tout à coup, il reçut un message privé de la part de Ling Wen.

Elle ne prononça qu’un seul mot : « Horloge. »

Xie Lian comprit immédiatement.

Ainsi donc, son interlocuteur s’avérait être le dieu martial sur qui l’horloge était tombée!

Dans ce cas, il n’y avait rien d’étonnant à ce que cet Officier Céleste se montre irrité. Xie Lian avait toujours été prompt à présenter ses excuses quand il le fallait, il déclara donc immédiatement :

« J’ai entendu parler de l’histoire avec l’horloge, j’en suis vraiment désolé, et je vous prie de bien vouloir accepter mes plus plates excuses. »

L’autre renifla, sans que nul ne puisse comprendre ce que cela signifiait exactement.

Nombreuses étaient les divinités martiales au sein de la Cour Céleste, et beaucoup d’entre elles n’étaient arrivées qu’après le départ de Xie Lian. C’était pour cette raison qu’il était incapable de reconnaître son interlocuteur uniquement au son de sa voix. Mais, puisqu’il n’était guère possible selon lui de s’excuser proprement sans connaître le nom de la personne à qui on demandait pardon, il demanda finalement :

« Puis-je savoir comment je dois vous appeler, Votre Excellence? »

Après qu’il ait prononcé ces mots, son interlocuteur resta sans voix.

Il n’était pas le seul à avoir été réduit au silence : l’intégralité du sort de communication psychique semblait s’être figé dans un mutisme quasi-mortel.

Au même moment, Ling Wen lui envoya un autre message privé :

« Votre Altesse Royale, même si je me doute qu’il est impossible que vous n’ayez pas reconnu cette personne après avoir conversé si longuement, je me permets de vous rappeler de qui il s’agit : c’est Xuan-Zhen. »

“Xuan-Zhen?” se demanda Xie Lian.

D’un coup, tout devint clair et il comprit parfaitement de quoi il retournait. Consterné, il répondit au message de Ling Wen immédiatement :

« S’agirait-il de Mu Qing? »

Le général Xuan-ZhenJun était un dieu martial qui présidait le Sud-Ouest. Vénéré dans sept milliers de temples, il jouissait d’une glorieuse réputation dans le monde mortel.

Ce fameux Xuan-ZhenJun, de son vrai nom 3 Mu Qing, avait été jadis un Général Adjoint dans le Palais de XianLe, sous les ordres du Prince Héritier lui-même, il y avait de cela huit cents ans.

Ling Wen était également choquée :

« Ne me dites pas que vous ne l’avez vraiment pas reconnu?

— C’est pourtant bel et bien le cas. À l’époque, il ne s’adressait pas à moi de cette manière. De plus, je ne me souviens même plus de la dernière fois où je l’ai croisé. C’était peut-être il y a cinq cents ans, ou bien six cents. J’ai même complètement oublié de quoi il a l’air, comment pourrais-je alors reconnaître sa voix? »

Le sort de communication psychique était toujours aussi silencieux. Mu Qing ne pipait pas un mot, et les autres Officiers Célestes, tout en prétendant qu’ils ne leur prêtaient aucune attention, attendaient avidement que l’un d’eux reprenne la parole.

La situation entre ces deux-là était pour le moins inconfortable. Avec toutes les rumeurs qui circulaient depuis tant d’années, tout le monde avait plus ou moins saisit les grandes lignes de leur histoire. Par le passé, quand Xie Lian était encore le bien-aimé Prince Héritier de XianLe, il cultivait au sein du Grand Temple Impérial 4. Il s’agissait du temple royal, les critères d’admission y étaient donc très stricts. Les origines de Mu Qing étaient modestes, et son père avait commis péchés sur péchés avant de finir décapité. Un tel individu ne pouvait tout simplement pas avoir le privilège d’intégrer le Grand Temple Impérial. C’est ainsi qu’il n’eut d’autre choix que d’y entrer en qualité de serviteur, balayant le sol et servant le thé à son Altesse Royale le Prince Héritier. Mais voyant comme il travaillait avec acharnement, Xie Lian demanda personnellement au Grand Prêtre de faire une exception et de l’accepter comme disciple. Les paroles du Prince Héritier avaient autant de valeur que l’or et le jade, et c’est seulement après qu’il ait intercédé en sa faveur que Mu Qing fut admis au sein du temple et put cultiver aux côtés de son Altesse Royale. Lorsque Xie Lian s’éleva vers les cieux, il fit de Mu Qing son général et l’emmena avec lui dans la Cité des Immortels.

Cependant, après la destruction du pays de XianLe et la déchéance de Xie Lian vers le monde mortel, non seulement Mu Qing ne l’accompagna pas, mais il ne tenta même pas de prendre sa défense. Le Prince Héritier parti, il était libre, et il trouva un lieu saint dans lequel il cultiva avec ardeur. À peine quelques années après, il eut droit à sa propre ascension divine.

Au départ, l’un était au sommet des firmaments tandis que l’autre séjournait sur la simple terre. C’était toujours le cas, mais les positions des deux personnes étaient désormais inversées.

À l’autre bout du sort de communication, Ling Wen déclara :

« Il est très en colère.

— C’est ce que j’ai aussi cru comprendre, répondit Xie Lian

— Je vais détourner la conversation, profitez-en pour vous éclipser rapidement.

— Inutile, faisons juste comme si rien ne s’était passé, ça ira.

— Inutile? Le simple fait d’assister à votre cirque à tous les deux me rend mal à l’aise.

— Mais tout va pour le mieux! »

Pour Xie Lian, tout allait pour le mieux tant qu’il ne mourrait pas. Il ne lui restait pas grand chose, mais il avait encore les moyens de perdre la face davantage. Il avait engendré des situations encore plus embarrassantes que celle-ci, donc tout allait vraiment bien à ses yeux. Cependant, dans ce cas là, et de façon inattendue, il semblait qu’il avait parlé un peu trop vite ; à peine avait-il prononcé les mots “pour le mieux” qu’il entendit une voix rugir :

« Qui est le putain d’abruti qui a détruit mon palais doré?! Ramène-toi!!! »

Ce rugissement fit se dresser les cheveux de tous les dieux présents dans le sort de communication psychique.

Ils avaient l’estomac tout retourné, mais ils n’en retinrent pas moins leur souffle, dans l’expectative, l’oreille aux aguets, attendant de voir comment Xie Lian allait répondre à ces injures tonitruantes. Cependant, personne ne s’attendait à ce qu’à la place de cette excitante perspective, ils aient  droit à un spectacle plus excitant encore : Xie Lian n’ouvrit même pas la bouche, puisque c’est Mu Qing qui prit la parole.

Il pouffa deux fois.

« Haha. »

Le nouvel arrivant rétorqua froidement :

« C’est toi qui l’a détruit? Très bien, tu ne perds rien pour attendre.

— Je n’ai pas dit que c’était moi, arrête donc de cracher ton venin sur n’importe qui.

— Dans ce cas qu’est-ce qui te fait rire? Serais-tu attardé mentalement?

— Mais non. C’est juste que ce que tu viens de dire est amusant. La personne qui a détruit ton palais doré est actuellement dans le sort de communication, tu n’as qu’à voir avec lui. »

Dans l’état actuel des choses, Xie Lian se sentait désormais trop gêné pour prendre la tangente.

Il se racla la gorge et intervint :

« C’était moi. Désolé. »

Dès l’instant où il avait commencé à parler, l’autre s’était tu immédiatement.

Ling Wen lui souffla à nouveau à l’oreille :

« Votre Altesse Royale, c’est Nan Yang.

— Je sais, je l’ai reconnu cette fois. Mais, en ce qui le concerne, il n’a pas l’air de m’avoir reconnu.

— Non, c’est juste qu’il passe plus de temps sur Terre que dans la Cité des Immortels. Il ne devait même pas être au courant de votre ré-ascension. »

Nan Yang-ZhenJun était le dieu martial qui présidait le Sud Est. Il possédait près de huit mille temples et était très populaire auprès des gens du commun.

Son vrai nom était Feng Xin. Huit cents ans auparavant, il était le premier général du Palais Royal, sous les ordres du Prince Héritier.

Feng Xin était quelqu’un de loyal et dévoué. Il avait été le garde du corps de Xie Lian dès l’âge de quatorze ans. Il avait grandi à ses côtés, s’était rendu à la Cour Céleste avec lui, avait été déchu en même temps que lui et l’avait suivi dans son exil. Malheureusement, il fut incapable de supporter ces huit siècles. Au final, ils s’étaient séparés en mauvais termes, et ne s’étaient plus jamais revus.

 


 

Notes :

1 ZhenJun (真君) : titre honorifique dont les deux caractères signifient respectivement “sincère” et “seigneur/noble”

2 Expressions idiomatiques chinoises, et jeu de mot en quelque sorte, basé sur les sonorité des deux expressions. En fait, tout le dialogue entre Xie Lian et Ling Wen est extrêmement amusant je trouve, j’espère que je l’ai retranscrit correctement…

3 Dans cette histoire, les dieux (et les démons) changent de nom après leur ascension (ou leur déchéance).

4 Grand Temple Impérial : Bien qu’il s’agisse effectivement d’un royaume, le terme utilisé ici renvoie directement à la notion d’Empereur. Je pense donc que cela fait référence à l’Empereur Céleste (il faudrait que je revérifie ça dans la suite du livre, si besoin je modifierai la traduction en conséquence).

 

Bienvenue à notre nouvelle correctrice Yukiko-chan (c’est fou comme la famille s’agrandit 🙂 ) et merci pour son travail sur ce chapitre.

 

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5 commentaires sur “Heaven Official’s Blessing (Tian Guan Ci Fu) – Chapitre 2”

  1. Xie Lian est déjà attachant ! 😀 Mais le pauvre ! Il est tellement mal-aimé !

    Sur ces chapitres aussi, vous avez dû bosser comme des fous !
    Je vous remercierai jamais assez du mal que vous vous donnez pour notre bonheur !
    MERCI ! 😀

  2. Bienvenue à Yukiko-chan ! 😃

    Il y a tellement de noms et de titres à retenir Pourquoi faire compliqué au lieu de faire simple ? 😑
    J’aime beaucoup le côté optimiste de Xie Lian. Malgré sa déchéance, il continue comme même à sourire et voir le bon côté des choses.
    Leur système « monétaire » est vraiment amusant et en même temps si étrange.. Payer en mérites😅.
    Merci encoure pour ce chapitre ! T^T

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