How to Survive As a Villain – Chapitre 40

Ch. 39 | Index

Traduit par Prompillon, corrigé par Shizuku

Chapitre 40 : Une mission de la plus haute importance.


“Hey !”

La main d’Hong Xiu était sur le point de gifler les joues des deux hommes endormis dans le lit. Xiao YuAn avait rapidement fait disparaître la distance entre lui et elle pour l’arrêter avant qu’elle n’y parvienne. 

“Votre Majesté ! Ne soyez pas fâché ! Cette servante va écorcher vif ces deux chiens. Les couper en morceaux et les donner à manger aux chiens !” Hong Xiu serrait les dents et hurlait de colère.

Sauf que je ne suis pas en colère ! Tu n’as pas besoin de tirer sur tout ce qui bouge avec tes yeux révolver, il n’y a rien à tuer ici ! Et c’est le protagoniste ! Je t’ai déjà dit de ne pas te mesurer à lui, pour ta propre santé ! 

Bien qu’effectivement, je ne comprends pas bien comment il est soudain devenu gay, c’est un protagoniste de stalion novel, qui dort avec qui il veut, c’est genre le truc de base quotidien ! le truc de base quo-ti-dien !

Voyant que Hong Xiu se préparait à les gifler quand même, Xiao YuAn s’adressa à elle : “Hong Xiu, calme-toi. Calme-toi !”

Evidemment, à cause du bruit, les deux hommes ne tardèrent pas à se réveiller. 

Xiao FengYue avait eu peur de ne pas réussir à s’endormir la nuit passée. Mais tout de suite, il ouvrit ses yeux lentement, feignit l’horreur d’être découvert et tomba du lit. Il s’agenouilla au sol : “V-Votre Ma-Majesté ?!”

Yan HeQing retint une inspiration, porta une main à sa tempe et se leva. Une migraine semblait l’avoir pris, le déphasant de la situation un moment. Il sembla enfin comprendre l’étendue de la situation lorsque ses yeux se posèrent sur son propre corps nu. Il se tourna immédiatement vers Xiao FengYue, le regard lourd de regrets et de colère. 

Hong Xiu semblait s’être calmée, suffisamment pour que Xiao YuAn la lâche enfin. Elle baissa la tête et en réfléchissant à ce qu’elle allait dire, elle prit deux grandes inspirations, et s’élança soudain en avant, gifla Xiao FengYue : “Espèce de dépravé ! Comment oses-tu faire une chose pareille !”

Sur la peau pâle où la servante avait frappé, cinq traces de doigts apparaissaient déjà. Il tourna la tête, sa voix n’était presque qu’un murmure : “Votre Majesté, Yan HeQing et moi sommes amoureux. On s’est promis l’un à l’autre, j’espère que Votre Majesté pourra le comprendre.”

Xiao YuAn, soudain prit d’une violente quinte de toux : “AH ???”

Quoi, qu’est-ce que tu dis ?

Mec, tu oses te mesurer à la première protagoniste féminine ?

“Quelle indécence !” Hong Xiu était rouge de colère. Elle attrapa Xiao FengYue par les cheveux et le gifla encore plusieurs fois, puis se tourna vers Yan HeQing pour lui faire subir le même sort. 

Frangine ! Je t’ai déjà dit de ne pas t’en prendre au Protagoniste ! Pour ta propre sécurité !

“Hong Xiu !” Xiao YuAn l’attrapa de nouveau pour la retenir. Il tourna son regard vers Xiao 

FengYue, qui ne ressemblait plus à rien avec ses longs cheveux ébouriffés de la sorte et lui ordonna : “Habille-toi et rentre chez toi.”

“R-ren-trer ?” Xiao FengYue leva la tête. La surprise se lisait dans ses yeux, et avec ses joues rouges et gonflées, il avait vraiment l’air pitoyable.

Xiao YuAn lui demanda : “Oh, au fait, quel est ton nom ?”

En voyant l’absence de colère chez Xiao YuAn, qui contre toute attente lui demandait juste son nom, Xiao FengYue ne pouvait s’empêcher de trembler de la tête au pieds : “Xiao, Xiao FengYue.”

Oh, ce nom semble familier, mais pourquoi ?

Ça semble remonter à quand il avait demandé s’il y avait un joueur de guqin quelque part au Palais Jing Yang, et qu’elle avait répondu avec ce nom. 

“Ok, commence par rentrer chez toi.” Essaya-t-il de le consoler. 

Xiao FengYue se rhabilla en tremblant, s’inclina pour prendre congés, et sortit de la chambre. 

Une fois dehors, il releva la tête et vit le dernier homme qu’il souhaitait voir maintenant. Son regard s’assombrit, et pour s’éviter de perdre la raison, il se mordit la lèvre inférieure à s’en faire saigner. 

Yang LiuAn regarda la personne qui venait de sortir de la chambre et écarquilla soudain les yeux. Il s’avança rapidement mais Xiao FengYue le dépassa comme s’il ne l’avait pas vu, se dépêchant de quitter le lieu, la tête basse. 

Une fois sûr que Xiao FengYue était bel et bien parti, Xiao YuAn demanda : “Hong Xiu, rentre toi aussi s’il te plaît. J’aimerai parler seul à seul avec Yan HeQIng.”

“Votre Majesté… Je comprends.” La servante se retint d’ajouter quoique ce soit de plus, mais les salua en baissant la tête et sortit de la pièce. 

Enfin, il ne resta plus que le silence et les deux hommes dans la pièce. Xiao YuAn se tourne vers Yan HeQing. Il s’approcha de lui avec un sourire et s’assit à l’autre bout du lit. “N’as-tu rien à me dire ?”

Yan HeQing réussit à articuler dans un souffle : “J’ai été piégé.”

“Ok, dis-moi quelque chose que je ne sais pas, maintenant.”

Yan HeQing fut comme frappé par la foudre, et regarda enfin Xiao YuAn dans les yeux : “Tu me crois ?”

“Bien sûr que je te crois.” Ricana Xiao YuAn. “Je t’ai prévenu hier que j’allais venir te voir ce matin. Et tu organises quand même une chose pareille, soit tu pense que je suis stupide, ou bien c’est que tu es encore plus stupide. Et d’ailleurs, tu voudrais pas enfiler quelque chose toi aussi ?”

Il a un corps trop parfait, et la vue est trop perturbante. 

Pendant que Yan HeQing s’habillait en silence, Xiao YuAn ne pouvait s’empêcher de soupirer intérieurement. Il avait l’air si mince lorsqu’il était habillé, mais en fait il était tout en muscles. Il avait toujours l’air fin et svelte, mais en réalité, il est bien bâti !! 

Après que Yan HeQing ait fini de s’habiller, il fronça les sourcils et commença à raconter sa soirée : “Hier soir, il est venu avec du porridge, et m’a affirmé que…”

“Attends, une minute, il t’a convaincu de le boire ?” Xiao YuAn l’interrompit. C’aurait été une jeune femme, Xiao YuAn aurait pu le comprendre. Mais comment un homme avait-il pu le convaincre de le faire, pourquoi Yan HeQing avait-il pris cette peine ?

“Parce qu’il a dit que c’était toi qui l’envoyait.” Yan HeQing osa enfin un regard vers Xiao YuAn.

“C’est un faux ordre impérial.” Acquiesça Xiao YuAn. “Et il y avait un somnifère dans le porridge.”

Yan HeQing dit : “Oui”

“Est-ce que tu le connaissais ?”

“Je ne le connaissais pas du tout.”

Xiao YuAn se frotta le menton : “J’imagine qu’il a été manipulé par quelqu’un, et qu’on lui a ordonné de te piéger. Sinon, il aurait de la haine envers toi, et il n’aurait pas choisi une telle mise en scène, qui lui assurait de mourir avec toi.”

Les symptômes du somnifère ne s’estompaient pas, et la migraine de Yan HeQing ne s’améliorait pas. Il grimaça légèrement, pressant une main sur son front, inspirant et expirant doucement : “Que vas-tu faire maintenant ?”

Xiao YuAn se leva rapidement et versa de l’eau dans une tasse en porcelaine pour Yan HeQing : “Ah… Et bien, je n’ai pas encore réfléchi. Il vaudrait mieux que je l’éloigne du Palais d’abord, pour ne pas provoquer plus d’esclandre.”

Un événement impossible s’était produit au Palais, il était donc désormais impossible de s’y rendre. 

Après que Xiao YuAn et Hong Xiu eurent fini de débattre de la meilleure manière de s’occuper de 

ça, ils ont voulu se rendre chez Xiao FengYue juste tout les deux, mais Yang LiuAn s’était jeté à leurs pieds et avait supplié de les y accompagner. 

Xiao YuAn n’était pas idiot, comment pouvait-il ignorer un indice pareil. Il venait tout juste de se souvenir que par deux fois déjà, il avait entendu une mélodie de guqin lorsqu’il était tombé sur le garde. Et après avoir été témoin de cette attitude très déplacée, il ne lui restait qu’à relier les évidences. 

C’est donc toi ! Le gars avec une chanson à thème ! C’est justement grâce à lui que tu en as une !

Quand on comprend enfin quelque chose, beaucoup d’autres prennent du sens. 

Et Xiao YuAn se remémora encore autre chose. Dans le novel d’origine, après avoir perdu la vie en protégeant le jeune monarque, il y avait un paragraphe dédié à l’instant où la nouvelle de sa mort était parvenue au Palais, et qu’un air triste de guqin avait résonné dans tout le Palais entier toute la nuit. La musique était si poignante et déchirante. Le lendemain matin, un joueur de guqin a été retrouvé mort, pendu dans le Palais. 

Lorsqu’il l’avait lu, Xiao YuAn avait pensé que le paragraphe n’était là que pour exagérer la peine engendrée par la mort de Yang LiuAn, mais là, il venait de réaliser que ce n’était pas le cas du tout. 

Peut-être que le novel avait enfoui beaucoup plus de métaphores prédictives telles que celle-ci, mais Xiao YuAn n’avait été intéressé que par les affaires du Protagoniste, et n’était pas rentré plus en détail dans la vie des personnages secondaires. Il ne s’attendait pas à avoir manqué autant de détails de l’intrigue. 

Il avait alors taquiner Yang LiuAn : “Alors comme ça, toi et Xiao FengYue, vous…”

Yang LiuAn s’était prosterné encore plus bas, se frappant le front par terre avec force plusieurs fois, finissant par s’égratigner : “Votre Majesté est très bienveillante avec moi, mais en définitive, je vous ai trahis. Nous devons mourir pour nos péchés[1], coupés de milliers de morceaux[2]

Mais avant ça, je demande à Votre Majesté de me laisser le voir une dernière fois. Après ça, je mettrais fin à ma vie de mes propres mains. Si cela ne convient toujours pas à Votre Majesté, alors je demande à être torturé et puni.”

Le poids d’une faveur pèse aussi lourd qu’une montagne [3], et si on suit correctement l’intrigue du roman, il est clair que le jeune Empereur doit la vie à Yang LiuAn. 

Qu’allait-il advenir de lui, comment tout ceci allait se terminer, ce petit garde impérial ne saurait le deviner. 

Xiao YuAn ne savait pas s’il devait en rire ou en pleurer. Il fit un pas vers lui pour le relever. 

“Lève-toi, on va tous aller voir Xiao FengYue.”

Les yeux brillants, Yang LiuAn s’était remis à se prosterner. Xiao YuAn l’avait alors menacé : “T’es encore à te fracasser la tête par terre ? Arrête tout de suite sinon tu ne viens plus !”

Lorsqu’ils arrivèrent à sa chambre, Xiao YuAn leva la main et toqua à la porte, mais personne ne répondit. 

Oh ? N’essaye pas de fuir pour éviter ta sentence !

Xiao YuAn voulait patienter mais l’anxiété de Yang LiuAn le poussa à ouvrir. 

Et la scène qu’il découvrirent leur firent tous louper un battement de cœur. 

Trois pieds de soie blanche, habillé de blanc, Xiao FengYue était pendu dans un rayon de lumière, une chaise lamentablement renversée à ses pieds. 


[1] 罪该万死啊 zuì gāi wàn sǐ a : Idiome chinois. Signifie ‘être coupable d’un crime dont la punition est mille morts’ ‘Mille morts ne sauraient expier ce péché.’

Tiré de 《东周列国志》(dōng zhōu liè guó zhì), “Chronicles of the Eastern Zhou Kingdoms” (Chroniques des Royaumes de Zhou de l’Est). Écrit par (冯梦龙 féng mèng lóng) Feng Menglong [1574-1646], un historien, noveliste et poète à la fin de la dynastie Ming [1368-1644].

[2] 千刀万剐 qiān dāo wàn guǎ : Idiome chinois. Une sentence où la personne est tailladée à mort. Tiré de《盆儿鬼》(pén ér guǐ), “Basin Ghost” (le fantôme du bassin), par un auteur anonyme, de la dynastie soit de Yuan, soit mongole [1279-1368].

[3] 恩重如山 ēn zhòng shān : Une grande dette, dans un sens positif. Tiré de 《删定官供职谢启》(shān dìng guān gòng zhí xiè qǐ), “To Delete and Appoint an Official” (Annuler et nommer un fonctionnaire) Écrit par (陆游 lù yóu) Lu You [1125-1210], poète de la dynastie Song [960-1279], aussi connu pour être désigné comme le plus grand poète de cette époque.

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