Mo Dao Zu Shi – Chapitre 56

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Traduit par NoirSoleil, corrigé par Kéliane

Chapitre 56 : Les Trois Poisons – Partie 1

Wei WuXian ne parvint cependant pas à entendre clairement le nom de la chanson. Son visage rougissait à vue d’œil. Sa tête et ses articulations lui faisaient mal à cause de la fièvre. Ses oreilles sifflaient sans arrêt.

Quand il se réveilla de nouveau, et qu’il ouvrit les yeux, ce qu’il vit n’était ni le plafond sombre de la grotte souterraine ni le visage pâle, mais beau de Lan WangJi, mais une planche de bois. Une amusante suite de figures qui s’embrassaient y était dessinée.

C’étaient les croquis qu’il avait gravés sur son propre lit au Port aux Lotus.

Wei WuXian était allongé dans son propre lit. Jiang YanLi lisait un livre, la tête baissée. Voyant qu’il se réveillait, ses sourcils délicats se levèrent immédiatement et elle posa son ouvrage. 

« A-Xian !

Shijie ! »

Il parvint à se redresser. Il n’avait plus aussi mal aux membres, mais ils se sentaient toujours faibles, et sa gorge était un peu sèche.

« Je suis rentré ? demanda-t-il. Quand suis-je sorti de la grotte ? Oncle Jiang a-t-il amené des gens pour me sauver ? Où est Lan Zhan ? Où est Jiang Cheng ? »

La porte en bois s’ouvrit. Jiang Cheng entra, une soupière en porcelaine blanche en main.

« Pourquoi est-ce que tu cries comme ça ? » le réprimanda-t-il d’une voix dure.

Il se tourna ensuite vers Jiang YanLi :

« Grande sœur, j’ai apporté la soupe que tu as préparée. »

Jiang YanLi prit la soupière et en versa le contenu dans un bol.

« Jiang Cheng, vaurien, viens donc par ici !

— Pourquoi veux-tu que je m’approche ? Tu comptes te mettre à genoux et me remercier ?

— Tu as mis sept jours à revenir – tu voulais ma mort ?!

— Tu es mort, là, peut-être ? Je me demande bien qui me parle actuellement, se moqua Jiang Cheng.

— Je suis certain qu’il ne faut que cinq jours pour faire le chemin de la Montagne du Ruisseau du Crépuscule jusqu’à Yunmeng !

— Tu es stupide ou quoi ? Tu n’as compté que le temps de l’aller et pas celui du retour ! Sans parler du fait qu’après mon arrivée, j’ai dû guider les autres et chercher le vieux banian à travers toute la montagne, puis creuser le trou qui avait été obstrué par Wen Chao et ses hommes avant de te secourir, tout ça en sept jours. Où est passée ta gratitude ?! »

En y réfléchissant, Wei WuXian se rendit compte qu’il avait vraiment oublié de compter le temps nécessaire pour l’aller comme pour le retour. Il resta sans voix, puis reprit :

« On dirait que c’est effectivement le cas. Mais pourquoi Lan Zhan ne me l’a-t-il pas fait remarquer ?

— Il ne peut même pas te voir en peinture, et tu t’attends à ce qu’il prenne en compte tout ce que tu racontes ?

—  Pas faux ! »

Jiang YanLi avait fini de servir la soupe et lui donna son bol. Dans le bouillon flottaient des racines de lotus et des morceaux de côtes, roses et charnus, cuits à cœur. Un arôme riche s’exhala de la soupe chaude. Wei WuXian n’avait rien avalé depuis des jours dans la grotte. Il ne pouvait rien manger de trop consistant si tôt, ce plat était donc parfait. Après avoir remercié sa shijie, il se mit immédiatement à engloutir son repas, son bol tout contre lui.

« Où est Lan Zhan ? Vous l’avez aussi sauvé, n’est-ce pas ? Est-il ici ? Où est-il retourné dans sa secte ?

— Quelle question, rétorqua Jiang Cheng. Ce n’est pas comme s’il était de notre secte, alors pourquoi serait-il ici ? Bien sûr qu’il est retourné à Gusu.

— Il est rentré tout seul ? À Gusu, sa secte… »

Avant qu’il ne puisse finir, Jiang FengMian entra dans la pièce. Wei WuXian posa son bol, et le salua :

« Oncle Jiang !

— Reste assis, c’est tout aussi bien. »

Jiang YanLi tendit un mouchoir à Wei WuXian pour qu’il s’essuie la bouche.

« Est-ce que c’est bon ? » s’enquit-elle.

Wei WuXian ne prit pas le mouchoir. Au lieu de cela, il plissa la bouche exagérément en cul de poule avant de répondre :

« Oui !

— Tu n’as pas de mains pour le faire toi-même ?! » s’indigna Jiang Cheng.

Avec un sourire, Jiang YanLi essuya la bouche et le menton de Wei WuXian et sortit joyeusement avec le bol entre les mains. Jiang FengMian prit place là où elle était auparavant assise. Les yeux fixés sur la soupière de porcelaine, il avait l’air de vouloir y goûter aussi, mais le bol avait déjà été emporté par sa fille.

« Père, commença Jiang Cheng, les gens de la secte Wen ne comptent-ils toujours pas rendre nos épées? »

Jiang FengMian détourna les yeux avant de répondre :

« Cela fait des jours qu’ils sont en célébration.

— Que célèbrent-ils ? demanda Wei WuXian.

— La victoire de Wen Chao à lui seul face au Xuanwu Sanguinaire. »

En entendant cela, Wei WuXian en roula presque hors du lit.

« La secte Wen prétend l’avoir tué ?!

— Quoi d’autre ? persifla Jiang Cheng. Croyais-tu qu’ils diraient que c’est toi qui l’as tué ?

— Ces chiens  de Wen disent n’importe quoi, ils n’ont vraiment honte de rien. C’est clairement Lan Zhan qui s’en est débarrassé. »

Jiang FengMian lui offrit un sourire :

« Vraiment ? Quelle coïncidence. Le Second Jeune Maître de la secte Lan m’a dit que c’était toi qui l’avais éliminé. Alors, qui l’a vraiment fait ?

— Je suppose que nous avons tous les deux eu un rôle à jouer. Mais c’était surtout grâce à lui. Je suis seulement entré dans la carapace de la bête et je l’ai fait sortir. Lan Zhan l’attendait dehors, tout seul. Elle n’est morte qu’après six heures de lutte. »

Il décrivit à Jiang Cheng et à son père les événements des jours précédents. Après son récit, l’expression de Jiang Cheng se fit mitigée. Il ne commenta qu’après un moment :

« Lan WangJi nous a dit à peu près la même chose. Il semble donc que vous l’ayez tué tous les deux ensemble. Ce qui est à toi est à toi, pourquoi lui laisses-tu tout le mérite ?

— Ce n’est pas ça. C’est juste que j’ai le sentiment que, comparé à lui, je n’ai vraiment pas fait grand-chose. »

Jiang FengMian hocha la tête.

« Bien joué. »

Il avait tué une bête de quatre siècles alors qu’il n’avait que dix-sept ans. C’était bien plus que “bien joué”.

« Félicitations. »

Jiang Cheng avait prononcé ce mot sur un ton assez étrange. Voyant de quelle manière il croisait les bras et haussait les sourcils, Wei WuXian comprit qu’il recommençait avec ces sentiments aigres. À tous les coups il était en train de ruminer intérieurement, à se demander arrogamment pourquoi ce n’était pas lui qui était resté dans la grotte pour tuer la bête. Si cela avait été lui, il aurait certainement aussi pu faire ceci ou faire cela.

Wei WuXian rit et enchaîna :

« Quel dommage que tu n’aies pas été là aussi. Si ça avait été le cas, tu aurais pu également partager une partie des lauriers. Tu aurais pu aussi discuter avec moi et ça nous aurait occupés. Juste ciel, rester assis face à face avec Lan Zhan pendant tous ces jours m’a presque ennuyé à mort.

— Bien fait pour toi. Ça t’apprendra à jouer les héros et à te soucier de tout et n’importe quoi. Si dès le début tu n’avais pas… 

— Jiang Cheng », l’interrompit brusquement Jiang FengMian.

Jiang Cheng s’arrêta, conscient d’en avoir trop dit. Il n’ajouta pas un mot de plus.

Jiang FengMian ne semblait pas vouloir le blâmer de quoi que ce soit, mais son expression était passée de calme à sérieuse :

« Sais-tu en quoi ce que tu viens de dire n’est pas approprié ?

— Oui, répondit Jiang Cheng, la tête basse.

— Il est simplement en colère, il a parlé sans réfléchir », le défendit Wei WuXian.

Conscient que Jiang Cheng acquiesçait verbalement, mais n’en pensait pas moins, et voyant son air toujours fier, Jiang FengMian secoua la tête :

« A-Cheng, il y a des choses qui ne peuvent pas être dites même quand tu es en colère. Si tu les dis, cela signifie que tu ne comprends toujours pas la devise de la secte Jiang, que tu n’es pas encore… »

La voix dure d’une femme s’éleva depuis la porte :

« Oui, il ne comprend pas, mais en quoi cela importe, tant que Wei Ying comprend ?! »

Tel un éclair violet, Madame Yu entra, apportant avec elle une brise froide. Elle se tint à cinq pas du lit de Wei WuXian, les sourcils haussés, et reprit :

« “Tenter l’impossible” est la définition même de ce qu’il est, n’est-ce pas ? Faire ce qui lui chante, même en sachant que cela aura des conséquences pour sa secte ?!

— Ma dame, que fais-tu ici ?

— Ce que je fais ici ? Me demander une chose pareille, c’est une blague ! Chef de secte Jiang, as-tu oublié que moi aussi, je suis la maîtresse du Port aux Lotus ? As-tu oublié que chaque centimètre de cette terre m’appartient aussi ? As-tu oublié qui, de celui qui est allongé là ou celui qui se tient ici, est ton fils ? »

De telles questions, Jiang FengMian les avait entendues d’innombrables fois au fil des ans. Il répondit :

« Bien sûr que je le sais. »

Madame Yu rit amèrement.

« Tu le sais, mais qu’est-ce que cela change. Wei Ying ne peut vraiment rien faire sans provoquer des ennuis, n’est-ce pas ? Si j’avais su, je l’aurais fait rester bien sagement au Port aux Lotus, sans l’en faire sortir. Wen Chao aurait-il vraiment eu l’audace de faire quoi que ce soit aux deux Jeunes Maîtres des sectes GusuLan et LanlingJin ? Même s’il l’avait osé, cela n’aurait été infortuné que pour eux. Depuis quand est-ce à toi de jouer les héros ? »

Wei WuXian savait qu’il ne devait pas faire perdre la face à Madame Yu devant Jiang FengMian. Il ne protesta pas, même s’il songeait : “Il n’aurait pas eu l’audace de leur faire quoi que ce soit ? Je n’en suis pas si sûr.”

« Je te le dis maintenant, continua-t-elle. Tu n’as qu’à attendre. Un jour, c’est certain, il entraînera notre secte dans de grands périls ! »

Jiang FengMian se leva.

« Parlons-en en rentrant.

— Parler de quoi ? Rentrer où ? Je vais en parler ici. Je n’ai pas de quoi avoir honte, de toute façon ! Jiang Cheng, viens ici. »

Jiang Cheng se retrouvait pris entre son père et sa mère. Après un moment d’hésitation, il se dirigea vers sa mère. L’agrippant par les épaules, Madame Yu le poussa en avant pour le mettre sous les yeux de Jiang FengMian.

« Chef de secte Jiang, il semble que je sois dans l’obligation de dire certaines choses. Regarde bien : c’est ton propre fils, le futur chef du Port aux Lotus. Même si tu le blâmes uniquement parce que je suis celle qui l’a porté, il n’en porte pas moins le nom de Jiang !… Je ne crois pas une seconde que tu n’as pas entendu les rumeurs colportées par les gens à l’extérieur, selon lesquelles le chef de la secte Jiang n’est toujours pas passé à autre chose après une certaine Sanren, même après tant d’années, et à propos de l’enfant de son vieil ami qu’il traite comme son propre fils ; ils se demandent si Wei Ying n’est pas ton…

— Yu ZiYuan ! cria Jiang FengMian.

— Jiang FengMian ! cria-t-elle en retour. Crois-tu que le simple fait d’élever la voix changera quoi que ce soit ?! Crois-tu que je ne te connais pas ?! »

Ils poursuivirent leur querelle à l’extérieur. Plus ils s’éloignaient, plus la voix pleine de colère de Madame Yu se faisait forte. Jiang FengMian se disputait aussi avec elle, réprimant sa rage. Jiang Cheng demeura immobile, le regard vide. Un instant plus tard, il jeta un regard à Wei WuXian et se tourna brusquement pour sortir à son tour.

« Jiang Cheng ! »

L’interpellé ne lui répondit pas. En quelques pas, il était dans le couloir et avait emprunté un tournant. Wei Wu Xian n’eut pas d’autres choix que de sauter du lit et de lui courir après, traînant son corps raide et endolori.

« Jiang Cheng ! Jiang Cheng ! »

Jiang Cheng continua à avancer sans prêter attention à quoi que ce soit. Wei WuXian était tellement énervé qu’il se jeta sur lui et l’attrapa par le cou.

« Réponds-moi si tu m’entends ! Tu veux qu’on se batte ?!

— Retourne dans ton lit et allonge-toi correctement ! cracha Jiang Cheng.

— Je ne peux pas faire ça, nous devons mettre les choses au clair ! Tu ne dois absolument pas écouter ces absurdités ridicules.

— Quelles absurdités ridicules ? rétorqua froidement Jiang Cheng.

— Ces choses salissent la bouche rien qu’en les disant. Mes parents ont bel et bien été de ce monde. Je ne veux pas qu’on dise de moi que je suis d’une autre famille que la leur ! »

Le bras passé autour de l’épaule de Jiang Cheng, il parvint à le traîner jusqu’aux barrières en bois qui bordaient le couloir. Ils s’y assirent ensemble.

« Soyons francs, ne cache pas tes ressentiments au fond de toi. Tu es le fils d’oncle Jiang, le futur chef de la secte. Bien sûr qu’il se doit de se montrer plus strict envers toi. »

Jiang Cheng lui jeta un regard en biais.

« Mais je suis différent, poursuivit Wei WuXian. Je suis le fils d’un autre. Mes deux parents sont de bons amis d’oncle Jiang. Bien sûr qu’il me laisse plus de liberté.Tu saisis la raison derrière, n’est-ce pas ?

— Il n’est pas seulement strict envers moi, renifla Jiang Cheng, il ne m’aime tout simplement pas.

— Comment quelqu’un peut-il ne pas aimer son propre fils ? Arrête de penser à de telles choses ! Ceux qui l’ouvrent trop, je m’occuperai de leur cas chaque fois que je les croiserai, et je les battrai si fort que leurs mères ne pourront même pas les reconnaître après.

— Il est comme ça, pourtant. Il n’aime pas ma mère, donc il ne m’aime pas non plus. »

Cet argument était vraiment difficile à réfuter.

L’ensemble du monde de la cultivation savait que la Troisième Dame Yu avait cultivé avec Jiang FengMian quand ils étaient jeunes. Le caractère de Jiang FengMian était doux, mais la personnalité de Yu ZiYuan était dure. Leurs interactions à tous deux étaient minimes. Ainsi, bien qu’ils soient issus de milieux similaires, personne ne les envisageait comme un couple. Plus tard, CangSe Sanren était descendue de sa montagne, était passée par Yunmeng et était devenue amie avec Jiang FengMian. Ils étaient même allés ensemble en chasse-nocturne à plusieurs reprises. Ils se tenaient tous les deux en haute estime. Les gens avaient supposé que CangSe SanRen avait de grandes chances de devenir la prochaine maîtresse du Port aux Lotus.

Cependant, peu de temps après, la secte MeishanYu avait proposé une alliance par mariage avec la secte YunmengJiang.

Le chef de secte Jiang de l’époque était très intéressé, mais Jiang FengMian n’avait pas de telles intentions. Il n’aimait pas l’attitude de Yu ZiYuan et pensait que tous les deux n’étaient pas faits pour être ensemble. Il avait refusé poliment la demande à quelques reprises. Cependant, la secte MeishanYu avait attaqué sur plusieurs fronts, mettant la pression sur Jiang FengMian, qui était à l’époque encore jeune et n’avait aucun soutien. De plus, peu de temps après, CangSe SanRen était devenue la partenaire de cultivation de Wei ChangZe, son serviteur le plus fidèle, et s’était enfuie avec lui vers le soleil couchant pour parcourir le monde, Jiang FengMian avait donc fini par céder.

Bien qu’ils s’étaient mariés, Jiang et Yu formaient depuis lors un couple plein de rancœur. Ils avaient toujours vécu séparés et tenaient des conversations plus désagréables les unes que les autres. Hormis le renforcement de la position de leurs sectes respectives, personne ne savait quels autres avantages ils avaient pu en tirer.

Le fondateur de la secte YunmengJiang, Jiang Chi, était à la base un cultivateur errant. Les manières des membres de la secte étaient honnêtes et sans retenue. Celles de Madame Yu étaient à l’exact opposé. Et Jiang Cheng avait hérité de l’apparence comme de la personnalité de sa mère. Jiang FengMian n’était jamais parvenu à l’apprécier. Depuis sa naissance, il lui avait appris nombre de choses dans de nombreux domaines, mais Jiang Cheng n’avait pas changé pour autant, et pour cela, Jiang FengMian avait toujours semblé ne pas trop le porter dans son cœur.

Jiang Cheng dégagea le bras de Wei WuXian et se leva pour extérioriser sa colère :

« Je sais ! Je sais que je n’ai pas le type de personnalité qu’il aime, que je ne suis pas l’héritier qu’il veut. Il pense que je ne mérite pas d’être chef de secte, que je ne comprends pas notre devise, que je n’ai rien d’un membre du clan Jiang ! Et tout cela est vrai !

« Tu as tué le Xuanwu Sanguinaire avec Lan WangJi, tu en es ressorti couvert de sang ! poursuivit-il en haussant le ton. N’est-ce pas grandiose ?! Mais qu’en est-il de moi ?! »

Il frappa son poing contre un pilier du couloir, les dents serrées.

« … Moi aussi, j’ai passé des jours à courir sans relâche, à bout de forces, sans prendre une seconde de repos !

— Et qu’en a-t-on à faire de la devise ?! rétorqua Wei WuXian. Dois-tu la suivre simplement parce qu’elle existe ? Regarde les règles de la secte GusuLan : il y en a plus de trois mille. Si les gens suivaient chacune d’entre elles, arriveraient-ils même à vivre à ce stade ? »

Il sauta de la barrière :

« Et, qui a dit qu’être un chef de secte signifiait que tu devais forcément être en accord avec le style de la secte ? Il y a eu tellement de chefs de secte dans la secte YunmengJiang, je ne pense pas que tous étaient identiques. Même la secte GusuLan a eu son exception avec Lan Yi, mais qui réfuterait sa position et ses capacités ? Quand on parle des célèbres cultivateurs de la secte Lan, qui pourrait passer outre son existence ? Qui pourrait ignorer sa technique de la Corde Assassine ? »

Jiang Cheng se fit silencieux, comme s’il s’était enfin calmé. Wei WuXian posa à nouveau sa main sur son épaule :

« Plus tard, tu seras le chef de la secte, et je serai ton subordonné, comme ton père et le mien l’ont été. La secte GusuLan a ses Deux Jades, et alors ? La secte YunmengJiang aura ses Deux Héros ! Donc, tais-toi. Qui ose dire que tu ne mérites pas d’être le chef de la secte ? Personne n’a le droit de dire ça, pas même toi. Si tu le fais, attends-toi à une raclée.

— Tu as vu dans quel état tu es actuellement ? pouffa Jiang Cheng. À qui peux-tu encore mettre une raclée ? »

Tout en parlant, il donna un coup sur le torse de Wei WuXian. Bien que des médicaments et des bandages avaient été appliqués sur sa brûlure, être frappé à l’improviste à cet endroit lui provoqua malgré tout une immense douleur.

« Jiang Cheng !!! hurla-t-il. Je vais te tuer, viens par ici !!! »

Jiang Cheng esquiva son coup et cria :

« Si tu as tellement mal maintenant, pourquoi avoir joué les héros à ce moment-là ?! Bien fait pour toi ! Ça t’apprendra !

— Comment ça je jouais les héros ?! Je n’avais pas d’autre choix, j’ai agi sans réfléchir ! Arrête de courir, je te laisse tranquille, pour cette fois. J’ai quelque chose à te demander !… J’avais un sachet parfumé quelque part autour de ma taille. Il était vide. Tu ne l’aurais pas vu ?

— Celui que MianMian t’a offert ? Je ne l’ai pas vu. »

Wei WuXian poussa une exclamation pleine de regrets.

« Je lui en trouverai un autre plus tard. »

Jiang Cheng fronça les sourcils.

« Tu recommences avec ça. Tu ne l’aimes pas vraiment, n’est-ce pas ? La fille a l’air très bien, mais il est évident qu’elle n’est pas d’une grande famille. Peut-être n’est-elle même pas une disciple. Sans doute la fille d’un serviteur.

— Quel est le problème avec les serviteurs ? Je suis aussi le fils d’un serviteur, tu l’as oublié ?

— Comment peux-tu te comparer à elle ? Quel genre de serviteur est comme toi, à demander à sa maîtresse de lui peler des graines de lotus et de lui préparer de la soupe. Je n’ai même pas pu en avoir !

— Si tu en veux, tu n’as qu’à demander à shijie de t’en préparer plus. Bien, nous parlions de Lan Zhan. N’a-t-il pas laissé de message pour moi ? demanda Wei WuXian. Son frère a-t-il été retrouvé ? Quelle est la situation de sa secte ?

— Tu crois vraiment qu’il t’aurait laissé un message ? Tu as de la chance qu’il ne t’ait pas poignardé en partant, railla Jiang Cheng. Il est rentré chez lui. Lan XiChen n’a pas encore été trouvé. Lan QiRen est épuisé à force de travailler.

— Qu’en est-il du chef de secte Lan ? Comment va-t-il ?

— Il a rendu l’âme. »


Note : Le titre de cette série de chapitres dans la traduction anglaise est « Poisons », mais dans la version originale, c’est bel et bien 三毒 sān dú, soit les fameux « Trois Poisons » auxquels l’épée et le titre de Jiang Cheng font allusion. Avec ce qui va se passer dans ces chapitres, la référence est trop belle pour passer à côté :’D

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AruBiiZe
AruBiiZe
6 février 2021 18:27

« ni le visage pâle, mais beau de Lan WangJi, »
*ricane* Au moins, il le trouve à son goût ! XD

La famille Jiang est vraiment bancale… Quel dommage.

J’aime cette relation qu’à Wei Ying et Jiang Cheng, a se soutenir ! 😉

Merci beaucoup pour ce chapitre et à tout de suite dans le prochain !