Mo Dao Zu Shi – Chapitre 19

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Traduction par AfterWar, correction par Keliane.

Chapitre 19 : Contentement – Partie 1

Wei WuXian était resté allongé sur le ventre toute la nuit durant. Il avait passé la première moitié de la nuit à réfléchir à ce qui avait bien pu arriver à Lan WangJi pendant toutes ces années, et il ne s’était endormi que durant l’autre moitié. Lorsqu’il ouvrit les yeux le matin suivant, Lan WangJi s’était déjà évaporé. Wei WuXian était quant à lui correctement allongé sur le lit, les bras placés le long du corps, dans une position qui donnait l’image d’une personne bien-élevée.

Wei WuXian retira immédiatement sa couverture. Il passa sa main droite dans ses cheveux. Il ne pouvait effacer de son esprit cet inexplicable sentiment d’absurdité et d’effroi.

À cet instant, deux coups retentirent contre la porte en bois du jingshi. Il entendit la voix de Lan SiZhui à l’extérieur :

« Jeune Maître Mo? Êtes-vous réveillé?

— Pourquoi m’appelez-vous si tôt le matin?!

— T-tôt? … Mais il est déjà neuf heures. »

Tous les membres de la secte Lan se levaient systématiquement à cinq heures et se couchaient à neuf heures. Wei WuXian pour sa part se levait à neuf heures et se couchait à une heure tout aussi systématiquement, précisément quatre heures après les gens de la secte Lan. Comme il avait passé la moitié de la nuit sur le ventre, son bassin et son dos étaient douloureux. Il déclara d’un ton sincère :

« Je ne peux pas me lever.

— Euh, qu’est-ce qui ne va pas, cette fois? demanda Lan SiZhui.

— Ce qui ne va pas? Je me suis fait baiser par votre HanGuang-Jun. »

La voix furieuse de Lan JingYi s’éleva à son tour :

« Si tu continues à dire des inepties pareilles, tu vas le payer cher. Sors de là!

— Vraiment! répondit Wei WuXian d’un ton offensé. Il m’a baisé toute la nuit! Je ne peux pas sortir. Je n’ose plus me montrer à qui que ce soit. »

Les quelques novices devant la porte se regardèrent les uns les autres, abasourdis. Personne ne pouvait entrer chez HanGuang-Jun sans sa permission, ils ne pouvaient donc pas débarquer à l’intérieur et le faire sortir.

« Tu n’as aucune honte! fulmina Lan JingYi. HanGuang-Jun n’est pas une manche-coupée. Il t’a baisé toi? Je serai plus que rassuré si tu me disais que tu ne l’as pas baisé lui. Lève toi! Et emmène ton âne ailleurs pour le dresser correctement. Il fait trop de bruit! »

À la mention de sa monture, Wei WuXian se leva d’un bond :

« Qu’avez-vous fait à ma P’tite Pomme? Ne l’embêtez pas : il donne des coups.

— C’est quoi P’tite Pomme? demanda Lan JingYi.

— Mon âne! »

Il sortit du jingshi et exhorta les disciples à le mener à lui. Ils le conduisirent au pré où se il se trouvait, braillant sans interruption et faisant un boucan de tous les diables. S’il beuglait tant, c’était parce qu’il voulait manger de l’herbe, mais cette tâche était rendue impossible par les quelques dizaines de petites boules rondes et blanches qui parsemaient le champ.

Wei WuXian était aux anges.

« Tous ces lapins! Vite, vite, mettons-les à la broche et rôtissons-les!

— Il est interdit de tuer dans le Repaire des Nuages! s’indigna Lan JingYi. Fais-le taire tout de suite. Les disciples qui font leurs lectures matinales sont déjà venus se plaindre plusieurs fois! Si ça continue, on va se faire réprimander à mort! »  

Wei WuXian offrit à l’âne la pomme qu’on lui avait donné en guise de petit-déjeuner. Comme il s’y attendait, l’animal cessa de faire du bruit dès qu’il croqua dans le fruit. Wei WuXian caressa son encolure tout en songeant au laissez-passer que les novices portaient sur eux, avant de désigner les lapins rondelets qui les entouraient.

« Je ne peux vraiment pas les rôtir? Si je les cuisine, serais-je chassé de la montagne? »

Comme en face d’un danger imminent, Lan JingYi se précipita devant Wei WuXian pour le bloquer, les bras largement écartés.

« Ils sont à HanGuang-Jun. Nous l’aidons de temps en temps à s’occuper d’eux. Tu n’as pas intérêt à les rôtir! »

Quand Wei WuXian entendit cela, il rit si fort qu’il en tomba presque au sol. “Lan Zhan est décidément une personne intéressante!” songea-t-il. “À l’époque, il ne voulait même pas accepter ceux que je lui avais gracieusement offert, et maintenant, il en élève toute une légion en secret. Et dire qu’il disait qu’il ne voulait pas d’eux. Qui croyait-il duper? Oh, sérieusement, je suis sûr qu’en fait il aime bien ce genre de trucs blancs et duveteux. HanGuang-Jun, avec un lapin dans les bras, le visage sérieux. Mon dieu, je vais mourir de rire… »

Cependant, en se remémorant la situation de la nuit précédente, qu’il avait passé allongé sur Lan WangJi, il cessa brusquement de rire.

Soudain, un bruit de cloche retentit à l’ouest du Repaire des Nuages.

Les coups de cloche était complètement différents de ceux qui indiquaient l’heure, rapides et violents, comme s’ils étaient l’œuvre d’un fou. Les visages de Lan JingYi et Lan SiZhui changèrent brusquement, ils cessèrent tous deux de plaisanter avec lui et se précipitèrent immédiatement en direction du son. Wei WuXian se doutait que quelque chose n’allait pas, et les suivit promptement.

Le bruit provenait d’une tour de garde, qu’on appelait “mingshi 1.

Il s’agissait du bâtiment utilisé par la secte Lan pour invoquer des esprits. Les murs étaient faits d’un matériau spécifique sur lesquels étaient gravé des incantations. Le fait que la cloche de la tour de garde se soit mise à sonner toute seule ne pouvait signifier qu’une seule chose : un accident était arrivé aux gens qui réalisaient le rituel d’invocation à l’intérieur.

Les disciples de la secte Lan s’amassaient de plus en plus devant de la tour de garde, mais personne n’osait y entrer de façon trop imprudente. La porte du mingshi était faite d’un bois noir, solidement fermée, et ne pouvait s’ouvrir que de l’intérieur. Il était extrêmement difficile de l’ouvrir de force de l’extérieur, mais il était aussi interdit d’agir de la sorte. L’idée qu’un accident ait pu se produire pendant le rituel était terrifiante, car nul ne pouvait savoir quelle créature avait été invoquée, ni les conséquences que cela engendrerait si quelqu’un entrait pendant la cérémonie. De plus, depuis la construction du mingshi, jamais une invocation n’y avait échoué. Les gens en étaient d’autant plus inquiets.

En voyant que Lan WangJi ne se montrait toujours pas, Wei WuXian eut un mauvais pressentiment. Si Lan WangJi était encore dans le Repaire des Nuages, il se serait immédiatement empressé de venir sur place au son de la cloche, à moins que… Soudain, la porte noire s’ouvrit brusquement avec un bang. Un disciple vêtu de blanc se jeta à l’extérieur en chancelant et titubant.

Ses jambes étaient instables : dès qu’il sortit, il tomba et roula jusqu’en bas des marches. La porte du mingshi se referma instantanément, comme si quelqu’un l’avait claquée avec colère.

Dans la confusion, les badauds de hâtèrent autour du disciple pour l’aider. Il se releva, mais s’effondra de plus belle, le visage en larmes malgré lui. Il s’accrocha aux gens qui l’entouraient.

« Nous n’aurions pas dû… Nous n’aurions pas dû invoquer… »

Wei WuXian attrapa immédiatement sa main et lui s’adressa à lui d’une voix basse :

« Quel esprit avez-vous invoqué? Qui d’autre est à l’intérieur? Où est HanGuang-Jun? »

Le disciple semblait avoir du mal à respirer.

« HanGuang-Jun m’a dit de m’enfuir… »

Avant même qu’il n’ait fini sa phrase, un sang rouge sombre s’écoula de son nez et de sa bouche. Wei WuXian le laissa au soin de Lan SiZhui. La flûte en bambou qu’il avait fabriqué à la hâte toujours à la hanche, il grimpa les escaliers en quelques enjambées. Il donna un coup de pied à la porte du mingshi et ordonna :

« Ouvre-toi! »

Elle s’ouvrit abruptement, comme si elle riait en ouvrant largement la bouche. Wei WuXian entra rapidement, et la porte se referma juste derrière lui. Quelques disciples le suivirent, choqués, mais la porte ne pouvait être rouverte malgré leurs efforts. Un disciple invité accourut vers elle, son visage laissant voir son saisissement et son irritation, et il lâcha :

« Mais qui est cette personne? »

Lan SiZhui l’attrapa et lui dit, les dents serrés :

« … Viens d’abord m’aider. Il saigne par ses qiqiao2! »

Dès son entrée dans le mingshi, Wei WuXian ressentit une énergie négative autour de lui.

Elle semblait le résultat d’une combinaison de ressentiment, de colère et d’arrogance, presque visibles à l’œil nu. Soumis à une telle énergie, on pouvait sentir sa poitrine se serrer douloureusement.  L’intérieur du mingshi mesurait environ dix mètres en longueur et en largeur. Aux coins de la pièce, des gens étaient allongés par terre, inconscients. L’objet de l’invocation était placé au centre d’un diagramme sur le sol.

Ce n’était rien de plus qu’un bras : celui qui avait été récupéré au village de Mo!

Il était par terre, droit comme un i, en appui sur la partie où il avait été coupé. Quatre de ses doigts étaient refermés, mais son index pointait vers le ciel, comme s’il désignait quelqu’un avec rage. C’était lui qui émettait le flux constant d’énergie négative qui emplissait le mingshi.

Tous les participants de l’invocation spirituelle s’étaient soit enfuis, soit évanouis. Lan WangJi était le seul encore assis convenablement à la place principale, du côté est.

Un guqin reposait à ses côtés. Ses mains ne touchaient pas les cordes, mais celles-ci continuaient à vibrer toutes seules. Il semblait perdu dans ses pensées ou en train d’écouter quelque chose, et il ne leva la tête que quand il sentit la présence de quelqu’un d’autre.

Comme le visage de Lan WangJi était toujours impassible, Wei WuXian n’avait aucune idée de ce à quoi il pensait. Lan QiRen, qui était à l’origine responsable d’une section du mingshi, était tombé dans les pommes sur le côté, saignant par ses qiqiao comme le disciple qui s’était échappé un peu plus tôt. Wei WuXian s’installa à sa place, à l’ouest, juste en face de Lan WangJi. Il dégaina la flûte accrochée à sa taille et la porta à ses lèvres.

Durant la nuit au village de Mo, Wei WuXian avait sifflé pour distraire le bras, suite à quoi Lan WangJi l’avait attaqué à distance avec les notes de sa cithare. Ils avaient réussi à réprimer le bras uniquement grâce à leur collaboration involontaire. Lan WangJi croisa son regard, l’air de comprendre où il venait en venir. Il leva la main droite, et une mélodie s’éleva du guqin. Wei WuXian l’accompagna immédiatement à la flûte.

Le morceau qu’ils jouaient s’appelait “Évocation”. Il utilisait un cadavre, un morceau du cadavre ou un objet personnel appartenant à un défunt comme médium pour amener l’esprit à suivre la mélodie. En général, il suffisait d’en jouer une partie pour que l’esprit apparaisse à l’intérieur du diagramme. Cependant, la musique touchait presque à sa fin, et aucun esprit n’avait répondu à l’invocation.

Le bras semblait énervé, ses veines étaient visibles et tremblantes. La sensation étouffante dans l’air s’alourdit. Si quelqu’un d’autre s’était tenu à l’ouest, il serait déjà tombé depuis longtemps en saignant de la même façon que Lan QiRen. Wei WuXian était secrètement choqué. Il était pratiquement impossible que l’esprit ne puisse pas être invoqué alors que Lan WangJi et lui jouait “Évocation” ensemble, à moins que… À moins que l’âme du défunt n’ait été morcelée de la même manière que son corps!

Il s’avérait que la mort de ce bonhomme était légèrement pire que la sienne. Bien que son propre corps ait été divisé en plus de morceaux, son âme était demeurée complète, au moins.

Puisque “Évocation” ne marchait pas, les doigts de Lan WangJi changèrent de position, et il se mit à jouer un autre air.

La mélodie était calme, différente de la cadence sinistre et inquisitrice de la précédente. Son nom était “Repos”. Ces deux musiques étant relativement connues dans le monde de la cultivation, il n’y avait rien d’étrange à ce que n’importe qui sache les jouer, Wei WuXian l’accompagna donc naturellement.

La flûte spectrale du Patriarche de Yiling, “Chenqing”, était universellement renommée. Pourtant, avec son actuelle flûte en bambou, il jouait en faisant intentionnellement de nombreuses erreurs et en soufflant de courtes bouffées d’air, au point que la musique faisait mal à entendre. Lan WangJi n’avait probablement jamais joué avec quelqu’un d’aussi peu talentueux auparavant. Après un moment, il ne put continuer comme si de rien n’était, et leva la tête pour fixer Wei WuXian, le visage inexpressif.

Wei WuXian demeura de marbre, prétendant ne pas s’en apercevoir tandis que l’air qu’il jouait sonnait de plus en plus faux. Alors qu’il continuait à jouer, un événement étrange se produisit derrière lui. Il se retourna et ce qu’il vit l’interloqua. Lan QiRen, qui avait perdu conscience, s’était invraisemblablement redressé. Il pointa Wei WuXian d’une main tremblante, le visage couvert d’un masque de sang et de colère, et cria d’une voix enrouée :

« Arrête de jouer! Sors! Sors tout de suite! Arrête de… »

Avant même d’avoir fini de dire ce qu’il devait arrêter de faire, il cracha une goulée de sang et retomba sur place, plongeant à nouveau dans un profond coma.

Lan WangJi : « … »

Wei WuXian était bouche bée.

Il savait comment la phrase de Lan QiRen se terminait : Arrête de jouer! Arrêtez ce duo! Cesse de souiller les notes du guqin de WangJi, mon disciple favori!

Leur duo de guqin et de flûte avait visiblement énervé Lan QiRen à tel point qu’il s’était réveillé avant de s’évanouir une nouvelle fois. Cela montrait bien à quel point c’était horrible à entendre…

Pourtant, en dépit de cela, la main retomba graduellement sous l’effet du guqin et de la flûte combinés. “Peu importe que ça sonne faux, tant que ça fonctionne”, songea Wei WuXian sans la moindre honte.

Les portes s’ouvrirent instantanément après la dernière note du guqin, laissant entrer un flot de lumière. L’alarme de la tour de garde devait s’être arrêtée. Tous les disciples amassés devant le mingshi se précipitèrent à l’intérieur, leurs voix appelant “HanGuang-Jun.”

Lan WangJi pressa ses mains sur le guqin, réprimant le son résiduel des cordes vibrantes, et s’approcha de Lan QiRen pour vérifier son pouls. Puisqu’il prenait les choses en main, les autres se calmèrent rapidement. Les aînés allongèrent les blessés au sol et entreprirent de les soigner. Alors qu’ils s’activaient en s’aidant d’aiguilles et de remèdes, un autre groupe de disciples apporta une cloche immense pour y emprisonner le bras à l’intérieur. La scène était animée, néanmoins tout se déroulait de façon ordonnée. Les gens chuchotaient entre eux, sans faire un seul bruit.

Quelques-uns s’inquiétèrent :

« HanGuang-Jun, ni les élixirs, ni l’acupuncture ne fonctionnent. Que devons-nous faire? »

Avec trois doigts toujours placés sur le poignet de Lan QiRen, Lan WangJi demeura silencieux. Lan QiRen avait dirigé plus de huit cents voire mille invocations spirituelles auparavant, parmi lesquelles de nombreux esprits féroces étaient concernés. Puisque même lui avait succombé à l’énergie négative, il était clair que la quantité d’énergie de ressentiment dans la main spectrale était incroyablement importante.

Wei WuXian rangea la flûte en bambou à sa ceinture. Il s’accroupit à côté de la cloche de bronze et caressa doucement les inscriptions qui y étaient gravées. Tandis qu’il réfléchissait, il aperçut soudainement l’expression abattue de Lan SiZhui.

« Qu’est-ce qui ne va pas? »

Lan SiZhui avait déjà compris qu’il n’était pas quelqu’un d’ordinaire. Après une hésitation, il répondit d’une voix basse :

« C’est juste que je me sens un peu coupable.

— Coupable de quoi? interrogea Wei WuXian

— Cette main est venue pour nous. »

Wei WuXian sourit.

« Comment le sais-tu?

— Les bannières d’attraction spectacles de différents niveaux sont dessinées de façon différente avec différentes quantités d’énergie. Celles que nous avons dessinées au village de Mo avaient un rayon d’action de seulement deux mille cinq cents mètres. À côté de cela, cette main spectrale dégage une puissante intention meurtrière, et se nourrit de la chaire et des os humains. Si elle se trouvait dans ce rayon dès le départ, étant donné son niveau de malveillance, le village de Mo se serait transformé en bain de sang depuis longtemps. Cependant, elle n’est apparue qu’après notre arrivée… Ce qui signifie qu’elle a dû être volontairement placée là à ce moment-là, par une personne animée de mauvaises intentions.

— Tes connaissances théoriques sont impressionnantes. C’était une excellente analyse. »

Lan SiZhui baissa la tête.

« Si c’est le cas, alors pour les vies perdues au village de Mo, nous sommes… nous sommes sûrement aussi responsables. Et maintenant, nous avons aussi impliqué Lan QiRen et les autres… »

Après un silence, Wei WuXian tapota son épaule :

« Le responsable, ce n’est pas vous, les garçons, mais celui qui a envoyé la main spectrale. Dans ce monde, certaines choses sont impossibles à contrôler. »

Parallèlement, Lan WangJi retira sa main. Les gens de la secte Lan l’entourèrent.

« HanGuang-Jun, comment cela se présente-t-il?

— Il faut remonter à sa source.

— C’est vrai, acquiesça Wei WuXian. Si on remonte à sa source, qu’on retrouve l’intégralité du corps de cette main spectrale et qu’on découvre de qui il s’agit, on trouvera forcément un moyen de les sauver. »

Même si Lan JingYi savait désormais qu’il n’avait définitivement pas affaire à un fou, il ne pouvait s’empêcher de critiquer :

« Facile à dire. L’invocation spirituelle n’a pas marché et a abouti à cette pagaille. Comment est-on censé le retrouver?

— Vers le nord-ouest, déclara Lan WangJi.

— Le nord-ouest? demanda Lan SiZhui. HanGuang-Jun, pourquoi le nord-ouest?

— On vous a déjà indiqué la direction, non? intervint Wei WuXian.

— On nous l’a indiqué? répéta Lan JingYi, confus. Qui ça? Qui nous l’a montré? HanGuang-Jun n’a rien fait de tel.

— Ça, » répondit Wei WuXian.

Les gens réalisèrent soudain qu’il montrait le bras spectral!

La main indiquait clairement une direction. Lorsque quelqu’un changea sa position, elle se réorienta obstinément dans le sens initial. Les disciples étaient tous abasourdis, aucun d’eux n’avait jamais vu une telle situation auparavant. Lan JingYi bafouilla :

« Ça? Que… Que pointe-t-il du doigt?

— À ton avis, quelle direction peut-il indiquer si ce n’est celle dans laquelle se trouvent les autres parties de son corps, ou bien le meurtrier qui l’a réduit à cet état? »

En entendant cela, les garçons qui se tenaient au nord-ouest de la pièce se décalèrent promptement. Tout en regardant Wei WuXian, Lan WangJi se releva lentement, et s’adressa aux disciples :

« Occupez-vous correctement de mon oncle. »

Quelques uns d’entre eux acquiescèrent :

« Oui! Allez-vous descendre de la montagne? »

Lan WangJi hocha légèrement la tête. Wei WuXian se plaça furtivement derrière lui, et s’écria bruyamment et joyeusement :

« Oui, oui, oui, nous pouvons enfin partir de cette montagne et nous enfuir ensemble! »

Toutes les personnes présentes semblaient ne plus pouvoir assister à cette scène plus longtemps. Les expression des disciples les plus âgés étaient particulièrement menaçantes, mais certains des garçons étaient déjà habitués à ce manège. Le visage de Lan QiRen sembla se contorsionner une nouvelle fois, alors qu’il était allongé au sol, inconscient. “S’il prononce encore quelques phrases de plus, peut-être que Monsieur Lan s’énervera au point de se réveiller…” songèrent les disciples.  


Ndt :

1 mingshi : littéralement “chambre du mal”.

2 qiqiao : terme de médecine chinoise désignant les sept orifices de la têtes (la bouche, les yeux, les oreilles et les narines).

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3 commentaires sur “Mo Dao Zu Shi – Chapitre 19”

  1. Je sais plus où je l’ai vu (dans le manhua peut-être) mais je crois que c’est Lan WangJi qui a réinstallé Wei WuXian dans son sommeil (début du chapitre). C’est trop mignon !

    En tout cas, les répliques de Lan QiRen m’ont bien fait rire !

    Ce chapitre était rafraichissant après les « souvenirs » de Wei WuXian ! 😉

    Comme toujours, Merci Beaucoup pour votre travail dessus ! Vous me comblez ! 😀

    1. Oui, c’est ce qui est sous-entendu ici (après tout qui d’autre à le droit d’entrer chez lui XD) et c’est aussi précisé un peu plus tard dans le novel 🙂 Merci à toi de continuer à nous suivre, on est plus que ravis de savoir que ça te fait plaisir :3

  2. ça y est nous sommes enfin de retour dans le présent ! T^T
    Et avec plein d’actions ! 🙂
    Il n’y a pas à dire WangXian sont vraiment complémentaires ! Sans même parler ouvertement, ils arrivent distinctement à savoir ce que l’autre pense. C’est une confiance mutuelle qui a toujours/et qui continue toujours à perdurer.

    « Il s’avérait que la mort de ce bonhomme était légèrement pire que la sienne. Bien que son propre corps ait été divisé en plus de morceaux, son âme était demeurée complète, au moins. »

    Juste de quelle façon il est mort ? Vu la comparaison… ça ne laisse rien présager de bon…

    Dites, est-ce que c’est possible ou non d’intégrer dans le guide, le nom et la fonction des « sorts » de musiques ? Si je me souviens bien, elles seront utilisés tout au long de l’histoire, c’est juste pour éviter de rechercher à travers les chapitres chaque définition ◑.◑

    Est-ce que les instruments magiques qu’emploient WangXian possèdent un esprit spirituel comme leurs épées ?

    « Il savait comment la phrase de Lan QiRen se terminait : Arrête de jouer ! Arrêtez ce duo ! Cesse de souiller les notes du guqin de WangJi, mon disciple favori ! »

    Hahahaha ! Même dans cet état pareil, il trouve la force de se relever pour protéger l’intégrité de Wangji !

    « “S’il prononce encore quelques phrases de plus, peut-être que Monsieur Lan s’énervera au point de se réveiller…” songèrent les disciples.  »

    Hahahaha ! C’est sur ! Ce serait le coup de grâce ! ‘w’

    Ce chapitre fut intéressant et amusant comme tout ! 😀
    Merci encore pour votre travail et prenez soin de vous ! :).

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