Mo Dao Zu Shi – Chapitre 37

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Traduction par NoirSoleil, correction par Keliane

Chapitre 37 : Herbe —Partie 5

Lan JingYi regarda à travers la fente de la porte, puis bloqua immédiatement cette dernière de tout son corps.

« I-il-il y en a tellement !

— Des cadavres ambulants ? l’interrogea Wei WuXian. C’est combien “tellement” ?

— Je ne sais pas ! Ils occupent toute la rue — peut-être des centaines ! Et il y en a de plus en plus qui arrivent ! Je ne pense pas que les mannequins pourront les retenir plus longtemps ! »

Si les mannequins dehors échouaient à garder l’entrée, tous les cadavres de la rue risquaient d’envahir l’échoppe. Si on les tuait, on risquait d‘être empoisonné, et, en se débattant, le poison circulait plus rapidement ; si on ne les tuait pas, on finissait déchiqueté et dévoré. Son épée en main, Xiao XingChen était prêt à partir, certainement dans l’espoir de donner son maximum avec ce qui lui restait de force. Cependant, son visage prit soudain une teinte pourpre, et il trébucha sur le sol.

« Tu devrais simplement t’asseoir et te détendre, déclara Wei WuXian. Ce sera bientôt fini. »

Encore une fois, il entailla l’index de sa main droite sur l’épée de Lan JingYi. Des gouttes de sang tombèrent par terre.

« Comptes-tu te servir de l’Invocation encore une fois ? Si tu peins deux pupilles à chaque mannequin, quelle quantité de sang devras-tu utiliser ? As-tu besoin que je te donne un peu du mien ? » proposa Lan JingYi.

Immédiatement, quelques uns des autres garçons retroussèrent leurs manches :

« Je peux aussi en donner un peu… »

Wei WuXian ne savait s’il devait en rire ou soupirer.

« Ça va aller. Avez-vous des talismans vierges ? »

Les disciples étaient relativement jeunes, et n’avaient pas encore atteint un niveau de cultivation leur permettant d’écrire des sorts sur le vif. Par conséquent, tous les talismans qu’ils avaient sur eux étaient déjà recouverts de symboles.

« Non », répondit Lan SiZhui en secouant la tête.

Wei WuXian n’était pas inquiet.

« Des talismans déjà écrits sont tout aussi bien. »

Lan SiZhui sortit une liasse de talismans jaunes d’une pochette qiankun, mais Wei WuXian ne s’empara que de l’un d’eux. Après l’avoir sommairement observé, à l’aide de l’index et du majeur de sa main droite, il gribouilla de haut en bas sur les runes de cinabre déjà tracées. Le sang cramoisi par-dessus le cinabre vermeil formèrent un nouvel ensemble de runes. D’un mouvement de poignet, les talismans jaunes et les runes rouges planèrent dans les airs et s’enflammèrent d’eux-mêmes. Wei WuXian tendit la main gauche pour attraper les cendres qui s’éparpillaient. Ensuite, il ferma le poing et baissa légèrement la tête. Tandis qu’il rouvrait de nouveau sa main, il souffla délicatement sur ces dernières vers la rangée de mannequins de papier et murmura :

« Quand le feu la dévore, il n’en vient pas à bout ;
Qu’au printemps, le vent souffle : elle renaît tout à coup. » 1

Les cendres tourbillonnèrent dans la pièce.

Le Combattant Funeste qui se tenait devant tous les autres s’empara soudain du sabre tranchant à ses pieds et le plaça dans son dos.

Une dame avec un haut chignon et des robes raffinées leva lentement la main droite. Ses doigts fins se replièrent nonchalamment, à la façon langoureuse d’une aristocrate, admirant avec insouciance ses longs ongles rouge-sang. À côté d’elle, se tenaient un Garçon Dorée et une Fille de Jade 2, deux enfants serviteurs. Le garçon tira malicieusement la tresse de la fille tandis que que celle-ci lui tirait la langue. Longue d’au moins une vingtaine de centimètres, elle se déroula à toute vitesse hors de sa bouche, tel un serpent, avant de percer un large trou dans le torse du garçon. Après cette violente attaque, la langue se rétracta d’un coup. Le garçon ouvrit la bouche, révélant deux rangées de dents blanches et sinistres, et lui mordit le bras. Ainsi, les deux enfants de papiers se mirent à se chamailler à leur façon.

L’un après l’autre, les dizaines de mannequins de papiers s’ébranlèrent. Tout en chuchotant entre eux, ils sautillèrent comme s’ils échauffaient leurs membres. Autour d’eux, les bruissements s’élevaient et s’abaissaient. Ils n’étaient pas humains, ils étaient bien mieux.

« Retenez votre souffle », ordonna Wei WuXian.

Suite à ces mots, il se décala, laissant la voie libre jusqu’à la porte. Il s’inclina légèrement, dans un geste d’invitation.

Les portes de bois s’ouvrirent une nouvelle fois à la volée. Les relents douceâtres et écœurants de la poudre d’empoisonnement cadavérique s’infiltrèrent dans la pièce, et les disciples se couvrirent immédiatement le visage avec leurs manches. Dans un hurlement retentissant, le Combattant Funeste chargea à l’extérieur. Les autres mannequins le suivirent.

Les portes se refermèrent derrière le dernier d’entre eux.

« Personne n’en a inhalé, n’est-ce pas ? » s’assura Wei WuXian.

Ils répondirent tous que non. Wei WuXian aida Xiao XingChen à se redresser, avec l’intention de lui trouver un endroit où s’allonger. Cependant, comme il n’y en avait pas, il n’eut d’autre choix que de l’asseoir sur le sol froid et poussiéreux. Xiao XingChen agrippait toujours fermement Shuanghua. Se réveillant enfin de son demi-coma, il toussa un peu, avant de demander faiblement :

« Était-ce… l’Invocation des Yeux Peints ?

— Je connais deux ou trois trucs », répondit Wei WuXian.

Après un moment de réflexion, Xiao XingChen sourit.

« Oui… Pour éliminer ces cadavres ambulants, c’était en effet la meilleure option. »

Après une pause, il continua :

« Cependant, cette Voie de cultivation peut aisément mener à la riposte des spectres ou des esprits que l’on contrôle. Même le fondateur de la Voie, le Patriarche de Yiling, n’a pu éviter une telle fin. Je te suggère d’être plus prudent et de te retenir d’y avoir recours, à moins d’être dans une situation désespérée. Tu peux cultiver d’autres Voies… »

Wei WuXian soupira doucement.

« Merci pour tes conseils. »

La plupart des cultivateurs célèbres auraient adopté une opinion tranchée sur le sujet, et tracé une ligne nette marquant leur haine absolue envers la personne en question. Cependant, son plus jeune shishu tentait de le persuader, alors même qu’il était tout juste à moitié en vie, et le mettait en garde contre le retour de bâton. C’était vraiment une personne au cœur tendre, à la fois douce et attentionnée. En voyant l’épaisse couche de bandages qui recouvrait les yeux de Xiao XingChen et en songeant à tout ce qu’il avait vécu, Wei WuXian ne put s’empêcher de compatir pour lui.

Habituellement, seuls les disciples les plus jeunes et inexpérimentés ressentaient plus de curiosité que d’animosité envers ce genre de Voie impropre. À l’exception de Jin Ling, qui conservait une expression dédaigneuse, les autres étaient collés en face de la fente de la porte et regardait le combat.

« Oh, seigneur… Les ongles de la dame-mannequin sont si effrayants ! En une griffure, elle laisse cinq égratignures.

— Pourquoi la langue de la fille est-elle si longue et si dure ? Est-elle un fantôme pendu ?

— Cet homme est si fort ! Comment peut-il soulever tant de cadavres en une fois ? Il va les jeter à terre ! Regardez, regardez ! Il les a jetés ! Il les a brisés ! »

Après avoir écouté le discours bien intentionné de Xiao XingChen, Wei WuXian s’empara du dernier bol avec un restant de congee de riz.

« Le poison a déjà beaucoup circulé. Le contenu de ce bol peut le ralentir, mais cela pourrait ne pas marcher du tout, sans parler du fait que le goût est horrible. Veux-tu essayer ? Si tu ne veux plus vivre, ne prête pas attention à ce que je dis. »

Xiao XingChen prit le bol entre ses mains.

« Bien sûr que je veux vivre. Si je le peux, il n’y a pas de raison de ne pas essayer. »

Pourtant, après une seule bouchée, les coins de sa bouche se tordirent. Il se retint de tout recracher en serrant fermement les lèvres. Après un instant, il répondit respectueusement :

« Merci. »

Wei WuXian se retourna.

« Vous avez vu ça ? Vous l’avez vu ? Qu’a-t-il dit ? Vous êtes les seuls avec des standards aussi élevés, à vous plaindre à foison même après avoir mangé mon congee.

— Ton congee ? rétorqua Jin Ling. Qu’as-tu fais à part ajouter un tas de trucs louches dans la marmite ?

— Mais maintenant que j’y pense, reprit Xiao XingChen, si je devais en manger tous les jours, je préférerais encore mourir.  »

Jin Ling se moqua de lui sans la moindre retenue. Même Lan SiZhui ne put s’empêcher de pouffer. Bouche bée, Wei WuXian se tourna vers eux, et Lan SiZhui afficha immédiatement un visage impassible. Lan JingYi prit la parole, la voix réjouie :

« C’est fini. Ils ont tous été tués. Nous avons gagné ! »

Xiao XingChen posa immédiatement son bol.

« N’ouvrez pas encore la porte. Soyez prudents. D’autres peuvent encore venir…

— Ne pose pas ce bol, dit Wei WuXian. Reprends-le et avale tout. »

Il s’approcha ensuite de la porte en bois et jeta un coup d’œil par la fente. Après cette bataille surhumaine, une fine nuée de brume et de poudre pourpre avait envahi la rue. La poudre empoisonnée commençait à se dissiper tandis que le groupe de mannequins de papier inspectait calmement la route. Si parmi les morceaux de cadavres qui parsemaient le sol, il y en avait encore qui bougeaient, ils les piétinaient sans merci, jusqu’à ce qu’il ne reste rien d’autre qu’une flaque de chair et de boue.

À part eux, tout était silencieux. Pour l’instant, aucun autre cadavre ne venait.

Au moment où Wei WuXian s’apprêtait à se détendre, une série de bruits presque imperceptibles se fit entendre au-dessus de lui.

Les bruits étaient extrêmement difficiles à discerner. C’était comme si quelqu’un marchait rapidement sur le toit. Cependant, puisque les mouvements de la personne étaient anormalement légers, le bruit de ses pas était quasiment impossible à remarquer. Wei WuXian n’avait entendu le son étouffé des tuiles s’entrechoquant que grâce à ses sens aiguisés. Évidemment, étant aveugle, Xiao XingChen l’avait entendu aussi.

« Au-dessus ! les mit-il en garde.

— Dispersez-vous ! » s’écria Wei WuXian.

Dès qu’il prononça ces mots, un trou énorme fut percé dans le plafond de la pièce centrale. Poussières, herbes folles et tuiles brisées tombèrent en pluie. C’était une chance que la plupart des disciples soient déjà éparpillée dans la pièce, personne ne fut blessé. Une silhouette sombre bondit à travers l’ouverture.

C’était un homme vêtu de robes de cultivation noires. De haute carrure et le dos droit, il faisait penser à un pin inébranlable. Un fuchen était fixé dans son dos et il tenait une longue épée dans la main. Bien que son visage était beau, il avait le menton légèrement relevé, suggérant une personnalité altière et distante.

Cependant, il n’y avait pas de pupilles dans ses yeux, rien que du blanc.

C’était un cadavre enragé !

À peine chacun d’eux était-il parvenu  à cette conclusion qu’il lança une attaque avec son épée.

Il la dirigea contre Jin Ling, qui était le plus proche de lui. Jin Ling se défendit avec son épée. La puissance de l’assaut était tel que son bras en fut presque engourdi. Si ce n’était l’immense pouvoir spirituel de sa propre lame, Suihua, son membre se serait brisé et il serait mort sur-le-champ.

Sa première initiative ayant échouée, le cadavre vêtu de noir recommença. Ses mouvements étaient fluides et naturels, tandis que ses agressions étaient précises et impitoyables. Cette fois, il visa le bras de Jin Ling. En dernier recours, Xiao XingChen contra l’attaque pour Jin Ling. Mais sans doute à cause d’une récidive du poison, il finit par s’évanouir.

Lan JingYi paniquait.

« Mais qu’est-il exactement, mort ou vivant ? Je n’ai jamais vu un… »

Un cadavre avec une telle vitesse et un tel talent à l’épée !

Il n’avait pas fini sa phrase car il s’était souvenu qu’il en avait vu un auparavant.

Le Général Fantôme était aussi comme ça !

Wei WuXian regarda le cultivateur avec la plus grande attention. Réfléchissant à toute vitesse, il s’empara de la flûte en bambou à sa taille et joua une longue tonalité aiguë et perçante, si douloureuse à écouter que tous les individus présents couvrirent leurs oreilles. Quand le cultivateur entendit ce son, bien que son corps se soit recroquevillé et que ses mains aient tremblé, il n’en attaqua pas moins Wei WuXian !

Il ne pouvait pas être contrôlé. Ce cadavre avait un maître !

L’épée était rapide comme l’éclair, mais Wei WuXian l’esquiva. Tandis qu’ils se frôlèrent, il joua calmement une autre mélodie. À peine une seconde après, les mannequins qui patrouillaient dehors bondirent à leur tour sur le toit et sautèrent dans le trou. Sentant que quelque chose n’allait pas, le cadavre porta deux coups d’épées de la main droite, tranchant verticalement deux mannequins en quatre morceaux. De la main gauche, il dégaina son fuchen. C’était comme si les milliers de fils blancs et doux s’étaient transformés en pics empoisonnés sur une masse, découpant et transperçant à chaque coup. S’il en venait à toucher quelqu’un par accident, la personne en question finirait certainement en passoire sanglante.

Tandis qu’il accomplissait plusieurs tâches en même temps, Wei WuXian parvint à s’adresser aux autres :

« Que personne n’approche. Soyez gentils et restez dans les coins ! »

Après ces mots, il se remit immédiatement à commander les cadavres. La flûte sonnait tantôt enjouée, tantôt violente. Bien que le cultivateur utilisaient ses deux mains et attaquait avec une grande hostilité, des mannequins de papier tombaient depuis le toit sans interruption et l’assaillaient de toute part. Quand il combattait d’un côté, plus en arrivaient de l’autre ; quand il éliminait ceux devant lui, plus en arrivaient derrière. Il était vraiment impossible de s’occuper d’eux tous en même temps. Un Combattant Funeste tomba soudain du ciel et atterrit sur lui, le cloua au sol avec un pied sur l’épaule.

Immédiatement après, trois autres Combattants Funestes sautèrent par l’ouverture et atterrirent l’un après l’autre sur son corps.

Selon les légendes, les Combattants Funestes étaient dotés d’une incroyable force. Quand les artisans les fabriquaient, ils ajoutaient des éléments à leurs corps pour les alourdir. Après avoir été possédés par des esprits errants, ils étaient plus lourds les uns que les autres. Un seul d’entre eux pouvait être aussi lourd qu’une montagne. Avec quatre d’entre eux d’un coup, c’était une chance que ses tripes ne jaillissent pas hors de son corps. Ainsi, le cadavre vêtu de robes fut fermement maintenu à terre par les quatre Combattants Funestes.

Wei WuXian s’approcha et découvrit qu’une zone à l’arrière de son vêtement avait été déchirée. En l’aplanissant, il remarqua la présence d’une blessure, à la fois fine et étroite, près de son omoplate gauche.

« Retournez-le », ordonna-t-il.

Les quatre Combattants Funestes retournèrent le cultivateur à sa demande. Il était plus facile de l’inspecter de face. Wei WuXian passa son doigt entaillé près de leurs lèvres en récompense. De leurs langues de papier cramoisi, les Combattants Funestes léchèrent lentement le sang sur le côté de leurs bouches, comme s’ils se délectaient de ce met délicat. Ce fut seulement après cela que Wei WuXian baissa à nouveau les yeux pour continuer son inspection. Sur le côté gauche du torse du cultivateur, près de son cœur, se trouvait une déchirure et une blessure fine et étroite semblables. On aurait dit qu’il était mort poignardé en plein cœur.

Le cadavre se débattait de toutes ses forces. Des grognements profonds sortaient de sa gorge et du sang aussi sombre que de l’encre s’écoulait du coin de ses lèvres. Wei WuXian pinça ses joues et le força à ouvrir la bouche. À l’intérieur, sa langue avait été arrachée dès la base.

Des yeux aveugles, une langue arrachée. Des yeux aveugles, une langue arrachée.

Pourquoi ces deux caractéristiques réapparaissaient si souvent ?

Après un moment d’observation, Wei WuXian commença à suspecter que ce cadavre était similaire à Wen Ning quand il était contrôlé par les clous noirs. Cette idée en tête, il se mit à tâter les tempes du cadavre, et, comme il s’y attendait, tomba en effet sur deux pointes de métal !

Ce type de longs clous étaient utilisés pour contrôler des cadavres féroces de haut niveau de façon à ce qu’ils perdent leur conscience et la capacité de penser par eux-mêmes. Comme il ne savait rien de l’identité et de la personnalité de ce cadavre, Wei WuXian décida qu’il valait mieux ne pas retirer les clous précipitamment, mais qu’il allait plutôt d’abord l’interroger. Cependant, puisqu’il n’avait plus sa langue, même si le cadavre retrouvait sa conscience, il ne serait pas en mesure de parler.

« L’un de vous a-t-il étudié Interrogation ? » demanda Wei WuXian aux disciples de la secte Lan.

Lan SiZhui leva la main.

« Moi. Je l’ai étudiée.

— As-tu pris ton guqin ?

— Oui. »

En un clin d’œil, il sortit de sa pochette qiankun un simple guqin dont le bois était encore clair.

Voyant que l’instrument était encore relativement neuf, Wei WuXian demanda :

« Comment est ta maîtrise de la langue du qin 3 ? As-tu une quelconque expérience en la matière ? L’esprit que tu invoqueras sera-t-il en mesure de mentir ?

— HanGuang-Jun dit que SiZhui a une bonne maîtrise de la langue du qin », intervint Lan JingYi.

Si Lan WangJi disait qu’elle était “bonne”, c’était qu’elle l’était.  Il n’était pas du genre à exagérer ou à sous-estimer ce genre de choses, Wei WuXian cessa donc de s’inquiéter.

« HanGuang-Jun m’a dit de me concentrer sur la qualité plutôt que la quantité, ajouta  Lan SiZhui. L’esprit que j’invoquerai pourra éviter de répondre, mais ne pourra pas mentir. Par conséquent, s’il est disposé à répondre, il dira forcément la vérité.

— Dans ce cas, commençons. »

Le guqin fut déposé devant la tête du cultivateur. Lan SiZhui était assis par terre, ses robes s’étalant proprement autour de lui. Après avoir joué quelques notes, il hocha la tête. Wei WuXian commença :

« La première question : qui est-il ? »

Après un moment de réflexion, Lan SiZhui récita silencieusement les incantations, et fut finalement prêt à jouer la première phrase.

Un instant plus tard, les cordes du guqin vibrèrent. Deux notes retentirent, pareilles à l’explosion d’un rocher.

Lan SiZhui écarquilla les yeux.

« Qu’a-t-il dit ? le pressa Lan JingYi.

— Song Lan ! »

… Le plus intime compagnon de cultivation de Xiao XingChen, Song Lan ?!

Ils tournèrent tous leur tête à l’unisson vers Xiao XingChen, qui gisait inconscient au sol.

« Sait-il que c’est Song Lan ? » murmura Lan SiZhui.

Jin Ling baissa lui aussi sa voix.

« Probablement pas. Il est aveugle, tandis que Song Lan est muet et est même devenu un cadavre enragé dépourvu de conscience… C’est pour le mieux qu’il n’en sache rien. »

Wei WuXian enchaîna :

« La deuxième question : qui l’a tué ? »

Avec un grand sérieux, Lan SiZhui joua une nouvelle phrase.

Cette fois, le silence fut trois fois plus long que précédemment.

Juste au moment où ils allaient conclure que l’âme de Song Lan n’était pas disposée à répondre à cette question, les cordes du guqin vibrèrent trois fois, leurs notes résonnant avec chagrin.

« C’est impossible ! s’écria Lan SiZhui.

— Qu’a-t-il dit ? » demanda Wei WuXian.

Lan SiZhui répondit comme s’il ne pouvait croire ce qu’il venait d’entendre :

« Il a dit… Xiao XingChen. »

Celui qui avait tué Song Lan était Xiao XingChen ?!

Ils avaient à peine posé deux questions, mais leurs réponses étaient des plus choquantes. Jin Ling était sceptique :

« Tu l’as mal jouée, non ?

— Mais “qui êtes-vous ?” et “qui vous a tué ?” sont les deux questions les plus simples et les plus communes d’Interrogation. Lorsque quelqu’un commence à  apprendre ce morceau, il débute avec ces deux premières phrases et s’entraîne à les jouer pas moins d’un millier de fois. J’ai vérifié avant de les jouer. Je ne peux assurément pas m’être trompé.

— Soit tu l’as mal jouée, soit tu as mal interprété la langue du qin, rétorqua Jin Ling.

— S’il est impossible que j’aie joué faux, il est encore plus impossible que je l’aie mal interprété, répondit Lan SiZhui en secouant la tête. Le nom et les trois caractères de « Xiao XingChen » ne sont pas si courants dans les réponses des esprits. Même s’il avait répondu un autre nom et que je l’avais mal compris, cela n’aurait pas pu être ce nom-là.

— … Song Lan est parti retrouver Xiao XingChen alors qu’il avait disparu, malgré cela, ce dernier l’a tué, murmura Lan JingYi Pourquoi aurait-il tué un si bon ami ? Il ne ressemble pas à ce genre de personne.

— Ne nous inquiétons pas de cela pour l’instant, déclara Wei WuXian. SiZhui, pose lui cette troisième question : qui le contrôle ?

La mine grave, Lan SiZhui n’osa même plus respirer tandis qu’il jouait la troisième phrase. Tous les regards étaient rivés sur les cordes du guqin, dans l’attente de la réponse de Song Lan.

Lan SiZhui interpréta la réponse, un mot à la fois.

« La. Personne. Derrière. Vous. »

Ils firent volte-face. Xiao XingChen, qui gisait évanoui au sol à peine un instant plus tôt, s’était déjà redressé et tenait son menton d’une main. Leur lançant un sourire, il leva sa main gauche gantée et claqua des doigts.

Lorsque le son sec parvint aux oreilles de Song Lan, ce fut comme si une explosion s’était produite juste à côté de lui, et il fit voler les quatre Combattants Funestes qui le maintenaient par terre !

Il se leva d’un bond. Son épée et son fuchen de nouveau entre les mains, il découpa les mannequins de papier en confetti multicolores qui flottèrent vers le sol. Il pressa sa lame contre le cou de Wei WuXian tandis qu’il pointait son fuchen en direction des disciples.

Dans la pièce principale de la boutique, la situation avait radicalement changé.

Jin Ling posa la main sur son épée. Remarquant son mouvement du coin de l’œil, Wei WuXian l’arrêta immédiatement :

« Ne bouge pas. N’envenime pas la situation. En terme d’escrime, même vous tous réunis ne seriez pas un opposant à la hauteur de ce… Song Lan. »

Son corps avait un faible niveau de cultivation et il n’avait pas son épée avec lui. De plus, il y avait également Xiao XingChen : ses intentions demeuraient incertaines et nul ne pouvait déterminer s’il était un ami ou un ennemi.

« Les adultes vont parler entre eux, déclara Xiao XingChen. Les enfants peuvent attendre à l’extérieur. »

Il fit un geste vers Song Lan, qui obéit sur le champ et conduisit les disciples à l’extérieur.

« Allez dehors pour l’instant, les rassura Wei WuXian. Vous ne serez pas d’une très grande aide ici, de toute façon.  La poudre d’empoisonnement cadavérique doit déjà s’être dispersée. Quand vous serez à l’extérieur, ne courrez pas dans tous les sens au risque de soulever de nouveau la poussière. Respirez lentement. »

À l’entente de la phrase “vous ne serez pas d’une très grande aide ici”, Jin Ling n’était guère convaincu, et plutôt contrarié. Il ne voulait pas accepter la défaite, mais il savait qu’il ne pouvait rien faire, alors il sortit en trombe. Lan SiZhui semblait vouloir dire quelque chose avant de partir. Wei WuXian se tourna vers lui.

« SiZhui, tu es le plus raisonnable parmi vous. Sois leur guide un moment, veux-tu ? Peux-tu faire ça ? »

Lan SiZhui hocha la tête. Wei WuXian ajouta :

« N’aie pas peur.

— Je n’ai pas peur.

— Vraiment ?

— Vraiment. » Lan SiZhui sourit. « Qianbei, vous ressemblez tellement à HanGuang-Jun. »

Wei WuXian se montra confus.

« Nous deux ? En quoi nous ressemblons-nous ? »

Ils étaient de toute évidence comme le feu et l’eau. Cependant, Lan SiZhui ne répondit que par un large sourire, et conduisit le reste du groupe à l’extérieur.

Il acheva sa pensée silencieusement : “Je ne sais pas pourquoi non plus, mais ils me semblent juste similaires. C’est comme si tant que l’un d’eux est présent, je n’ai pas à avoir peur ni à m’inquiéter de quoi que ce soit.”

Xiao XingChen sortit un élixir rouge et le porta à sa bouche.

« Comme c’est touchant. »

Après l’avoir avalé, la teinte pourpre de son visage s’effaça instantanément.

« Le remède à la poudre d’empoisonnement cadavérique ? s’enquit Wei WuXian.

— Correct. Bien plus efficace que ton terrifiant bol de congee, pas vrai ? Et ça a un goût sucré.

— Ta performance était remarquable. Que ce soit pour courageusement pourfendre des cadavres jusqu’à l’épuisement, ou bloquer l’épée pour sauver Jin Ling et perdre connaissance ensuite. Cela juste pour notre divertissement ? »

Xiao XingChen leva un doigt et le remua sous son nez.

« Pas pour “votre” divertissement en général, mais le “tien” en particulier. J’ai attendu notre rencontre avec impatience, Patriarche de Yiling. C’est bien mieux de te voir en personne plutôt que de prêter l’oreille à de simples fables. »

Wei WuXian ne réagit pas à ces mots et son expression demeura la même.

« Je suppose que tu n’as dit à personne qui tu étais vraiment, n’est-ce pas ? poursuivit Xiao XingChen. Par conséquent, je n’ai pas divulgué ton secret et je les ai fait sortir pour qu’on puisse discuter en privé, derrière des portes closes. Alors ? Ne suis-je pas prévenant ?

— Tous les cadavres de la ville de Yi sont sous ton contrôle ?

— Bien sûr. Quand vous êtes arrivés et que tu t’es mis à siffler, j’ai commencé à me dire que vous étiez un peu louches, c’est pour cela que j’ai décidé de m’occuper de cette affaire personnellement et de vous observer. Comme je m’y attendais, quelqu’un capable de déployer autant de puissance avec un sort mineur comme l’Invocation des Yeux Peints ne pouvait être que le Fondateur. »

Xue Yang avait suivi son ancienne voie. Puisqu’il s’agissait des même pratiques usant de moyens impropres l’une comme l’autre, Wei WuXian ne pouvait le duper.

« Donc, puisque tu as pris les enfants en otage, qu’attends-tu que je fasse ? »

Xiao XingChen éclata de rire.

« Qianbei, je voudrais que vous 4 m’accordiez une faveur. Une toute petite faveur. »

Le shidi de sa mère l’appelait “qianbei”. Il y avait vraiment des incohérences dans la hiérarchie générationnelle 5. Alors que Wei WuXian ricanait secrètement, Xiao XingChen sortit une pochette d’emprisonnement spirituelle et la posa sur la table.

« S’il vous plaît. »

Wei WuXian posa la main sur la pochette et la sonda un moment, comme s’il était en train de ressentir le pouls d’une personne.

« À qui appartient cette âme ? Elle est en morceaux. Même de la colle ne pourrait pas la réparer. Il lui reste tout juste un souffle de vie.

— Si l’âme de cette personne était si facile à recoller, pourquoi aurais-je besoin de votre aide ? »

Wei WuXian retira sa main.

« Tu veux que je répare cette âme ? Sans vouloir t’offenser, il n’en reste plus grand chose, là. Quand elle vivait encore, cette personne a probablement souffert de nombreuses tortures. Ce dut être douloureux. Elle s’est probablement suicidée, par conséquent elle ne veut sans doute pas revenir en ce monde. Si une âme n’a aucun désir de vivre, il y a dans ce cas de fortes chances que ce soit impossible de la sauver. Si je ne me trompe pas, elle a sans doute été raccommodée de force. Dès qu’elle sortira de la pochette d’emprisonnement spirituelle, elle se dissipera en un rien de temps. Tu le comprends sans doute mieux que quiconque.

— Je ne comprends pas et je m’en fiche, rétorqua Xiao XingChen. Même si tu 6 n’en as pas envie, tu vas devoir m’accorder cette faveur. Qianbei, n’oublie pas que tes enfants t’observent toujours depuis l’extérieur, dans l’attente que tu les sauves du danger. »

Le ton avec lequel il parlait sonnait étrangement. Affectueux, presque doux, mais avec une intimité qui sortait de nulle part. C’était comme si un moment il vous appelait frère ou qianbei, pour se montrer hostile et vouloir vous tuer l’instant suivant. Wei WuXian rit :

« Moi aussi, je préfère te rencontrer en personne plutôt que de prêter l’oreille à des fables. Xue Yang, pourquoi te faire passer pour un cultivateur au lieu du délinquant que tu es vraiment ? »

Marquant une pause, “Xiao XingChen” leva la main et retira les bandages autour de ses yeux.

Les bandes tombèrent couche après couche, révélant deux yeux vifs et brillants.

Deux yeux tout à fait intacts.

Il avait des traits juvéniles et aimables, presque beaux. Cependant, les canines qui pointaient lorsqu’il souriait lui donnaient un côté mignon au point d’être enfantin, dissimulant habilement la cruauté sauvage au fond de ses yeux.

Xue Yang jeta les bandages sur le côté.

« Oh-oh. Tu m’as démasqué.

— Prétendre à dessein que la douleur est insupportable pour que notre bonne conscience nous empêche de te retirer tes bandages, nous montrer délibérément une partie de Shuanghua, lâcher à dessein que tu es un cultivateur errant par accident. Tu savais non seulement comment avoir l’air blessé et sans défense, mais aussi comment attirer la sympathie des autres. Tu nous as vraiment montré un Xiao XingChen sincère et vertueux. Si ce n’était ta façon d’être au courant de bien plus de choses que tu n’aurais dû, j’aurais vraiment cru que tu étais lui. »

Et pendant Interrogation, la réponse de Song Lan à la deuxième question était “Xiao XingChen”, tandis que celle à la troisième était “la personne derrière vous”.

Si “la personne derrière eux” était également Xiao XingChen, Song Lan n’aurait pas eu besoin de l’exprimer d’une autre manière.

Ceci à moins que Xiao XingChen et “la personne derrière eux” ne soit pas du tout le même individu. Song Lan voulait les avertir de la dangerosité de l’homme en question, mais s’il avait simplement répondu “Xue Yang”, il aurait été possible qu’ils ne comprennent pas de qui il s’agissait. Il n’avait eu d’autre choix que de répondre de cette façon.

« Eh bien, il est vrai que sa réputation est meilleure que la mienne. Me faire passer pour lui est une évidence. C’est plus facile de gagner la confiance des autres de cette façon.

— C’était une prestation excellente.

— Tu cherches seulement à me flatter. J’ai un ami très célèbre. Son talent d’acteur est ce que je qualifierais d’excellent. J’ai encore du chemin à faire. Quoi qu’il en soit, trève de bavardages. Wei-qianbei, tu dois vraiment m’accorder cette faveur.

— C’est toi qui as conçu les longs clous qui contrôlaient Song Lan et Wen Ning, n’est-ce pas ? Tu es même capable de restaurer la moitié du Sceau du Tigre Stygien, alors pourquoi aurais-tu besoin de mon aide pour restaurer une âme ?

— Ce n’est pas la même chose, objecta Xue Yang. Tu es le fondateur. Si tu n’avais pas créé la première moitié du sceau, je n’aurais jamais pu concevoir de moi-même l’autre moitié. Il ne fait aucun doute que tu es meilleur que je ne le suis. Donc, s’il y a quelque chose que je ne peux pas faire, tu dois être en mesure de l’accomplir. »

Wei WuXian ne pouvait décidément pas comprendre pourquoi des étrangers avaient toujours une inexplicable confiance en lui. Il se caressa le menton, en se demandant s’il était temps qu’ils s’échangent quelques compliments polis.

« Tu es bien trop humble.

— Ce n’est pas de l’humilité. C’est la vérité. Je n’ai jamais aimé exagérer mes paroles. Si je dis que je vais tuer l’intégralité du clan de quelqu’un, je tuerai effectivement son clan entier. Je ne laisserai même pas un chien derrière.

— Comme par exemple, le clan Chang de Yueyang ? »

Avant que Xue Yang n’ait le temps de répondre, une silhouette vêtue de robes noires se glissa à l’intérieur.

Wei WuXian et Xue Yang reculèrent à l’unisson et s’éloignèrent de la table. Xue Yang s’empara rapidement de la pochette d’emprisonnement spirituelle. Pressant légèrement sa main contre la table, Song Lan fit un saut périlleux en l’air et atterrit sur elle. Après avoir retrouvé son équilibre, il se retourna rapidement et fixa l’entrée. Des veinules de sang noir remontaient le long de ses joues.

Des chaînes de fer traînant derrière lui, Wen Ning franchit la porte, entouré de brume blanche et accompagné d’un vent glacial.

Lorsqu’il avait joué le premier air sur sa flûte, Wei WuXian avait déjà ordonné l’invocation de Wen Ning.

« Bats-toi dehors, commanda-t-il. Fais attention à ne pas trop l’amocher. Protège les personnes vivantes et ne laisse aucun autre cadavre les approcher. »

Wen Ning leva le bras gauche et balança l’une de ses chaînes. Alors que Song Lan faisait face à l’attaque avec son fuchen, celui-ci heurta la chaîne et les deux armes s’entremêlèrent. Wen Ning tira dessus et recula. Song Lan ne lâcha pas non plus et fut traîné à l’extérieur.

Les disciples s’étaient déjà cachés dans une autre boutique près de celle-ci, et tous étiraient le cou et regardaient fixement la scène. Entre le fuchen, les chaînes de fer et la longue épée, c’était une frénésie de claquements et de fracas. Ils pouvaient constater qu’en effet, une bataille entre deux cadavres enragés était intense. Chaque mouvement était sans pitié, chaque attaque était létale : seuls deux cadavres pouvaient se battre de façon aussi brutale. Si deux hommes vivants s’étaient affronté ainsi, ils n’en seraient rien resté de plus qu’un tas de membres amputés et de chair broyée !

« Devine qui va gagner ? lança Xue Yang.

— Ai-je seulement besoin de deviner ? Wen Ning, bien sûr, rétorqua Wei WuXian.

— C’est tellement dommage que malgré les nombreux clous que je lui ai planté dans la tête, il restait si réticent à obéir. Les choses trop loyales sont aussi plutôt problématiques.

— Wen Ning n’est pas une chose », répondit Wei WuXian d’un ton indifférent.

Xue Yang rit.

« Ne vois-tu pas que ce que tu viens de dire pourrait être interprété d’une autre manière ? »

Au moment où le mot “être” était sorti de sa bouche, il avait soudainement dégainé son épée et attaqué.

Wei WuXian esquiva sur le côté.

« Est-ce habituel chez toi de prendre les gens au dépourvu en plein milieu d’une de tes phrases ?

— Bien sûr, répondit Xue Yang, la voix teintée de surprise. Je suis un délinquant, pas vrai ? De toute façon, ce n’est pas comme si je voulais te tuer. Je veux juste faire en sorte que tu ne puisses plus bouger. Ensuite, je pourrai t’emmener avec moi et tu pourras prendre ton temps pour réparer cette âme pour moi.

— J’ai déjà dit que je ne pouvais rien y faire.

— Ne sois pas si prompt à me rejeter. Si tu ne sais pas quoi y faire, on peut en discuter tous les deux. »

Avant d’avoir fini sa réplique, il se jeta de plus belle sur lui. Wei WuXian esquiva encore et encore, au milieu des bandes de papiers déchiré qui recouvraient le sol. “Le petit délinquant est plutôt habile”, songea-t-il. Voyant que les attaques de Xue Yang devenaient de plus en plus rapides et mortelles, il ne put s’empêcher de s’exclamer :

« Es-tu vraiment en train de tirer profit du faible niveau d’énergie spirituelle de mon corps ?

— C’est exact ! »

Wei WuXian avait finalement rencontré quelqu’un d’encore plus impudent que lui. Il lui rendit son sourire.

« Mieux vaut fâcher un héros qu’une canaille, c’est-à-dire toi, en l’occurrence. Je ne m’occuperai pas de toi plus longtemps. Trouvons quelqu’un d’autre. »

Xue Yang sourit.

« Qui ça ? Ce HanGuang-Jun ? J’ai plus de trois cent cadavres ambulants ligués contre lui. Il… »

Avant la fin de sa phrase, une silhouette vêtue de blanc tomba du ciel. L’éclat bleuté glacial de Bichen fonça sur lui.


Notes :

1 « « Quand le feu la dévore, il n’en vient pas à bout ; Qu’au printemps, le vent souffle : elle renaît tout à coup. » : Extrait du poème Herbe de Bai Juyi. Même remarque que pour l’incantation du chapitre précédent concernant le choix de traduction. Ici, “elle” désigne l’herbe. Vous pouvez trouver une traduction du poème en entier ici :

http://www.barapoemes.net/archives/2018/12/29/36975039.html

2 Garçon Doré et Fille de Jade : expression qui désigne des serviteurs célestes dans le folklore chinois.

3 Langue du qin : ou langue du guqin. Chaque note, combinée à un différent timbre, un différent volume, une différente tonalité, etc, représente un caractère chinois différent. Bien entendu, il s’agit d’une langue fictive.

4 “vous” : j’ai fait le choix ici de faire passer Xue Yang du tutoiement au vouvoiement car il me semble être du genre à se montrer extrêmement poli voire obséquieux quand il veut obtenir quelque chose, à la manière d’un enfant un peu manipulateur. C’est sans doute en grande partie subjectif de ma part, mais je pense aussi que ce changement peut-être justifié par le fait qu’il l’appelle soudainement qianbei, ce qui montre qu’il s’adresse à lui de façon plus respectueuse et déférente.

5 “des incohérences dans la hiérarchie générationnelle” : Même si Xiao XingChen est effectivement plus jeune que Wei WuXian (il avait seulement 17 ans quand il a quitté la montagne de BaoShan Sanren, bien après la mort du Patriarche), il n’en reste pas moins son aîné : en tant que co-disciple de sa mère, il est son “shishu”, son “oncle”. L’ordre de séniorité prévaut sur l’âge à proprement parler, d’où les interrogations de Wei WuXian quand son “supérieur” l’appelle qianbei.

6 “tu” : retour au tutoiement, encore une fois un choix plus ou moins subjectif. Il m’a semblé pertinent de revenir au tutoiement dans la mesure où, étant contrarié et n’ayant pas obtenu ce qu’il voulait, il n’a plus à s’embarrasser de toutes ces prétentions, un peu comme un gamin capricieux et boudeur.

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6 commentaires sur “Mo Dao Zu Shi – Chapitre 37”

  1. Ce chapitre est une pépite ! Quand est ce qu’on aura la suite ? j’ai été tenté de lire la suite ailleurs mais vos traduction sont d’une qualitée !!

  2. Hooooo j’adore j’ai vue l’anime et le drama (qui et en cours de traduction aussi)
    J’ai juste hâte de lire et voir la suite c’est telement prenant cette histoire.

  3. Ils sont tellement attendrissant ces petits pupilles de Wei WuXian !

    Je prefère nettement le roman où tout est plus détailler que dans le drama, l’anime, le manhua ! C’est tellement plus agréable !

    Ces pupilles sont vraiment des gamins curieux ! C’est trop adorable !

    Wei WuXian n’est pas doué en cuisine ! Il faut qu’il se fasse une raison ! xD

    Aussi lourd qu’une montagne… O.O Rien que ça !

    Que Wei WuXian remercit les combattants funestes m’a surprise ! :O

    Si Lan WanJi l’a dit … ! XD

    Pauvre Song Lan, quelle fin terrible et horrible il a eu… :'(

    Wei WuXian est vraiment perspicasse ! Un vrai détective ! x)

    Lan WanJi ! Toujours là au bon moment ! <3

    Merci beaucoup pour ce chapitre ! Héhéhé Toujours un régal de vous lire ! 😉

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