Mo Dao Zu Shi – Chapitre 44

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Traduction par AfterWar, correction par Yukiko-chan

Chapitre 44 – Attrait – Partie 2

L’aile de poulet que Lan JingYi avait dans la bouche retomba dans son bol, faisant gicler la sauce sur le devant de sa tenue.

Une seule pensée traversa l’esprit de Wei WuXian : quand Lan WangJi aura recouvré sa sobriété, il n’osera plus jamais se montrer devant qui que ce soit.

Jin Ling était abasourdi :

« … Que fait-il ?

— Il vous montre une façon spéciale d’utiliser le ruban frontal du clan Lan !

— Quelle façon spéciale… commença Lan SiZhui.

— Quand vous trouvez un cadavre vraiment bizarre et que vous pensez que vous devez le ramener pour l’examiner proprement , vous pouvez enlever votre ruban frontal et le ramener ainsi.

— Mais on ne peut pas faire ça ! lâcha Lan JingYi. Le ruban frontal de notre secte est… »

Lan SiZhui ré-enfourna l’aile de poulet dans sa bouche.

« Oh, je vois ! l’interrompit-il. Je ne savais pas qu’on pouvait l’utiliser de cette façon ! »

Tout en ignorant les regards étranges que leur jetaient les autres, Lan WangJi entraîna Wei WuXian dans les escaliers.

Il entra dans la chambre, se retourna, ferma la porte, la verrouilla, et poussa finalement la table contre elle comme pour bloquer un ennemi imaginaire. Tandis qu’il regardait Lan WangJi s’activer, Wei WuXian lui demanda :

« Comptes-tu me tuer ici ? »

Dans la chambre privée, il y avait un paravent en bois qui séparait la chambre en deux. Dans l’une des parties, il y avait une table et quelques sièges pour manger et discuter, dans l’autre, se trouvait une longue banquette et des baldaquins pour se reposer. Après que Wei Wuxian se soit fait traîner à l’autre bout de la pièce par Lan WangJi, ce dernier le poussa sur le lit.

La tête de Wei WuXian cogna légèrement le cadre en bois du lit. Il lâcha spontanément un petit “aïe” tout en songeant : “Compte-t-il de nouveau me faire dormir ? Il n’est pas encore neuf heures, n’est-ce pas ?”

Entendant son exclamation, Lan WangJi releva l’ourlet de ses robes immaculées et s’assit avec élégance sur le lit, tendant les mains pour examiner la tête de Wei WuXian. Bien qu’il ne montrait aucune expression, ses mouvements étaient extrêmement doux, comme s’il demandait “cela fait-il mal ?”

Tandis que ses mains le tâtaient, les lèvres de Wei WuXian se tordirent.

« Ça fait mal ! Ça fait teeellement mal ! »

Ses cris de douleur amenèrent enfin une expression légèrement inquiète à prendre place sur le visage de Lan WangJi. Ses mains se firent encore plus douces alors qu’il caressait l’épaule de Wei WuXian, comme pour le consoler. Wei WuXian leva ses poignets pour les lui montrer :

« Pourquoi ne me libères-tu pas ? HanGuang-Jun, c’est tellement serré que mes poignets en saignent presque. Ça fait vraiment mal ! Dénoue le ruban et libère-moi, d’accord ? D’accord ? »

Lan WangJi couvrit sa bouche immédiatement.

Wei WuXian : « Mn mnn mnnffff mnn mn mnfffnnnnn mnn mnnnnn mnn mnnn nfff mn nn, mnn nn mnn mnnfff mnnn mnnfff nnnff mnnn mnnff mnn nnf mn mnn mnf f?! »

“Alors tu prétends ne pas comprendre les choses que tu ne veux pas comprendre, et si tu ne peux pas prétendre, tu m’empêches juste de les dire ?!”

Quel culot !

“Maintenant que les choses sont ce qu’elles sont, tu ne peux pas me blâmer de quoi que ce soit,” songea Wei WuXian.

Lan WangJi obstruait fermement la bouche de Wei WuXian de la main. Sous celle-ci, Wei WuXian entrouvrit les lèvres et passa rapidement le bout de la langue contre la paume de Lan WangJi.

Ce n’était rien de plus que la caresse d’une libellule, et pourtant Lan WangJi eut l’air d’avoir eu la paume brûlée par une flamme. Il retira instantanément sa main. 

Wei WuXian prit une profonde inspiration. Juste alors qu’il pensait avoir repris le dessus sur Lan WangJi, il le vit se retourner. Assis sur le lit, Lan WangJi enlaçait ses genoux et étreignait contre sa poitrine la main que Wei WuXian venait juste de lécher, sans bouger d’un pouce.

« Qu’est-ce que c’est que ça ? Que fais-tu ? »

Il arborait l’air de quelqu’un qui avait abandonné toute volonté de vivre, ayant été souillé par un pervers ou quelque chose dans le genre. Si des gens tombaient sur cette scène, ils s’imagineraient sans doute que Wei WuXian avait fait quelque chose à Lan WangJi.

« Tu n’as pas aimé ça ? commenta Wei WuXian devant son air abattu. Eh bien, ce n’est pas de ma faute si tu n’aimes pas. C’est toi qui t’es montré insistant et ne me laissais même pas parler. Pourquoi ne t’approches-tu pas, que je puisse nettoyer ça pour toi ? »

Il tendit ses mains liées vers l’épaule de Lan WangJi, mais ce dernier l’évita. Voyant comme il s’était recroquevillé en silence dans un coin du lit, Wei WuXian ressentit à nouveau la familière et irrépressible envie d’être facétieux.

S’agenouillant sur le lit, il avança vers Lan WangJi et sourit tout en déclarant du ton le plus diabolique qu’il pouvait :

« Tu as peur ? »

Lan WangJi sauta brusquement hors du lit. Comme s’il avait effectivement peur, il continua à se tenir dos à lui et maintint la distance qui les séparait.

Wei WuXian commençait enfin à s’amuser.

Il souriait largement tandis qu’il descendait du lit.

« Hé, de quoi te caches-tu ? Mes mains sont toujours liées, et pourtant je n’ai pas peur, alors pourquoi aurais-tu peur ? Viens, viens. Viens par ici. »

Il s’approchait de Lan WangJi sans montrer la moindre bonne intention. Lan WangJi passa derrière le paravent et accourut vers la table avec laquelle il avait lui même entravé les portes. Wei WuXian dépassa le panneau de bois à sa poursuite, tandis qu’il passait de nouveau de l’autre côté. Les deux firent le tour du paravent plusieurs fois, et Wei WuXian commençait tout juste à sentir à quel point cela l’amusait quand il réalisa soudain : “Mais qu’est-ce que je fais ? Jouer à cache-cache ? Qu’est-ce que c’est que ça ? Suis-je devenu fou ? Lan Zhan est ivre, mais pourquoi je joue aussi avec lui ?”

Remarquant que la personne qui le poursuivait s’était arrêtée, Lan WangJi s’arrêta également.

Caché derrière l’écran, il ne laissait voir que la moitié de son visage à la peau délicate, regardant Wei WuXian du coin de l’œil.

Ce dernier l’observait attentivement. Il semblait toujours bien comme il faut, comme si le gamin de six ans qui poursuivait Wei WuXian était une toute autre personne.

« Tu veux continuer ? »

Lan WangJi acquiesça, impassible.

Wei WuXian lutta pour retenir son rire.

Hahahahahahahahahahahahaha oh mon dieu Lan Zhan voulait jouer à cache-cache avec lui maintenant qu’il était ivre hahahahahahahahahahahahahaha !

Le rire qu’il essayait de réprimer était encore plus puissant qu’un raz-de-marée. Parvenant finalement à le contenir, le corps tout entier de Wei WuXian tremblait. “Une secte comme Gusu Lan interdit le bruit, de faire l’idiot, et même de parler trop vite. Lan Zhan ne s’est définitivement jamais amusé autant quand il était petit. Tss-tss-tss, pauvre de lui. Il ne se souviendra de rien une fois sobre de toute façon. Autant continuer à jouer avec lui. »

Il fit quelques pas vers Lan WangJi, prétendant qu’il s’apprêtait à le poursuivre. Comme il s’y attendait, Lan WangJi se mit à courir dans la direction opposée. Comme s’il s’amusait avec un bambin, Wei WuXian coopéra du mieux qu’il put, et le poursuivit autour du paravent pendant un moment.

« Cours, cours. Plus vite. Je vais t’attraper ! Et si je t’attrape, je vais te lécher une nouvelle fois. Alors, effrayé ? »

À la base, il avait l’intention de faire sonner cela comme une menace. Cependant, Lan WangJi se dirigea brusquement vers lui depuis l’autre côté du panneau, et ils se heurtèrent l’un à l’autre. 

Wei WuXian comptait l’attraper, il ne s’attendait pas du tout à ce qu’il vienne droit dans ses bras. Muet de stupéfaction, il en oublia même de le saisir. Voyant que Wei WuXian ne réagissait pas, Lan WangJi leva ses mains liées et les passa derrière son cou, comme s’il était volontairement tombé dans un piège inextricable. 

« Tu m’as attrapé. 

— … Euh? Oui, je t’ai attrapé. »

Comme s’il avait attendu en vain que quelque chose se passe, Lan WangJi répéta à nouveau sa phrase. Cette fois, il énonça chaque mot avec emphase, sonnant désespérément avide.

« Tu m’as attrapé. 

— Oui. Je t’ai attrapé. »

Il l’avait attrapé. Quoi d’autre ?

Qu’avait-il dit ? Qu’allait-il faire après l’avoir attrapé ?

… Non.

« Cette fois-ci ne compte pas. Tu t’es rendu de toi-même. »

Avant même qu’il ait fini ce qu’il disait, l’expression de Lan WangJi s’assombrit. Il avait l’air extrêmement mécontent. 

« Ça ne peut pas être ça. Non seulement Lan Zhan ivre aime jouer à cache-cache, mais en plus il aime être léché ? »

Il voulait retirer ses bras du cou de Lan WangJi mais ce dernier les saisit avant qu’il puisse faire quoi que ce soit. Il les maintint fermement, sans laisser la possibilité à Wei WuXian de les enlever. Remarquant que l’une des mains de Lan WangJi était justement pressée contre son bras, Wei WuXian réfléchit quelques instants, puis se décala, rapprochant de plus en plus son visage. Ses lèvres glissèrent sur le dos de la main de Lan WangJi, comme un demi-baiser. L’extrémité de sa langue effleura légèrement sa peau pareille à du jade.

Légèrement. Très légèrement. 

Lan WangJi tressaillit et retira sa main à toute vitesse. Il s’extirpa des bras de Wei WuXian, lui tourna à nouveau le dos, et se précipita sur le côté. Étreignant encore une fois la main qui avait été léchée, il faisait face au mur,en silence. 

« Est-ce qu’il aime ça, où est-ce qu’il en a peur ? Ou les deux à la fois ? » se demanda Wei WuXian.

Tandis qu’il se posait ces questions, Lan WangJi se retourna, son visage aussi calme qu’il l’avait toujours été. 

« Encore. 

— Encore ? Quoi encore ? »

Lan WangJi se dissimula derrière le paravent à nouveau et lui jeta un regard en coin, la moitié du visage caché. 

Ses intentions étaient limpides comme du cristal : « Encore, tu poursuis, je cours ».

Demeurant bouche bée pendant un temps, Wei WuXian finit par obéir et recommença. Cette fois, la poursuite ne dura que peu de temps avant que Lan WangJi ne se précipite encore vers lui.

« Tu le fais vraiment exprès, pas vrai ? »

À nouveau, Lan WangJi passa les bras de Wei WuXian autour de son cou comme s’il ne comprenait rien de ce qu’il lui disait, et attendit qu’il tienne encore une fois sa promesse. 

« Vais-je vraiment laisser Lan Zhan être le seul à s’amuser ? Bien sûr que non. Il ne se souviendra de rien de ce que je lui fais là de toute manière. Je vais jouer à autre chose avec lui. »

Ses bras encerclant Lan WangJi, Wei WuXian retourna vers le lit avec lui, puis demanda :

« Tu aimes ça, n’est-ce pas ? Ne te retourne pas. Parle. Est-ce que tu aimes ça ou non ? Si tu aimes, pas besoin de courir dans tous les sens à chaque fois. Et si je te laissais t’amuser autant que tu en as envie ? »

Tout en parlant, il leva l’une des mains de Lan WangJi, se pencha, et embrassa deux de ses doigts effilés. 

Lan WangJi voulut retirer sa main encore une fois, mais Wei WuXian la tenait fermement, l’empêchant de faire ce qu’il voulait. 

Ensuite, Wei WuXian pressa ses lèvres contre chaque articulation. Plus doux que la caresse d’une plume, ses soupirs erraient sur le dos de sa main, et il l’embrassa à nouveau. 

Lan WangJi ne pouvait récupérer sa main, peu importait à quel point il essayait. Il ne pouvait que serrer le poing de toutes ses forces. 

Wei WuXian releva sa manche, révélant son poignet opalin, et l’embrassa également. 

Il ne redressa  pas la tête après son baiser. Il leva simplement les yeux vers Lan WangJi. 

« Est-ce assez ? »

Lan WangJi serra les lèvres, refusant de prononcer le moindre mot. Wei WuXian se redressa finalement et s’assit bien droit avant de continuer, sans hâte :

« Dis-moi, as-tu brûlé de la monnaie funéraire pour moi ? »

Il ne reçut aucune réponse. Wei WuXian éclata de rire et se rapprocha de lui. À travers les vêtements, il déposa un baiser à l’endroit où se trouvait le cœur. 

« Si tu ne parles pas, tu n’en auras pas d’autres. Dis moi. Comment as-tu compris que c’était moi ? »

Lan WangJi ferma les yeux. Ses lèvres tremblèrent, comme s’il était sur le point de se confier.

Cependant, alors que Wei WuXian fixait ces lèvres douces et rouge-pâle, sans qu’il ne sache ce qui lui prenait, il s’avança subitement et les embrassa. 

À la fin du baiser, il passa même sa langue dessus, comme si les embrasser n’était pas suffisant.

Ils écarquillèrent tous deux les yeux.

Un instant plus tard, Lan WangJi leva la main. D’un seul coup, Wei WuXian fut frappé par la réalisation de ce qu’il avait fait. Il eut immédiatement des sueurs froides, craignant que Lan WangJi ne lui assène un coup mortel, et se rua hors du lit à toute vitesse. Il se retourna, et vit Lan WangJi frapper son propre front. Il gisait désormais inconscient, évanoui sur le lit. 

Dans la chambre privée, Lan WangJi était allongé sur le lit, tandis que Wei WuXian était assis par terre. Un brise glaciale entra par la fenêtre ouverte, provoquant des frissons dans le dos de Wei WuXian. Son esprit s’éclaircit finalement. 

Il se leva, replaça la table là où elle se trouvait au départ, puis s’assit à côté.

Après un moment passé à rêvasser, il utilisa ses dents pour mordre dans les nœuds du ruban frontal. Après beaucoup d’efforts, il parvint finalement à dénouer ce sac de nœuds.

Maintenant que ses mains étaient libres, pour se remettre du choc, il se versa un bol d’alcool. Il colla le récipient contre ses lèvres pendant un moment, mais pas une goutte n’entra dans sa bouche. Baissant les yeux, il remarqua finalement qu’il n’y avait pas du tout d’alcool dans son verre. Il avait déjà fini toute la jarre. Même pendant qu’il avait versé, il n’avait pas remarqué que rien n’en sortait.

Wei WuXian posa le bol vide sur la table. “Plus d’alcool pour moi. J’en ai déjà bu assez.”

En se retournant, il pouvait voir Lan WangJi derrière le paravent, tranquillement allongé sur le lit. Il songea intérieurement : “… J’ai vraiment trop bu aujourd’hui. Lan Zhan est une personne si sérieuse. Même s’il était ivre, même s’il ne se souviendra de rien une fois sobre, je n’aurais tout de même pas dû faire quelque chose d’aussi scandaleux… C’est trop irrespectueux envers lui. »

Au souvenir de la chose “scandaleuse” qu’il venait de faire à Lan WangJi, Wei WuXian ne put s’empêcher de toucher ses lèvres.

Il ne parvint à aplanir le ruban frontal qu’après un long effort. Il s’approcha du lit et le posa près de l’oreiller, réussissant l’exploit de se retenir de ne serait-ce que regarder Lan WangJi. Il s’accroupit et retira les bottes de ce dernier, avant de le placer dans la position de sommeil officielle de la Secte Lan.

Une fois tout cela fait, Wei WuXian s’assit à nouveau par terre en s’appuyant contre le lit. Son esprit était dans un état de confusion chaotique, mais une pensée prenait le pas sur le reste : à l’avenir, il était préférable de ne plus faire boire Lan Zhan. S’il traitait tout le monde de cette façon quand il était ivre, la situation serait tout sauf idéale.

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5 commentaires sur “Mo Dao Zu Shi – Chapitre 44”

  1. Merci merci merci, et encore merci. Pour votre travail, c’est à chaque fois un plaisir de lire les nouveaux chapitres. Surtout quand vous en publiez plusieurs après une longue attente 😊.
    Pauvre Wei Ying, jugé encore et toujours😢…
    Par contre je ne me lasse pas de Wanji ivre 😂

  2. Lan WangJi qui se barricade ! XD A mourir de rire !

    Il benit sa main qui Wei WuXian a léché ! Hahaha ! xD

    A cache-cache !! Hahahahahahha !

    « Tu m’as attrapé. »
    Maintenant tu peux le lécher ! XD

    *hémorragie nasal importante*
    Mon dieu, mon dieu ! Encore !!! xD

    Ce flirt tout mignon entre eux ! Ca a juste rendu mon coeur tout guimauve ! Ahhh~~~

    Merci beaucoup pour ce chapitre tendre à souhait !
    Merci pour ces incroyables chapitres pour cette nuit d’Halloween qui a été une agréable surprise pour nous ! <3
    Bonne continuation ! A bientôt !

  3. Je me demande si les blessures de Lan WangJi sont dû à l’amour qu’il portait à Wei Ying.
    Ca m’intrigue depuis le début ^^’.

  4. Merci, merci beaucoup. J’ai déjà lu ce merveilleux chapitre sur le site de traduction anglais. Mais le lire en français qui est ma première langue est d’autant plus savoureux. Merci et surtout bonne continuation.

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