The Scum Villain’s Self-Saving System – Chapitre 49

Ch. 48 | Index

Traduit par Keliane, corrigé par Yukiko-chan

Chapitre 49 : Véritable disposition

Shen Qingqiu s’était toujours tenu à une distance respectable lorsqu’il s’agissait de disputes et de combats de chats entre les personnages féminins. Mais lorsqu’il vit ce qui se passait, il sentit que l’écart entre ses attentes et la réalité était trop grand, et il s’empressa de suivre pour continuer à regarder.

Qin Wanyue retenait ses larmes.

« Je suis désolée, j’ai négligé mon devoir et je n’ai pas retenu Xiao Gongzhu. »

— C’était de ta faute en premier lieu ! l’interrompit immédiatement Sha Hualing. J’ai entendu dire que les femmes du royaume humain étaient particulièrement modestes et morales, mais combien de fois as-tu échoué à séduire le seigneur tout en refusant de partir ? Si tu ne pars pas, tant pis, mais tu es incapable de t’occuper ne serait-ce que d’une personne. Sa cultivation n’est même pas aussi élevée que la tienne. Tu es sa shijie. Tu ne l’as arrêtée ni avant, ni après. Tout ce que tu as fait, c’est la laisser causer cette scène déraisonnable devant le seigneur. Qui essaies-tu de tromper avec cette apparence pitoyable et fautive ?

En entendant Sha Hualing souligner toutes ses faiblesses juste devant elle, Qin Wanyue eut tellement honte qu’elle voulut mourir. Dans le roman original, Sha Hualing éprouvait une haine extrême pour Qin Wanyue et trouvait toujours des moyens de se disputer avec elle. A l’évidence, bien que les deux n’étaient pas entrées dans le harem ensemble cette fois-ci, leur relation ne s’était pas le moins du monde améliorée. Sha Hualing se détourna et changea d’expression, regardant désormais Xiao Gongzhu avec un visage plein de sourires :

« Pendant toutes ces années, Xiao Gongzhu a vécu exactement la même vie de luxe qu’auparavant. En dehors d’avoir été parfois privée de sorties, il semble que tu n’aies jamais subi de mauvais traitements, n’est-ce pas ? Pourquoi es-tu présentement si malheureuse ? »

— Et toi, pour qui te prends-tu ? répondit férocement Xiao Gongzhu. Un renard sauvage aguicheur et démoniaque venu de je-ne-sais-où, osant me parler ainsi au palais Huan Hua ? Quelle différence y a-t-il entre la façon dont il me traite et celle dont il élèverait un cochon ?!

— Dans ce cas, pourquoi Xiao Gongzhu ne nous dit pas ce qu’elle peut faire, à part manger et dormir comme l’animal que tu as mentionné ?

— Xiao Gongzhu, dépêchons-nous de partir, sanglota Qin Wanyue. Tout… a changé depuis longtemps… »

Xiao Gongzhu devint complètement hystérique.

« Pourquoi devrais-je partir ?! C’est mon palais Huan Hua, le mien ! Allez tous vous faire voir ! Tout est à l’opposé de ce que ce devrait être ! »

C’était une scène de bouleversement total et de guerre. Shen Qingqiu avait découvert un fait incroyablement choquant. Il utilisa ses doigts pour calculer avec soin :

→ Sha Hualing : N’avait pas été reçue comme épouse mais plutôt comme subordonnée. Esclave, se tuait à la tâche avec toutes les heures supplémentaires. Son salaire et ses conditions de travail étaient également inhumains. L’attitude du patron suggérait qu’il ne voulait pas s’engager dans une romance de bureau ×

→ Liu Mingyan : les gages d’amour représentés par les pampilles d’épées n’avaient même pas été échangés ×

→ Ning Yingying : Après la puberté, ne montre plus le même amour passionné pour le protagoniste masculin que lorsqu’elle était jeune et ignorante. Son cerveau malade d’amour semble avoir été guéri ×

→ Xiao Gongzhu : Femme lésée, confinée à la maison. A d’ailleurs dit elle-même que Luo Binghe la traitait comme un cochon d’élevage ×

→ Qin Wanyue : Femme lésée, confinée à la maison n°2. Ses nombreuses tentatives pour consacrer sa vie et son corps à Luo Binghe avaient toutes échoué. Présentement infirmière à temps partiel pour Xiao Gongzhu ×

→ Qiu Haitang : N’avions-nous pas déjà établi qu’après avoir tiré Shen Qingqiu vers le bas, elle se livrerait volontiers à du NTR avec Luo Binghe ? Comment se faisait-il qu’elle errait toujours dans la nature, usée par les voyages ? ×

→ Trois religieuses taoïstes : Des caméos aussi éphémères que les cactus qui fleurissaient la nuit, bonjour au revoir ××××

……

Quand on regardait les choses sous cet angle, Luo Binghe se portait vraiment… très mal !

Honorable protagoniste masculin de stallion novel, ça va toujours de ce côté là ?

Un si parfait harem, plongé par ses soins dans un véritable pandémonium. Si c’était un stallion novel, comment pouvait-il encore être question de points de classitude alors même qu’il n’avait pas obtenu la moindre femme ? Shen Qingqiu s’empressa d’invoquer le Système pour vérifier toutes les différentes valeurs. Mais il découvrit soudain que non seulement les B-points et la valeur de classitude n’avaient pas été réduits, mais qu’au contraire, ils avaient en vérité atteint plus de 900 !

  Comme beaucoup de ces valeurs avaient été ajoutées pendant ses états de sommeil et de mode hors ligne, il n’avait eu aucune notification à leur sujet. Shen Qingqiu ouvrit toutes les petites fenêtres qu’il avait reçues sans savoir quand. A l’intérieur se trouvait une pile de notifications archivées.

[Ning Yingying : Correction de la poursuite écervelée du personnage féminin. B-points +100]

[Ming Fan : Correction du retard mental illogique du personnage de soutien. B-points +50]

[Liu Mingyan : Correction de la poursuite inexplicable du personnage féminin. B-points +150]

  ……

L’omniprésence de personnages féminins harceleurs et la chair à canon mentalement retardée – ces deux éléments constituaient les éléments classiques des stallion novel et autres. Dorénavant, les personnages féminins ne poursuivaient plus le protagoniste masculin et le QI des personnages secondaires semblait s’être amélioré, si bien que les B-points avaient naturellement augmenté. Cela, Shen Qingqiu le comprit très bien.

Seulement, même si Luo Binghe n’avait pas eu de liaison avec la moindre fille, le Système ne lui avait pas retiré ses points de classitude – ce n’était pas scientifique !

Se pouvait-il que le niveau de classitude du protagoniste masculin ne soit plus lié à lui ? Ou, en d’autres termes, cette classitude n’existait-elle tout simplement plus ?

Cela… Shen Qingqiu ne put s’empêcher d’observer le sombre Luo Binghe, et éprouva soudain la sensation de ne plus pouvoir le fixer en face.

Oh non, se pouvait-il qu’il ait commis un péché en faisant d’un parfait protagoniste de stallion novel… un asexuel ?!

Shen Qingqiu ferma la fenêtre avec une humeur compliquée. Il se rendit subitement compte que sa localisation n’était pas tout à fait correcte.

Il venait clairement de se contenter de fureter avec curiosité dans le palais Huan Hua. Comment s’était-il retrouvé sans le savoir dans une forêt de bambous ? Et peu importe comment il la regardait, c’était une forêt de bambous tout à fait familière…

Celle-ci bruissait dans le vent doux et serein.

Shen Qingqiu n’avait aucun doute. Même s’il ne voyait qu’une petite partie de cet endroit, il était capable de dire où il se trouvait.

Montagne Cang Qiong, pic Qing Jing.

Ce lieu où il avait vécu si longtemps… comment aurait-il pu ne pas le reconnaître ?

Système :

[Votre position actuelle : paysage onirique de Luo Binghe.]

Lorsque la conscience de Luo Binghe était instable et dangereusement fluctuante, les spectateurs étaient souvent affectés. Ils étaient aspirés dans cet univers onirique aussi immense qu’un tourbillon sous-marin. En d’autres termes, ils se faisaient avoir en tombant dans son incommensurable « trou cérébral ». [1] (Note de la traductrice anglaise : “Voir le début de la transcription originale de la rencontre avec Meng Mo pour plus de détails”.)

Shen Qingqiu avait déjà accompagné Luo Binghe lors de sa rencontre avec Meng Mo. C’était ce qu’on appelait le « goût acquis ». [2] C’était comme quand, après s’être connecté une fois à un réseau WiFi, on n’avait pas besoin de saisir de nouveau le mot de passe lors de la deuxième connexion.

Shen Qingqiu toucha rapidement son visage et constata qu’il avait retrouvé son apparence d’origine au sein du paysage onirique. Il n’était plus barbu, ce qui le laissait dépourvu de tout sentiment de sécurité. Il était sur le point de chercher un endroit pour se cacher et attendre que Luo Binghe se réveille de lui-même, lorsque des disciples s’avancèrent sur la route par deux ou trois. Shen Qingqiu se figea sur place, oubliant même où il allait se cacher.

Bien que ces disciples passants avaient des expressions légèrement rigides et lentes, ils avaient véritablement un nez, des yeux, et les traits du visage complets. Shen Qingqiu pouvait d’ailleurs nommer beaucoup d’entre eux. Même Meng Mo n’avait aucun moyen de supporter un tel enchantement tout en maintenant les traits du visage des créatures qui se trouvaient à l’intérieur. Pourtant, Luo Binghe était déjà capable de le faire et avait été jusqu’à façonner leurs faciès avec des détails raffinés. Shen Qingqiu ne put se retenir de pousser un soupir d’admiration, même s’il savait depuis longtemps que Luo Binghe avait le talent de couvrir les cieux et la terre.

Hors de la petite forêt se trouvait la maison en bambou de Qing Jing. Une eau printanière s’écoulait entre les avant-toits, réfléchissant la lumière du soleil en sept couleurs, tintant paisiblement et de manière ordonnée. Shen Qingqiu s’inquiétait de la présence de Luo Binghe à l’intérieur, il arrêta donc ses pas et n’alla pas plus loin. Il avait traversé cette forêt de bambous qui sait combien de fois pour passer le temps, alors il trouva tout naturellement un endroit dissimulé dans l’ombre pour se reposer.

Soudain, des bruits de pas légers se firent entendre sur les feuilles mortes. Des bambous alternativement cachés et visibles émergea un adolescent de quinze ans, vêtu de blanc.

Le teint de ce jeune garçon était clair et il semblait avoir couru tout du long jusque-là. Son front était couvert d’une fine couche de sueur et ses joues étaient rouges, ce qui le rendait très mignon. Les lignes de ses yeux et de ses sourcils étaient nettes mais pas appuyées, lui donnant un air de fraîcheur inexpérimentée.

Shen Qingqiu se lamenta : cela faisait longtemps qu’il n’avait pas vu un tel Luo Binghe, si jeune, frais et ensoleillé.

Durant sa période de cultivation au pic Qing Jing, il aimait porter des vêtements blancs. Après sa rébellion, le roi démoniaque à forme humaine Luo Binghe n’avait plus porté que du noir, soit presque exactement l’inverse de ce que c’était avant. Ce genre d’apparence fraîche et tendre, en particulier, n’avait plus du tout pu s’observer.

« Shizun ! »

Shen Qingqiu était caché dans l’obscurité, cela ne lui était donc naturellement pas destiné. Il tourna son regard et vit en effet quelqu’un portant une robe verte se tenant au bout de la route pavée.

Le « Shen Qingqiu » dérivé des souvenirs du paysage onirique se tenait au milieu des bambous verts et luxuriants. Sa silhouette était mince et élancée, ressemblant elle-même à un bambou spirituel. Son expression était calme, imprégnée de l’air froid et clair d’un immortel. Rien que comme ça, il possédait vraiment un air de grâce et de divinité. En tant que spectateur, l’actuel Shen Qingqiu essaya de chercher la petite bête sur lui-même mais ne put s’empêcher d’être convaincu.

Cette comédie consistant à agir à la cool avait atteint ce niveau, c’était vraiment trop bon !

Quoi qu’il en soit, Luo Binghe était vraiment digne d’être l’héritier direct de Meng Mo, pour se montrer capable de restituer chaque détail avec une telle perfection !

L’autre Shen Qingqiu, dans la forêt de bambous, semblait en transe, mais il inclina ensuite la tête :

« Tu as fini de courir ? »

Luo Binghe hocha la tête.

« Dix tours… tous terminés. »

Shen Qingqiu se remémora finalement l’événement en question.

Les « dix tours » mentionnés par Luo Binghe faisaient référence à la course de dix tours autour de la clôture limitrophe du pic Qing Jing. Shen Qingqiu lui avait personnellement confié cette tâche.

Ce n’était pas qu’il avait l’humour suffisamment malsain pour punir le grand protagoniste masculin, mais parce qu’il ne pouvait plus le supporter. Depuis qu’il avait repris l’éducation de Luo Binghe, il y avait réfléchi : en tant que figure enseignante, Shen Qingqiu devait d’une manière ou d’une autre enseigner quelque chose de réel, de sorte que lorsque les deux se brouilleraient, il pourrait au moins évoquer la phrase « affection entre le professeur et l’apprenti, la grâce de léguer des enseignements » sans commencer par rougir de honte. Selon le plan général d’apprentissage, la première étape consistait à corriger la posture de marche désordonnée et la technique corporelle de Luo Binghe.

Quant aux résultats de ces enseignements… ils avaient été mentionnés plus tôt. La plus grande réussite avait été que Luo Binghe avait foncé tête baissée dans ses bras pendant un demi mois.

« Encore, ordonna Shen Qingqiu. Si cette fois tu n’y arrives pas, ce ne sera plus seulement dix tours. »

Luo Binghe retenta avec obéissance. Au final, cette fois, il ne lui rentra pas dedans. A la place, ses pieds glissèrent, et il étreignit directement la taille de Shen Qingqiu.

« …

— Shizun, ce disciple est inutile, commenta timidement Luo Binghe. Après avoir couru dix tours, mes pieds sont trop mous. »

Shen Qingqiu soupira.

En tout conscience, Luo Binghe reprit :

« Ce disciple sait. Vingt tours.

— Que veux-tu dire par plus de tours ? Retourne dans ta chambre et repose-toi. »

Il n’avait pas pour loisir de maltraiter des enfants. À cette époque, il avait vraiment renoncé à lui-même, faisant ce qu’il avait envie.

Il n’allait plus enseigner davantage, il n’avait plus du tout de sentiment d’accomplissement, il allait jeter les manuels scolaires !

Luo Binghe n’eut absolument pas le sentiment d’être évité, et se réjouit même :

« Merci Shizun ! Ce disciple se rattrapera véritablement demain en faisant les vingt tours. Que veux-tu manger ce soir ? »

Sur le côté, Shen Qingqiu se frotta le front.

A l’époque, Luo Binghe… était vraiment trop bête, trop doux et trop naïf.

Endurer le travail, le ressentiment, les coups, les réprimandes ; se faire exploiter, se faire frapper, et se faire condamner à préparer la nourriture… tousse tousse Bien sûr, Shen Qingqiu n’avait pas fait la plupart de ces choses.

Il regarda cette paire artificielle de maître-apprenti s’éloigner, l’un grand et l’autre petit, tous deux discutant encore. Shen Qingqiu quitta ensuite sa cachette et commença à s’interroger.

Dans l’enchantement onirique que Luo Binghe s’était créé, il ne choisissait certainement que les souvenirs qu’il trouvait les plus beaux. Si les souvenirs du pic Qing Jing pouvaient occuper une place ici, ils auraient dû être liés à Ning Yingying. Pourquoi y aurait-il cette partie ?

Les paysages oniriques étaient le reflet le plus direct de la part la plus sincère du cœur d’une personne, et ne s’encombraient pas de faux semblants. Une pensée naquit spontanément dans l’esprit de Shen Qingqiu, une pensée qu’il n’avait jamais envisagée auparavant.

Penser de la sorte semblait un peu vain, mais… probablement… peut-être… juste peut-être… que cette part d’affection maître-disciple était placée un peu plus haut dans le cœur de Luo Binghe que Shen Qingqiu ne l’avait imaginé ? [3]

Au final, il avait tout de même offert à Luo Binghe quelques moments dont il pouvait se souvenir. Ces moments n’étaient pas assez mauvais pour qu’on puisse les ignorer complètement par dégoût.

Cela dit… Luo Binghe était-il un peu masochiste ? Ce n’était pas que Shen Qingqiu voulait le dénigrer, mais… En général, le souvenir d’avoir été contraint de courir dix tours et vingt tours en punition n’avait aucun rapport avec le mot « beau », peu importe comment on le regardait, non ?

Tout à coup, un filet d’air frais se glissa dans le cou de Shen Qingqiu, comme si un regard intense à la fois froid et ardent remontait le long de sa colonne vertébrale.

Il tourna inconsciemment la tête vers l’arrière. Un Luo Binghe vêtu de noir s’appuyait contre un bambou vert, les bras croisés et les yeux fixés droit sur lui.

Tous deux se firent face sans un mot.

… l’homme lui-même ?

L’homme lui-même !

La première réaction de Shen Qingqiu ne fut pas de prendre ses jambes à son cou, mais de demeurer sur place et d’ajuster son expression pour la rendre la plus naturelle possible.

Ce n’était pas que la frayeur l’avait rendu stupide au point que ses jambes se soient ramollies et qu’il ne puisse plus courir. C’était plutôt parce qu’il avait depuis longtemps effectué les préparatifs psychologiques pour ce genre de situation. « Courir » ne pouvait pas résoudre le problème. Cet enchantement était la cour domestique de Luo Binghe, donc peu importe la vitesse à laquelle Shen Qingqiu courait, cela ne servirait à rien.

Ce regard perçant à la fois froid et chaud n’était pas une illusion ou une erreur dans sa description. La façon dont Luo Binghe le fixait était vraiment comme la glace et le feu, avec cette même frigidité morne et cette chaleur ardente. Ces deux températures étaient bizarrement mélangées et condensées dans ses yeux, fermement ancrés sur le corps de Shen Qingqiu.

Shen Qingqiu prit sur lui et croisa son regard.

Après un long moment, ce fut Luo Binghe qui soupira le premier.

« Pouvoir rêver… est toujours agréable », murmura-t-il.

En entendant cette phrase, Shen Qingqiu sut que son geste désespéré avait réussi – il s’était fait passer pour un autre avec succès.

Il avait rassemblé son courage et avait effectivement gagné le pari. En cet instant, Luo Binghe, envoûté et distrait, le prenait pour une création au sein de son propre paysage onirique.

En le voyant appuyé contre le bambou et le regard vide, Shen Qingqiu se rappela de son aspect confus sur le siège du pouvoir durant la journée, tout seul. Puis, en comparant cette version de lui avec l’impressionnante splendeur autoritaire de l’œuvre originale, Shen Qingqiu ne put s’empêcher de se sentir un peu triste.

Luo Binghe n’avait pas une seule femme à ses côtés pour soigner ses blessures et s’occuper de son bien-être. En tant que son professeur, comment Shen Qingqiu ne pouvait-il pas être navré pour lui ? Un digne protagoniste de stallion novel tombé si bas. Quel homme pouvait supporter de voir cela ?

« Je me demande si Shizun pourrait me parler. »

Le cœur de Shen Qingqiu étant actuellement rempli de compassion pour Luo Binghe, il répondit avec plaisir et amabilité :

« D’accord. De quoi veux-tu discuter ? »

Il ne s’attendait pas à ce qu’après qu’il a parlé, Luo Binghe se fige. Il se redressa immédiatement et abandonna le bambou, une trace d’incrédulité s’épanouissant sur son visage.

Oups. « Pense-t-il que cette réaction n’est pas correcte ? » se demanda Shen Qingqiu.

Mais puisque la représentation avait déjà commencé, il devait la jouer jusqu’au bout – il ne pouvait absolument pas abandonner à mi-chemin. La maladresse n’était qu’un petit souci, mais laisser tomber la partie était un gros problème. Shen Qingqiu sourit légèrement et dit :

« N’as-tu pas laissé ce professeur converser avec toi ? »

Le ton de sa voix était le même que celui qu’il avait toujours utilisé lorsqu’il vivait avec lui par le passé. Le coin des lèvres de Luo Binghe se mit à trembler, et il continua d’avancer lentement. Shen Qingqiu ne changea pas d’expression. Il ouvrit et ferma lentement l’éventail pliant dans ses mains, utilisant ces petits mouvements légers pour relâcher sa tension.

Après avoir gardé le silence pendant un certain temps, Luo Binghe prit la parole :

« Par le passé, Shizun ne prenait même jamais la peine de me regarder, il partait simplement seul, sans même parler avec moi. Peut-être qu’aujourd’hui, mon imagination est un peu trop belle. »

Le cœur de Shen Qingqiu s’agita.

Bien qu’il sentit qu’il y avait quelque chose d’un peu étrange dans tout cela, ces mots sonnaient vraiment quelque peu pitoyablement. Se pouvait-il que Luo Binghe ait toujours imaginé « Shen Qingqiu » le traitant avec cette indifférence distante, élégante et noble ?

Il avait probablement réellement quelques tendances masochistes…

Alors que Shen Qingqiu réfléchissait à cela, dans sa distraction, sa main bougea inconsciemment d’elle-même pour aller tapoter machinalement la tête de Luo Binghe. Il s’était déjà livré à cette action d’innombrables fois auparavant : les gens disaient toujours qu’il ne fallait pas toucher la tête d’un homme ou la taille d’une femme, mais justement, cette action étant interdite, cela la rendait d’autant plus tentante. Shen Qingqiu aimait particulièrement tapoter la tête des gens, mais malheureusement, en tant qu’adulte, il ne pouvait pas agir aussi impoliment et n’avait eu personne pour le laisser toucher. Par chance, Luo Binghe ne s’était précédemment pas soucié du tout d’avoir la main de Shen Qingqiu placée sur sa tête. Quand il s’ennuyait, Shen Qingqiu l’avait caressé au point d’en faire une habitude, et il faisait à présent la même chose.

Il l’avait à peine tapoté deux fois quand tout à coup, Luo Binghe leva le bras, saisissant de sa main gauche le poignet gauche de Shen Qingqiu.

L’expression de Shen Qingqiu se figea tout en pensant, « N’est-ce pas un peu trop proche ? »

Immédiatement après, son poignet droit fut lui aussi fermement agrippé. Soudain, en levant les yeux, Shen Qingqiu sentit sa vision se brouiller.

Ses joues furent balayées, comme si des plumes le touchaient doucement. Une étrange sensation se dégagea de ses lèvres, à la fois douce et légèrement fraîche.

Ses yeux s’ouvrirent en grand, rencontrant les pupilles sombres de Luo Binghe. Sa gorge se contracta avec difficulté.

Il voulut parler, mais il n’avait aucun moyen d’ouvrir la bouche. Parce qu’on la lui mordait.

Luo Binghe ferma les yeux, ses longs cils noirs projetant des ombres courbes sur ses joues. Il avait l’air de très bien se comporter, mais sa bouche et ses mains manifestaient tout l’inverse. Il mordit les lèvres de Shen Qingqiu avec un soupçon de ressentiment et d’indignation, comme empreint d’une petite haine enfantine. Sa main desserra sa prise sur le bras raide de Shen Qingqiu, pour aller soutenir sa taille et le presser dans ses bras. Leurs deux statures n’étaient pas très différentes en taille, mais cette posture d’étreinte amena Shen Qingqiu contre lui.

La vision du monde de Shen Qingqiu éclata dans un cycle continu de destruction et de reconstruction s’enchaînant à la vitesse de la lumière.

Ce qui finit par briser cet état de rupture complète, ce fut un rappel du Système accompagné de sa propre BGM [4] festive :

[Points de classitude +500 ! Félicitations ! Félicitations ! Félicitations ! Les choses importantes doivent être dites trois fois ! ]

« What. The. FUCK——————?!?! »

Il comprit enfin pourquoi Luo Binghe n’avait pas fait tomber la moindre fille, au point de ne pas voir une seule ombre des 3000 beautés du harem, alors que les points de classitude n’avaient jamais diminué.

C’était parce qu’il avait utilisé Shen Qingqiu pour compenser ces points aaaaaaaahhhhhh !!!

——

Notes :

[1] Toute la phrase est une sorte de jeu de mots. 脑洞 lit. « trou cérébral » fait référence à l’imagination débordante d’une personne, tandis que 坑 lit. « tomber dans un trou » peut aussi signifier « se faire baiser ».

[2] 一回生二回熟 lit. « première fois brute, deuxième fois familière »

[3] Rien à expliquer ici, mais prenons une minute de silence pour offrir à Shen Qingqiu l’award du personnage le plus long à la détente de l’histoire all categories, applaudir ENFIN son éclat de compréhension, et adresser nos sincères condoléances à Luo Binghe pour avoir troqué un harem rempli des plus belles filles de son monde contre un prof dont le cerveau ne tourne qu’avec un seul neurone… LBH, si tu veux, l’Abîme Infini, c’est par là => [-] 😀

[4] BGM : Background Music : Musique de fond utilisée pour donner une ambiance à une situation.

Ch. 48 | Index

Les membres de la team font de leur mieux pour vous fournir des chapitres de la meilleure qualité possible, mais l’erreur est humaine ! Si vous avez trouvé une faute d’orthographe ou de grammaire, vous pouvez nous la signaler directement en sélectionnant le passage concerné et en appuyant sur Ctrl + Entrée .

4 commentaires sur “The Scum Villain’s Self-Saving System – Chapitre 49”

  1. Bonjour,
    C’est de nouveau moi pour un point correction : Une partie du texte s’est glissé dans la note 3 et n’est en partie visible que lorsqu’on reste sur l’hyperlien de la note. J’ai été voir dans la page source pour confirmer (et lire le reste de la scene ^-^) et c’est bien contenu là et ça apparaît en rouge il y a eu donc un problème.
    Désolée de toujours commenter pour souligner ce genre de choses, je suis du genre des lecteurs de l’ombre et la fac fait que je lis vos histoires que la nuit avant de dormir je ne pense pas alors à commenter mais votre travail est super et m’a fait découvrir un nouveau pan d’histoires sur internet. Je vous ai découvert avec mo dao et j’adore littéralement presque tout les projets que vous traduisez au point que je pars toujours en quête de la version anglaise ou de fanart tellement votre travail me passionne. Je vous remercie donc milles fois pour vos efforts et votre travail

  2. Correction je voulais dire le lien de la note 4 qui contient donc la note 3 et le texte jusqu’à la mention de la musique BGM qui amène à la note 4.

    1. Oui, SAV des chapitres bonjour! Je plaisante ahah, donc! Normalement ça devrait être bon, nous te remercions pour ton commentaire :imagedesétoilesquiscintillentfort: Bon courage pour la fac et amuse toi bien surtout! J’espère que la suite te conviendra tout autant :sparkles:

  3. Ahahahahha ! Le bilan des statuts des concubines est juste magiques ! X »’D

    Le petit 3 m’a bien fait rire ! Merci ! xD

    Et je vais finir par: ENFIN ! ENFIN ! ENFIN !
    OUUIIIIIIIII ! xD

    *toussote* Hum Hum. Voilà, merci infiniment pour ce chapitre !!!!!!!
    A trèèès bientôt pour la suite ! Héhéhé !
    <3

Laisser un commentaire