La Terrasse Dorée – Chapitre 5

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Traduit par Laina, corrigé par Alowynn

Chapitre 5 – Un Complot en Préparation

À la résidence officielle du Duc de Ying.

Il faisait confortablement chaud à l’intérieur de la chambre malgré la fraîcheur de la brise automnale. Devant le long canapé installé tout près de la fenêtre, la petite table en bois d’ébène était couverte de friandises et de fruits frais. Un jeune homme, pas encore adulte, faisait semblant de lire le livre qu’il avait en main, les pieds relevés, la tête penchée, mais les minutes passaient et il n’avait toujours pas tourné une seule page. Plusieurs servantes se tenaient autour du canapé. De temps en temps, elles s’échangeaient des clins d’œil, des grimaces, ou des signes de main discrets, dans une atmosphère joyeuse. Attiré par leur comportement dissipé, l’adolescent se préparait à faire des bêtises, quand une jeune domestique entra soudain dans la pièce en courant, et annonça d’une voix claire : « Madame est là. »

Immédiatement, tous prirent une expression digne et sérieuse. Les servantes calmèrent leur agitation et se postèrent debout la tête baissée dans une attitude soumise. Avec une grande rapidité, le jeune homme saisit son livre correctement et arrangea son apparence désordonnée, cessa de secouer les jambes et redressa le dos. Quand la dame en question, somptueusement vêtue, entra dans la chambre, ce fut une véritable « scène d’apprentissage assidu » qui s’offrit à ses yeux.

Soutenue par une domestique, Dame Qin [1] s’assit sur le canapé. Le jeune se leva et la salua d’un « Maman » affectueux avant de se rassoir tout près d’elle. Dame Qin lui prit la main. « Il fait sombre dehors, pourquoi n’y a-t-il pas de lumière ici ? Tu dois faire attention à ne pas t’abîmer les yeux. » dit-elle d’un ton irrité.

À ces mots, Les servantes s’empressèrent aussitôt d’allumer les lampes, et apportèrent aussi du thé chaud. Le fils inventa un mensonge insouciant : « J’étais tellement absorbé par ma lecture que j’ai pas fait attention à l’heure. Pourquoi t’es là, Maman ? »

« Je suis allée à la première cour [2] pour rendre visite à ton oncle [3] et discuter avec lui de certaines choses. En revenant je suis passée par ici pour t’en parler, et j’en profite aussi pour te voir, cela t’évite de te déplacer ce soir. »

Le jeune homme cligna des yeux [4]. « Et ces ‘certaines choses’ ont un rapport avec mon grand frère ? »

Elle lui lança un regard noir. « Tu es bien renseigné, je vois. Au lieu d’étudier sérieusement, tu passes ton temps à chercher des informations sur ces affaires sans intérêt. »

« La nouvelle a déjà fait le tour de la capitale, est-ce que j’ai vraiment besoin de chercher ? » Il ricana. « Il a les jambes cassées et ne peut plus rester à la frontière, il est obligé de revenir à la capitale pour prendre sa retraite, pas vrai ? »

En entendant cela, Dame Qin pinça les lèvres. Elle lui serra fort la main mais ne le réprimanda pas, et ne donna qu’un ordre : « Retirez-vous, toutes. Je veux parler avec Ya-Er [5] un moment. »

Le groupe de servantes quitta la pièce. Deux des plus âgées restèrent dans le couloir pour garder la chambre, et les autres sortirent jouer dans la cour. Toutes les domestiques travaillant au service de Fu Ya étaient de jeunes filles charmantes et coquettes. Parmi elles, certaines étaient encore naïves et innocentes, et leur cœur était avide d’héroïsme. Deux d’entre elles, qui étaient particulièrement amies, se rapprochèrent et se mirent à chuchoter avec animation au sujet de ce qu’elles venaient d’entendre. L’une dit avec colère : « Pas étonnant que le Premier Jeune Maître [6] soit parti vivre ailleurs. S’il était ici, il serait tout le temps embêté par ‘lui’, pas vrai ? »

Une autre servante sourit : « Pas forcément. Ce que tu ne sais pas, c’est qu’à l’époque où il habitait ici, notre Maîtresse et le Quatrième Jeune Maître [7] le regardaient comme des souris regardent un chat. Il a une apparence douce et élégante [8], mais avec un caractère orageux… Ça c’est ce qu’on appelle un homme intrépide [9], un vrai. »

« Le Premier Jeune Maître est si jeune et déjà un héros, et pourtant dans sa propre maison il est devenu un tabou. Notre Quatrième Jeune Maître est un ingrat sans cœur, malheureusement, bien inférieur à son grand frère, et il n’écoute que les encouragements de vulgaires vauriens… »

Une autre fille s’approcha et lui tapota légèrement la main : « Tu sais, comme ils sont nés de mères différentes, est-ce que le Premier Jeune Maître peut vraiment être considéré comme son ‘grand frère’ ? Il n’y a que la Deuxième Demoiselle, la Princesse de Qi [10], qui peut réellement l’appeler ainsi. Pour ce qui est de notre Quatrième Jeune Maître et de cette concubine du Prince Héritier [11], dans le cœur du Premier Jeune Maître, je suis sûre qu’ils sont des milliers de fois plus éloignés que des cousins. »

La première femme de Fu Tingzhong était morte jeune, laissant derrière elle un fils, Fu Shen, et une fille, Fu Ling. Quand Fu Ling eut dix-sept ans, elle devint l’épouse officielle du troisième Prince Impérial, le Prince de Qi. La seconde femme de Fu Tingzhong, Dame Qin, donna, elle, naissance à deux filles et un fils. Sa fille aînée, Fu Ting, était entrée au palais et avait été choisie pour être la Concubine du Prince Héritier. Son fils, Fu Ya, et sa dernière fille, Fu Xi, étaient encore mineurs, et restaient donc à la maison sous la garde de leur mère.

Quand Dame Qin intégra la famille Fu, Fu Shen était déjà grand et capable de prendre ses propres décisions. Leur relation n’avait rien de chaleureux, et, après la naissance de Fu Ya, la distance entre les deux grandit encore. De par leur rang respectif, un conflit entre la belle-mère et le fils aîné de la première femme était inévitable. Après tout, avec Fu Shen devant lui, Fu Ya n’aurait jamais la possibilité ne serait-ce que d’envisager la succession à un titre de noblesse.

Mais avant que Dame Qin ne puisse passer discrètement à l’action, Fu Tingzhong fut assassiné au Beijiang. À cette époque, l’Empereur Yuantai souhaitait amadouer les fonctionnaires méritants ; il accorda un traitement de faveur aux commandants militaires et évita de procéder à des déclassements. Il enfreint même les règles pour offrir à Fu Tingxin le titre de Duc de Ying. Plus tard, quand ce dernier mourut à son tour et que la situation du conflit devint urgente, Fu Shen s’empressa de rejoindre le champ de bataille avant même la fin de la période de deuil [12]. Le titre de Duc de Ying resta alors vacant. Les fonctionnaires du Ministère des Rites [13] suivirent les suggestions voilées de l’Empereur Yuantai et octroyèrent au troisième frère, Fu Tingyi, la succession au titre. Quand Fu Shen se distingua au combat et revintà la cour impériale, il reçut à la place le titre de Marquis de Jingning.

Sautant sur l’occasion, Dame Qin proposa que Fu Shen aille vivre dans une résidence séparée, sous prétexte qu’avoir deux titres de noblesse sous le même toit serait comme « un grand arbre qui prend facilement le vent [14] ».

Fu Shen savait quelles machinations se tramaient dans son esprit ; elle ne souhaitait rien de plus que de l’évincer pour se saisir du titre. Mais alors que les plans de Dame Qin manquaient de prévoyance, le nouveau Duc de Ying, Fu Tingyi, lui, visait encore plus loin dans le futur. Ce sur quoi la famille Fu reposait réellement n’était pas le titre de Duc, mais la Cavalerie de Fer du Beiyan. Les trois dernières générations de Fu étaient étroitement liées à la Cavalerie ; si cela venait à perdurer, elle changerait tôt ou tard son nom en « Armée Personnelle du Clan Fu ». Qu’en penserait alors le pays, et surtout qu’en penserait « une certaine personne » occupant le Trône du Dragon [15] ?

Ainsi, la meilleure tactique était de reculer d’un pas aujourd’hui pour avancer de deux pas demain. À l’avenir, Fu Shen aurait sans aucun doute la Cavalerie de Fer du Beiyan fermement sous son contrôle. Et le mastodonte que représentait la résidence officielle du Duc de Ying, aussi connu sous le nom de famille Fu, ne serait plus lié aussi intimement à l’armée du Beiyan.

Après avoir considéré la situation dans son ensemble, le résultat était le suivant : le commandant de la Cavalerie de Fer du Beiyan, le Marquis de Jingning, Fu Shen, s’installa seul dans sa propre demeure, ne visitant presque jamais la résidence officielle du Duc ; le troisième maître de la famille Fu, Fu Tingyi, reçut le titre de Duc de Ying et s’adonna à une existence de noble oisif ; Dame Qin et ses enfants restèrent dans la résidence officielle du Duc, attendant que Fu Ya atteigne l’âge adulte et qu’il puisse demander à être désigné comme Héritier [16].

Ni la mère ni le fils n’étaient favorablement disposés envers Fu Shen. Pour Dame Qin, sa conscience coupable la faisait souffrir à chaque exploit glorieux qu’il remportait, de peur qu’il n’en vienne à s’en prendre à elle. Quant à Fu Ya, il pensait certainement que Fu Shen, ne s’étant pas prosterné devant lui pour lui offrir la position d’Héritier de ses propres mains, lui était naturellement redevable.

Dans la chambre principale, Dame Qin prit un air sévère pour le gronder : « Quelle pipelette… Tu peux dire ce genre de choses à la maison, d’accord, mais tu ne dois jamais bavarder aussi inconsciemment dehors. »

« Mamaaaannn…… » Fu Ya se fourra un fruit dans la bouche. « Ça fait longtemps qu’il s’est séparé de la famille, pourquoi je devrais avoir peur de lui ? » dit-il d’une voix traînante, pleine de mécontentement.

« Qu’est ce que tu en sais ? Tu crois que ce sont des choses que tu peux dire en public ? » Dame Qin lui frappa légèrement la jambe. « Les tablettes commémoratives [17] de ses parents sont ici, il ne fait que vivre dans une autre résidence ; comment peut-il ne pas être un membre de la famille ? C’est ton grand frère, ne l’oublie pas, il a réussi, lui, à atteindre très jeune une position très élevée. Même s’il paraît qu’il a récemment calmé son sale caractère, il a toujours été un démon sans cœur. Tu devrais être plus prudent et éviter de faire des erreurs qu’il pourrait exploiter. »

Fu Ya renifla négligemment.

« Dans quelques années, la famille demandera à ce que tu sois institué comme Duc de Ying. Ton oncle est biaisé en faveur de Fu Shen, et il attend avidement que tu commettes la moindre petite faute. Nous sommes à un moment crucial, tu dois à tout prix éviter de faire un pas de travers, tu comprends ? » continua-t-elle.

Elle baissa la voix : « Mon fils, tiens le coup encore quelque temps. Le jour viendra où le titre de Duc et toutes les possessions familiales seront entièrement à toi. Même Fu Shen… Il ne pourra rien faire d’autre que de te regarder de loin. »

La voix de Dame Qin était à peine plus haute qu’un murmure. Le cœur de Fu Ya trembla, et il leva les yeux. « Maman… »

« Maman a une solution. » Dame Qin lui tenait fermement la main. « Ne t’inquiète pas. »

Au Palais du Levant.

Dame Cen, l’épouse du Prince Héritier, était face à un miroir de bronze [18] en train de retirer son épingle à cheveux. La servante qui l’aidait à se coiffer se pencha vers elle et lui murmura à l’oreille : « Votre Altesse [19], aujourd’hui Dame Qin de la résidence du Duc de Ying a envoyé un membre de sa famille pour présenter ses hommages à la Concubine Fu. Les deux ont longuement discuté dans le hall du palais. »

Les mains de Dame Cen s’arrêtèrent net. Elle réfléchit un moment, puis sourit. « Qu’elle fasse comme elle veut. J’ai entendu dire que le Marquis de Jingning était revenu à la capitale ; Dame Qin doit certainement être dans une situation délicate, et elle a dû se dépêcher de venir ici pour flatter Notre Altesse le Prince Héritier. »

Cette servante faisait à l’origine partie de sa dot, et était sa précieuse confidente. Elle l’écoutait attentivement mais ne comprenait toujours pas. « Mais, le Marquis de Jingning, n’est-il pas… »

« Il est invalide, mais il n’est pas encore mort. » répondit Dame Cen. « Le Marquis garde une réputation excellente auprès du peuple et des fonctionnaires de la cour impériale, et il a toujours en main le pouvoir militaire du Beijiang. Même si un jour il rend ce pouvoir à Sa Majesté, l’armée du Beiyan est remplie de ceux qui ont servi sous son commandement personnel, et ils répondront en masse à son appel [20] si l’occasion se présente. Pour le dire de manière quelque peu irrespectueuse, ce n’est pas uniquement Dame Qin, même Notre Altesse doit lui céder le passage. »

Le père de Dame Cen était Cen Hongfang, le gouverneur militaire du Jingchu [21], et il avait toujours maintenu une relation amicale avec la résidence du Duc de Ying. Dans son enfance, Dame Cen avait été influencée par ce qu’elle avait vu auprès de son père : ni les collines ni les vallées n’auraient pu éloigner le jeune homme de son cœur. Si Fu Shen n’était pas parti au Beijiang à l’époque, Cen Hongfang l’aurait même envisagé comme gendre potentiel. Son caractère mis à part, le Marquis de Jingning était un homme droit couvert de gloire militaire, à la fois jeune et vaillant ; l’idole de nombreuses jeunes filles à marier.

« Si je me souviens bien, la Concubine Fu a un frère cadet de la même mère, qui dans deux ans demandera à être désigné comme Héritier du Duc de Ying ? » demanda Dame Cen.

« Oui. »

« Il y a plusieurs années de ça, il était prévu que Notre Altesse épouse la sœur cadette du Marquis de Jingning, c’est-à-dire, l’actuelle Princesse de Qi. À cette époque, le maître de la résidence officielle du Duc de Ying était encore le deuxième général Fu. Puisque c’était sa nièce, il n’aurait pas été convenable qu’il prenne la décision seul, donc il a demandé au Marquis de Jingning. » Tout en caressant les cheveux sur ses tempes, elle se remémora les rumeurs qui circulaient alors dans la capitale. Une vague de chagrin sans cause apparente envahit soudain son cœur.

« Le Marquis de Jingning avait à peu près l’âge qu’a aujourd’hui le frère de la Concubine Fu. En apprenant que sa sœur n’était pas satisfaite de ce mariage, il a refusé sans rien dire de plus. Cette famille Fu a toujours été dure à cuire, mais le Marquis est allé encore plus loin, il a risqué la colère de Sa Majesté pour donner à sa sœur la possibilité de choisir son époux. »

Fu Ling, la Princesse de Qi, avait un grand frère si merveilleux, comment pouvait-elle ne pas attirer l’admiration et la jalousie des autres ?

« À l’époque, pour arriver à récupérer le titre d’Héritier, Dame Qin était vraiment sans gêne. Elle est allée jusqu’à envoyer sa propre fille au palais et à diviser la famille Fu. Quel désordre grossier ! Et pour quel résultat ? La jeune sœur du Marquis de Jingning a quand même épousé le Prince de Qi dans la sobriété. Si Dame Qin a le moindre problème, elle ne peut compter que sur la Concubine Fu. Et quand bien même, elle doit encore faire attention à ne pas me [22] croiser comme un vulgaire voleur. » Dame Cen eut un rire moqueur. « Si son fils avait ne serait-ce que la moitié de l’indépendance et des compétences du Marquis de Jingning, la Concubine Fu n’aurait jamais à accepter mes insultes et à se rabaisser si misérablement. »

La servante ne savait pas que le nom du « Marquis de Jingning » avait remué un lointain regret en son sein. Elle pensait seulement que la Princesse était extrêmement acerbe ce soir, et elle acquiesça : « Alors… Votre Altesse, ne devrions-nous pas l’éloigner de Notre Altesse le Prince Héritier pendant quelques jours ? »

Dame Cen regarda dans le miroir de bronze et murmura imperceptiblement pendant un long moment, puis elle secoua la main. « C’est inutile. Ce genre de personnes insignifiantes [23], Notre Altesse aura beau essayer de les valoriser, elles resteront toujours des parasites. »

 

La nuit, au Palais du Levant, dans le Pavillon du Printemps Parfumé.

Le Prince Héritier, Sun Yunliang, avait pour une fois pris la décision de passer la nuit [24] dans les appartements de la Concubine Fu. Elle se présenta à lui pour le servir, l’aida à se déshabiller et à se laver. Mais pendant tout ce temps, même si elle était aussi prévenante qu’à l’accoutumée, son visage conserva une expression mélancolique.

Voyant ses sourcils sveltes légèrement froncés, Sun Yunliang trouva que sa beauté était accentuée par ce chagrin. Dans cette atmosphère particulièrement romantique, il ne put résister et l’enlaça tendrement. Ce n’est qu’une fois les nuages dispersés et la pluie calmée [25], qu’il demanda avec langueur : « Qu’y a-t-il ? Quel souci t’accable à ce point ? »

Fu Ting se leva rapidement, et se prosterna au pied du lit. « Aujourd’hui, Mère a envoyé un messager pour m’informer d’un sujet qui m’a grandement émue et effrayée. Je [26] prie Son Altesse de bien vouloir faire preuve de clémence et de pardonner mon état troublé. »

Le Prince Héritier leva la main pour la prendre à nouveau dans ses bras. « Ce Prince [27] te pardonne. De quoi s’agit-il ? Raconte-moi, je t’écoute. »

Le visage de Fu Ting se détendit immédiatement. Elle posa sur lui un regard débordant d’admiration et de respect, comme s’il allait la sauver d’un grand péril, qui attisa grandement l’amour-propre du Prince Héritier. Elle se rapprocha de l’oreille du Prince, son souffle aussi parfumé qu’une orchidée. « Votre Altesse, je ne souhaite pas vous le cacher, mais cela concerne mon frère aîné, le Marquis de Jingning, Fu Shen… »


[1] Cette femme est appelée 秦氏. indique que son nom de jeune fille était (qín) avant d’intégrer la famille Fu. Comme c’est une famille noble dans un contexte féodal, j’ai choisi d’utiliser « Dame » plutôt que « Madame ».

[2] Pour rappel, les maisons traditionnelles possèdent plusieurs cours et plusieurs corps de bâtiments. S’agissant ici de la résidence d’un Duc, le titre de noblesse le plus haut, elle est évidemment gigantesque. Logiquement, le Duc lui-même réside dans la première cour.

[3] Très exactement, 三叔. Littéralement « troisième oncle », il s’agit de l’oncle paternel, plus jeune que le père, et troisième de sa fratrie. Ici c’est donc le frère cadet de Fu Tingzhong.

[4] La phrase d’origine est 眼珠一, littéralement « rouler des yeux », une manière imagée de dire qu’il réfléchit ou qu’il a une idée.

[5] Dame Qin ajoute (ér) au prénom de Fu Ya. C’est une manière affectueuse d’appeler son enfant. Cela peut aussi être utilisé entre amis proches.

[6] Les servantes appellent Fu Shen 大公子 (dà gōng zǐ). = grand, aîné, et 公子 = jeune seigneur, fils d’une famille noble.

[7] Les servantes appellent Fu Ya (shào ye), littéralement “jeune maître”. Ne trouvant pas d’appellations correctes pour différencier Fu Shen et Fu Ya, et étant donné que Fu Ling est par la suite appelée “deuxième demoiselle”, j’ai choisi de nommer les personnages de la même génération en fonction de leur place dans la fratrie. Au cas où cela porterait confusion, Fu Ya est donc le quatrième enfant, et non le quatrième fils.

[8] 芝兰玉树, littéralement « orchidées et arbres de jade », le symbole de la bonne conduite d’un jeune homme, un enfant au futur prometteur.

[9] 顶天立地, littéralement « capable de soutenir les Cieux et la Terre ».

[10] 齐王妃, la sœur de Fu Shen est l’épouse officielle du Prince de Qi, donc la Princesse de Qi.

[11] Les hommes, notamment ceux d’un rang élevé, pouvaient avoir une épouse officielle, et plusieurs autres femmes, d’un rang inférieur à la première. Les enfants nés des épouses « secondaires » sont reconnus comme des enfants légitimes, mais leur statut est inférieur à celui des enfants de la première épouse. Pour éviter que ce soit trop confus, dans cette traduction, la première épouse sera appelée « femme », « épouse », ou par son rang officiel (Princesse, par exemple), alors que les autres seront appelées « concubines » (et, si cela s’avère nécessaire, « première concubine », « deuxième concubine », etc, suivant la date de leur entrée dans la famille).

[12] 孝期, littéralement « durée de la piété filiale ». Après la mort d’un parent, les proches sont censés porter le deuil pendant une certaine période, qui peut varier entre 36 jours et 3 ans. Pendant toute la période, ils ne doivent pas participer à des événements heureux, comme un mariage par exemple.

[13] 礼部, Ministère qui, d’après Wikipédia, « a la charge des cérémonies officielles, des rites, et des sacrifices ». Plus d’informations : https://fr.wikipedia.org/wiki/Trois_d%C3%A9partements_et_six_minist%C3%A8res

[14] 树大招风, traduit littéralement, signifie qu’une personne haut placée est facilement attaquée.

[15] 龙椅, le trône de l’empereur. Le dragon est l’emblème de la puissance impériale. Plus d’informations : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%B4ne_du_Dragon

[16] 世子, un titre officiel signifiant « fils héritier d’une famille noble ».

[17] 灵位, tablettes verticales placées sur l’autel familial dans la maison pour rendre hommage aux membres de la famille décédés et aux ancêtres. Plus d’informations : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tablette_ancestrale

[18] Le travail du verre en Chine est resté assez peu répandu avant la période moderne, il n’existait donc pas de miroirs en verre (et, au passage, pas de vitres aux fenêtres non plus). Ils ont été importés d’Occident pour la première fois lors de la Dynastie Qing. Pour se regarder, les gens (surtout les plus aisés) utilisaient des miroirs de bronze poli, généralement ronds, avec une face très lisse réfléchissante, et une face arrière décorée de motifs divers :
GS 005

[19] 娘娘 (niáng niang) dans le texte, un terme utilisé par les serviteurs pour s’adresser aux femmes du palais (impératrice, princesses, etc.). J’ai transposé au système nobiliaire français ; Dame Cen étant l’épouse d’un Prince, c’est « Votre Altesse » qui s’applique.

[20] 一呼百, littéralement « une centaine de réponses pour un seul appel ».

[21] 节度使 Jiedushi, gouverneur militaire provincial. Plus d’informations : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jiedushi. Le Jingchu, 荆楚, le territoire de l’ancien État de Chu, correspond aujourd’hui à la province de Hubei :
GS 005

[22] Dame Cen utilise (běn gōng), littéralement « racine du palais », un terme dont les dames de haut rang du palais (impératrice, princesses, etc.) se servent pour parler d’elles-mêmes.

[23] 烂泥扶不上墙, littéralement « la boue ne peut pas s’accrocher au mur », décrit une personne inutile, sans valeur.

[24] 留宿 signifie généralement « passer la nuit » dans un hôtel ou un hébergement quelconque. Ici, le Prince passant la nuit dans les appartements d’une concubine a bien sûr un tout autre sens.

[25] 云消雨散, traduit littéralement. Un euphémisme qui est, je pense, suffisamment explicite au vu du contexte. ( ͡° ͜ʖ ͡°)

[26] Fu Ting utilise 臣妾 (chén qiè), littéralement « concubine servante », un terme dont les femmes et concubines des princes se servent pour parler d’elles-mêmes en présence de leur mari.

[27] Sun Yunliang utilise (), littéralement « solitaire, isolé », un terme dont les princes et les rois se servent pour parler d’eux-mêmes.

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ymyzen
ymyzen
1 mars 2021 12:02

Merci beaucoup et fighting !

AruBiiZe
AruBiiZe
13 mars 2021 18:48

Bon sang, Fu Shen a presque plus de famille, et le peu qu’il lui reste c’est des bons à rien qui sont avides de pouvoir le cul visser sur leur chaise à attendre que ça leur tombe dans les bras ! Il faut mériter le pouvoir et le statut ! Crotte de bique !
Quelle bande de sangsue ! Tsss
Je suis outrée ! Désolée ! XD

Merci beaucoup pour ce chapitre, Laina et Alowynn !
Beaucoup de recherches et de travail pour ce roman merveilleux (que je vois bien adapté en drama moi ! X) ) !! Courage !
A tout de suite dans le fameux chapitre 6 où on en sait plus sur notre beau gosse ! XD